U comme Us (Nous)

Voici le chapitre 39, il s’intitule « Une brève histoire de l’art »:

Cave paintings. Clay then bronze statues. Then for about 1,400 years, people painted nothing except bold but rudimentary pictures of either the Virgin Mary and Child or the Crucifixion. Some bright spark realised that things in the distance looked smaller and the pictures of the Virgin Mary and the Crucifixion improved hugely. Suddenly everyone was very good at hands and facial expression and now the statues were in marble. Fat cherubs started appearing, while elsewhere there was a craze for domestic interiors and women standing by windows doing needlework. Dead pheasants and bunches of grapes and lots of detail. Cherubs disappeared and instead there were fanciful, idealised landscapes, then portraits of aristocrats on horseback, then huge canvasses of battles and shipwrecks. Then it was back to women lying on sofas or getting out of the bath, murkier this time, less detailed, then a great many wine bottles and apples, then ballet dancers. Paintings developed a certain splodginess – critical term – so that they barely resembled what they were meant to be. Someone signed a urinal, and it all went mad. Neat squares of primary colour were followed by great blocks of emulsion, then soup cans, then someone picked up a video camera, someone else poured concrete, and the whole thing became hopelessly fractured into a kind of confusing, anything-goes free for all.

Des peintures rupestres. Des statues d’argile, puis de bronze. Ensuite, pendant près de 1400 ans, les gens n’ont plus rien peint sauf des représentations audacieuses mais rudimentaires de la Vierge à l’enfant ou de la Crucifixion. Un génie éclairé s’est rendu compte que les objets vus de loin semblent plus petits, alors les peintures de la Vierge Marie et de la Crucifixion se sont grandement améliorées. Tout à coup, chacun a très bien su dessiner les mains et les expressions du visage et les statues étaient de marbre. Des chérubins grassouillets ont fait leur apparition, ailleurs ça a été la mode des intérieurs domestiques et des femmes cousant à leur fenêtre. Des faisans morts, des grappes de raisins et un tas de détails. Les chérubins ont disparu et à leur place il y a eu des paysages imaginaires, idéalisés, puis des portraits d’aristocrates à cheval, puis d’énormes toiles avec des batailles ou des naufrages. Après on est revenu aux femmes couchées sur des sofas ou sortant du bain, plus troubles cette fois, moins détaillées, puis des tas de bouteilles de vin et de pommes, ou des danseuses de ballet. Les peintures ont évolué en gribouillages – terme critique – de sorte qu’elles ressemblaient à peine à ce qu’elles étaient supposées montrer. Quelqu’un a signé un urinoir, et tout est devenu dingue. Des carrés parfaits de couleurs primaires ont été suivis de grands blocs d’émulsion, puis des boîtes de soupe en conserve, puis quelqu’un a pris une caméra, un autre a coulé du béton: tout ça s’est désespérément fracturé en une sorte de n’importe quoi confus et de tout est permis.

David Nicholls, Us, Hodder & Stoughton, 2014, chapter 39, A brief history of art, traduction de l’Adrienne et illustration prise du site de l’éditeur.

La BBC en a déjà fait la version filmée mais on peut supposer que le chapitre 39 n’y aura pas sa place 😉

O comme Ode

Savoir à l’odeur quel jour on est. Rentrer tard. Dès l’entrée, se rendre compte: ah oui, on est mercredi. Allumer. Les poils du tapis sont bien droits. Neige fraîche que personne n’a foulée.

Aan de geur weten welke dag het is. Laat thuiskomen. Bij de deuropening beseffen: ach ja, het was woensdag vandaag. Licht aan. De polen van het tapijt staan weer rechtop. Verse sneeuw, nog door niemand beroerd.

La chambre: une chambre d’hôtel aux draps frais. La salle de bains: se revoir dans les robinets, allongé. Le bureau: elle a trouvé le billet. Combien de ces billets lui a-t-on écrits ces dernières années? Aucune idée. Un par quinzaine.

De slaapkamer: een hotelkamer met schone lakens. De badkamer: jezelf weer zien in de kranen, langgerekt. De werkkamer: ze heeft je briefje gevonden. Hoeveel van die briefjes heb je de afgelopen jaren geschreven? Geen idee. Om de twee weken eentje.

