G comme Gaston

2019-01-02 (30)

Un autre bon endroit pour découvrir un pays, c’est d’entrer dans une librairie.

Comme l’Islande se considère « pays de livres » et de culture livresque, on n’est pas étonnée de trouver d’accueillants magasins consacrés au livre. Ils disposent d’un coin où on peut lire tranquillement comme si on était dans une bibliothèque, boire un café, manger sur le pouce ou même, si on ne veut rien dépenser du tout, se servir un verre d’eau aromatisée au citron et à la menthe fraîche.

C’est là qu’en faisant un tour des rayons, on découvre l’ami Gaston en traduction islandaise: il s’appelle Viggó, comme en danois et en norvégien. Cet album correspond à ‘Gaffes à gogo‘, comme on peut le voir ici en bas de page.

Revenir de l’islandais au français est très aléatoire, pour le mot ‘dútl’, par exemple, on trouve des Allemands, des cochons et des bidouillages 😉

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7 choses

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Pour apprendre à connaître un peu mieux le pays, la lecture d’oeuvres littéraires a été bien plus utile que celle des guides touristiques.

Ainsi par exemple, Auður Ava Ólafsdóttir et son Rigning í Nóvember, Pluie en novembre, titre apparemment jugé peu racoleur car toutes les traductions ont préféré gommer la pluie et la remplacer par des papillons (versions néerlandaise, anglaise, allemande), une embellie (version française) ou ‘la femme est une île’ (versions italienne, espagnole et portugaise).

J’ai beaucoup aimé cette histoire où une jeune narratrice raconte avec humour son voyage autour de l’Islande, suite à son divorce, avec comme compagnon un enfant de quatre ans, le fils d’une amie hospitalisée, et elle qui ne se croyait pas faite pour être mère devient de jour en jour meilleure dans ce rôle.

La confrontation avec la réalité islandaise est des plus intéressantes: il y a tant de points communs entre ce que la narratrice vit, voit, raconte et ce qu’on a pu voir de l’Islande, fut-ce en seulement cinq ou six jours.

Petite tentative de liste:

1.la météo de novembre, dans le livre, est jugée « ridicule » tout comme la température et les conditions météo ont été jugées « ridicules » par notre guide de jeudi: il fait « ridiculement » chaud, ça veut dire dix degrés Celsius, le paysage est « ridiculement » détrempé au lieu d’être figé dans la glace et recouvert de neige.

2.on suit la route numéro 1 pour chacune de nos excursions (j’ai du mal à l’appeler autoroute, même si elle a généralement deux bandes de circulation dans les deux sens). Elle s’appelle numéro 1 mais il n’y a pas de numéro 2 et elle fait le tour de l’île. Qu’on aille au nord ou au sud, si on continue de rouler, on revient à son point de départ.

3.sur les 330 000 Islandais, plus d’un tiers vit dans la capitale, il n’y a pas d’autre ‘grande ville’ mais tout le long de la route numéro 1 on trouve ici et là une ferme, des maisons de vacances (en bois), un village, un camping rempli de caravanes, une station-service avec cafétéria et supermarché. Comme la narratrice, nous y avons fait halte pour y boire un café ou aller aux toilettes.

4.grâce à la géothermie, il y a des piscines chaudes à ciel ouvert un peu partout. Les Islandais s’y retrouvent comme d’autres au bar, à faire la causette et à s’observer. D’abord douche sans maillot puis baignade avec maillot (voir mon billet d’hier :-))

5.chacun semble avoir sa maison de vacances et la narratrice aussi, un joli cabanon qu’elle a gagné à une loterie et qu’elle va installer dans un endroit improbable, à l’ombre d’une montagne. On en a vu beaucoup dans de drôles d’endroits, avec mention spéciale pour la maisonnette placée toute seule sur une pente d’où tombent régulièrement de gros éboulis de blocs de lave. Roulette russe à l’islandaise 😉

6.on mange du skyr, du poisson pané, de l’agneau fumé, des pommes de terre. C’est vrai. Et on y mange très bien, les cuissons sont parfaites. Et beaucoup de choses (très) sucrées. La saison d’été est trop courte pour produire des céréales donc on a des herbages et on élève des vaches et des moutons. De nombreux fermiers louent des chambres aux touristes. Ce qui doit être importé coûte les yeux de la tête, une façon comme une autre de protéger le fermier autochtone et d’endiguer l’exode rural.

