Adrienne est nulle

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– Je te laisse le smartphone du boulot, dit la carissima nipotina, comme ça tu auras une connexion internet pendant que tu seras chez moi!

– …?

– C’est très simple. Il suffit de poser ton ordi à côté et tu pourras te connecter. Je le laisserai allumé, comme ça tu n’auras pas de problèmes!

L’Adrienne toute contente coltine donc son ordi jusqu’à Ostende pour constater sur place – mais est-ce que ça étonne quelqu’un, ici? – que le truc ne fonctionne pas.

Pourquoi pas? that is the question comme disait cet autre qui traînait des idées de suicide pour moins que ça 😉

Alors l’Adrienne fait un aller-retour quotidien à la bibliothèque, où par bonheur ça marche toujours.

A condition qu’on soit un jour ouvrable, bien entendu.

Et en bonus, 45 minutes de marche à l’aller et parfois plus au retour.

Parce qu’on fatigue 😉

Puis un matin elle se dit c’est trop bête, je vais réessayer.

Et savez-vous ce qu’il fallait faire?

Passer l’index sur l’écran, allumer le hot spot du bout du doigt, connecter l’ordi…

Nulle, je vous dis!

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Z comme zee

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L’Adrienne passe toute la semaine à Ostende, pour y prendre soin des chats de sa carissima nipotina, partie parfaire son italien à Torino.

Ce qui veut dire que ses propres chantiers restent en rade et que la connexion internet est minimale.

Mais peut-être que ça s’appelle des vacances, ce genre de situation 🙂

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zèbre numéro 1, à l’époque où il était jeune et innocent 🙂

S comme stupeur et tremblements

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L’Adrienne ne sait même pas comment la chose s’est faite.

Il y a eu cet e-mail de sa carissima nipotina, un soir d’août, avec un lien vers des voyages hivernaux en direction du nord de l’Europe – la nipotina aime le froid.

Il y a eu la réaction étonnée de l’Adrienne, pourquoi tu m’envoies ça? tu penses aller fêter la nouvelle année en Islande, peut-être?

Et paf! la chose était réglée « à l’insu de son plein gré », comme pour Virenque en 1998, l’aller, le retour, le séjour et une paire d’activités sur place. Une baignade en eaux chaudes et une ou deux tentatives pour voir une aurore boréale.

Depuis août l’Adrienne essaie donc de se faire à l’idée qu’elle va payer un argent bête pour polluer la planète en prenant l’avion. Pour dormir cinq ou six nuits en Islande. Pour s’acheter les vêtements adéquats contre la pluie, le vent, le froid, tous plutôt extrêmes.

Elle en tremble à l’avance.

Bref, pour se faire à l’idée, elle s’est mise au skyr.

7 tentatives

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A la question « qu’est-ce qui te faisait rêver, quand tu étais enfant? », la carissima nipotina a répondu « Faire du cheval! » 

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Or, comme il lui a été conseillé de réaliser un de ses rêves d’enfant, elle a commencé les leçons d’équitation, il y a quelques mois. Et monter toute seule sur le dos de la bête, c’est déjà un exploit! 

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Depuis la semaine dernière, elle a aussi acquis l’équipement complet de la cavalière, culotte, guêtres, bombe, gants… C’est pourquoi, le reportage photos promis a été programmé pour dimanche dernier. 

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Voilà donc l’Adrienne dans un manège, pour la première fois de sa vie. Elle aussi, c’est vrai, rêvait de pouvoir monter à cheval. Mais voir sa nipotina sur le dos d’Idéal suffit à son bonheur. 

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Evidemment, un cheval, ça bouge, ça passe du petit trot au petit galop dans un espace finalement assez réduit. Evidemment, il y a toujours quelqu’un qui vient se placer devant l’appareil. Evidemment, on voit plus souvent la nipotina de dos que de face ou de profil. Evidemment, c’est un peu flou. 

