22 rencontres (4.2)

Le week-end dernier, un tas d’activités « nature » étaient organisées et bien sûr l’Adrienne s’était inscrite pour une promenade guidée par les « trage wegen« , comme on les appelle ici, ces chemins de traverse et autres sentiers qui ont souvent disparu et qu’on essaie de remettre à l’honneur.

– Tiens, se dit-elle en voyant l’homme qui devait les guider, sa tête me dit quelque chose…

Ce n’est que deux ou trois kilomètres plus tard qu’elle s’est souvenue: le papa de Hannelore!

Madame vous a déjà parlé d’elle à l’occasion d’un devoir de lakévio du Goût: à seize ans, Hannelore était complètement gothic et très mal dans sa peau. Aujourd’hui elle va bien et vit sa vie rêvée, au Cap-Vert.

Après la promenade, en allant remercier le guide, elle s’est tout de même décidée à se faire connaître et a conclu d’un:

– Je vais tout de suite lui envoyer un petit message pour lui raconter que j’ai passé l’après-midi avec son papa 🙂
– Ah! fait-il, on est un peu en froid en ce moment, elle et moi…
– Oui je sais, fait Madame (elle ne les a jamais connus autrement qu' »en froid » ;-))
– Elle est tellement extrême, ajoute-t-il, comme pour s’excuser.
– Oui je sais, répète Madame.

Le soir elle a eu une longue conversation avec Hannelore, aucune des deux n’a parlé de tensions avec le papa.

Par contre il a beaucoup été question du Cap-Vert et de son nouveau projet: y ouvrir un petit hôtel!

N comme No Nature

Aménagement du territoire

Natagora et WWF Belgique font bloc avec Inter-Environnement Wallonie pour envoyer ce message aux responsables politiques, basé sur trois piliers: il faut cesser le bétonnage du territoire, restaurer la forêt et les zones humides et aider l’agriculteur qui respecte la biodiversité.

On ne peut qu’y adhérer même si on se lasse parfois de l’entendre – oui, même l’Adrienne, celle qui triait avant tout le monde, jardine écologiquement depuis ses débuts et fait depuis toujours tous ces autres trucs à la mode aujourd’hui, à commencer par économiser l’eau et l’énergie.

Alors elle se dit que si elle – qui est si motivée – se lasse d’entendre ces discours, ce doit être pire encore pour les autres.

– Encore! s’est-elle exclamée hier quand E*** lui a montré le sujet de son cours de géo en ce mois de septembre.

Vous l’avez deviné: c’est la catastrophe de la forêt amazonienne. Comme l’an dernier.

***

L’info, la pétition et la source de la photo d’illustration sont ici.

F comme foin

« J’ai toujours pensé que la beauté du monde était destinée à nous faire oublier la brièveté tragique de nos vies. […] Par exemple en nous livrant en brefs éclairs ces promesses d’éternité qui jaillissent d’un miroitement de feuilles de trembles dans le soleil, d’un tapis de coquelicots ondulant dans le velours des blés, d’une épaule de forêt appuyée contre le bleu du ciel, ou de la danse des flocons de neige papillonnant dans la nuit. […]

[Le] parfum de foin coupé m’a toujours bouleversé, et j’ai fait en sorte de ne jamais m’en éloigner, car c’est pour moi le vrai parfum du bonheur. »

Voilà, s’écrie joyeusement l’Adrienne, Christian Signol et moi, nous avons un point commun 🙂

Christian Signol, Les vrais bonheurs, Albin Michel, 2005, p.11 à 17

Info et illustration ci-dessus sur le site de l’éditeur ici.

F comme Freÿr

Ce que l’Adrienne a vu de plus beau pendant ces cinq jours en bord de Meuse dinantaise, c’est le château et les jardins de Freÿr.

La preuve, c’est là qu’elle s’est complètement laissé aller avec l’appareil photo, alors que généralement elle fait comme à l’époque des rouleaux de films kodak: cliquer à bon escient pour ne pas gâcher de pellicule, même si on est passé à l’ère du numérique 😉

Tout est beau, à Freÿr, à commencer par son environnement en bord de Meuse et la route qui y mène, le long de forêts et de falaises.
La magnifique allée d’arbres, la drève du château, et le château lui-même, au dedans comme au dehors.

Un joli belvédère.
Les splendides jardins et une remarquable collection de citronniers pluri-centenaires.
Deux belles orangeries.

