20 miracles de la nature (19)

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Pour ceux qui ont suivi la saga du plant de tomates germé spontanément dans ce qui était autrefois le jardinet côté rue… Voici la chose, après un nouveau passage des gars du gaz et de l’électricité…

Comme il continue de faire beau, que cette plante semble supporter les pires avanies, en plus de la sécheresse persistante, piétinements, passage des chenilles d’une excavatrice, l’Adrienne continue de récolter des tomates cerises… et quelques figues 🙂

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K comme Kill

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Dans son jardin au gazon millimétré, aux buis parfaitement taillés, aux allées impeccablement entretenues, il a accroché un grand abri à insectes payé très cher dans sa jardinerie préférée. Il ne sera pas dit qu’il restera insensible aux cris d’alarme: les abeilles et autres insectes butineurs auront de quoi se loger.

Ce sont ces petites choses-là qui le font s’endormir satisfait de lui, chaque soir, après un dernier tour d’inspection. Aucune mauvaise herbe n’échappe à sa vigilance.

Des mois passent… le bel abri à insectes reste inoccupé.

– C’est tout de même bizarre, me dit-il, tout en pulvérisant ses bégonias.

***

texte de 100 mots pour kaléidoplumes sur le thème ‘moustique’ – la photo a été prise dans le grand jardin d’autrefois où rien n’était ni millimétré ni pulvérisé 🙂 et la carissima nipotina pouvait y avoir ses moments de zénitude totale.

20 miracles de la nature (17)

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Surprise de l’Adrienne un matin de juin en découvrant que dans le « bac à sable » (qu’est devenu son jardinet côté rue) venait de germer une graine de tomate.

Et sans recevoir une seule goutte d’eau, ni de l’Adrienne ni du ciel, pendant des semaines et des semaines de chaleur et de sécheresse tout l’été, la plantule est devenue une belle grande plante couverte de tomates cerises.

C’est jeudi dernier, quand la première d’entre elles a commencé à rougir, que les gars du gaz et de l’électricité sont passés.

Dessus. 

I comme ironique

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Pourquoi serait-il étrange de dire que la peau sombre de Muanza a pâli en entendant la traduction de la lettre signée à l’encre bleue par le ministre de la Justice lui-même?

C’est vrai qu’il faut bien le connaître pour discerner ses émotions mais depuis le temps qu’il vit dans leur vert paradis, Marie le lit à livre ouvert.

Une demi-page sous l’en-tête du Ministère, place Poelaert n°3 (1), datée de la mi-février, où dans un français suave il est dit qu’on est « au regret de vous faire savoir » qu’on ne peut « accéder à votre requête » et que si Muanza « désire régulariser son séjour à un autre titre, il doit entreprendre, après avoir quitté la Belgique, les démarches nécessaires à partir de l’étranger. »

– Il me reste le Canada, finit-il par dire. J’ai des amis, là-bas. Tu es d’accord pour m’accompagner à l’ambassade, à ton prochain jour de congé?

Marie se demande comment il est possible, qu’au bout d’une année à se battre contre tous ces moulins administratifs, avec toujours des réponses négatives, jusqu’à cette fin de non-recevoir arrivée le midi même, Muanza n’ait toujours pas compris qu’aucune ambassade, fût-elle canadienne, n’acceptera sa requête.

A la radio, la voix d’Edith Piaf fait rimer ‘accordéoniste’ et ‘triste’… Marie se sent terriblement triste. Et vidée d’énergie.

Elle tient encore la lettre à la main, où en six phrases fort civiles on détruit la vie d’un homme.

***

(1) celle-là même que Marcel Thiry appelle ironiquement ‘place Poularde’, les ‘pneus d’or’ ne sont probablement pas ceux de l’Alfa Romeo de son fils, quoique 😉

Or la ville affaireuse où se font gloutonner
Les homards, les caviars, les pommards, les palourdes,
Où l’asphalte, usé de pneus d’or, est jalonné
De fontaines de bock et de places Poulardes.

in Toi qui pâlis au nom de Vancouver, Paris, Seghers, 1975, p.210

***

Ecrit pour l’Agenda ironique d’août 2018

Thème: Toi qui pâlis au nom de Vancouver”, du poète belge Marcel Thiry (1897-1977) accompagné de sept mots tirés au hasard dans le même recueil : paradis, accordéoniste, suave, Alfa Romeo, février, accord et civil.

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et encore deux photos du vert paradis quitté il y a cinq ans 🙂

X c’est l’inconnu

18-07-19 (9)

A Potsdam, au palais de Sans Souci, on trouve encore un peu d’herbe verte près des statues. Parce qu’elles sont longuement passées au karcher.

Plus loin, dans le jardin botanique, on voit ce pauvre arbuste victime de ce que monsieur Neveu appelle « la rigueur allemande » 🙂

18-07-19 (10)

Sur l’étiquette rouge il est marqué qu’il est interdit de l’arroser.

On se demande ce qu’il a fait de mal pour mériter cette mort lente.