M comme météo

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Ce n’est pas parce qu’on est promeneuse de chien qu’on doit manquer de style. Aussi, chaque fois qu’elle sort Blacky, Sally veille à sa propre toilette, y compris les gants et la pochette assortie.

Blacky étant lui-même un chien très Upper East Side, il a toujours la laisse et le collier dans les tons choisis par Sally, comme aujourd’hui ce vert émeraude.

Une chance, se dit Sally en passant devant l’hôtel The Mark, que ma patronne soit une dame qui a du goût, aussi bien pour ses vêtements et accessoires que pour son chien.

Car ses lectures et ses séances au cinéma la portent à croire qu’à force de se promener dans les beaux quartiers, vêtue avec élégance et accompagnée d’un chien sortant de chez le coiffeur, elle finira par rencontrer ‘la bonne personne’. Un homme qui aura la trentaine, du goût et un appartement avec vue sur Central Park.

Quelle surprise, ce lundi d’octobre, de se trouver presque nez à nez avec sa patronne! Sally en est toute saisie! Par bonheur, Blacky fixait une congénère et était pressé de poursuivre la promenade. Sa patronne est passée sans les remarquer: la pluie opportune, l’homme et le taxi requéraient toute son attention.

Mais quelle frayeur, quelle horreur et la fin de tous ses espoirs si sa patronne l’avait vue porter son imperméable rose, sa pochette émeraude, ses gants assortis et même ses escarpins!

Jamais plus Sally ne retrouverait un aussi bon job, si elle avait le malheur de le perdre. Non seulement sa patronne et elle ont du bon goût et la même taille mais aussi la même pointure.

***

photo et consignes chez Lakévio qui demandait de ne pas écrire d’histoire de mari, maîtresse ou amant, ce que je n’avais de toute façon pas l’intention de faire 🙂

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G comme goutte

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En ces mois de disette, on est si heureux de voir tomber trois gouttes qu’on sort vite l’appareil pour immortaliser ce moment magique.

Mais il n’en tombe pas une de plus. L’herbe, les plantes et l’Adrienne restent sur leur soif 😉

En visite jeudi dernier chez l’amie V*, on sourit en regardant les enfants patauger dans une grande piscine gonflable.

– On l’avait déjà installée et remplie en juin, dit l’amie d’un air d’excuse, c’était avant qu’il y ait des réglementations à cause du danger de pénurie…

Les enfants rient, s’ébrouent, sortent de l’eau sans même prendre la peine de se sécher.

– Elle est froide! disent-ils.

Elle est généralement entre 24 et 27°, ça dépend si on l’a recouverte pour la nuit ou pas.

– Vous ne connaissez pas votre bonheur, pense l’Adrienne.

D comme douche

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Les deux chères collègues-amies de Madame sont parées à toutes les éventualités: la casquette ou le chapeau de soleil, la petite laine au cas où et l’imperméable au cas où. Mais comme il faisait 29° C, elles ont dû trimbaler tout ce barda pour rien.

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Vers midi, quand le ciel est devenu tout sombre de nuages d’orage, Madame et ses collègues-amies se trouvaient à point nommé sous un vieux pont de briques et n’ont pas pris une goutte. Sauf à le faire exprès, parce qu’une petite douche est rafraîchissante par ces températures et on sèche vite en marchant.

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Pour le reste de la journée, c’était bucolique et estival à souhait. Madame a pu faire la causette, en cours de route, avec quelques anciens élèves, qui comme Bram, fier de montrer son épouse et ses deux fillettes, sont aujourd’hui en couple et père ou mère de famille.

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Et les Américaines ? Elles ont fait tout le parcours aussi, bravo à elles 🙂

Adrienne et les Américaines

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A l’issue de la première avant-midi du cycle de conférences, l’Adrienne a décidé de prendre la pause déjeuner en compagnie de quelques conférenciers, plutôt qu’avec les trois ou quatre personnes de sa ville, que de toute façon elle connaît déjà et avec qui elle peut converser quand elle veut.

Elle a donc cassé la croûte avec Frank, Courtney, Lauren, Brian, Lucia Maria et Ruth. Quel bonheur de les entendre discuter de leur domaine de spécialisation et de pouvoir leur poser toutes les questions qu’on a!

Quand tout à coup, sans aucune raison apparente, Ruth a caché son visage dans ses deux mains en gémissant « I’m so ashamed! I’m so ashamed! ». 

