B comme Bruno

Si dans votre G**gl* France vous tapotez Bruno, on vous proposera d’abord Mars, Guillon et Fernandes – l’Adrienne ne connaît aucun des trois, c’est dire si elle est à la page – et en quatrième position celui qui vous intéresse: Bruno Latour.

En effet, hier c’était la fête annuelle de l’Alma Mater chère au cœur de l’Adrienne et à cette occasion a lieu, normalement, la réception des nouveaux doctores honoris causa, parmi lesquels cette année il y avait donc ce philosophe, sociologue et ethnologue français.

Cette année bien sûr tout est ‘virtuel’ et à distance mais si ça vous intéresse, le point de départ est .

Pour ceux qui préfèrent juste écouter, il y a ces 33 minutes de France Culture du 25 janvier dernier.

C comme coiffeur

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Depuis que son coiffeur philosophe a pris sa retraite, l’Adrienne va chez ses successeurs. Qui ne sont pas du tout philosophes, et c’est déplorable. Surtout pour eux…

La dame est bien douce mais toujours triste, limite déprimée, c’est l’Adrienne qui lui remonte le moral et lui arrache un sourire.

L’homme… l’homme est un horrible macho de la race supérieure du plus blanc que blanc, donc vous devinez aisément quel est son sujet de conversation préféré.

Quand il s’adresse à l’Adrienne, elle a du répondant et ça s’arrête là.

Mais quand c’est avec un autre client, il faut l’entendre et le supporter jusqu’à la lie.

Alors voilà, l’Adrienne aimerait bien trouver un vrai successeur à son coiffeur philosophe. Tant pis s’il coupe mal les cheveux, du moment qu’on y passe un quart d’heure philosophique 🙂

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photo prise à Louvain samedi dernier – l’enseigne comporte deux jeux de mots: kapper (coiffeur) avec le N en plus fait knapper (plus beau) et Leuven (Louvain) dont les ciseaux coupent le U fait leven (vivre) – kapper Leuven, knapper leven, vivre mieux.

A comme archéologie

Des archéologues louvanistes reconstituent les visages d’anciens habitants de Sagalassos

Des archéologues de la KU Leuven ont, en collaboration avec l’université turque de Burdur, reconstitué les visages d’un homme et d’une femme de Sagalassos, cité antique située au sud-ouest de la Turquie. Ces deux humains ont vécu respectivement au début du 3e et entre les 11e et 13e siècles après Jésus-Christ. Sagalassos est l’un des sites antiques les mieux conservés de Turquie. Cette ville fut fondée au 5e siècle avant Jésus-Christ et complètement abandonnée au 11e siècle, à la suite de tremblements de terre, invasions et épidémies de peste. Depuis 1990, des fouilles archéologiques y sont menées sous la direction d’une équipe de la KU Leuven (université catholique de Louvain).

La reconstitution des deux visages a pour but de mieux mettre en images la vie quotidienne à Sagalassos au moment de son apogée, a expliqué le professeur Jeroen Poblome, actuellement à la tête du projet de recherche, lors de la présentation du résultat à la presse ce lundi.

L’homme romain, baptisé Rhodon, était vraisemblablement âgé de plus de 50 ans au moment de son décès et appartenait à la classe moyenne. Les fractures et troubles articulaires repérés sur son corps témoignent d’une vie rude. La femme byzantine, Eirènè, avait 30 à 50 ans lorsqu’elle est morte. Elle a moins souffert de troubles articulaires. Elle a été enterrée de manière plus austère que Rhodon, qui a été retrouvé entouré de cadeaux funéraires.

Pour leur redonner un visage, une équipe de l’université de Burdur a d’abord réalisé un “scan-3D” des crânes. Leurs traits ont ensuite pu être déduits avec une précision de 75%. Pour la couleur de la peau, des yeux et des cheveux, les chercheurs se sont basés sur les caractères dominants de la population actuelle de la région. Des sources historiques ont été mobilisées pour la coiffure et la coupe de la barbe.

Les deux visages sont à découvrir dans la bibliothèque de la KU Leuven jusqu’au 25 juin. Ils retourneront ensuite sur leur terre natale pour une grande exposition sur Sagalassos qui se tiendra à Istanbul cet automne puis au musée de Burdur.

 

source: ici – hier l’Adrienne a pris le train pour Louvain, c’est pourquoi elle confie au journal le soin de rédiger son billet de ce dimanche, surtout que l’ordi ne veut pas télécharger les photos qu’elle a prises elle-même 🙂

Tous les billets sur le voyage d’août 2016 à Sagalassos sont ici 🙂

V comme Vlamingenstraat

Louvain, Vlamingenstraat:

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Pendant ma promenade « nostalgique » (N comme nostalgie), j’ai revu la petite rue où pour la première fois il m’a pris la main…

… qu’il a dû lâcher tout aussitôt, parce que le trottoir était trop étroit.

Je constate à ma grande satisfaction que la ville de Louvain s’attaque enfin aux travaux nécessaires pour remédier à ce gros problème des amoureux débutants 🙂

N comme nostalgie

Je devais être à Louvain pour une journée de formation. J’avais une bonne heure d’avance, ce qui m’a permis de faire un petit tour nostalgique dans cette ville où j’ai passé quatre ans. Quatre belles années Cool

Les commerces de la Bondgenotenlaan me semblent plus nombreux et surtout plus luxueux mais Juste Lipse est toujours à sa place. Au coin de la Bogaardenstraat, une petite photo souvenir s’impose, c’est dans cette petite rue paisible que l’homme-de-ma-vie avait son « kot »

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Quand j’arrive place Ladeuze, le carillon qui l’énervait tant sonne précisément neuf heures du matin. Sourire!

