Question nature

source de la photo ici

Jeanne et Mme de B*** avaient pris un peu de retard sur le reste du groupe, de sorte qu’elles avaient raté le début de la discussion.

Celle-ci prenait un tour de plus en plus virulent et on pouvait même craindre que les deux messieurs en bottes Aigle n’en viennent aux mains.

– Elle est bientôt terminée cette partie d’échec et mat au bon sens? Vous trouvez peut-être qu’on en a trop, des arbres, en Flandre? Non mais regardez-moi ce désastre!

La cause de leur différend, c’était cette partie du domaine où on pouvait voir sous le soleil couchant une sorte de clairière: tous les hêtres avaient été coupés, abattus, et une végétation basse commençait à apparaître. Principalement des ronces et des chardons.

Verwijderen van boomopslag? hurlait-il de plus belle, c’est comme ça que vous appelez l’abattage d’arbres centenaires? Et tout ça pour quoi? Pour un hypothétique retour à une situation précédente? Espérer qu’après plus d’un siècle la bruyère réapparaisse spontanément? Vous croyez que c’est de ça qu’on a besoin, ici? De bruyère?

Il allait ajouter un godverdomme bien senti quand il vit le regard impérieux de Mme de B*** fixé sur lui.

– J’en ai assez vu! fit-il. Je m’en vais.

***

écrit en réponse à la question 8 de l’atelier d’Annick SB: Elle est bientôt terminée cette partie?

O comme odonata

Photo de Tarikul Raana sur Pexels.com

Jeanne prend sa tasse de café pour la boire au jardin. 

Cette année, le seringat n’a pas été taillé. 
Les narcisses sont défleuris. 

Sur la pelouse transformée en garrigue par plusieurs étés de sécheresse, elle trouve le ballon de son petit voisin. La haie de houx est devenue trop dense pour qu’il s’y aventure et apparemment l’idée de venir sonner à sa porte ne lui est pas venue. 

– Faudra qu’on se refasse un scrabble, lui et moi, se dit-elle. 

Dès qu’on aura droit à la grande libération du « comme avant », grâce aux vertus conjuguées des vaccins et des premiers antiviraux annoncés. 
Et même si ce masque fera désormais partie de l’habillement « ordinaire », quelle importance! 

C’est alors qu’elle aperçoit la première libellule. 

– Tout n’est donc pas perdu, sourit-elle. 

Et un kaléidoscope d’images de bonheurs futurs défile devant ses yeux.

***

écrit pour Treize à la douzaine avec les mots imposés suivants: 1 seringat 2 tasse 3 vertu 4 ballon 5 dense 6 garrigue 7 habillement 8 idée 9 kaléidoscope 10 libération 11 libellule 12 narcisse 13 scrabble.

En titre j’ai mis odonata, c’est-à-dire libellule.

N comme nature et forêts

Photo de Francesco Ungaro sur Pexels.com

Comme l’événement était organisé par Nature et forêts, le guide les a d’abord entraînés vers une petite clairière où ils pourraient se mettre en cercle pour l’écouter expliquer les lois et décrets régionaux, nationaux et européens concernant la protection de la faune et de la flore.

Aucun des participants ne semblait être l’heureux propriétaire d’une parcelle boisée, les tenants et aboutissants de ces réglementations leur passaient complètement au-dessus de la tête, mais ils faisaient poliment semblant d’écouter, en se dandinant de plus en plus d’une jambe sur l’autre à mesure que les minutes s’écoulaient et que le guide tournait page après page d’un épais dossier plein de dates, de schémas, de listes, de statistiques et de diagrammes.

La seule qui ne se dandinait pas, c’était évidemment Madame de B***, bien campée sur ses deux jambes et sa paire de béquilles.

Au moment où le guide reprend son souffle et tourne une énième page, elle se tourne vers la jeune femme blonde et dit bien fort:

– Vous croyez qu’on va finir par la faire, cette promenade? Vous croyez que ça va être possible?

***

écrit pour la question 4 de l’atelier d’Annick SB: « Vous croyez que ça va être possible? » – Merci Annick SB.

T comme trente

30 % de la planète – a-t-on pu lire ces jours-ci suite au sommet mondial pour la biodiversité – devrait être protégé.
Et le projet de Grande Muraille Verte – pour arrêter la désertification en Afrique – devrait être augmenté ou relancé.

Greta et Greenpeace trouvent que ce n’est pas assez mais l’Adrienne applaudit: tout ce qui va dans le bon sens est bon à prendre.
Comme on dit dans sa langue, alle beetjes helpen.

D’ailleurs de nombreux pays, de nombreuses régions et des tas de gens s’occupent dans leur coin de planter et de reboiser.
Même dans la ville de l’Adrienne.
Des initiatives de la ville et aussi privées.
On ne manque pourtant pas d’arbres, ici, mais en a-t-on jamais assez 😉

Bref, applaudissons et regardons des vidéos comme celle ci-dessus, réalisée au Pakistan.
Puis allons voir le reboisement de l’Islande, de l’Éthiopie ou d’autres pays encore et réjouissons-nous pour chaque arbre planté.

Enfin, pour ceux qui ont 26 minutes 13, il y a le document ci-dessous:

O comme oiseaux

Une chercheuse américaine a publié le résultat de ses recherches sur l’intelligence et le comportement des oiseaux.

Le petit film ci-dessus illustre comment l’oiseau ‘manipule’ les petites mangoustes pour prendre leur nourriture: d’abord en imitant le cri de leur prédateur, puis, si ça ne marche pas, en imitant leur propre cri d’alarme.