7.ce qu’on appellerait chez nous ‘catastrophe naturelle’ est monnaie si courante en Islande qu’on rigole bien d’entendre parler d’ouragan ici et là sur la planète: nous avons constamment des vents de cette force-là, dit le guide, même qu’un jour un camion s’est envolé, on n’en fait pas tout un plat. La seule fois où une ‘catastrophe naturelle’ a fait tout un plat dans les médias du monde entier, c’est parce que notre trafic aérien en a été arrêté. Mais la terre y tremble plus ou moins quotidiennement, des volcans sont en activité, des inondations, éboulis, avalanches coupent les routes ou font disparaître des maisons, une église: « pas grave, dit le personnage du livre, de toute façon elle était vieille et il en fallait une neuve ».

*** 

source et info (couverture d’origine) ici, version française chez Zulma et néerlandaise (celle que j’ai lue) chez De Bezige Bij.

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R comme Rigoni

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En ce premier matin de l’hiver 2018, un petit retour en arrière avec Mario Rigoni (1921-2008) et ses réflexions nostalgiques sur les hivers d’autrefois:

L’inverno è il momento della riflessione, ma anche il momento della sofferenza, specialmente per chi ha tanti anni e ha memorie lontane: quante case, ad esempio, non avevano il riscaldamento? 

L’hiver est le moment de la réflexion mais aussi celui de la souffrance, surtout pour ceux qui comptent de nombreuses années et ont des souvenirs très anciens: combien de maisons, par exemple, n’avaient pas de chauffage?

È anche l’inverno della guerra. E l’inverno della guerra si riempie di memorie. 
L’inverno porta con sé anche le memorie della neve, le grandi sciate. 
È il momento delle riflessioni della vecchiaia e anche la gioia dei bambini quando arriva la prima neve che, con la bocca aperta guardando il cielo, s’impegnano a raccogliere i fiocchi che scendono.

C’est aussi l’hiver de la guerre et il est plein de souvenirs. Il porte en lui des souvenirs de neige et de ski. C’est un moment de réflexion pour la vieillesse et de joie pour les enfants quand arrive la première neige, qu’on regarde le ciel la bouche ouverte en s’efforçant d’attraper les flocons.

L’inverno è anche una tavola grande, dove si sta in tanti e un fuoco che brucia per scaldare. 
È la stagione fatta per leggere anche se oggi la televisione sostituisce in parte questa abitudine oltre a quella del racconto – non ci sono più né la nonna, né gli anziani che narrano storie vissute, sostituiti dalla televisione che racconta storie banali e false.

L’hiver ce sont les grandes tablées et le feu qui brûle pour se réchauffer. C’est la saison idéale pour la lecture, même si aujourd’hui la télévision remplace souvent cette habitude, comme celle des histoires qu’on se raconte – il n’y a plus ni grand-mère ni personnes âgées qui racontent leur vécu, elles sont remplacées par la télé qui raconte des histoires fausses et banales.

Se ci guardiamo intorno, noi anziani ancora vediamo la nostra fanciullezza: le capriole, le corse nella neve, il freddo, il gelo… non importava nulla e si viveva, mentre la fantasia navigava in modo leggero e si caricava di mistero.

Si nous regardons autour de nous, nous les anciens voyons encore notre enfance: les cabrioles et les courses dans la neige, le froid, le gel… ça n’avait aucune importance quand l’imagination galopait avec légèreté et se chargeait de mystère.

