B comme bonjour!

Peut être une image de 1 personne, position debout, vêtements d’extérieur et texte qui dit ’LaicecParle leCocur Pouv' gamin, C&A èst frumè, il a dũ prinde: èl châle dè s'grand mè, él casaque dè s' pétit fré, ele cote dè s' grand seur, éle kèmise dè s' papi, lès tchôssètes à varice dè s' bobone èyèt sacoche dè s'matante Yvone. CHEGA LaicceParler Laisse fnCocur LD Nĩ-e facîle dè s'abiyîe pou I'momint’

Hier matin l’Adrienne a eu le grand grand fou rire grâce à une amie qui lui envoie cette photo.

C’est en wallon mais vous l’aurez sûrement compris aussi bien qu’elle (ou aussi mal, les spécialistes parmi les commentateurs nous le diront).

« Pauvre gamin, le C&A (magasin de vêtements) est fermé, il a dû prendre le châle de sa grand-mère, la veste de son petit frère, la jupe de sa grande sœur, la chemise de son papy, les chaussettes à varices de sa bobonne et le sac à main de sa tante Yvonne. Il n’est pas facile de s’habiller en ce moment. »

G comme Gothic

devoir de Lakevio du Goût_56 .jpg

Comme les piercings étaient interdits par le règlement – ce qu’elle trouvait d’ailleurs tout à fait injuste – elle enlevait le petit anneau qu’elle portait à la narine droite, chaque matin en arrivant à l’école, et le remettait avant de rentrer chez elle.

Dans toute la cour de récré, elle était la seule à avoir du rouge à lèvres noir, des ongles vernis de noir.

Elle faisait même un peu peur aux plus jeunes.
Et probablement aussi à certains de ses profs 😉

En classe, elle était présente-absente.
Chez Madame, elle avait choisi le premier banc, à côté de la porte. Elle s’y trouvait seule.

Naïve Madame qui se demandait souvent où elle trouvait le genre de fringues qu’elle portait – uniquement de longues robes noires – ce qui faisait chuchoter certains des petites classes qu’elle était « une sorcière ».

Avec elle, c’était Halloween toute l’année.

Un jour qu’elle portait une autre de ses longues robes noires, tout en dentelle cette fois, Madame lui a dit spontanément:

– C’est vraiment joli, ce que tu portes aujourd’hui!

Se rappelant trop tard que ne c’est pas bien de complimenter les filles sur leur tenue.

Mais voilà que le visage fardé de noir et les yeux charbonneux s’éclairent:

– Vous trouvez vraiment?
– Mais oui! dit Madame. Sinon je ne te le dirais pas!

Et depuis ce jour-là, elles ont été très copines.

Ce qui est évidemment une bonne chose pour son niveau en FLE même si aujourd’hui elle parle et écrit plutôt en portugais 🙂

***

Photo et consigne de ce 56e devoir de Lakevio du Goût:

Vous connaissez, je pense, Monsieur Edward Burne-Jones, ce peintre « préraphaélite »  contemporain de Lawrence Alma-Tadema. Il n’a pas peint que ces délicieuses rousses romantiques à la peau qui attire le baiser. Il a aussi engendré un fils qui a dessiné pour inciter le lecteur à s’intéresser à l’œuvre de son oncle Rudyard Kipling. Qu’a-t-il donc pu susciter dans l’esprit de celui qui regarde ce dessin ? Quant à moi il m’inspire quelque histoire…

Quant à moi, je n’ai pas pu me résoudre à écrire une histoire de vampire, de femme fatale ou autre élucubration de cerveau masculin 😉

Adrienne mémérise

C’est grâce à grand-mère Adrienne et à la chicorée De Lelie

 projet 52,photo,adrienne,souvenir d'enfance

que l’Adrienne dispose de toute une gamme de petits mouchoirs, rose tendre, jaune clair, parme, vert d’eau…

de sorte que l’Adrienne – depuis toujours – prend bien soin d’assortir le mouchoir aux chaussettes

comme elle assortit les chaussures au sac, le foulard à la robe, les gants à l’écharpe.

