Les derniers

sinforosa y martin

Avant-hier, un magazine flamand parlait de ce village espagnol déserté depuis une trentaine d’années et où un couple d’octogénaires continue d’habiter, avec 25 chats, 3 chiens, quelques poules pondeuses, quelques lapins.

On peut voir une série de photos ici.

Apparemment, ces braves gens reçoivent la visite de journalistes et de photographes au moins une fois tous les deux ans: la photo ci-dessus vient d’un article qui a paru en 2014, et celui-ci a paru en 2016.

On y raconte qu’ils vivent sans eau courante – Sinforosa va laver à la fontaine comme autrefois – sans électricité, sans tout ce qui fait le confort moderne. Depuis quelques années, un panneau solaire leur permet d’alimenter quelques ampoules pour un éclairage électrique. Ils ont un téléphone portable mais s’ils veulent l’utiliser, ils doivent d’abord monter jusqu’au point culminant du village.

Ils sont heureux, disent-ils, de jouir d’une bonne santé et espèrent pouvoir rester « le plus longtemps possible » dans leur village. Ils n’ont d’autre montre que le cadran solaire, ils vont se coucher quand ils sont fatigués, dit Sinforosa, mangent quand ils ont faim – et ce qu’ils veulent, ajoute-t-elle finement 😉

Je suppose que ces divers articles de presse leur font en même temps une publicité et leur amènent des curieux et des touristes, comme cette dame qui écrit en commentaire (sous l’article de 2014 donné en lien ci-dessus) qu’elle a été bien reçue et qu’il faut vraiment y aller:

Hemos estado en el pueblo 3 o cuatro veces. Es precioso. El pueblo con mas gatos que personas. Nos hablo de el un amigo de Vistabella y la primera vez hemos cogido el camino entre las montañas que une Vistabella de Estrella. La mitad lo hicimos andando al lado del coche que tocaba todos los baches del camino. Sinforosa nos abrio amable la iglesia y nos enseño un pedrusco debajo del que guardaba las llaves. Por si volveremos algun dia y no hay nadie… No nos conocia de nada !! Todo parecia perdido en el tiempo… La vuelta nos enseñaron el otro camino hacia Mosqueruela. Era incomparable mejor. Hemos vuelto despues de unos años y todo seguia igual. Salvo que Sinforosa tenia una pierna escayolada en Vilafranca y Martin estaba solo. Algunas casas estaban ya reformadas… Es precioso ! Teneis que verlo !

Nous sommes allés trois ou quatre fois dans ce village. C’est magnifique. Un village avec plus de chats que de gens. C’est un ami de Vistabella qui nous en a parlé et la première fois nous avons pris le chemin de montagne qui relie Vistabella à Estrella. On a parcouru la moitié en marchant à côté de la voiture, à cause des nids-de-poule. Sinforosa nous a gentiment ouvert l’église et nous a indiqué la grosse pierre sous laquelle elle gardait les clés. Pour le jour où on viendrait et qu’il n’y ait personne. Alors qu’elle ne nous connaissait ni d’Eve ni d’Adam! Tout paraissait perdu dans le temps… Au retour ils nous ont indiqué un autre chemin vers Mosqueruela. Il était incomparablement meilleur. Nous y sommes retournés après quelques années et tout était pareil. Sauf que Sinforosa avait une jambe dans le plâtre, à Vilafranca, et que Martin était seul. Quelques maisons avaient déjà été restaurées. C’est merveilleux! Il faut y aller!

Traduction de l’Adrienne 

 

M comme montagne

ermite.jpg

source photo BELGAIMAGE et article ici

Il s’éclaire à la bougie ou à la lampe à huile, n’a pas de douche ni d’eau chaude, son « ermitage » est un cagibi humide qui ne fait que 25 m². 

Mais il est heureux. 

J’en parlais ici, juste après sa sélection parmi une cinquantaine de candidats. Cet automne, il termine son premier semestre d’ermite (relatif) dans les Alpes autrichiennes et est fermement décidé à poursuivre l’expérience dès le printemps prochain. 

Tout en apportant quelques améliorations à son logement: cuisinière au gaz, panneau solaire pour pouvoir s’éclairer avec des lampes LED, douche. 