Bref, vous avez compris 🙂

photos prises à Freÿr le 30 juillet dernier

Première fois

C’est la première fois que l’Adrienne a pris des vacances dans son pays, côté wallon.
Si on ne compte pas une paire de week-ends à Liège et des dizaines d’excursion d’un jour, depuis la plus petite enfance, comme des voyages scolaires à Dinant et dans les grottes de Han ou les sorties annuelles en famille organisées par le grand-père maternel et celles entre amis ou avec les collègues coordinatrices.
Ou la semaine de vacances au bord de la Semois, avec visite de Bouillon, grâce aux parents d’une copine de classe, à l’école primaire.

Bref, une vraie semaine de vacances en Wallonie, qui était prévue il y a trois ans, mais qui avait dû être annulée parce que c’était précisément la seule semaine où Monsieur Neveu était libre et qu’il ne voulait pas de vacances wallonnes.
Souvenez-vous: il préférait Berlin 😉

Et ça valait la peine d’attendre: l’Adrienne n’a vu que de belles choses 🙂

***

photo prise le 30 juillet entre Houx et Anhée.

R comme rivière

86ème devoir de Lakevio du Goût.

Devoir de Lakevio du Gout_86.jpg

La prof de philo lui a donné un devoir dont le titre est « La catastrophe de 2050. »

ça vous fait peur, à vous, Madame? demande-t-il.
– Oh moi! rit-elle, en 2050 je serai morte!

Bizarrement, cette réponse ne lui a pas plu.

– Ne dites pas ça, Madame, vous me faites de la peine.
– Mais non, mais non! c’est la réalité! Tu connais mon âge! Tu crois que je rêve de devenir nonagénaire?
– Si, si, vous serez encore là, et je viendrai vous rendre visite!

C’est ça, oui, pense Madame, tu viendras en bateau et ma maison sera en bord de mer 😉

***

Merci à Monsieur le Goût pour sa consigne:

Que me direz-vous lundi matin de cet endroit plutôt bucolique ? Virgile lui-même en aurait dit joliment du bien j’en suis sûr. Peut-être même eût-il tartiné le XIe livre de son célèbre recueil. Enfin, célèbre chez ceux qui ont eu à transpirer sur des versions et qui, lycéens citadins dans l’âme durent se taper de la poésie pastorale… J’ai bien quelque chose à vous en dire lundi. Quelque chose de triste. Mais c’est quand même quelque chose à dire…

Le défi du 20

Ce que l’Adrienne préfère à Ostende, c’est la quiétude d’endroits comme celui-ci, het Bosje.

Où les seuls bruits qu’on entend sont les ahanements d’un joggeur qui viennent troubler les chants d’oiseaux et le bruissement du vent dans les feuilles.

C’est pourquoi elle espère que cette année les activités tonitruantes organisées par une chaîne de radio auront de nouveau lieu sur la plage et pas dans la paix du Bosje: qu’ils aient planté leur tente là en 2020 sous prétexte de pandémie, c’est pire que le chien dans le jeu de quille, c’est une aberration.

***

Et si vous passez par Ostende, ne manquez pas non plus le jardin japonais 🙂

***

participation au défi du 20 organisé ce mois-ci par Lisamax qui proposait quiétude et quille. Merci à elle!

Photo prise à Ostende (Bosje) le 8 juin dernier.

N comme nom de fleur

Elle porte un nom de fleur et a été envoyée chez Madame par ce discret bouche-à-oreille des quelques-uns qui savent qu’elle a le syndrome de Topaze 😉

Dans un mois à peu près Fleur aura son dernier examen de FLE et ce serait bien qu’elle le réussisse, vu qu’elle ambitionne d’entamer des études universitaires à la rentrée prochaine.
De celles où il n’y a pas l’ombre d’une heure de français au programme, ça va sans dire 😉

– Tu as parfaitement le droit de ne pas aimer le français, lui dit Madame, à qui elle vient de confier qu’elle traîne ce boulet depuis des années, mais plus lourdement encore ces deux dernières, avec plus de ‘distanciel’ que de ‘présentiel’ et des profs malades qui n’ont souvent pas été remplacés.

« Weyts wil honderden extra leerkrachten aanwerven« , le ministre flamand de l’éducation veut engager des centaines de profs supplémentaires, titrait le journal mardi dernier.

Et ça a bien fait rire Madame (mieux vaut rire que pleurer, la grimace est plus belle, disait son père) vu que depuis des années on ne réussit même plus à trouver des remplaçants pour certaines matières et qu’il y a de moins en moins de jeunes qui s’inscrivent dans les formations de prof.

Mais apparemment le journaliste n’est pas au courant de ce problème et ne lui a pas demandé de quel chapeau de prestidigitateur il sortira ses 2540 nouveaux profs.

Au parc, tout va bien, une maman cane ‘promène’ ses dix canetons, comme on peut le voir sur la photo en haut du billet, prise le premier mai.