Or que vient-elle d’apprendre?

Assortir les couleurs, c’est mémériser.

mémé

Si vous ne connaissiez pas encore le mot, lisez l’article d’où vient cette photo. Où on reproche – en gros – à la star d’avoir le look de l’âge qu’elle a.

Alors qu’elle a poussé le souci du détail jusqu’à harmoniser les couleurs de sa tenue à celles du décor 🙂

Vous pouvez bien sûr, comme l’Adrienne, continuer à accorder soigneusement les couleurs, en vous disant que « La mode, c’est ce qui se démode » et que par conséquent d’ici peu votre manie de mémé sera du dernier chic.

Il suffit, disait le père de l’Adrienne, de laisser pendre un vêtement assez longtemps dans ta garde-robe. Un jour ou l’autre, tu pourras le ressortir.

Nulle ne met ce conseil mieux en pratique 😉

Y comme young

DSCI7255

Il a bien fallu deux hommes et quelques allumettes cassées pour allumer la bougie d’anniversaire du petit Frère 🙂

Ne vous méprenez pas, celui qui a le jean-troué-à-la-mode et le T-shirt avec une vedette, c’est le petit Frère. Monsieur Neveu ne porte que des pantalons qui nécessitent un joli pli, des chaussures en cuir et une chemise.

Mais ne vous inquiétez pas, c’est lui-même qui cire, lustre et repasse 🙂

Question existentielle

Knack Weekend KW 2018 36

Que pensez-vous de cette photo et de ce titre? a demandé Madame. Est-ce que ce jeune vous représente?

Ce n’est pas mon style, a répondu un quart de la classe, il ne me représente pas, a dit un autre quart. Un seul garçon est enthousiaste et voudrait lui ressembler, vêtements, chaussures, coupe de cheveux, tout lui plaît.

Les trois quarts affirment qu’ils ne s’intéressent pas à la mode. Pourtant, plusieurs garçons n’ont aucun mal à reconnaître la marque et le modèle des chaussures: ce sont des Nike Air de Sean Wotherspoon, apprennent-ils à Madame. Une petite recherche lui permet de constater qu’elles coûtent plus cher que des chaussures italiennes faites sur mesure par un bon artisan… Pourtant un des garçons trouve que c’est un look « de pauvre »…

Chacun ses goûts, je respecte les choix de chacun, disent les trois quarts de la classe. D’autres insistent sur le droit à la différence ou préfèrent « qu’on ne se ressemblent pas tous ».  

Par contre, la photo n’obtient aucun suffrage: ils n’apprécient pas qu’on ait placé le garçon dans ce décor de rue, sur ces armoires de l’électricité, avec ce graffiti sur le mur. On veut le faire passer pour un « bad boy », disent-ils, et cette image ne leur plaît pas du tout.

Quelques-uns prennent le garçon en pitié et espèrent qu’à 15 ou 16 ans, il ne sera pas propulsé d’un coup dans le mannequinat.

C’est une erreur de la part du magazine, conclut une des filles, de l’appeler ‘une icône de la mode’, il faudrait au contraire encourager les jeunes « à trouver leur style unique » au lieu de les pousser à imiter des modèles.

Bref, ils ont dit plein de choses intelligentes et Madame est bien contente d’eux 🙂

L’article est ici et la photo vient du site du photographe Jef Boes.

L comme loque

Knack Weekend KW 2018 36

Le thème du magazine, ce sont les hommes, « mannen« , mais la photo de couverture montre un garçon de 15 ans qui a soigneusement assorti toutes les couleurs de sa tenue. Le gris, le jaune, le bleu et le noir se retrouvent dans le pull, la chemise piquée dans l’armoire de papa (elle est griffée Martin Margiela), le pantalon, le sac (piqué à maman, c’est un Jack Wolfskin), les chaussettes et les baskets.