In questi anni abbiamo perso tanto.
Non sappiamo più vivere l’inverno come si viveva una volta. Forse la colpa è dei termosifoni e dell’aria condizionata che ci ha fatto perdere il gusto del passare delle stagioni.

De nos jours, nous avons beaucoup perdu. Nous ne savons plus vivre l’hiver comme autrefois. Peut-être est-ce la faute des radiateurs ou de la climatisation, qui nous ont fait perdre le goût du passage des saisons.

Pensate al focolare, in una cucina di montagna qualsiasi (non occorre essere in una famiglia ricca): in tutte le case solitamente c’era almeno un libro dell’infanzia, e ci si metteva vicino al fuoco per leggere e parlare…
L’inverno vissuto in un’altra maniera: quale dei due scegliere?
Certamente è una tradizione che va recuperata, quella della lettura, anche senza il fuoco, ma pensate che tristezza non avere più il fuoco!
Il fuoco è una grande compagnia.

Pensez au foyer, dans n’importe quelle cuisine de montagne (pas besoin d’être une famille riche): dans toutes les maisons il y avait au moins un livre pour enfants et on s’installait près du feu pour lire et discuter…
L’hiver vécu d’une autre manière: laquelle des deux choisir?
Certes, la tradition de la lecture a survécu même sans le feu, mais quelle tristesse de ne plus l’avoir! Le feu tient bien compagnie.

Quando eravamo in Albania (io avevo 18 anni ed ero in guerra) c’era una signora che raccontava le storie dell’Orlando Furioso: era una poetessa e recitava accanto al fuoco l’Orlando Furioso… chissà come l’aveva imparato. Oggi si accende la televisione e chissà se si sa ancora cos’è l’Orlando…
Cerchiamo di liberarci dai nostri condizionamenti e riconquistiamo ciò che ci fa “rivedere le stelle” e non solo in senso metaforico.

Quand nous étions en Albanie (j’avais 18 ans et j’étais sous les armes) une dame racontait les histoires d’Orlando Furioso. Elle était poète et racontait l’Orlando Furioso, à côté de l’âtre… Qui sait comment elle l’avait appris. Aujourd’hui on allume la télé… qui sait encore ce qu’est Orlando…
Nous cherchions à nous libérer de notre condition et à reconquérir ce qui fait « voir les étoiles », et pas seulement dans un sens métaphorique.

Ricordo una notte in Germania, era inverno: che meraviglia! Che silenzio! Un cielo pieno di stelle! Si erano spente tutte le luci e sembrava d’essere tornati indietro non di cinquant’anni, ma di settanta/ottanta.
Nella vostra vita vi auguro almeno un blackout in una notte limpida!

Je me souviens d’une nuit en Allemagne, c’était l’hiver: quelle merveille! Quel silence! Un ciel plein d’étoiles! Toutes les lumières étaient éteintes et il semblait qu’on était retourné en arrière, non pas de cinquante ans, mais de septante ou quatre-vingts ans.
Dans votre vie, je vous souhaite au moins un black-out pendant une nuit claire!

***

On nous promet depuis des mois la réalisation de ce vœu 🙂

Traduction de l’Adrienne. Ce texte et d’autres ici.

J comme Jérôme Ferrari

Deux minutes trente-trois pour écouter l’auteur parler de ce livre.

Et ci-dessous, l’incipit:

