K comme Klaagzang

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Un intellectuel hollandais a écrit un best-seller et réalisé une série de documentaires dont le message peut se résumer à cette simple question: puisque ce monde va de mal en pis, pourquoi se battre encore pour les idéaux des Lumières?

Ce qui fait réagir le philosophe flamand Maarten  Boudry – et à juste titre. Il est en effet facile de faire un collage de tout ce qui va mal dans le monde. Facile aussi de dire qu’autrefois tout allait tellement mieux. 

C’est oublier, argumente Maarten Boudry, que ces années 1960-1970 auxquelles l’auteur fait allusion comme son âge d’or de l’insouciance, ont connu la guerre au Vietnam, les attentats de l’IRA, de l’ETA, du groupe Baader-Meinhof. C’est oublier que la pauvreté extrême a globalement fort reculé sur notre planète depuis lors. Que les statistiques montrent une forte baisse de la violence. Que le nombre de pays démocratiques a augmenté.

Un de ses confrères hollandais a publié une réaction similaire, dans laquelle il démontre, chiffres à l’appui, à quel point la santé publique a augmenté pour toute la planète, à quel point les diverses inégalités ont baissé. 

Précisément grâce à l’implication d’hommes et de femmes qui croyaient en ces valeurs des Lumières que l’on voudrait aujourd’hui prétendre mortes. 

Ne plus y croire, voilà donc le vrai danger.

***

Klaagzang (le titre du billet) peut se traduire par ‘lamentations’, ‘jérémiades’.

Avec encore une photo de mon vert paradis perdu il y a cinq ans, et bien sûr le monde tournait bien mieux à ce moment-là 🙂

O comme optimisme

« Je suis optimiste parce que je trouve le monde féroce, injuste, indifférent.

Je suis optimiste parce que j’estime la vie trop courte, limitée, douloureuse.

Je suis optimiste parce que j’ai accompli le deuil de la connaissance et que je sais désormais que je ne saurai jamais.

Je suis optimiste parce que je remarque que tout équilibre est fragile, provisoire.

Je suis optimiste parce que je ne crois pas au progrès, plus exactement, je ne crois pas qu’il y ait un progrès automatique, nécessaire, inéluctable, un progrès sans moi, sans nous, sans notre volonté et notre sueur.

Je suis optimiste parce que je crains que le pire n’arrive et que je ferai tout pour l’éviter.

Je suis optimiste parce que c’est la seule proposition intelligente que l’absurde m’inspire.

Je suis optimiste parce que c’est l’unique action cohérente que le désespoir me souffle.

Oui, je suis optimiste parce que c’est un pari avantageux: si le destin me prouve que j’ai eu raison d’avoir confiance, j’aurai gagné; et si le destin révèle mon erreur, je n’aurai rien perdu mais j’aurai eu une meilleure vie, plus utile, plus généreuse. »

Le credo de l’optimisme moderne, in Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent…, Eric-Emmanuel Schmitt, Albin Michel, 2010, pages 105-106

***

Je suis exactement le même genre d’optimiste Cool

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photo prise du site des éditions Albin Michel

E comme experte

Samedi dernier, l’Adrienne se couche toute guillerette:

– Cette nuit on passe à l’heure d’hiver, se dit-elle en tirant bien fort sa couette jusqu’au-dessus de son nez-tout-gelé, ça me fait une heure en plus à dormir… ça fera du bien à mon rhume!

Dimanche matin, l’Adrienne ouvre l’oeil à son heure habituelle, c’est-à-dire à six heures moins dix exactement.

– Quel bonheur! se dit-elle en lorgnant vers les chiffres rouges de son réveil, je vais profiter du changement d’heure pour paresser un peu au lit, c’est toujours ça de gagné sur le froid…

Et elle se rendort béatement, chose qui ne lui était plus arrivée depuis l’adolescence, à peu près.

Peu avant huit heures, revoilà l’Adrienne, tout heureuse de ses deux heures de sommeil supplémentaire: elle se sent en pleine forme, fait sa petite gym pour le dos, ses petites ablutions dans une salle de bains à 14 degrés (faut qu’elle s’endurcisse, l’hiver n’a pas encore commencé) et va allumer son ordinateur.

– Quelle corvée, se dit-elle en passant devant le four, devoir remettre ces montres à l’heure!

Car l’Adrienne, en véritable experte, n’aime pas tout ce qui a plus de deux boutons. Cependant, la théière tourne dans le micro-ondes, l’ordi ronronne ses préparatifs…

– Tiens! se dit-elle. L’ordinateur n’a pas adapté l’heure! C’est bizarre, ça!

Puis l’Adrienne consulte son calendrier et constate que le passage à l’heure d’hiver n’est prévu qu’un mois plus tard.

– Pas grave, se dit-elle, ça me fera une deuxième grasse matinée.