L’article qui lui est consacré, « tienerjongen en stijlicoon » (teenager et icône de la mode) est illustré de façon à nous le montrer l’air boudeur, le regard méfiant sous sa frange, les épaules affaissées, les bras ballants, trop fatigué pour se tenir debout sur ses deux jambes et garder le dos droit.

C’est en effet ce qu’on constate chez l’élève lambda, à partir du moment où on le sort de sa zone de confort pour l’emmener en visite d’une ville, d’un musée, d’un coin de nature. Il s’écroule sur le premier support venu.

Pourtant, cette photo énerve Madame. C’est un cliché dans les deux sens du terme. C’est réducteur.

Tiens, au prochain cours, elle va demander à ses élèves ce qu’ils en pensent. Elle a justement une classe constituée d’une majorité de « mannen« , reste à savoir s’ils se sentent « tienerjongen en stijlicoon » 🙂

L’article est ici et la photo vient du site du photographe Jef Boes.

loque: du moyen néerlandais lok (boucle, mèche). Morceau d’étoffe usé, déchiré. Vêtements qui tombent en loques. Fig. être effondré, sans énergie. (Petit Robert p.1007)

W comme Web pédagogique

look-shopping

Chaque matin, Madame va faire un tour chez les collègues du Web pédagogique où justement hier un de ses chroniqueurs préférés parlait du look des profs.

Madame y a reçu confirmation de ce qu’elle savait déjà, par exemple en ce qui concerne son choix de sandales plates en simili-plastique, « qui sont si pratiques sur les sentiers rupestres transalpins », dit l’article, mais qui n’auront droit qu’à des regards de commisération ou de dédain.

C’est vrai, Madame le sait depuis le premier jour où elle s’est trouvée face à une classe – et pourtant à l’époque il s’agissait d’une vingtaine de garçons pour seulement trois filles – le look est évalué et commenté. Définitivement. Pas de session de rattrapage.

D’ailleurs Madame elle-même et ses copines n’étaient pas différentes des ados d’aujourd’hui: le jeune prof venu faire un remplacement de latin et de grec a vite été surnommé « Floerie » à cause de son costume en velours côtelé et le prof d’allemand était « den Bruinen » parce qu’il ne portait que du brun. Celle au look terne et triste était jugée terne et triste. Celle qui portait chaque jour des tenues achetées bien cher en boutique de luxe était jugée superficielle et dépensière.

Voilà 🙂

Alors Madame met ce qui lui plaît, ce qui fait conclure à ses élèves que sa couleur, c’est le rouge 🙂

source de la photo et article ici

 

C comme chaussures

Avant le voyage à Paris, Madame a demandé à ses élèves de réfléchir à un bon thème pour un mini-reportage photo que chacun présenterait au retour.

Le but est d’éviter de voir 25 fois les mêmes monuments et d’inciter à un regard plus attentif aux détails.

Opération plus que réussie avec la classe de sciences-humaines dans laquelle certains se sont montrés particulièrement critiques.

Ainsi Larissa a choisi de nous éduquer en matière de chaussures. Le titre de son mini-reportage est : Les chaussures bizarres vues à Paris.

Madame y a appris qu’on ne porte pas de chaussures rouges avec un pantalon rouge, que les épaisses semelles blanches sont du dernier plouc et que des modèles « sport » avec des semelles compensées sont l’horreur ultime.

Quand elles ont vu le regard navré de Madame pour ses pauvres sandales de marche – tellement inélégantes – Larissa et ses copines l’ont rassurée:

– Chacun porte ce qu’il veut: les vêtements sont le reflet de la personnalité!

***

Au cours suivant, avec ses Terminale, Madame n’a pu s’empêcher de partager son étonnement et ses toutes fraîches expertises.

– Le vintage, c’est très bien aussi, a dit Simon en conclusion.

Et chacun a sagement opiné.

Il est vrai que ce jour-là, Madame portait un pull et un pantalon datant de 1985.

toms camila.jpg

Le lendemain, une bride des sandales plates a lâché – probablement suite à un grave choc affectif – et Madame a mis ses sneakers de chez Toms.

Vous avez vu ses épaisses semelles blanches?