X c’est l’inconnu

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Être un petit enfant, c’est avoir une vie pleine d’injonctions.

Va chercher le pain. Ne mets pas tes coudes sur la table. Tiens-toi droite. Ne cours pas comme ça, tu vas tomber. Mange ta soupe. Ne perds pas la monnaie. On ne chante pas à table. Tais-toi quand les grandes personnes parlent. Finis ton assiette. Occupe-toi de ton petit frère. Dis bonjour à la dame.

Être un petit enfant, c’est avoir une vie pleine d’injonctions.

Et rire quand même.

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« Mais qu’a donc vu ce gamin qui le fait courir si joyeux ? » demande Monsieur le Goût pour son 50e devoir de Lakevio du Goût. « J’ai bien une idée… Mais vous ? Que vous inspire ou vous rappelle cette photo de Willy Ronis ? »

W comme Walrus

Chère Albertine, mon cher amour, j’ai peur de manquer d’argent, d’abord parce que comme tu le sais mon art ne paie pas, mon travail sur Ruskin m’a coûté plus qu’il ne m’a rapporté, je suis le bouc émissaire de cet incompétent de Gaston Gallimard qui ne me fait signer que des contrats masochistes et prétend ne pas s’y retrouver dans mes paperoles – et je ne parle même pas de mes articulets d’une page dans le Figaro ou pour la Nouvelle Revue Française, qui ne me valent que la compassion hautaine du Faubourg Saint-Germain – et d’autre part mon asthme me coûte fort cher, presque autant que mes sorties en automobile avec Agostinelli et mes bains de mer à Combourg ou Balbec, ce qui est d’autant plus absurde que je préfère de loin rester dans ma chambre et me faire soigner par Céleste Albaret et son fameux bœuf mode, avec de temps en temps une petite sortie sur les Champs-Élysées où je ne manque jamais de rencontrer Charlus en route vers une maison de passe, ou quelqu’un du clan Verdurin pour m’entretenir de musique, de peintres italiens à la mode, de politique, de Dreyfus ou de philosophie, avec plus de snobisme que les domestiques de la famille de Guermantes – ce qui n’est pas peu dire, comme tu le sais – ou voir Georges Clemenceau s’essayer à la bicyclette, alors qu’il a trente ans de plus que moi, et je ne peux que regretter la cruauté du sort qui me donne un corps aussi peu fait pour les hardiesses sportives, les sensations fortes ou les prouesses que demandent la galanterie, les plaisirs et l’ivresse du libertinage, ce corps me donne au contraire des éternels sentiments de culpabilité, des ennuis avec les demoiselles du téléphone quand j’ai besoin de l’aide de la médecine, sans compter les drames du coucher, que je vis chaque nuit depuis l’enfance, depuis mon petit lit de Combray chez ma tante Léonie, dont les seules réminiscences positives sont celles de l’heure du goûter et de la petite madeleine, ce qui – ô ironie ! – va tout de même m’offrir la matière, le travail de mémoire, les noms de lieux et de personnages d’une œuvre à laquelle je réfléchis actuellement, dans le train qui m’emmène à Venise, pour me remettre de cet affreux duel sur le pré derrière l’église, et des mensonges colportés à mon égard – m’accuser d’exhibitionnisme, moi qui n’ôte même pas mes vêtements pour dormir ou pour prendre un bain ! – c’est en de pareilles occasions que je me dis qu’il vaut mieux pour ma mère de n’être plus de ce monde, quel mal lui feraient ces phrases inspirées par la jalousie et ses tristes lois humaines, à Paris peut-être plus encore qu’ailleurs, selon mon impression… mais voilà que je te parle un langage qu’on n’utilise d’ordinaire pas avec les jeunes filles et je me promets de ne plus t’entretenir que de fleurs, de rendez-vous au Ritz et de ce petit voyage pour aller admirer le Vermeer de Delft – vision de rêve qu’il faut observer en vrai et pas en photographie…

Remets mon bonjour à notre ami Charles Swann et dis-lui que ma prochaine publication est en route, dans laquelle j’espère faire mieux que mon Jean Santeuil ou Contre Sainte-Beuve, mieux que mes maîtres Flaubert et Dostoïevski, mille baisers de ton Marcel, futur prix Goncourt.