Et déjà elle se met à rêver si elle la fera dans son igloo ou si elle ira chauffer ses vieux os ailleurs…

T comme TAG

Marcelle aura dû attendre exactement un mois que je réponde à son TAG, parce que je voulais le placer à la lettre T  Clin d'œil

Voici donc mes réponses à ses dix questions: (pour voir les siennes: http://marcellepaques.skynetblogs.be/archive/2012/02/24/j-ai-ete-taguee.html)

Un souvenir d’enfance qui te fait encore rire aujourd’hui?

Bizarrement, mes souvenirs d’enfance ne comportent pas de rires… sauf un!
Ma grand-mère avait une amie qui s’appelait Yvonne, une très gentille dame qui nous offrait chaque année quelques jolies boules de Noël. Elle avait un fils que j’aimais beaucoup. Il devait avoir 17 ou 18 ans quand moi j’en avais 5 ou 6 mais il me faisait beaucoup rire! Il faisait des grimaces, des blagues, je le trouvais tellement irrésistible que je riais dès que je le voyais…

Revois-tu tes copains, copines d’enfance?

J’ai une amie d’enfance que je vois encore deux fois par an, à l’occasion de nos anniversaires: nous sommes amies depuis la première année de l’école primaire et nous avons toujours gardé le contact.
J’ai un ami d’enfance qui se vante de m' »avoir vue naître » – il a 16 mois de plus que moi – et avec lequel je suis restée très proche. J’ai la chance que cette amitié homme-femme n’ait jamais été chargée d’ambiguïté 🙂

Pour toi que représente l’esprit de famille?

L’esprit de famille, c’est essentiellement une forme de loyauté. Et faire ce qu’on attend de moi.
Idéalement, la famille devrait être l’entraide, le cocon, le lieu où on se sent bien… mais tel n’est pas mon vécu.

Choisir 3 mots

L’autre jour des élèves de Première (notre 5e) me demandaient ce que je trouvais important, comme qualités dans la vie. Je leur ai énuméré beaucoup beaucoup de choses 😉 alors ils m’ont dit:
– Oui, d’accord, mais la qualité la plus importante?
Alors je leur ai dit: être positif. Parce qu’il me semblait que tout le reste en découlait, l’engagement, l’humour, la passion, l’ouverture, …

Un livre que je n’ai pas aimé

Impossible à dire… S’il m’arrive de ne pas aimer un livre, j’en arrête la lecture: depuis Daniel Pennac, on sait que c’est un des droits imprescriptibles du lecteur 🙂

Aurais-tu aimé être Zorro?

Zorro, ou n’importe quelle bonne fée armée de sa baguette magique, être redresseuse de torts et pourfendeuse de méchants, certainement! Mais c’est mon frère qui a reçu la panoplie de Zorro et je n’ai jamais eu celle de la fée 😉

– Aimerais-tu être people ?

Jamais de la vie! D’ailleurs pourquoi croyez-vous que je tienne tellement à mon anonymat? Langue tirée

– Quel est l’astre qui t’inspire le plus ?

Aucun. Je ne suis pas branchée sur les signes du zodiaque. J’aime voir la lune et les étoiles, la nuit. J’aime voir le soleil. Mais j’aime aussi un bel orage ou une forte tempête (surtout si je suis à l’abri dans ma maison). Je ne suis donc pas spécialement inspirée par un astre… Mais j’aime voir un ciel étoilé.

Ta boisson préférée ?

L’eau plate. Je ne connais rien de mieux pour la soif. Parfois je lui préfère le thé, ça réchauffe et on peut l’accompagner de chocolat. Parfois je lui préfère un verre de vin, ça accompagne bien certains mets. J’aime un bon verre de champagne à l’apéritif 🙂 Mais je suis avant tout une buveuse d’eau. Plate!

– Que représente pour toi le mot création?

Une énigme. Crée-t-on quelque chose? Ou refait-on sous une forme plus ou moins différente ce qui a déjà été fait mille fois avant nous?

***

Voili-voilou, chère Marcelle Bisou

Si parmi mes lecteurs quelqu’un avait envie de répondre à l’une ou l’autre de ces questions, qu’il (ou elle) ne se gêne pas!

En ce qui me concerna, la dernière question mériterait un billet… Ma mère m’a tellement répété que « Rien ne se crée » qu’il me semble intéressant de voir comment la phrase d’Anaxagore a traversé les siècles pour se retrouver servie à la sauce catholique dans son pensionnat pour jeunes filles de bonne famille.

blog,amitié,souvenirs d'enfance,vive la famille

20 étapes vers le bonheur (3)

Je continue sur ma lancée à propos du livre The world book of happiness (voir http://www.theworldbookofhappiness.com/) de mon compatriote Leo Bormans et du chemin que le site http://www.plukjegeluk.be/spoor-naar-geluk nous propose pour accéder au bonheur personnel!

Aujourd’hui, la troisième étape: travaillons à notre pensée positive!

