N comme nettoyage

Depuis le confinement on dirait que l’Adrienne s’énerve plus facilement – en tout cas sur fb où ces derniers mois elle « nettoie » de temps en temps des gens qui tiennent des propos lui déplaisant.

Elle a commencé par une ou deux personnes affichant des sympathies à droite de la droite, imbéciles heureux d’être nés quelque part mais niant à d’autres le droit d’y vivre.

Puis elle a zigouillé un ancien élève trumpiste – elle pourrait lui pardonner cette sympathie, tout le monde peut se trumper, mais pas son acharnement à vouloir prouver qu’il est le meilleur président au monde.

Et ces derniers jours elle a une furieuse envie de liquider l’ancienne collègue qui met entre cinq et dix articles en ligne chaque jour pour tenter de démontrer à quel point les experts ont tout faux dans leur façon de gérer la pandémie. 

Voilà: fb sert à souhaiter les anniversaires, à féliciter pour les mariages, les naissances, l’achat d’une maison, une réussite scolaire, un nouveau boulot, la communion de la petite… et pour le reste, il y a les journaux 😉

W comme WHY?

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est c99f6-2684016627.jpg

Pourquoi, mais pourquoi nos hébergeurs de blogs veulent-ils à tout prix nous offrir du « changement », comme de vulgaires politiciens?

Pourquoi ces nouveaux looks, ces nouvelles fonctionnalités et autre brol dont on n’a nul besoin, qu’on n’a pas demandés et dont on s’est toujours fort bien passé?

« Davantage d’outils et d’options », argumentent-ils.

Ce « nouvel éditeur » a suscité l’enthousiasme des happy few qui ont pu le tester en primeur, ajoutent-ils.

Bref, tout ça pour vous dire que programmer un billet prend trois fois plus de temps qu’avant et est trois fois moins ‘fun‘.

Même si WP prétend le contraire 😉

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photo prise à la gare de Péruwelz et qui a déjà servi à illustrer un autre billet 🙂

U comme Une vie

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Quand Clara a emménagé dans cet appartement parisien, elle n’a pas mesuré les conséquences de ce changement.

L’ouverture de la cave – encore cadenassée par la locataire précédente – lui a révélé les trésors de toute une vie: des photos, du courrier.

Toute une vie que Clara a décidé de reconstituer, de reconquérir étape par étape, à l’aide d’un réseau d’entraide de plus en plus vaste, d’internautes des quatre points cardinaux.

Cette enquête, menée en parallèle avec son métier de journaliste, a fait voyager Clara dans divers lieux, en France et aux Pays-Bas, et a suscité de nombreux projets très positifs, comme celui d’une institutrice d’Aubervilliers.

Bref, à l’issue de plusieurs années d’enquêtes minutieuses, Clara est convaincue que son sort est lié à celui de cette dame, qu’elle est en quelque sorte sa bonne étoile, et elle espère que celle-ci lui pardonne la liberté qu’elle a prise d’exposer au grand jour toute sa vie, à la fois minuscule et passionnante.

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Texte écrit pour les Plumes d’Emilie – merci Emilie! – avec les 13 mots imposés suivants: CHANGEMENT – VOYAGER – ETOILE – MESURER – EQUATEUR – POSITIF – VASTE – PARALLÈLE – LIBERTÉ – TRÉSOR – CARDINAL – COURRIER – CONQUÉRIR

On pouvait en laisser un de côté.

source de l’image sur le site du projet ici.

M comme maisons

 

Il y a des murs blancs, des boiseries, un mur vert.
Il y a des pièces avec de hauts plafonds et d’autres sous le toit en pente.
Il y a des chambres nues et d’autres pleines de livres.
Il y a des plantes d’appartement. Une grande, des petites.
Un vase avec des fleurs.
Une guitare posée contre un mur.
Une pile de disques.
Un lustre au-dessus de la tête.
Une photo de Man Ray chez un type qui n’est même pas violoncelliste.

« Attention! » titrait un article du 23 mars dernier, « vous partagez avec Zoom plus que ce que vous ne pensez. »

Et il ne s’agissait pas de plantes vertes 😉

Histoires X

L’image contient peut-être : texte qui dit ’Ouvrez le premier livre qui vous passe sous la main. La première phrase de la page 98 résume votre vie au temps du confinement. lisez!’

Fallait-il que l’Adrienne n’ait vraiment rien de mieux à faire… en lisant ceci, elle se saisit du premier bouquin qui lui tombe sous la main, l’ouvre à la page 98, découvre la première phrase: (attention, cher Walrus, ça va faire mal)

Proust, vraisemblablement, n’a pas de montre, ou bien il a oublié de la remonter, car Gaston de Caillavet, qui l’accompagne, et lui ne cessent pendant le trajet de guetter les horloges échelonnées sur le chemin de la gare d’Austerlitz.

Bof, se dit l’Adrienne, je ne vois pas en quoi ça pourrait résumer ma vie au temps du confinement, prenons-en un autre. 

J’apporterais une touche élégante et romantique, fit Scherlinger en souriant, si je décrivais maintenant comment je me suis procuré du haschich, dans quelle louche taverne du port, entraîné par quelque mécano arabe, soutier sur un paquebot, ou porteur sur les docks, mais je ne peux me permettre telle fioriture, car je ressemblais probablement plus à cet Arabe qu’au soi-disant étranger dont la déambulation mène à ce genre de taverne, en ceci du moins que, moi aussi, quand je voyage, j’ai toujours mon propre haschich avec moi.