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Les 100 mots de Proust, consigne de Joe Krapov, mille mercis à lui 🙂

Voici une liste de cent mots qui se rapportent à Marcel Proust. Il vous est demandé d’en inclure un certain nombre dans un texte dont les verbes seront à l’imparfait ou au présent et où les phrases auront une longueur certaine

AEV 2021-02 Consigne 100 mots de Proust

Albertine – Amour – Argent – Art – Asthme – Automobile – Bains de mer – Baiser – Beauté féminine – Bicyclette – Bouc émissaire – Bœuf mode – Cabourg-Balbec – Céleste Albaret – Chambre – Champs-Élysées – Charlus – Clan – Clemenceau (Georges) – Combray – Compassion – Contrat masochiste – Corps – Cruauté – Culpabilité – Demoiselles du téléphone – Domestiques – Dostoïevski (Fiodor) – Drame du coucher – Dreyfus (affaire) – Duel – Église – Enfance – Exhibitionnisme – Faire catleya – Faubourg Saint-Germain – Féminité – Fétichisme – Figaro (Le) – Flaubert – Fleurs – Francité – Galanterie – Goûter – Guermantes (les) – Guerre de 1914-1918 – Hardiesse – Homme-femme – Homosexualité – Impression – Impressionnisme – Incorporation – Instruments d’optique – Ivresse – Ironie – Jalousie – Je – Jean Santeuil – Jeunes filles – Langage – Léonie (tante) – Libertinage – Lieux – Lois humaines – Madeleine (Petite) – Maison de passe – Mal – Médecine – Mémoire – Mensonge – Mère – Métaphore – Moyen Âge – Musique – Noms – Nourritures – Nouvelle revue française – Nuit – Odorat – Paperoles – Paris – Pastiches – Peintres italiens – Personnages – Philosophie – Photographie – Phrase – Plaisir – Plaisirs et les Jours (Les) – Politique – Prix Goncourt – Publication – Réminiscence – Rêve – Ritz (hôtel) – Rivière (Jacques) – Ruskin (John) – Sainte-Beuve – Saphisme – Sensation – Sexualité – Signes obscurs – Snobisme – « Suave mari magno » – Swann (Charles) – Temps – Train – Venise – Verdurin (les) – Vermeer de Delft – Vision – Voyeurisme

J’en ai employé environ quatre-vingts, spéciale dédicace à Maître Walrus, qui adore se moquer du petit Marcel 🙂

En juin 2013 j’avais publié déjà deux petits extraits de cet ouvrage, N comme nourritures et I comme ivresse.

V comme vive les c…!

Photo News

Les incendies qui font rage en Californie et que les pompiers ont tant de mal à éteindre ne sont pas l’œuvre d’un pyromane ni d’inconscients jetant leur mégot de cigarette dans les bois.

Non.

Ils se sont déclarés lors d’une « gender reveal party« , une de ces modes américaines qui ne seront sans doute pas longues à arriver jusqu’ici.

Quelle sorte de décérébré faut-il être pour jouer avec de la poudre en pleine sécheresse?

Comment peut-on se protéger de tels voisins? Au 7 septembre, 3000 personnes avaient déjà dû être évacuées et 7000 hectares étaient réduits en cendres.

Sans compter que le déroulement de ces fêtes est l’illustration du plus gros cliché concernant les filles et les garçons, les filles étant bien sûr présentées comme de futures barbies blondes et roses rêvant danser en tutu et les garçons auront la passion des camions.