Et vu l’importance de la chose, nous prendrons le ton du commandement et ne parlerons qu’à l’impératif:

1.osez faire des fautes
2.ne vous tracassez pas, ne vous faites pas du mauvais sang, ne ruminez pas de sombres pensées
3.faites la part des choses! comme disait mon père Clin d'œil (aujourd’hui on emploie le verbe ‘relativiser’, ce qui est un barbarisme)
4.posez-vous la question: qu’est-ce qu’il y a eu de positif aujourd’hui?
5.remplacez « je dois » par « je veux »
6.soyez content de vous

Langue tirée

1.je vé ausez mai sa vas aitre dür
2.OK, cette nuit, je dors au lieu de cogiter…
3. »demain sera un autre jour », « il faut de tout pour faire un monde », « qui vivra verra », « le verre est à moitié plein », etc.: je commence un stock de petites phrases pour m’y aider…
4.j’y répondrai ce soir Clin d'œil
5.je veux corriger des copies!!! je veux faire mon repassage!!! je veux tondre ma pelouse!!!
6.bravo Adrienne, tu es la meilleure habitante de cette maison! (bon d’accord, tu vis seule)

22 raisons de ne pas rire

Chère Marine

après avoir lu ton commentaire, mercredi soir, c’est moi qui l’avais, la boule au creux de l’estomac. Et elle ne m’a plus quittée depuis.

C’est vrai, j’avais mis le lien vers une vidéo « pour rire » le jour de l’exécution d’un condamné à mort très probablement innocent du crime dont on l’accuse.

Sans doute, le jour était mal choisi.

Il est vrai aussi que ce jour-là et les précédents, je n’avais moi-même aucune envie de rire. Pourtant j’ai ri. Je crois très fort dans les bienfaits du rire et du sourire.

Pas envie de rire, tout d’abord parce que ces jours-ci, il y avait l’anniversaire de mon ancien élève: il y a cinq ans qu’il est mort du cancer, forçant à jamais mon admiration pour son courage, sa force de caractère, sa maturité et son immense appétit de vivre.

Ensuite parce que mille autres tracas, petits et grands, étaient en train de s’accumuler. Il y en a dont je ne parle jamais et dont je continuerai à ne pas parler. J’ai choisi la légèreté et les petits bonheurs.

Enfin, ce même jour, je m’étais fait agresser physiquement, ici dans ma verte et paisible campagne, par un homme déguisé en vainqueur du tour de France qui estimait apparemment que ma présence sur sa route lui coûterait deux précieuses fractions de seconde au chrono.

Alors tu comprends que quand un collègue m’a envoyé cette vidéo, je me suis dit que ce 21 septembre, ce serait « R comme rions »

Je t’embrasse et j’espère que tu vas bien

T comme tout va très bien

Puisqu’on n’a pas le droit de se lamenter, remettons cette petite musique et chantons en chœur avec Ray Ventura et ses Collégiens http://fr.youtube.com/watch?v=EHRPwipKJA4&feature=related
Tout va très bien, madame la Marquise!
– Allô, allô, James, quelles nouvelles?
Absente depuis quinze jours,
Au bout du fil je vous appelle:
Que trouverai-je à mon retour ?

– Tout va très bien, madame la Marquise!
Tout va très bien, tout va très bien!
Pourtant il faut, il faut que l’on vous dise
On déplore un tout petit rien…
Un incident, une bêtise,
La mort de votre jument grise
Mais à part ça, Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien!
– Allô, allô, Martin, quelles nouvelles?
Ma jument grise, morte aujourd’hui?
Expliquez-moi, cocher fidèle,
Comment cela s’est-il produit ?
– Cela n’est rien, madame la Marquise!
Cela n’est rien, tout va très bien!
Pourtant il faut, il faut que l’on vous dise
On déplore un tout petit rien…
Elle a péri dans l’incendie
Qui détruisit vos écuries
Mais à part ça, madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien !
– Allô, allô, Pascal, quelles nouvelles?
Mes écuries ont donc brûlé?
Expliquez-moi, mon chef modèle,
Comment cela s’est-il passé?

– Cela n’est rien, madame la Marquise,
Cela n’est rien, tout va très bien!
Pourtant il faut, il faut que l’on vous dise
On déplore un tout petit rien…
Si l’écurie brûla Madame,
C’est qu’le château était en flamme,
Mais à part ça, madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien!
– Allô, allô, Lucas, quelles nouvelles?
Notre château est donc détruit?
Expliquez-moi car je chancelle !
Comment cela s’est-il produit ?

– Eh! bien voilà, madame la Marquise,
Apprenant qu’il était ruiné
A peine fut-il rev’nu de sa surprise
Que Monsieur l’Marquis s’est suicidé!
Et c’est en ramassant la pelle
Qu’il renversa toutes les chandelles
Mettant le feu à tout l’château
Qui s’consuma de bas en haut
Le vent soufflant sur l’incendie,
Le propagea sur l’écurie
Et c’est ainsi qu’en un moment
On vit périr votre jument
Mais à part ça, madame la Marquise,
Tout va très bien, tout va très bien !