« Ma prière ne sera pas meilleure », argumente-t-il, « si je vis comme il y a 350 ans. » Je trouve l’argumentation intéressante tongue-out

Son ermitage finira par avoir cinq étoiles, en plus de toutes celles qu’il peut admirer dans le ciel, une fois que touristes, pèlerins et randonneurs sont repartis cool

E comme ermite

Ils étaient une cinquantaine de candidats pour aller vivre en ermite à 1400 mètres d’altitude dans les Alpes autrichiennes. Il y avait parmi eux un Belge de 58 ans et c’est lui qui a été choisi, pour des raisons qu’on explique dans l’article que je donne en lien sous la photo. 

Ermite, il le sera surtout du soir au matin, parce que pendant la journée le petit sanctuaire dont il aura la garde se trouve sur le chemin de pèlerins et de randonneurs. Ceux-ci sont d’ailleurs priés d’avoir l’obligeance de lui monter en même temps un jerrycan d’eau, une ou deux bûches pour le feu, sinon il a un quart d’heure de descente à faire pour aller chercher lui-même sa provision de bois. 

Or le bois sera l’élément indispensable, vu que le froid sera son plus gros problème. Tout le reste, il s’en passera facilement, eau courante, électricité… (1) 

Son prédécesseur n’a tenu le coup qu’une seule saison, à voir combien de temps celui-ci y restera cool 

ermite.jpg

copyright AFP, source et article ici (journal Le Soir)  

d’autres photos du site se trouvent ici 

(1) l’article ne dit pas en quoi consistera son régime alimentaire ni qui se chargera de lui procurer ses menus…

C comme chèvres et chats

2016-07-29 (46).JPG

Les chèvres apportent de la vie et de l’animation dans les ruines 

– avec leurs bêlements et leurs clochettes – 

et beaucoup de petites crottes 

2016-07-31 (55).JPG

Je ne peux m’empêcher de les trouver sympathiques, 

ayant été une fervente lectrice de Heidi (Johanna Spyri

2016-07-31 (62).JPG

Animaux intelligents, contrairement aux humains, moutons de Panurge qui continuent de suivre leur guide alors que l’orage est imminent: les chèvres, elles, s’étaient trouvé une anfractuosité rocheuse sous laquelle elles ont attendu la fin de l’averse, bien au sec. 

Les humains, eux, étaient trempés comme des soupes. 

tongue-out 

2016-07-30 (3).JPG

Dans la montée vers Kremna, on ne manque pas de rencontrer d’autres animaux sympathiques: de belles grosses tortues. 

voyage,pisidie,archéologie,nature

Enfin, là où sont les humains on trouve de nombreux chats qui se laissent facilement caresser et mènent leur dure vie de chat… 

Celui-ci était tellement immobile qu’une dame m’a demandé s’il était mort tongue-out

B comme belle et beau

2016-07-28 (4).JPG

De beaux paysages dès qu’on quitte Antalya pour l’intérieur du pays

2016-07-29 (1).JPG

Une belle vue de la chambre de l’hôtel

2016-07-29 (31).JPG

Un beau ciel nuageux

2016-07-29 (32).JPG

De belles jambes cool

2016-07-31 (39).JPG

De beaux chapeaux tongue-out

2016-07-30 (32).JPG

Une belle ruine au soir tombant

2016-07-31 (65).JPG

Un beau coup de soleil

2016-07-30 (18).JPG

De belles pièces de puzzle géant

***

photos prises sur divers sites archéologiques de l’antique Pisidie:

Termessos – Ariassos – Kremna – Kapıkaya – Adada

et bien sûr Sagalassos

un beau voyage

smile

M comme montagne

On était trois semaines avant Noël. J’étais arrivée au Val par le seul train possible, celui de onze heures. Tous les autres arrêts avaient été supprimés. Pour gagner quelques minutes au bout, m’avait-on dit.
C’était où, le bout? C’était quoi?
Le train a passé le pont, a ralenti dans la courbe. Il a longé le chenil. Je me suis plaqué le front à la vitre, j’ai aperçu les grillages, les niches, les chiens. Plus loin, la scierie sombre et la route droite. Le bungalow de Gaby, la boutique à Sam, les boîtes aux lettres sur des piquets, le garage avec ses deux pompes et le bar à Francky.