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texte écrit pour Les Plumes chez Émilie avec les mots imposés suivants:

BOIS – INCENDIER – ETEINDRE – VIVE – DANSE – DECLARER – PASSION – LANCELAMPE – LONG et pour ceux qui sont motivés, 3 mots supplémentaires: POUDRE – PYROMANE – PROTEGER

Le défi du 20

On a mis tant de hargne à détruire leur habitat et leur nourriture que les seules hirondelles que l’on voit encore sur les fils téléphoniques de septembre sont en papier. D’ailleurs il n’y a plus non plus de fil téléphonique 😉

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Pour le Défi du 20 chez Antiblues qui imposait hargne et hirondelle. Photo prise à l’école primaire pas loin de chez moi 🙂

7 vies

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De temps en temps l’Adrienne se dit que les anges gardiens, ça existe.

Le sien en tout cas a déjà eu fort à faire.

Avouons-le tout de suite: elle est parfois distraite en traversant une route.

Parfois, c’est pardonnable, comme quand on est à Londres et qu’on oublie que les autos roulent à gauche.

Parfois, c’est impardonnable, comme le jour où elle a traversé à pied un endroit de la « petite ceinture » où des murets indiquaient clairement que c’était interdit aux piétons. Le cœur battant et les oreilles bourdonnantes à cause des coups de klaxon des voitures sortant du tunnel.

Bref.

Elle sait pourtant depuis longtemps qu’elle a tort de vouloir prendre des raccourcis 😉

Parfois dans sa ville aussi elle oblige un automobiliste à freiner pile tout en faisant elle-même un grand bond en arrière. C’est à des occasions comme celles-là qu’elle se dit que quand elle sera tout à fait vieille, il faudra qu’elle change de tactique de survie.

Bref.

A Paris aussi – évidemment! – ça lui est arrivé. Pile sous l’arcade du tableau choisi par Monsieur Le Goût pour ce lundi. Elle admirait à droite, elle admirait à gauche, devant et derrière, le nez en l’air et l’air béat du touriste. Elle croyait bêtement que cette arcade était interdite de circulation, jusqu’à ce qu’un Fangio parisien fasse usage de ses bons réflexes, de son klaxon et de ses bons freins, tout en se martelant la tempe de l’index et en lui roulant de gros yeux furibonds.

Qui a dit que les hommes n’étaient pas « multitâches »?

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écrit pour le devoir du lundi de Lakévio aux bons soins de Monsieur le Goût, que je remercie!

Traverser le pont du Carrousel un matin de printemps et découvrir l’entrée du Louvre sans une voiture. Qu’en pensez-vous ? Aimeriez-vous voir ça ? Je l’ai vu et fait mais il n’est pas sûr que le rêver soit moins beau. Si vous ne l’avez pas fait, imaginez-le et dites-le lundi, racontez votre rêve.

Derniers jours de vacances

Pour la troisième fois de la semaine, l’Adrienne était en route pour le bureau du syndic – il faudra que demain elle vous fasse un billet pour vous relater ses premières expériences avec un syndic de copropriété – bref en route pour le centre ville elle choisit de passer par le parc.

Peu de monde en route en ce vendredi assez tôt dans la matinée, sauf deux petits enfants que l’Adrienne tout de suite tient à l’œil car elle a comme une prémonition qu’il vont piétiner les cyclamens en pleine floraison sous le grand hêtre pourpre.

Et vlan, dès que la petite fille (sept ans, peut-être) y pose le pied, l’Adrienne fait sa Madame et lui dit:

– Attention les fleurs!
Avec apparemment juste ce qu’il faut de sévérité pour être promptement obéie.

– Tu ne les trouves pas belles? lui demande l’Adrienne en souriant.

Oh si! ils les trouvent bien belles, la petite sœur et le grand frère (8 ou 9 ans? pas dix, en tout cas), qui se met à expliquer qu’à la maison ils ont des roses merveilleuses, avec du rouge, du jaune et même du noir alors l’Adrienne se montre admirative pour ces fleurs incroyablement drapeau belge.

– Et elles sentent bon aussi? demande-t-elle.

Oui, bien sûr qu’elles sentent bon aussi.

Alors l’Adrienne, tant qu’à faire sa Madame, y va à fond avec la question à zéro franc:

– Vous êtes contents de retourner bientôt à l’école?

Oh oui! fait la petite sœur.
Moi pas tellement, dit le gamin.

