R comme rivière

86ème devoir de Lakevio du Goût.

Devoir de Lakevio du Gout_86.jpg

La prof de philo lui a donné un devoir dont le titre est « La catastrophe de 2050. »

ça vous fait peur, à vous, Madame? demande-t-il.
– Oh moi! rit-elle, en 2050 je serai morte!

Bizarrement, cette réponse ne lui a pas plu.

– Ne dites pas ça, Madame, vous me faites de la peine.
– Mais non, mais non! c’est la réalité! Tu connais mon âge! Tu crois que je rêve de devenir nonagénaire?
– Si, si, vous serez encore là, et je viendrai vous rendre visite!

C’est ça, oui, pense Madame, tu viendras en bateau et ma maison sera en bord de mer 😉

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Merci à Monsieur le Goût pour sa consigne:

Que me direz-vous lundi matin de cet endroit plutôt bucolique ? Virgile lui-même en aurait dit joliment du bien j’en suis sûr. Peut-être même eût-il tartiné le XIe livre de son célèbre recueil. Enfin, célèbre chez ceux qui ont eu à transpirer sur des versions et qui, lycéens citadins dans l’âme durent se taper de la poésie pastorale… J’ai bien quelque chose à vous en dire lundi. Quelque chose de triste. Mais c’est quand même quelque chose à dire…

Le défi du 20

Ce que l’Adrienne préfère à Ostende, c’est la quiétude d’endroits comme celui-ci, het Bosje.

Où les seuls bruits qu’on entend sont les ahanements d’un joggeur qui viennent troubler les chants d’oiseaux et le bruissement du vent dans les feuilles.

C’est pourquoi elle espère que cette année les activités tonitruantes organisées par une chaîne de radio auront de nouveau lieu sur la plage et pas dans la paix du Bosje: qu’ils aient planté leur tente là en 2020 sous prétexte de pandémie, c’est pire que le chien dans le jeu de quille, c’est une aberration.

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Et si vous passez par Ostende, ne manquez pas non plus le jardin japonais 🙂

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participation au défi du 20 organisé ce mois-ci par Lisamax qui proposait quiétude et quille. Merci à elle!

Photo prise à Ostende (Bosje) le 8 juin dernier.

N comme nom de fleur

Elle porte un nom de fleur et a été envoyée chez Madame par ce discret bouche-à-oreille des quelques-uns qui savent qu’elle a le syndrome de Topaze 😉

Dans un mois à peu près Fleur aura son dernier examen de FLE et ce serait bien qu’elle le réussisse, vu qu’elle ambitionne d’entamer des études universitaires à la rentrée prochaine.
De celles où il n’y a pas l’ombre d’une heure de français au programme, ça va sans dire 😉

– Tu as parfaitement le droit de ne pas aimer le français, lui dit Madame, à qui elle vient de confier qu’elle traîne ce boulet depuis des années, mais plus lourdement encore ces deux dernières, avec plus de ‘distanciel’ que de ‘présentiel’ et des profs malades qui n’ont souvent pas été remplacés.

« Weyts wil honderden extra leerkrachten aanwerven« , le ministre flamand de l’éducation veut engager des centaines de profs supplémentaires, titrait le journal mardi dernier.

Et ça a bien fait rire Madame (mieux vaut rire que pleurer, la grimace est plus belle, disait son père) vu que depuis des années on ne réussit même plus à trouver des remplaçants pour certaines matières et qu’il y a de moins en moins de jeunes qui s’inscrivent dans les formations de prof.

Mais apparemment le journaliste n’est pas au courant de ce problème et ne lui a pas demandé de quel chapeau de prestidigitateur il sortira ses 2540 nouveaux profs.

Au parc, tout va bien, une maman cane ‘promène’ ses dix canetons, comme on peut le voir sur la photo en haut du billet, prise le premier mai.

Question nature

source de la photo ici

Jeanne et Mme de B*** avaient pris un peu de retard sur le reste du groupe, de sorte qu’elles avaient raté le début de la discussion.

Celle-ci prenait un tour de plus en plus virulent et on pouvait même craindre que les deux messieurs en bottes Aigle n’en viennent aux mains.

– Elle est bientôt terminée cette partie d’échec et mat au bon sens? Vous trouvez peut-être qu’on en a trop, des arbres, en Flandre? Non mais regardez-moi ce désastre!

La cause de leur différend, c’était cette partie du domaine où on pouvait voir sous le soleil couchant une sorte de clairière: tous les hêtres avaient été coupés, abattus, et une végétation basse commençait à apparaître. Principalement des ronces et des chardons.

Verwijderen van boomopslag? hurlait-il de plus belle, c’est comme ça que vous appelez l’abattage d’arbres centenaires? Et tout ça pour quoi? Pour un hypothétique retour à une situation précédente? Espérer qu’après plus d’un siècle la bruyère réapparaisse spontanément? Vous croyez que c’est de ça qu’on a besoin, ici? De bruyère?

Il allait ajouter un godverdomme bien senti quand il vit le regard impérieux de Mme de B*** fixé sur lui.

– J’en ai assez vu! fit-il. Je m’en vais.

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écrit en réponse à la question 8 de l’atelier d’Annick SB: Elle est bientôt terminée cette partie?

O comme odonata

Photo de Tarikul Raana sur Pexels.com

Jeanne prend sa tasse de café pour la boire au jardin. 

Cette année, le seringat n’a pas été taillé. 
Les narcisses sont défleuris. 