Grâce aux petites vidéos qui illustrent l’article, on peut aussi admirer la dextérité vocale de l’oiseau-lyre, qui non seulement imite des tas de chants d’oiseaux mais aussi des bruits humains – tronçonneuse, cris d’enfants qui jouent, cliquetis de caméra…

On peut une fois de plus admirer le duo d’amour des macareux moines auxquels j’avais consacré un billet en juin.

Mais ce qui me bluffe complètement, c’est la preuve de l’intelligence nécessaire pour résoudre ces problèmes-ci: l’oiseau ne se contente pas d’utiliser un outil, il le fabrique lui-même au besoin.

Tout savoir sur la situation actuelle de nos oiseaux européens? C’est ici.

F comme formidable!

Biobest

C’est hier seulement que l’Adrienne a pris le temps de lire son journal du 3 décembre pour y trouver cette merveilleuse et rassurante nouvelle: une entreprise originaire de la Campine est leader mondial dans ‘l’élevage’ des insectes utiles.

Des milliards d’insectes par an qui sortent de leurs serres ou chambres climatisées pour être utilisés dans la lutte contre les pucerons, pour polliniser des cultures, ou pour d’autres choses encore comme on peut le lire ici.

Or, en choisissant d’utiliser des insectes, on fait coup double, puisque dans ce cas on s’interdit forcément les traitements chimiques qui les tueraient.

Une entreprise créée en 1987 par un vétérinaire campinois qui au début ‘produisait’ uniquement des bourdons, principalement pour la pollinisation des plants de tomates: grâce aux bourdons, la production augmentait de 40%.

On comprend que c’est exactement ce genre d’argument qui convainc les producteurs 😉

Bref, voilà une lecture qui fait du bien.

I comme incitation

– Tiens! dit l’Adrienne au maraîcher bio qui vient chaque semaine au marché de sa ville, vous avez du fromage frais de chèvre qui vient d’ici à côté!

– Oui c’est tout près d’ici! c’est un petit éleveur qui n’a que huit chèvres et qui se lève tous les matins à quatre heures pour les traire…

C’est là que l’Adrienne aurait dû avoir la présence d’esprit de demander ah bon, pourquoi à quatre heures du matin, mais sa tête était déjà ailleurs, bien loin, dans l’Ardèche des années 1970.

– Vous connaissez peut-être Pierre Rabhi? l’interrompt-elle.

Il ouvre de grands yeux puis répond:

– Pierre Rabhi? celui qui a écrit des livres? ah bien sûr, que je le connais!

Alors l’Adrienne lui raconte comment, petite fille en vacances au camping en Ardèche, elle a mangé pour la première fois du fromage de chèvre.

Celui de Pierre Rabhi.

Jamais égalé depuis.

Il y avait bien d’autres échoppes proposant des fromages de chèvre au marché des Vans, pourquoi ses parents s’étaient-ils tout de suite tournés vers ce petit homme brun et sa modeste petite table de fromages sous leur voilage blanc?

– Je crois, dit-elle, que ce qui a tout de suite inspiré confiance à ma mère, c’était son impeccable chemise blanche.

Le jeune homme la regarde d’un air ahuri.

– Sa chemise blanche?

Et la jeune fille qui l’aide à servir les clients lui dit en riant et en montrant du doigt son vieux pull informe:

– Tu sais ce qui te reste à faire, samedi prochain 🙂

B comme belle saison

C’est la belle saison où les lutins en veste jaune fluo viennent au parc ramasser des marrons.

En classe ils y piqueront des bâtonnets pour en faire des petits chiens, des bonshommes et même tous les animaux de la terre.

Avec un peu d’imagination, bien sûr 😉

Comme l’ont fait avant eux leurs parents, leurs grands-parents, leurs arrière-grands-parents.

Le bonheur de faire crisser les feuilles mortes.
De s’en mettre plein les poches.

Faut bien que les mamans, ce soir, aient leur part de ce bonheur 🙂

Dernière fois

C’était le 13 février, la dernière fois que l’Adrienne a pu chanter avec ses Geitenwollensokkers et oui, ça fait loin.
Un jeudi soir par mois de chants et de rires.
Beaucoup de rires.

Le chef de chœur est un violoncelliste professionnel qui poursuit une belle carrière de soliste et qui a annoncé qu’il ne pourrait plus combiner tout ça avec la chorale.
Surtout qu’entre-temps son foyer s’est encore agrandi.

On le comprend très bien, c’est déjà un miracle qu’un musicien de sa trempe veuille s’occuper d’une chorale d’amateurs dont certains croient mieux connaître la musique que lui 😉

Hier matin, il envoie la vidéo ci-dessus en promettant une petite demi-heure de bonheur à ceux qui la regarderaient.

Et bien vous savez quoi?

Au bout de six minutes, l’Adrienne était déjà en train de pleurer.

Oui, c’est beau.
C’est même très beau.
Ça donne envie de déménager tout de suite en Suisse.

Mais qu’est-ce que ça fait ressentir le manque.
Les manques.

Enfin, jugez vous-même, si vous avez l’envie et 26 minutes de temps.

M comme moineau

Toute contente, l’Adrienne, de voir ce moineau posé sur la clôture des framboisiers, dimanche dernier.

Il faudrait qu’elle lui trouve de quoi nicher, l’an prochain, parce que le voisin a enlevé de son mur – désormais nu et blanc – le revêtement derrière lequel un couple avait élevé ses petits, l’été dernier.

Tout savoir sur nos moineaux?

C’est ici!