Trouvant que l’expérience n’était toujours pas concluante, elle en a ouvert un troisième qui se trouve toujours à portée de main gauche à côté de l’ordi:

ANIMATION [animasjõ] n.f. – XIVe latin animatio, de anima 1. rare Action d’animer, de donner la vie.

C’est à ce moment-là qu’elle a décidé qu’elle était restée assez longtemps à l’écran et qu’il fallait passer à autre chose 🙂

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extrait 1: Ghislain de Diesbach, Proust, éd. Perrin, 1991 (p. 98)

extrait 2: Walter Benjamin, Récits d’Ibiza et autres écrits, traduits par Pierre Bayart, éd. Rive Neuve, 2020 (Histoire d’un mangeur de haschich, p.98)

extrait 3: Le petit Robert, édition des 50 ans, 2018 (p.98)

B comme Barsky

Sam Barsky est un Américain fan de tricot.

Il crée ses propres modèles – un modèle unique, en fait, seul le dessin diffère chaque fois. Sur chaque pull-over, il représente soit un lieu – un bâtiment historique, un paysage – soit un thème – un anniversaire, une fête du calendrier, un film célèbre.

C’est avec une conviction touchante qu’il vous explique, comme dans la vidéo ci-dessus, comment procéder 🙂

Vous pouvez carrément prendre la vitesse de lecture fois 2, vous pourrez encore parfaitement suivre.

Toujours en jersey, avec les mêmes aiguilles, la même grosseur de fil, le même nombre de mailles, la même encolure large pour qu’il puisse passer facilement la tête. Rien de compliqué. Mais ça fait un tabac sur les réseaux sociaux.

Ci-dessous, la toute première leçon, ou comme il le dit lui-même, son « first show », le « work in progress » d’un « artistic knitter » 🙂

Pour la collection de photos, voir ici.

W comme wangiri

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La police municipale a son compte fb où les gentils flics de la ville annoncent avec humour l’endroit exact où ils installeront leur caméra cachée:

Chers habitants de X, si vous passez par la rue Machin le jeudi 27 février, veillez à être bien coiffés pour la photo et n’oubliez pas que la vitesse y est limitée à 30 km/h.

A côté de ces annonces-là, il y celles pour les chiens perdus ou les clés de voiture trouvées, ainsi que divers conseils relatifs à la sécurité. Le thème est à la mode 😉

C’est ainsi que l’Adrienne a appris un nouveau mot, wangirifraude, une forme de fraude téléphonique (qui est bien expliquée ici mais que vous connaissez sûrement, le mot est neuf, pas la chose)

Vous avez raté un appel, le numéro vous est inconnu mais vous rappelez quand même et ça vous coûte cher. Surtout si vous n’avez pas remarqué le préfixe étranger qui vous relie à la Guinée et si on réussit à vous tenir la jambe un looooonnnng moment.

Bref, le mot est japonais ワンぎり et signifierait quelque chose comme ‘couper le contact après une seule sonnerie’.

Une chose est sûre, ce genre d’arnaque ne risque pas d’arriver avec l’Adrienne, plus téléphonophobique tu meurs 🙂

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la photo ci-dessus a illustré un devoir de Lakévio

pour écouter la bonne prononciation de wangiri, c’est ici.

F comme filer une torgnole

– Ça doit être la carte graphique, dit le mari de Tania – un connaisseur – arrivant ainsi à la même conclusion que Walrus – un connaisseur aussi, l’Adrienne est entourée de pro 🙂

– Est-ce que tu lui as donné un coup?

– Un coup? fait l’Adrienne en ouvrant de grands yeux.

Elle sait très bien faire la tête d’ahurie.

– Oui, un bon petit coup, c’est peut-être juste un mauvais contact.

Alors, de retour chez elle, l’Adrienne – qui de sa vie n’a jamais tapé rien ni personne, pas même le carton – a donné quelques petits coups dans le dos de son ordi, sans trop savoir sur quelle zone insister ni quelle poigne y mettre…

Peut-être fallait-il frapper plus fort? Les diagonales flashy et les lettres volantes étaient toujours là…

Mais c’était un prétexte suffisant pour (vous faire) réécouter un Renaud de derrière les fagots 😉

Bonne journée à tous!

22 rencontres (4 ter)

2019-10-30 (13)

Il y a d’autres rencontres que celles qu’organise le hasard pour Madame avec ses anciens élèves.

Il y a aussi celles qui ne doivent rien au hasard et qui rendent l’Adrienne très heureuse de voir « en vrai », petit à petit, quelques-uns de ses blogamis.

C’est ainsi qu’après avoir rencontré Walrus, Câline, Pivoine, Caro, GBalland, Tania, Colo, Loulou… (ciel! pourvu qu’elle n’oublie personne, c’est toujours dangereux ce genre de liste qu’on veut exhaustive), elle a enfin pu voir « en vrai » l’amie Berthoise.

Et tout ça, croyez-le, c’est du bonheur.

Merci à vous tous!

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photo prise le 30 octobre au Loir dans la théière, où comme vous pouvez le constater, Berthoise et l’Adrienne ont fêté l’événement en s’offrant une gâterie 🙂