Claudie Gallay, Une part de ciel, Actes Sud, 2013, page 7

Voilà, dès l’incipit le décor est bien planté, l’atmosphère suggérée, et la narratrice va avancer subtilement sur 445 pages sans nous lasser une seule minute.

C’est qu’il y en a des choses à dire, des questions à poser et des personnages à étoffer au fil du texte. Chacun prend vie dans toute sa complexité, les habitants d’un rude village de montagne, la famille et ses étranges liens, ses absents et ses non-dits.

Entre le 3 décembre et le 20 janvier, la narratrice a le temps de renouer avec le lieu de son enfance et ceux qui n’ont jamais cessé d’y vivre. Mais aussi de batailler avec quelques démons personnels, comme sa place dans la fratrie, l’amour de sa mère, l’échec tout récent de son couple et l’absence de ses deux filles, parties vivre en Australie.

Le train a ralenti encore dans un grand bruit de freins, il est venu s’immobiliser le long du quoi. Les portes se sont ouvertes.
J’ai posé ma valise sur le marchepied. La sacoche à côté. Tout ce que Gaby venait de me confier se bousculait en images dans ma tête. Et tout se recomposait.
Un train est arrivé dans l’autre sens, celui de Modane, il s’est arrêté sur le quai en face. Dans les wagons, des voyageurs debout s’apprêtaient à descendre.
Je suis revenue vers Gaby.
– Pourquoi tu me racontes tout ça maintenant?
– Avant, tu ne pouvais pas comprendre.
– Et maintenant, je peux?
Elle a penché la tête de côté, m’a regardée avec un sourire doux comme une étreinte. Une caresse qui s’est gravée sur les parois de mon âme.
– Maintenant, oui, tu peux.

 Claudie Gallay, Une part de ciel, Actes Sud, 2013, page 445

***

claudiegallay.jpg

 http://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/une-part-de-ciel

Je me retrouve entièrement dans ces deux excellents articles, la critique du Figaro http://www.lefigaro.fr/livres/2013/09/18/03005-20130918ARTFIG00475-claudie-gallay-une-part-de-ciel.php et celle du Huffington Post http://www.huffingtonpost.fr/francois-xavier/rentree-litteraire-2013-claudie-gallay_b_3788950.html. Un bon article aussi pour La libre Belgique, sauf que le petit Moïse s’appelle en réalité Marius 
http://www.lalibre.be/culture/livres/l-envoutante-part-de-ciel-de-claudie-gallay-52522cf93570458368c16d5b.
Je vous épargne les autres, qui n’ont d’intérêt que si vous désirez jouer à « chercher les erreurs » Langue tirée

J comme j’aime, je n’aime pas

J’aime tous mes élèves mais pas tous mes collègues.

J’aime les fruits mais pas en boîtes.

J’aime les animaux mais pas les limaces dans le potager.

J’aime la musique dite « classique » mais pas la contemporaine genre Stockhausen.

J’aime la lecture mais pas la science-fiction.

J’aime le chocolat noir mais pas le blanc (désolée, Amélie)

J’aime l’opéra mais pas Pelléas et Mélisande.

J’aime Camus mais pas Sartre. Voltaire mais pas Rousseau.

J’aime Bruxelles. J’aime l’Italie. J’aime l’Italie qui descend l’Escaut. J’aime Brel.

J’aime la Belgique et son merveilleux climat Rigolant. Je n’aime ni la chaleur ni le froid.

J’aime le Renaud des années 80. C’est grâce à lui que j’ai appris plein de mots argotiques.

J’aime les langues. J’aimerais les parler toutes.

J’aime les sketches de Fernand Raynaud qu’on écoutait en famille à la radio alors qu’il était déjà mort depuis longtemps.

J’aurais aimé étudier l’archéologie mais mon père a dit que ce n’était pas avec ça que j’allais gagner ma croûte.

J’aime les films des années 30 mais pas les blockbusters d’aujourd’hui.

J’aimais déjà Brassens avant de comprendre tout ce qu’il disait.

J’aime cuisiner mais pas faire les poussières.

J’aime ne rien faire mais je n’aime pas le désordre sur mon bureau.

J’aime la mer ET la montagne.

J’aime évoquer ma grand-mère Adrienne alors qu’elle est morte depuis 20 ans.