Les rues sont désertes et les Halles universitaires sont encore fermées. D’ailleurs, ouvrent-elles, le samedi?

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Je suis même passée par le parc où nous avions rendez-vous pour aller manger ensemble à l’Alma 2 en période d’examen. Le reste de l’année, nous faisions notre popote nous-mêmes sur un petit réchaud à gaz.

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Il y a toujours des canards et l’allée n’a pas changé, on a juste ajouté une statuette en 2000

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Pour la formation, je devais être dans les bâtiments de notre faculté (Wijsbegeerte en Letteren – philo et lettres – mais on disait simplement W&L) et je vois qu’aujourd’hui le lieu s’appelle Erasmushuis (maison d’Erasme)

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Voilà la vue que nous avions depuis le huitième étage:

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avec encore une fois le carillon de la bibliothèque:

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G comme gastronomie estudiantine

Mes travaux de rangement de bureau, mes retrouvailles avec Désiré Nisard, mes incursions au grenier, tout ça me remet sur la piste de ma vie d’étudiante.

J’ai retrouvé le cahier dans lequel je notais scrupuleusement qui je recevais à ma table et ce que j’ai servi à chaque occasion. Le cahier commence à la date du 10 août 1979 (ça ne nous rajeunit pas, aurait dit mon père), j’avais 21 ans et j’étais mariée depuis un bon mois.

Durant ces mois d’août-septembre de 1979, j’ai reçu tour à tour – car nous n’avions qu’une petite table et peu de chaises dans notre petit studio avec la kitchenette à deux plaques de cuisson – mes beaux-parents, mes nombreux beaux-frères et belles-soeurs, mes grands-parents, quelques oncles et tantes. Chacun à son tour a reçu un menu adapté à ses préférences et aux possibilités très réduites de mon espace tout aussi réduit.

Ainsi, l’aînée de mes belles-soeurs a reçu son dessert préféré, un sabayon; de toute façon, je n’avais pas de four, donc je ne pouvais pas faire cuire de tartes, ma « spécialité » d’avant mon mariage.
Pour mon beau-père, il y avait du potage. Je devais pour cela surmonter mes traumatismes d’enfant enfermée dans « le kot » avec sa soupe déjà froide – LOL – j’essaie d’en rire.
Pour l’aîné des beaux-frères, il y avait du carré d’agneau, pour mes grands-parents, des pintadeaux à la crème et à l’estragon. Et ainsi de suite, coquilles Saint-Jacques, turbot, on n’avait pas un rond mais on savait recevoir Clin d'œil

Tout est noté dans mon cahier, les ingrédients, les poids, les temps de cuisson… et les variantes, car dès mes débuts de cuisinière, il est apparu que le plaisir est aussi dans la liberté 😉
On note tout scrupuleusement et la fois d’après, on enlève un ingrédient et on en rajoute un autre.

C’est également le sort qui a été réservé au poulet Désiré Nisard, dont je parlais il y a quatre jours à la lettre D. Ce poulet était notre ‘cucina povera’ à nous, puisqu’on y mettait les olives noires que mes parents rapportaient d’Ardèche et qu’avec un minimum d’ingrédients le résultat était excellent. C’est en tout cas ce que l’homme-de-ma-vie avait noté dans la marge à côté de la recette Cool

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W comme wagon de train

Samedi dernier, j’étais dans le train pour Bruxelles. J’avais rendez-vous à neuf heures à la place Royale avec un groupe de romanistes, tous des anciens de Louvain. J’avais dû me lever tôt et me dépêcher. A l’arrivée également, il faudrait me dépêcher, puisque mon train n’arriverait que peu avant neuf heures à la gare centrale.

J’ouvre mon livre (The Power of Now, Eckhart Tolle, New World Library, 2004, j’en parlais hier) quand le haut-parleur annonce froidement que ce train ne s’arrêtera pas à la gare centrale pour cause de travaux. Il nous conduira jusqu’au Nord, d’où nous devrons en prendre un autre.

C’est le moment idéal pour « arrêter de penser »! Penser, ici, veut dire: à quelle heure est-ce que je serai à la gare Centrale? Il faut que je prévienne le groupe que je ne pourrai pas y être à neuf heures… etc.

Je lis: « Not to be able to stop thinking is a dreadful affliction, but we don’t realize this because almost everybody is suffering from it, so it is considered normal. This incessant mental noise prevents you from finding that realm of inner stillness that is inseparable from Being. » (p.14-15)

Mon « incessant bruit mental » m’a suggéré d’allumer mon portable et d’exposer la chose à l’organisatrice puis de reprendre courageusement ma lecture:

« The predominance of mind is no more than a stage in the evolution of consciousness. We need to go on to the next stage now as a matter of urgency; otherwise, we will be destroyed by the mind, which has grown into a monster. » (p.23)

Mon « incessant bruit mental » se demande déjà ce que sera cette étape suivante, dans laquelle notre pensée ne dominera plus… pour autant qu’elle ait jamais dominé les actes des humains.