7 conseils

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La nipotina trouve l’endroit absolument gezellig (1). Il est vrai que de là où j’étais assise, j’avais de quoi occuper les yeux.

Vieilles plaques publicitaires en métal peint, agrandissements de photos anciennes sépia, objets divers des milieux ruraux d’autrefois… et cette affiche sentencieuse, en anglais of course, la langue qui met tout le monde d’accord et que soi-disant tout le monde comprend 🙂

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La table laissée par quatre cyclotouristes et à droite, la nipotina, cachée derrière le menu.

(1) gezellig n’a pas d’équivalent en français, c’est un adjectif qui permet d’émettre une opinion toute personnelle sur ce qu’on trouve à la fois agréable, sympathique et convivial comme ambiance, décor, lieu ou personne.

G comme glycine

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Gros travaux dans la maison que la nipotina s’est achetée, où à peu près tout a été refait à neuf… 

De la chambre d’amis, on admire la glycine sur le mur d’en face. Bien que toute jeunette, elle a déjà quelques grappes fleuries et même un nid d’oiseaux datant de l’an dernier 🙂

C’est beau, la nature, et c’est presque encore plus beau en ville 🙂

U comme ugly

2019-01-02 (28)

– C’est vrai que c’est affreusement laid, dit la nipotina en voyant la signature de l’artiste. Ugly.

– Peut-être qu’on devrait lire les sagas islandaises, répond l’Adrienne en riant, et que si on comprenait ce que ça représente, on l’apprécierait mieux?

– Non! Non, c’est laid, un point c’est tout!

La nipotina n’est pas de celles qui changent d’avis 🙂

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Photo prise à Reykjavik début janvier

X c’est l’inconnu

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Regarde! dit l’Adrienne toute contente à sa carissima nipotina, samedi dernier, le manteau que je me suis acheté pour aller en Islande!

La nipotina fait une moue dubitative: Ça ne suffira pas! dit-elle d’un ton définitif.

Comment, ça ne suffira pas?

Contre la pluie, dit-elle.

La carissima est persuadée qu’en Islande elle aura à subir des tornades de pluie et qu’il faudra le pantalon imperméable et le grand caban de plastique. Que l’Adrienne n’a pas l’intention d’acheter. Pas du tout!

Mais on sera à peine dehors! argumente-t-elle.

Rien n’y fait, la nipotina n’en démord pas et raisonne comme si elles s’embarquaient pour un trekking de dix jours. Elle craint que les 23 kg de bagage en soute plus les dix kilos en cabine lui suffiront à peine à tasser tout ce qu’elle croit indispensable pour le voyage.

M’enfin! essaie encore l’Adrienne, tout ça pour seulement cinq jours? et on fera quasiment tout en bus?

Six jours! rétorque la carissima, qui compte aussi le vendredi, jour du retour, alors que l’avion vers Bruxelles décolle (en principe :-)) à 07.40 h. du matin.

Pour ceux que ça intéresse, voici la météo prévue à Reykjavik pour la période du séjour: https://www.accuweather.com/fr/is/reykjavik/190390/daily-weather-forecast/190390?day=8

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c’est ce tableau d’une consigne précédente de Lakévio convient le mieux au billet 🙂

W comme wagon de tram

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Cet après-midi, dit l’Adrienne à sa carissima nipotina, je vais prendre le tram pour aller à Knokke.

Knokke? quelle idée! La carissima, peu lui chaut la littérature française, de toute façon elle n’aime ni la marche ni le tram, elle n’aime voyager qu’en avion ou en auto et en bonne Ostendaise elle n’aime pas Knokke. 

Saint-Exupéry ou le petit Prince, ça ne lui dit rien du tout, elle a soigneusement gommé tout ce qu’elle a appris sur le sujet en secondaire pour ne retenir qu’une seule phrase: « Je ne parle pas le français ».

Souvent l’Adrienne se demande ce qui a bien pu lui faire haïr à ce point tout ce qui a rapport à cette langue et jamais elle n’est arrivée à percer ce mystère.