Sur la pelouse transformée en garrigue par plusieurs étés de sécheresse, elle trouve le ballon de son petit voisin. La haie de houx est devenue trop dense pour qu’il s’y aventure et apparemment l’idée de venir sonner à sa porte ne lui est pas venue. 

– Faudra qu’on se refasse un scrabble, lui et moi, se dit-elle. 

Dès qu’on aura droit à la grande libération du « comme avant », grâce aux vertus conjuguées des vaccins et des premiers antiviraux annoncés. 
Et même si ce masque fera désormais partie de l’habillement « ordinaire », quelle importance! 

C’est alors qu’elle aperçoit la première libellule. 

– Tout n’est donc pas perdu, sourit-elle. 

Et un kaléidoscope d’images de bonheurs futurs défile devant ses yeux.

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écrit pour Treize à la douzaine avec les mots imposés suivants: 1 seringat 2 tasse 3 vertu 4 ballon 5 dense 6 garrigue 7 habillement 8 idée 9 kaléidoscope 10 libération 11 libellule 12 narcisse 13 scrabble.

En titre j’ai mis odonata, c’est-à-dire libellule.

N comme nature et forêts

Photo de Francesco Ungaro sur Pexels.com

Comme l’événement était organisé par Nature et forêts, le guide les a d’abord entraînés vers une petite clairière où ils pourraient se mettre en cercle pour l’écouter expliquer les lois et décrets régionaux, nationaux et européens concernant la protection de la faune et de la flore.

Aucun des participants ne semblait être l’heureux propriétaire d’une parcelle boisée, les tenants et aboutissants de ces réglementations leur passaient complètement au-dessus de la tête, mais ils faisaient poliment semblant d’écouter, en se dandinant de plus en plus d’une jambe sur l’autre à mesure que les minutes s’écoulaient et que le guide tournait page après page d’un épais dossier plein de dates, de schémas, de listes, de statistiques et de diagrammes.

La seule qui ne se dandinait pas, c’était évidemment Madame de B***, bien campée sur ses deux jambes et sa paire de béquilles.

Au moment où le guide reprend son souffle et tourne une énième page, elle se tourne vers la jeune femme blonde et dit bien fort:

– Vous croyez qu’on va finir par la faire, cette promenade? Vous croyez que ça va être possible?

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écrit pour la question 4 de l’atelier d’Annick SB: « Vous croyez que ça va être possible? » – Merci Annick SB.

T comme trente

30 % de la planète – a-t-on pu lire ces jours-ci suite au sommet mondial pour la biodiversité – devrait être protégé.
Et le projet de Grande Muraille Verte – pour arrêter la désertification en Afrique – devrait être augmenté ou relancé.

Greta et Greenpeace trouvent que ce n’est pas assez mais l’Adrienne applaudit: tout ce qui va dans le bon sens est bon à prendre.
Comme on dit dans sa langue, alle beetjes helpen.

D’ailleurs de nombreux pays, de nombreuses régions et des tas de gens s’occupent dans leur coin de planter et de reboiser.
Même dans la ville de l’Adrienne.
Des initiatives de la ville et aussi privées.
On ne manque pourtant pas d’arbres, ici, mais en a-t-on jamais assez 😉

Bref, applaudissons et regardons des vidéos comme celle ci-dessus, réalisée au Pakistan.
Puis allons voir le reboisement de l’Islande, de l’Éthiopie ou d’autres pays encore et réjouissons-nous pour chaque arbre planté.

Enfin, pour ceux qui ont 26 minutes 13, il y a le document ci-dessous:

O comme oiseaux

Une chercheuse américaine a publié le résultat de ses recherches sur l’intelligence et le comportement des oiseaux.

Le petit film ci-dessus illustre comment l’oiseau ‘manipule’ les petites mangoustes pour prendre leur nourriture: d’abord en imitant le cri de leur prédateur, puis, si ça ne marche pas, en imitant leur propre cri d’alarme.

Grâce aux petites vidéos qui illustrent l’article, on peut aussi admirer la dextérité vocale de l’oiseau-lyre, qui non seulement imite des tas de chants d’oiseaux mais aussi des bruits humains – tronçonneuse, cris d’enfants qui jouent, cliquetis de caméra…

On peut une fois de plus admirer le duo d’amour des macareux moines auxquels j’avais consacré un billet en juin.

Mais ce qui me bluffe complètement, c’est la preuve de l’intelligence nécessaire pour résoudre ces problèmes-ci: l’oiseau ne se contente pas d’utiliser un outil, il le fabrique lui-même au besoin.

Tout savoir sur la situation actuelle de nos oiseaux européens? C’est ici.

F comme formidable!

Biobest

C’est hier seulement que l’Adrienne a pris le temps de lire son journal du 3 décembre pour y trouver cette merveilleuse et rassurante nouvelle: une entreprise originaire de la Campine est leader mondial dans ‘l’élevage’ des insectes utiles.

Des milliards d’insectes par an qui sortent de leurs serres ou chambres climatisées pour être utilisés dans la lutte contre les pucerons, pour polliniser des cultures, ou pour d’autres choses encore comme on peut le lire ici.

Or, en choisissant d’utiliser des insectes, on fait coup double, puisque dans ce cas on s’interdit forcément les traitements chimiques qui les tueraient.

Une entreprise créée en 1987 par un vétérinaire campinois qui au début ‘produisait’ uniquement des bourdons, principalement pour la pollinisation des plants de tomates: grâce aux bourdons, la production augmentait de 40%.

On comprend que c’est exactement ce genre d’argument qui convainc les producteurs 😉

Bref, voilà une lecture qui fait du bien.