‘Bonjour S., pas besoin de changer les draps aujourd’hui, j’étais souvent à l’étranger.’

‘Salut S., rien de spécial aujourd’hui. Si tu veux, il y a de la soupe au frigo. Bon appétit.’

Bonjour S., je hoeft de lakens niet te verversen vandaag, ik was veel in het buitenland.’

Salut S., rien de spécial aujourd’hui. Si tu veux, il y a de la soupe au frigo. Bon appétit.’

Un jour elle a dit qu’elle aimait ces billets. C’était il y a longtemps. Depuis combien de temps vient-elle, d’ailleurs? Douze ans? Treize? Elle était encore ‘illégale’. Quelle horrible expression. Les papiers pour sa famille et elle ne sont arrivés que plus tard. J’ai aidé son mari avec ça. Vu grandir ses enfants. Leur français est devenu meilleur que leur albanais. Ils le parlaient avec elle mais ne l’écrivaient pas ou à peine. La petite fille rigolote est devenue une jeune femme. Le fils a fait des études.

Eén keer heeft ze gezegd dat ze dat fijn vond, die briefjes. Dat was jaren geleden. Hoeveel jaar komt ze hier überhaupt al? Twaalf? Dertien? Ze was nog ‘illegaal’ toen. Wat een vreselijke uitdrukking. De papieren voor haar en haar gezin kwamen pas later. Je hebt haar man er nog mee geholpen. Je hebt haar kinderen groot zien worden. Hun Frans werd beter dan hun Albanees. Ze spraken het met haar, maar schreven het niet of nauwelijks. Het koddige dochtertje werd een jonge vrouw. De zoon ging studeren.

Ressentir encore un peu de gêne. Toujours penser aux mots de Gandhi, que toute la vie il faut continuer à faire d’humbles travaux. C’est pour ça que je n’ai pas de lave-vaisselle. Mais tout de même: laver ces quelques assiettes, n’est-ce pas uniquement pour apaiser ma conscience? C’est si peu en comparaison de tout ce qu’elle fait.

Nog steeds enige gêne voelen. Nog steeds denken aan de woorden van Gandhi, dat je je hele leven lang ook nederig werk moest blijven doen. Daarom heb je geen vaatwasser. Maar toch: die paar borden zelf afwassen, is dat niet enkel om je geweten te sussen? Het is zo weinig vergeleken met wat zij allemaal doet.

Se demander si son salaire est en rapport avec son travail. Comment elle tient le coup, six jours sur sept, chez toutes ces familles ou ces célibataires dont elle a les clés. Racheter cette gêne en lui donnant parfois une somme plus importante. Ecrire sur le billet ‘J’ai gagné un prix’. Ou le marmonner. Voir alors son regard brillant d’incrédulité. Se sentir encore plus gêné.

Je afvragen of ze wel loon naar werken krijgt. Je afvragen hoe ze het volhoudt, zes dagen per week, bij al die gezinnen en singles waarvan ze de huissleutels heeft. Je ongemak afkopen met af en toe een groter bedrag. ‘Ik heb een prijs gewonnen,’ op het briefje schrijven. Of mompelen. Haar stralende ongeloof dan. Je nog gegeneerder voelen.

Rentrer parfois quand elle y est. Bruits d’enfance: quelqu’un chantonne dans la pièce d’à côté, trempe une serpillière, fait grésiller le fer à repasser.

‘Viens, S., on déjeune ensemble? Tu veux du thé?’

Écouter les histoires de son pays. De sa famille. De la santé d’une maman là-bas. Pluie de mots dans son français élémentaire. Un jour je suis allé dans son pays, j’ai mangé du poisson avec son frère, dans un routier décrépit. Depuis, j’arrive à me représenter quelque chose aux noms de lieux qu’elle évoque. A la nostalgie aussi.

Soms thuis zijn wanneer zij er is. Geluiden uit de kindertijd dan: iemand die neuriet in een aanpalende kamer. Het soppen van een dweil. Het hissen van het strijkijzer.

‘Kom, S., zullen we samen lunchen? Wil je thee?’

