A comme Antoinette

Alors que l’autre dimanche l’Adrienne raccompagne une amie jusqu’à sa voiture qu’elle a dû laisser sur l’avenue, vu que la rue est en travaux, elles passent devant toute la rangée de maisons ouvrières qui la bordent.

– Tiens! fait Antoinette en en désignant une particulièrement basse et étroite, il y a donc des maisons qui sont encore plus petites que la tienne!

Que voulez-vous que l’Adrienne réponde à ça?

Elle a ri, bien sûr, et elle a dit oui, en effet, il en existe d’encore plus petites.

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Puis samedi en rentrant de Bruxelles en train, elle a le sourire aux lèvres en repensant à une question posée la veille par Tania: « Tu n’as jamais pensé à t’installer à Bruxelles? »

Et au « standing » qu’aurait eu cette habitation-là, si elle en avait cherché une dans la capitale 🙂

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Retour de vacances ? demandait le Goût-des-autres pour son devoir du lundi.

C’est la rentrée. Même pour Hopper qui dans ce tableau a l’air de nous poser des questions étranges et indiscrètes. À quoi peut-elle penser qui lui donne cet air ?
Je n’en sais rien mais je compte sur vous pour le dire lundi.
Après tout, c’est aussi la rentrée pour vous et moi…

 

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les photos en tête du billet sont celles de la maison d’avant, son jardin et son environnement – la dernière est celle de la fenêtre-sur-rue de la maison d’aujourd’hui.

Stupeur et tremblements

Il ne se passe pas de semaine sans qu’on puisse lire de tristes nouvelles sur un de nos mammifères marins trouvé mort avec dans le ventre des kilos de plastique.

Une étude récente de la WWF démontre que l’homme aussi, sans le savoir, ingère environ cinq grammes de plastique par semaine. Ce qui équivaut au poids et à la taille d’une carte de banque. Ou au poids et à la taille d’un stylo bille

Chaque semaine.

Mais là n’est pas la cause principale de stupéfaction chez l’Adrienne – sur cette planète, qui pourrait encore dire, de nos jours, ne pas être au courant de cette pollution? – non, le plus stupéfiant, c’est que son magazine place un tel article dans son supplément « week-end » sous la rubrique « culinaire ».

Bon appétit!

N comme Nestor

Deux mille six cent vingt-quatre ans. C’est l’âge d’un cyprès qui pousse avec quelques frères et cousins dans un parc naturel de Caroline du Nord. 

N’est-ce pas magnifique, se dit l’Adrienne en sirotant son café du matin.

Mais le titre de son journal l’a d’abord induite en erreur: « één van de oudste bomen ter wereld », lit-elle, un des arbres les plus anciens. Pas le plus ancien. Pas Mathusalem. Un Nestor, donc.

La palme, si l’on peut employer ici cette expression, revient à un épicéa suédois d’environ huit mille ans.

Pourvu que les tronçonneuses leur prêtent vie… Et que les scientifiques arrêtent de prélever jusqu’au cœur de l’arbre ces baguettes leur permettant de s’amuser à des datations et autres frivolités.

Un peu de respect, que diable!

article en français ici.

R comme rester ou retourner

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Souvent Muanza est pensif.

– J’ai trente ans, dit-il. J’ai une femme, un fils. Ils sont là-bas, je suis ici. Comment savoir ce qui est le mieux pour nous? Se refaire une vie ici, attendre de pouvoir retourner là-bas…

Pierre et Marie comprennent ce combat intérieur et se gardent bien de donner des conseils. D’abord parce que c’est impossible – eux aussi connaissent la fragilité des projets humains – mais surtout parce qu’il est essentiel que Muanza prenne ses propres décisions.

– Je ne veux pas être un homme brisé. Je ne veux pas continuer à vivre de la générosité des autres. Je veux travailler, me refaire un foyer…

Il contemple le jardin, les arbres qui reverdissent à grande vitesse en ce joli printemps. Il découvre les saisons. Il a eu froid tout l’hiver. Les arbres tout noirs l’ont étonné. La neige l’a surpris et enchanté… un moment. Puis il est retourné devant les flammes du poêle.

– Est-ce que vous pourriez m’aider à faire venir Rosemund ici? dit-il finalement.

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écrit pour Désir d’histoires d’Olivia Billington avec les mots imposés suivants:

flammebriserfragilité contemplercombatessentielgénérosité 

Photo prise sur le RaVel en ce mois d’avril 2019.

Question existentielle

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Comment voulez-vous que les patates poussent si après l’été le plus chaud et le plus sec depuis que l’Institut Royal de Météorologie existe (1833), alors que les nappes phréatiques sont toujours à un niveau si bas et si critique, qu’il devrait pleuvoir pendant des semaines sans s’arrêter pour les remettre à niveau, et qu’on a encore un printemps chaud et sec?

Comment voulez-vous que les patates poussent, me suis-je demandé hier après-midi en voyant ce champ, alors qu’on se promenait en T-shirt et que le vent balayait une terre devenue poussière.

Stupeur et tremblements

Rien qu’en lisant le journal de mardi ou mercredi derniers – c’est juste un exemple – il aurait été possible d’alimenter la rubrique ‘stupeur et tremblements‘ pour de nombreux mois. Des tas de choses tristes, horribles ou désolantes. Et parfois les trois à la fois.

L’Adrienne a décidé de ne pas en parler. N’est-ce pas que c’est courageux 😉 

Elle a décidé de montrer l’arrivée des premières cigognes à Planckendael lundi dernier, le 18 février, où elles retrouvent les nids de l’an dernier plus un certain nombre de nouveaux qui ont été aménagés cet hiver. Désormais elles ont donc 67 nids à leur disposition, ce qui devrait suffire pour les cent trente oiseaux attendus.

Une vingtaine de cigognes sont arrivées en début de semaine et on en attend encore cent dix autres. Elles reviennent d’Espagne ou du sud de la France. Celles qui ont traversé la Méditerranée pour passer l’hiver au Maroc ne sont attendues que pour avril.

Souhaitons-leur bonne route… et un bel été en Belgique!