Alors il explique qu’il s’appelle El A***i et que dès qu’il y a une bagarre à la récré, c’est son nom qu’on crie, même s’il est tranquillement à discuter avec deux ou trois gars « de sa famille ».

– Ah ça c’est embêtant, fait l’Adrienne, je comprends… ce n’est pas chouette.

Puis il explique qu’il traîne cette réputation de son école précédente, d’où il a été renvoyé.

– Mais là, demande l’Adrienne, tu as envie de t’en défaire? Tu veux que ça cesse? Tu n’as pas un prof à qui tu peux en parler?

Si, bien sûr, mais c’est peine perdue, il l’a déjà essayé.

– En septembre tu changes de classe, tu auras un nouveau prof, tu devrais lui dire tout de suite tes bonnes intentions, ça ferait un effet très positif, crois-moi!

Bref, quand ils se sont quittés l’Adrienne avait le cœur pris et regrettait de ne pas avoir demandé nom complet, adresse de l’école et tout le toutim, qu’elle se mêle un peu de cette affaire 😉

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et premier devoir de Lakevio organisé par Monsieur Le Goût (merci!)

Il a allumé une cigarette parce qu’il commençait à s’énerver à force de lui dire et redire sa façon de voir, tandis qu’elle restait aussi impassible et froide que la pierre sur laquelle ils étaient assis.

Pourquoi, nom de nom, ne réagissait-elle pas?
Comment savoir s’il l’avait convaincue?
Si elle comprenait et acceptait ses arguments?

On aurait dit qu’elle avait même cessé de respirer.

– Je comprends, finit-elle par dire, que tu ne veux pas et ne voudras jamais d’enfant.

Ce n’est qu’alors, en se penchant pour écraser sa cigarette sur le sol, qu’il aperçut la robe rose de la petite fille dans l’embrasure de la porte.

Depuis quand était-elle là?
Qu’avait-elle entendu et compris de leur conversation?

L comme Louis-la-Brocante

Peut-être est-ce cette chaleur moite qui le rend de mauvaise humeur ou peut-être faisait-il son cinéma habituel de brocanteur, mais dès qu’il a vu ce qui avait disparu des murs et des armoires, il s’est lancé dans un discours enflammé sur ce qui avait été convenu, que si c’était comme ça, elle pouvait se le garder, tout son ‘brol‘, et qu’il ne lui paierait rien.

– J’ai une voisine qui m’offre 300 € pour mon service de table, dit-elle.
– Et bien moi, je vais le vendre à 30 €! a-t-il explosé.

Pourtant, il n’a pas voulu que ce service à 30 € quitte l’appartement sans lui.

Pour un vase de Val-Saint-Lambert qui selon lui ne valait rien et qu’elle ne lui cède finalement pas, il lui retire 300 € du prix convenu entre eux dès le début.

C’est ce que le père appelait « l’arithmétique hollandaise », une expression qui nous est restée de notre courte période sous la domination de nos chers voisins du Nord (1815-1830).

Pourtant il n’est pas Hollandais, il est Wallon, et la mère l’avait trouvé « bien honnête », à leur premier rendez-vous. Quand il l’avait si bien complimentée sur ses « belles pièces », « conservées en si parfait état » et la propreté méticuleuse de son appartement. Merci Rasha, a pensé l’Adrienne, mais elle s’est tue, évidemment. Elle regardait avec envie le glacier d’en face et aurait préféré se promener pieds nus sous les arbres du parc, avec une pensée émue pour sa grand-mère, de qui provient la majeure partie de cette masse d’objets divers laissés au brocanteur.

Bref, il est plus agréable d’avoir un rhume que d’avoir à faire à ce genre d’individu.
Et l’Adrienne aurait préféré vous faire des radotages sur Jeannot le lapin nain que sur Louis-la-Brocante 😉

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écrit pour les Plumes d’Emilie – merci Emilie! – avec les mots imposés suivants: GLACIER – NU – ENFLAMMER – RADOTAGE – LAPIN – CHALEUR – RHUME – MOITE – MAUVAIS – MASSE.