Luisteren naar de verhalen over haar land. Over de familie. De gezondheid van haar verre moeder. Stortvloed van woorden in haar elementaire Frans. Je bent ooit naar haar land gereisd en hebt daar met haar broer vis gegeten in een verlopen wegrestaurant. Sindsdien kan je je iets bij de plaatsnamen voorstellen. Bij de heimwee ook.

Peut-être que personne ne me connaît mieux qu’elle. Elle a trouvé les vêtements de femme dans l’armoire puis les a vus disparaître. Elle a vu le désordre de lits après l’amour et après une nuit solitaire. Elle a vu le côté sombre de ma vie publique. Elle ne pose pas de questions.

Après toutes ces années, elle persiste à repasser les sous-vêtements. ‘Pour tuer les microbes’, dit-elle avec conviction après une nouvelle tentative de lui faire abandonner cette habitude farfelue.

Misschien weet niemand meer over jou dan zij. Ze heeft in de kast dameskleren gevonden en later weer zien verdwijnen. Ze heeft bedden gezien, omgewoeld door liefde en omgewoeld door eenzaamheid. Ze heeft de donkere achterkant van je openbaarheid gezien. Ze stelt geen vragen.

Na al die jaren strijkt ze nog steeds je ondergoed. ‘Pour tuer les microbes,’ zegt ze overtuigd als je weer eens een poging hebt ondernomen om haar van die malle gewoonte af te helpen.

Il y a quelques années, j’étais malade comme un chien. Je l’ai appelée pour lui dire de ne pas venir. Elle est venue le soir même, avec son mari. C’était en décembre, par un froid de canard. Ils m’apportaient une casserole de soupe. Une vieille recette de famille, des Balkans. Une casserole de soupe. Son mari et elle. Ils étaient venus à pied, par les rues de Bruxelles, dans ce froid. Chacun tenant une poignée, comme s’il s’agissait de la transporter du fourneau jusqu’à table. Mais c’était dans le froid, dans Bruxelles, dans la nuit.

Il y a des années. Mais aujourd’hui encore, j’en ai la gorge serrée d’émotion.

Jaren geleden was je zo ziek als een hond. Je belde om te zeggen dat ze niet moest komen morgen. Ze kwam diezelfde avond nog, samen met haar man. Het was december en steenkoud. Ze hadden een keteltje soep meegenomen. Een oud familierecept uit de Balkan. Een keteltje soep. Zij en haar man. Ze waren ermee door de straten gelopen van Brussel, in de kou. Een hand aan elk handvat, als bracht ze het van het fornuis naar de eettafel. Maar dan door de kou, in Brussel, in het donker.

Het is jaren geleden. Nog steeds een krop.

Traduction de l’Adrienne, article de David Van Reybrouck, Ode aan mijn poetsvrouw, in De Correspondent, 15 octobre 2015.

Ces articles parus dans le journal néerlandais ont été rassemblés dans un ouvrage sous le titre Odes (De Bezige Bij, 2018) et récemment traduits en français, publiés chez Actes Sud (2021). On peut en lire des extraits ici.

Photo prise à Paris à l’expo Banksy.

M comme mystérieux Mozart

C’était un matin d’été, un jour de grande chaleur. Je devais prendre un taxi pour traverser Paris. Le chauffeur, un Asiatique souriant, Mercedes climatisée noire, me dit: « La musique ne vous dérange pas? » – En principe, non. Qu’est-ce que vous avez? » Il me cite deux chanteurs de variété, une chanteuse, et puis, surprise, Bach et Mozart. « Quoi de Mozart? – Le Requiem. – Vraiment? – ça ne vous plaît pas? – Si, si. Quelle interprétation? – L’Orchestre philharmonique de Vienne. Vous connaissez? – Un peu. Allez-y, merci. »

[…] Je descends dans l’air étouffant, je marche vers mon rendez-vous, j’appelle sur mon portable pour prévenir d’un léger retard, je tombe sur un allégro de Mozart en boucle, un concerto pour violon. A New York, je m’en souviens, dans l’ascenseur de l’hôtel, c’était la 40e symphonie en sol mineur. Pour réserver un taxi, la Petite Musique de nuit. Et ainsi de suite. Mozart est partout, c’est une industrie permanente […]

Mozart, le vrai Mozart, quelle serait aujourd’hui sa fortune s’il touchait à chaque instant des droits d’auteur? J’ai fini par poser la question à un spécialiste qui m’a répondu en riant: « De quoi s’acheter l’Autriche tout entière. »

Philippe Sollers, Mystérieux Mozart, éd. Folio 2006, incipit p.13, p.17 et p.20.