Bref, l’Adrienne a pris un ticket de tram, 3 € à l’aller et autant au retour, est montée en gare d’Ostende – où les lignes de tram sont en pleins travaux. Comme disait une dame, ce sera bien joli quand ce sera fait mais en attendant, c’est fort mal indiqué… en effet, les quelques voyageurs attendaient là où précisément la ligne ne partait pas.

L’Adrienne aurait dû se méfier, si ce monsieur disposait de trois places libres à côté et en face de lui, c’est parce que sous son loden vert bouteille, il y avait un taux élevé d’odeurs corporelles. Elle aussi s’est donc déplacée dès qu’elle l’a pu, ainsi que les quelques autres voyageurs qui se sont succédé à côté de lui entre les nombreuses stations.

C’est qu’il y a plus de kilomètres qu’on ne penserait et il a fallu une grosse heure pour arriver à la gare de Knokke. Terminus, tout le monde descend – sauf le monsieur en loden vert – et le soir tombe déjà. L’Adrienne ne connaît pas l’endroit et n’a pas de plan de ville. Elle ne se doutait pas que la station serait si éloignée du centre, où elle finit par arriver après l’avoir demandé trois ou quatre fois, place du Phare, juste avant la fermeture de l’office de tourisme.

Ouf! elle se saisit d’un plan des illuminations et en route vers le numéro 1 (photo ci-dessus) où elle attend vainement pendant une trentaine de minutes qu’apparaisse ce vol de canards sauvages grâce auquel le petit Prince a pu quitter sa planète. Il n’y a à voir qu’un long rayon vert et quand la voix qui récite les articles de la charte des droits de l’homme en trois langues reprend depuis le début, l’Adrienne comprend qu’il n’y aura jamais rien d’autre que ce rayon vert. 

Après ça, plus rien ne peut la séduire, elle se sent flouée et termine les trois kilomètres du circuit au pas de charge, au milieu d’une foule huppée et heureuse de tenir en main de nombreux sacs et paquets de marques prestigieuses.

Retour à la gare, qu’elle retrouve presque par miracle – elle n’a dû le demander qu’une fois et encore, elle a failli ne pas croire la brave dame qui lui disait d’aller à droite alors qu’elle pensait que c’était vers la gauche – un des derniers trams attendait justement qu’elle y monte et hop! retour à Ostende.

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Ostende, décembre 2018, parc Léopold

 

N comme naturellement!

Cioccolata-calda

Chaque année, la carissima nipotina interrompt son régime alimentaire strictement ‘no carb’ quand elle passe une semaine en Italie où elle se régale de pizza bianca et de cioccolata calda, ce fameux chocolat chaud italien si épais et onctueux que la cuiller y tient debout.

Il n’y a que cette pauvre naïve Adrienne – et sa carissima nipotina – qui croyait que si la cuiller tient debout dans le chocolat chaud italien, c’est parce qu’on y met plus de chocolat.

Beaucoup de chocolat 😉

Grosse désillusion donc, un soir de la mi-décembre, en découvrant que cette magie provient d’un troisième et insoupçonné ingrédient: la farine.

Beaucoup de farine, autant de farine que de sucre… 

La photo d’illustration et la recette (1) viennent du blog de Naturalmente Stefy, qui les a elle-même reprises de la jeune femme ci-dessous (ou en tout cas repris la recette et ses proportions, mais sans la cannelle): 

Dans les commentaires sous la vidéo, on peut lire que d’autres utilisent la fécule de pommes de terre, la maïzena ou la fécule de riz pour donner sa consistance à la cioccolata calda.

Reste la question existentielle: faut-il dévoiler cette triste réalité à la nipotina ou la laisser flotter sur son nuage chocolaté?

(1) 225 gr de farine complète, 225 gr de sucre de canne et 150 gr de poudre de cacao amer, bien mélanger et mettre 2 cuillers de ce mélange par tasse de lait. Faire bouillir le lait, bien touiller et c’est prêt!