Et pour ceux qui aiment, ci-dessus c’est l’épisode 1 de la saison 1 🙂

Premier téléphone

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Souvent l’Adrienne repense à ce temps béni où le seul téléphone dans la rue était celui des voisins, Albert et Julia, chez qui chacun se rendait quand il fallait appeler un médecin d’urgence.

C’est à peu près la seule raison d’utiliser un téléphone, dans la rue de mini-Adrienne, vers 1968: pas question de faire du blabla, de discuter longuement – c’est cher, le téléphone, lui explique-t-on – d’y exercer son bagou de baratineur, d’y déverser des flots de paroles ou d’y tenir de grands plaidoyers.

Pour tout cela, on a le contact en face à face.

Qui permet la mimique, la gestuelle, les circonlocutions…

Et pour ceux qui habitent loin, demanderez-vous?

Même pour ceux-là, pas besoin du téléphone. Grand-mère Adrienne sait qu’elle les verra sans prendre rendez-vous.

Ils viendront le premier de l’an lui porter leurs vœux.

Ils viendront le dimanche de la Trinité, jour de la fête de la ville, voir le cortège (et manger des tartes).

Et le dimanche de la kermesse d’hiver.

Ils trouveront chaque fois porte ouverte et table bien garnie 🙂

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écrit pour les Plumes d’Emilie – merci Emilie! – avec les mots imposés sur le thème ‘bla-bla’: CIRCONLOCUTION – BARATINEUR – TÉLÉPHONE – DISCUTER – BAGOU – PLAIDOYER – PAROLE – PIROUETTE.

L’illustration a déjà servi pour le jeu de Lakévio

Le défi du 20

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De son échoppe émanait une odeur féroce de cave, de moisissure et de paille.

– Vous voulez goûter? dit-elle en tendant de la pointe du couteau un bout de fromage à la croûte d’un gris noirâtre.

Pouvait-on refuser?
Ça n’en avait pas l’air.
On dégusta donc le fromage avec sa croûte, ses moisissures et ses artisons.

– Alors, qu’est-ce que vous en dites? Il est pas bon, peut-être?

– Délicieux! Excellent! répondit-on en essayant de ne pas penser aux petites bêtes qui grouillaient.

Parce qu’il était clair qu’une autre réponse n’aurait pas été tolérée.

– Je vous en emballe un?

C’est là qu’on a espéré que les petites bêtes supporteraient bien le voyage en voiture et qu’on pourrait faire revivre cette merveilleuse expérience à d’autres innocents 🙂 

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Pour le Défi du 20 avec les mots imposés par Lisamax: fromage et féroce.

Source de l’image ici.

I comme Il était temps!

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Il était temps que quelqu’un vienne en visite, se dit l’Adrienne en sortant l’échelle pour atteindre le haut des armoires.

Depuis le confinement, plus personne n’avait mis les pieds chez elle.
Sauf dehors, sur la mini-terrasse.
Sauf Estevan.
Ou le petit Léon.
Ou l’ami Philippe.
Mais avec eux on ne courait pas grand risque qu’ils voient la poussière sur les boîtes de rangement.

L’Adrienne, quand il s’agit de ménage, agit souvent comme ces élèves qui prétendent étudier plus efficacement dans la précipitation de l’urgence, en dernière minute. Qu’alors ils réussissent en un éclair à faire ce qui leur prend normalement des heures. Qu’alors rien ne vient ralentir leur rythme de travail.

Bref, jeudi l’Adrienne a fait le ménage à fond et avec diligence parce qu’une ancienne élève s’annonçait pour le lendemain.

Et tout comme à la lointaine époque où elle « faisait les poussières » dans la maison de son enfance et que sa mère contrôlait le travail d’un doigt avisé – le mal est sans remède – cette fois elle avait oublié de passer le chiffon sur les pédales du piano.

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écrit pour Les Plumes d’Emilie – merci Emilie! – avec les douze mots imposés suivants: précipitation – pied – éclair – boîte – courir – pédale – temps – diligence – minute – risquer – ralentir – remède.

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Par contre dans sa classe Madame faisait le ménage matin et soir 😉