Le premier moment de stupéfaction passé, tout le monde a compris que même sans l’avoir nommé, c’est de son président qu’elle avait honte. La pauvre… Alors que précisément, tout le monde, l’autre Américain, la Britannique, la Portugaise, l’Adrienne…  chacun parlait de tout sauf de politique.

***

Pour le lunch du troisième jour, Ruth, Brian, Courtney, l’Adrienne étaient de nouveau réunis. Il était surtout question de l’événement du lendemain, pendant lequel les reliques du saint patron seraient transbahutées tout autour de la ville.

– Et s’il pleut, demande Brian, qu’est-ce que vous faites?

– S’il pleut? fait l’Adrienne en levant un sourcil étonné. Qu’est-ce que ça peut bien faire? S’il pleut, on continue de marcher et puis c’est tout!

Ça les a beaucoup faire rire, parce que justement le premier soir, alors qu’une guide de la ville leur faisait admirer de vieilles pierres, il s’est mis à tomber trois gouttes.

– Il pleut! a décrété une Américaine.

– Et alors? a rétorqué la guide, qui était la seule en T-shirt et sans parapluie, et qui a continué ses explications, imperturbable.

D’ailleurs la pluie avait déjà cessé.

***

Le dimanche, il a fallu mettre les reliques sous leur abri de plastique: il y a eu deux orages pendant le parcours, un vers neuf heures et demie, au bout de 7 km, et un autre vers midi et demi, après une vingtaine de kilomètres.

Comme il faisait 29° C et une sécheresse de désert depuis des semaines, la pluie était plus que bienvenue et en marchant, on séchait bien vite.

Les Américaines aussi.

 

D comme déluge

Fin juin, après une énième journée caniculaire passée à espérer la pluie, le ciel est tout à coup devenu jaune – alors que le soleil était déjà couché – et un peu d’eau est enfin tombée. 

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C’était tout à fait spectaculaire et surprenant! 

Malheureusement, huit jours plus tard les pelouses sont toujours jaunes elles aussi…

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« pelouse » ostendaise

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pelouse de l’Adrienne…
seul avantage, il n’a fallu que trois tontes cette saison: une en février, une en mars et une en avril…  

 

R comme rouge

Il est à sa porte à heures plus ou moins fixes, pour fumer une pipe. Hiver comme été, et bien que vivant seul, il fume sur le seuil, laissant la porte entrebâillée. L’hiver, en vieux pull bleu troué, et en ces jours de canicule, en maillot de corps. 

On se salue, de loin. On échange un ou deux mots, pas plus. L’Adrienne est toujours pressée. 

Hier, dès qu’il la voit venir, il franchit les quelques mètres de son jardinet pour arriver jusqu’au trottoir: 

– J’ai pris un coup de soleil! s’exclame-t-il en montrant la peau nue sous la longue barbe grise. 

– Ah! fait l’Adrienne compatissante, faut faire attention, ces jours-ci! C’est dangereux. 

Puis il se retourne pour montrer son dos. Il a la nuque d’un rouge presque violet. L’Adrienne est très impressionnée et le lui dit. 

– J’ai enlevé un peu de mauvaises herbes dans mon jardin, explique-t-il. Pourtant, j’avais mis de la crème solaire! 

Depuis, l’Adrienne s’inquiète pour lui, et pour tous ces autres « petits vieux » de son quartier, la vieille dame toute cassée qui fait ses courses avec son antique vélo, celle qui marche avec une béquille d’un côté et un grand chien blanc de l’autre, celui qui a déjà été opéré deux fois à la gorge, celle qui porte avec fierté ses presque nonante ans… il fait beaucoup trop chaud, dehors et dedans, depuis trop longtemps.

ça se passe comme ça,vie quotidienne

la clématite de l’Adrienne a envahi le trottoir… 

 

 

C comme chapeaux

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C’était un beau mariage: des gens bien élevés, des jeunes minces et élégants, que du beau monde ayant fait de longues études et de grands voyages. 

C’était une garden party dans un endroit idyllique et pourtant au cœur de la ville, un high tea festif, gourmand et musical. 

Bref, L’Adrienne s’est sentie là comme Lenù dans la compagnie des Airota, la prestigieuse famille de ses beaux-parents, et de leurs fastueux amis: pas du tout à sa place. 

Au bout de trois quarts d’heure de conversations mondaines, elle avait déjà envie de reprendre le train pour rentrer chez elle. 

Et poursuivre sa lecture du tome 4 cool 

Quand je vous dis qu’elle n’est pas sortable… 

http://www.universalis.fr/encyclopedie/ferrante-elena-1943/1-un-roman-fleuve/ 

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Gand, samedi de l’Ascension, 17.15 h.