La dernière fois qu’elle l’avait vu, dix ans plus tôt, il rentrait chez lui et elle l’accompagnait. Depuis que le car de Belgrade les avait déposés à la gare routière, il n’avait pas dit un mot. Et puis il s’était arrêté, toujours en silence, pour s’accouder à la balustrade d’un pont sur le Danube dont les bombardements de l’Otan de 1999 ne laisseraient bientôt subsister que les piliers. Antonia se tenait en retrait, l’appareil photo à la main, et elle le regardait. Il portait un treillis déchiré sur lequel il avait cousu ses galons de sergent et, sous l’insigne de la JNA* dissoute, un écusson serbe à l’aigle bicéphale flanqué des quatre sigma lunaires. A ses pieds était posé un grand sac militaire ne contenant rien d’autre qu’une édition hongroise du Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas d’Imre Kertész, le premier volume d’une traduction serbo-croate des oeuvres complètes de Bukowski et quelques cassettes, de R.E.M. et Nirvana, dont il ne se rappelait même plus la dernière fois qu’il les avait écoutées.  Il se tenait la tête dans les mains. Il ne regardait pas les eaux noires du fleuve, le ciel chargé de pluie. En passant près de lui, un groupe de très jeunes gens qui s’avançait sur le pont avait ralenti et éclaté d’un rire incompréhensible en le toisant ostensiblement. Antonia avait pris la photo, la dernière du reportage qu’elle lui avait consacré et qui ne serait jamais publié. Il avait d’abord semblé ne pas réagir. Et puis il avait relevé la tête et Antonia avait vu qu’il pleurait. 

Jérôme Ferrari, A son image, Actes Sud 2018, p.11-12

* Armée populaire yougoslave

Extrait d’une quinzaine de minutes avec l’auteur chez François Busnel à la Grande Librairie.

Enfin, texte explicatif de l’auteur, sur le site de son éditeur Actes Sud:

« DANS LES ANNÉES 1990, j’ai découvert la photo de Ron Haviv sur laquelle un paramilitaire des tigres d’Arkan prend son élan pour frapper les cadavres de trois civils qu’il vient d’abattre, quelque part en Bosnie. Il porte des lunettes de soleil à monture blanche et, entre les doigts de sa main gauche, il tient une cigarette dans un geste d’une absolue désinvolture. Ce garçon était manifestement mon contemporain, il était à peine plus âgé que moi et notre évidente proximité avait quelque chose d’intolérable. La guerre sortait des livres d’histoire.
C’est alors, je crois, que j’ai pour la première fois fait l’expérience de la puissance des photographies et de la façon dont elles bouleversent notre rapport au temps : ce qu’elles nous montrent est à chaque fois figé pour toujours dans la permanence du présent et a pourtant, dès le déclenchement de l’obturateur, déjà disparu. Personne n’a énoncé ce paradoxe plus clairement que Mathieu Riboulet  : « La mort est passée. La photo arrive après qui, contrairement à la peinture, ne suspend pas le temps mais le fixe. »
Parce que la mort est passée, le roman s’ouvre sur celle d’Antonia et passe par toutes les étapes de la messe de ses funérailles. Au cours d’une vie consacrée aux photographies, les plus insoutenables et les plus futiles, des portraits de famille, des conférences de presse clandestines, des attentats, des mariages, la guerre en Yougoslavie, elle s’est constamment sentie renvoyée de l’insignifiance à l’obscénité.
Le roman est donc l’histoire de son échec. Le prêtre qui célèbre la messe est l’oncle d’Antonia. C’est aussi lui qui l’a portée sur les fonts baptismaux et qui lui a offert, pour son quatorzième anniversaire, son premier appareil photo. J’imagine qu’il ne se le pardonne pas. »

J. F.

Un livre sur l’importance (relative) de la photo, sur la Corse, sur l’actualité, sur de nombreuses questions… et que j’ai adoré 🙂

I comme inspiration chez Lali

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Je ne suis pas dupe. Elle fait semblant de lire. Elle ne tourne pas les pages. Elle a ce sourire niais comme chaque fois que cet autre est là. Je l’ai à l’œil, celui-là.

Je ne l’aime pas. Je n’aime pas ce machin qu’il installe au milieu de la pièce, à gauche de la fenêtre. Ma place préférée, quand il y a du soleil.

Je n’aime pas tous ces trucs qu’il sort de son sac, ces tubes, ces pinceaux. Ça pue.

Je n’aime pas qu’il reste là des heures à la regarder faire semblant de lire avec ce sourire bête vissé sur son visage. Ça va mal finir, cette histoire.

Je darde sur lui le feu jaune de mon œil unique. Je sais qu’il a peur de moi.