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Et pendant une heure entière, l’Adrienne a fait tentative sur tentative pour immortaliser l’instant… 

Le principal avantage des photos floues et plus qu’à moitié ratées, c’est qu’on peut les montrer sur le blog sans risquer qu’un passant reconnaisse la nipotina dans la rue tongue-out 

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K comme kot

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C’est ici, dit la carissima nipotina, au numéro 14, que j’ai été en kot pendant toute la durée de mes éudes… 

Des années heureuses, pleines de souvenirs qu’elle chérit et aime raconter, elle qui prétend n’avoir aucune mémoire. 

Il y avait un toit plat à l’arrière, dit-elle, et la propriétaire nous interdisait d’y aller, parce qu’on l’abîmait et après il y avait des infiltrations d’eau… 

Mais bien sûr, on s’y installait quand même, avec tables et chaises, et on y organisait des fêtes… 

L’Adrienne se dit « pauvre kotmadam » mais se tait sagement, pendant que la nipotina, emportée par son récit, continue en riant: 

Alors notre kotmadam a condamné la fenêtre qui donnait accès au toit, elle y a fait clouer des planches, mais tu penses bien, avec un kot plein d’étudiants ingénieurs en bâtiment, combien de temps ces planches y sont restées! On a tout arraché vite fait et les fêtes sur le toit ont continué. 

Elle soupire de bonheur en l’évoquant. 

Les fêtes qu’on organisait à notre kot étaient célèbres dans toute la ville… 

L’Adrienne l’imagine aisément. 

Je me demande bien, conclut la nipotina après un instant de réflexion, pourquoi depuis lors ce kot est à l’abandon… 

La kotmadam, se dit l’Adrienne, a dû en avaler les clés de dépit et de découragement.

H comme hélas non!

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« Et tout va rester ainsi jusqu’à la fin des temps gravé dans la Toile? N’y aura-t-il jamais personne pour corriger les erreurs ou supprimer ce qui s’est collé à moi comme une indésirable ventouse? » se demandait dame Lucette Desvignes avant-hier. 

« Hélas non! » lui a répondu l’Adrienne, à qui ça a tout de suite rappelé une histoire de sa carissima nipotina et de ses chats. 

Alors qu’elle était à la recherche d’un nouvel emploi, elle a voulu savoir ce qu’un employeur éventuel trouverait sur elle en un simple clic dans un moteur de recherche. A sa grande surprise, elle a retrouvé toutes ses coordonnées à cause d’une annonce passée il y a des années via le site de la Croix-Bleue de Belgique. 

Annonce éliminée depuis longtemps du site de la Croix-Bleue, mais impossible à éliminer de ce grand foutoir qu’est la Toile. 

Oui, le mot foutoir est à la mode chez l’Adrienne, en ce début de 2018 tongue-out

Première fois

père,vie quotidienne,ça se passe comme ça

Dans la famille de L’Homme, tuer sa nourriture n’a jamais causé d’états d’âme: canards, poulets, faisans, lapins, lièvres, cochons, agneaux passaient à la casserole, sans avoir, assurait-on, eu le temps de s’en rendre compte. 

L’Adrienne se satisfaisait de cette assertion mais détournait la tête. 

Aux grandes occasions, c’était l’Homme aussi qui plongeait les homards et les crabes la tête la première dans le court-bouillon. 

Depuis que l’Adrienne fête Noël et/ou Nouvel An avec sa carissima nipotina, elle se trouve devant ce dilemme: la nipotina ne conçoit pas ces fêtes sans homard et l’Adrienne ne se voit pas tuer elle-même sa nourriture. 

Pendant quelques années, elle les a commandés chez un traiteur. Ça n’a pas trop changé la donne: en contemplant la bête couchée dans son assiette, l’Adrienne se disait que très probablement sa mort aurait été plus douce – c’est-à-dire plus prompte – si elle avait eu le courage de s’en occuper elle-même. 

Comme cette année, pour la première fois. 

– C’était une bien brave bête, disait son père en se léchant les doigts. 

*** 

photo de l’été 2004