B comme beaux jours

Photo de cottonbro sur Pexels.com

Deux éléments conjugués ont fait que les lectures avec l’association quart monde ont pu reprendre: l’assouplissement des mesures le 9 mai dernier et le temps estival, puisque les lectures doivent avoir lieu en plein air. Avec dix personnes maximum.

Au deuxième rendez-vous du petit groupe, c’est Nadine qui avait choisi le texte, une nouvelle de Tchekhov, Le Pari.

Comme il s’agissait de lecture, le choix du poème pour clore l’avant-midi était celui-ci:

Onvervreemdbaar

Dit wordt ons niet ontnomen: lezen
en ademloos het blad omslaan,
ver van de dagelijksheid vandaan.
Die lezen mogen eenzaam wezen.

Zij waren het van kind af aan.

Hen wenkt een wereld waar de groten,
de tijdelozen, voortbestaan.
Tot wie wij kleinen mogen gaan;
de enigen die ons nooit verstoten.

Ida Gerhardt, in Verzamelde gedichten, Amsterdam, Athenaeum-Polak & Van Gennep, 1980

Inaliénable

Ceci ne nous sera pas ôté: lire
et tourner la page en retenant son souffle,
loin du quotidien.
Le lecteur peut être solitaire.

Il l’est depuis l’enfance.

Un monde lui fait signe où les grands,
les immortels, survivent.
Que nous, petits, pouvons atteindre;
les seuls qui ne nous rejettent jamais.

(traduction de l’Adrienne)

F comme Flirt Flamand

Les activités en intérieur sont encore interdites, sécurité sanitaire oblige? Qu’à cela ne tienne, la Foire du Livre de Bruxelles sera virtuelle.

Pas de longue queue donc pour la dame au chapeau (noir) qui lui sert d’armure – et au verre de champagne fétiche, mais rassurez-vous, elle ne partira pas ivre, la flûte pleine se réchauffe doucement sur le coin de la table…

Envol virtuel vers la Suisse, à l’honneur cette année, et une initiative belgo-belge qui, sous des airs légers, veut nous faire prendre conscience de ce qui se passe au niveau culturel chez ceux qui parlent l’autre langue nationale – ou plutôt l’écrivent.

Comment faire éclater cette frontière qui coince lecteurs et écrivains sous leur clocher?

Car comme l’écrit Jeanne Labrune, les rencontres font partie des Choses qui rendent heureuse:

« La mousse sur le café qui sort du percolateur.
Elle ressemble parfois au pelage d’un tigre du Bengale, parfois à l’écume de la mer.
L’amour avec quelqu’un qui ose aimer.
La mousse du savon. L’eau tiède sur la peau.
Le menton d’un homme couché et les lignes droites de son visage.
L’arrivée dans un pays étranger.
Une nuit blanche pendant laquelle on écrit.
La première neige qui tombe à gros flocons et le dernier jour de gel.
Le premier matin froid piquant et le premier matin tiède. »

***

La rencontre entre Amélie et Monsieur Neveu avec photo du chapeau et du champagne, c’est ici.

Écrit pour les Plumes d’Émilie – merci Émilie! – avec les mots imposés suivants: SAVON – CHAMPAGNE – IVRE – éCRIRE – éCLATER – INTéRIEUR – ENVOL – LINGER(E) – LéGER(E) – SéCURITé – COINCER – MOUSSE – AIR – AIGUILLE – ARMURE

E comme embarras du choix

Le magazine continue quotidiennement son ‘tip tegen de coronadip‘ qui a déjà été évoqué ici.

Le conseil de lundi dernier dit ceci: replongez-vous dans le livre préféré de votre enfance.
Laissez-vous emporter à nouveau par ce livre qui a réjoui votre enfance ou votre adolescence.

Excellent conseil, se dit l’Adrienne, mentalement déjà en route vers son grenier, là où il y a la boite de livres d’enfance.