***

tableau et consignes chez Lali, que je remercie.

Question existentielle beethovénienne

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A grands coups de francs suisses, Bodmer a reconstitué Beethoven comme on reconstitue un vase antique brisé. Recollé ce qui avait été éparpillé pendant près de cent ans. Vous savez quel est celui qui m’émeut le plus, parmi tous ces objets […]? […] Sa boussole. Beethoven possédait une boussole. Une petite boussole de métal, en cuivre ou en laiton, qu’on voit dans une vitrine à côté de sa canne. Un compas de poche, rond, avec un couvercle, très proche des modèles d’aujourd’hui me semble-t-il. Un beau cadran en couleur avec une magnifique rose des vents. On sait que Beethoven était un grand marcheur. Mais il marchait autour de Vienne, en ville l’hiver, et dans la campagne l’été. Pas besoin de boussole pour quitter Grinzing ou trouver l’Augarten – est-ce qu’il emportait ce compas au cours de ses excursions dans la forêt viennoise, ou lorsqu’il traversait les vignes pour rejoindre le Danube à Klosterneuburg? Avait-il envisagé un grand voyage? L’Italie, peut-être? La Grèce? Est-ce que Hammer-Purgstall l’avait convaincu de voir l’Orient? 

Mathias Enard, Boussole, Actes Sud Babel 2017, p.311-312.

O comme orientalisme

Si vous réussissez à ne pas être désarçonné par l’érudition prodigieuse de l’auteur, si vous poursuivez votre lecture malgré le nombre impressionnant de noms qui vous seront peut-être inconnus, vous verrez que avez là un livre de grande qualité et vous ne le lâcherez plus.

Même s’il est extrêmement difficile de le lire d’une traite, et pas seulement parce qu’il fait presque 500 pages.

Je le sais, je l’ai essayé 😉

Ce roman a obtenu le Goncourt en 2015 et donne vraiment envie d’en apprendre davantage sur les influences de l’orient en occident, surtout dans le domaine musical. Voici ce que l’auteur en dit lui-même, sur le site de son éditeur Actes Sud:

“Interroger la frontière. Essayer de la comprendre, dans ses flux, ses reflux, sa mobilité. La suivre du doigt. Plonger la main dans le courant de la rivière ou la saignée du détroit. La parcourir avec ceux qui l’ont explorée, voyageurs, poètes, musiciens, scientifiques. En relever les traces, les cicatrices anciennes ou les interactions nouvelles. Entrevoir tour à tour sa violence et sa beauté. Exhumer des passions oubliées et des échanges enfouis, reprendre des dialogues parfois interrompus. Tenter humblement de recenser les marques de cette passion, de ce qui se joue entre soi et l’autre, entre Les Mille et Une Nuits et À la Recherche du temps perdu, entre L’Origine du monde et un pasha ottoman, entre le chant du muezzin et des lieder de Szymanowski.

J’ai été ce qu’on appelait autrefois un orientaliste. J’ai étudié l’arabe et le persan à l’Institut des langues orientales. Comme mes personnages, j’ai parcouru l’Égypte, la Syrie ou l’Iran. J’ai essayé de reconstruire cette longue histoire, celle de l’amour de l’Orient, de la passion de l’Orient, et des couples d’amoureux qui la représentent le mieux : Majnoun et Leyla, Vis et Ramin, Tristan et Iseult. Sans oublier ce qu’il peut y avoir de violent et de tragique dans ces récits, de rapports de force, d’intrigues politiques et d’échecs désespérés.

Ce long voyage commence à Vienne et nous amène jusqu’aux rivages de la mer de Chine ; à travers les rêveries de Franz et les errances de Sarah, j’ai souhaité rendre hommage à tous ceux qui, vers le levant ou le ponant, ont été à tel point épris de la différence qu’ils se sont immergés dans les langues, les cultures ou les musiques qu’ils découvraient, parfois jusqu’à s’y perdre corps et âme.’’

Une libraire nantaise a écrit un bel article ici.