Puis elle se ravise: prendra-t-elle un volume de Heidi ou de la Comtesse de Ségur?

Deux jours plus tard, elle n’a toujours rien décidé 😉

***

Finalement, ce sera comme dans la pub des fromages belges: un peu de tout!

B comme Boualem Sansal

Gallimard

Si – comme l’Adrienne – vous avez ces temps-ci un peu plus de mal à vous concentrer sur la lecture, prenez ce livre-ci 🙂

Il est court (c’est un folio à 2€ donc court par définition) mais dense et peut se déguster à petites doses.

Il est courageux et fascinant.

Instructif.

Bref, voyez vous-même: la vingtaine de premières pages est à lire ici.

Z comme zoom alors!

Qui était-ce, parmi les commentateurs, à avoir signalé dernièrement l’importance et la présence des bibliothèques en fond visuel chez tous ceux qui sont obligés de montrer un peu de leur intérieur dans une de ces nombreuses visioconférences et autres sessions zoom?

Et bien, il/elle avait raison de le signaler.

L’Adrienne, qui avait surtout vu et écouté des musiciens jouer chez eux devant un mur blanc et une plante verte, vient de découvrir qu’aux Etats-Unis il y a même une firme spécialisée dans le prêt d’une bibliothèque en vue de faire de l’effet quand on est filmé chez soi et qu’on veut donner une certaine image de soi, soigneusement étudiée: Booksbythefoot!

Et du soin, il en faut, parce que d’autres sont spécialisés dans le ‘scrutinising‘ de ces vrais faux décors de livres: les spécialistes du Bookcase credibility.

Bref, le petit reportage ci-dessus résume tout ça en disant que ce décor de livres donne l’impression que vous savez de quoi vous parlez et même que ces livres sont plus importants que ce que vous dites.

Ils montrent votre appartenance à une classe sociale, votre niveau d’éducation, l’état de vos finances et à quoi vous vous intéressez.

Ils sont « étrangement rassurants ».

Et surtout, parfaitement instagrammables 🙂

J comme Jolabokaflodid

Jólabókaflóðið

Deux bonnes raisons de s’inspirer de l’Islande en ce moment de l’année, d’abord pour se rappeler le voyage fait il y a deux ans, plein de péripéties mais sans aurores boréales – on aurait préféré le contraire 😉 – et ensuite pour cette belle tradition de s’offrir des livres.

Dans Jólabókaflóðið, il y a ‘Jol‘, qui ne nous dit rien mais qui signifie Noël, puis il y a ‘bok‘ et là on reconnaît le mot germanique pour ‘livre’ (book, boek, Buch…) et enfin le mot ‘flod‘ (comme flood, vloed, Flut…).

Donc au total ça donne un flux, un déferlement de livres pour Noël.

On en explique l’origine et les modalités sur le site qui porte son nom – l’illustration ci-dessus est sa bannière.

La coutume remonterait à la fin de la guerre de 40, quand tout ou presque était denrée rare, sauf le papier. Ce qui fait que les cadeaux qu’on pouvait le plus facilement s’offrir, c’était des livres.

Ce qui est merveilleux, c’est que la tradition perdure.

Il est vrai que les Islandais sont très fiers de leur culture et qu’ils sont conscients que la sauvegarde de leur langue passe en grande partie par leur littérature.

Depuis à peu près mille ans 🙂

Y comme yakalire

Dans sa version numérique, l’hebdomadaire flamand Knack offre chaque jour un ‘tip tegen de coronadip‘.

Tip‘ veut dire petit conseil, astuce et ‘dip‘ veut dire petite baisse de tonus, petit coup de mou.

Samedi dernier, le magazine conseillait la lecture, non seulement comme mode d’évasion mais aussi pour tous ses effets positifs sur l’être humain, comme les a décrits Alain de Botton.

Un de ces effets est la réduction du stress.

Selon une recherche réalisée en 2009 par le neuropsychologue David Lewis, lire six minutes par jour ferait baisser le niveau de stress de plus de 60%, un résultat supérieur à celui qu’on obtient par tous les autres moyens, comme le jeu, la promenade, la musique… ou celui qui vous est propre 😉