Y comme y a pas de souci

Tiens! se dit l’Adrienne en faisant une petite promenade matinale, je croyais qu’il était interdit de passer la nuit sur la plage?

Apparemment, elle devrait mieux se renseigner: à gauche sur la photo, un petit groupe de jeunes roupillait paisiblement et à droite on remarque une petite tente encore bien fermée, sous laquelle très certainement se trouvaient d’autres dormeurs.

Et tout ça en août 2020, alors que les plages d’Ostende, en journée, ne sont accessibles que sous réservation.

« Les jeunes sont désordre », comme disait le personnage du jardinier dans un livre de Michel de Saint-Pierre 🙂

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Pour ceux que ça intéresse, le livre en question est « Le Milliardaire » et la phrase suivante est « Mais faut reconnaître parfois qu’ils ont de l’idée. »

K comme Kaap

De campagne van de Oostendse cultuurhuizen.

A Ostende, dans les lieux de culture, on peut voir une série d’affiches qui posent la question de l’utilité de l’art.

Et si la musique, le théâtre, si toutes les formes d’art étaient le vaccin? nous demande-t-on, au moment où de plus en plus de gens s’insurgent contre le fait qu’on peut passer deux ou trois heures en avion, mais pas dans une salle de spectacle, où le gouverneur d’Anvers a fermé les théâtres, mais pas les cinémas et où les musiciens sont juste bons à jouer gratuitement sur les pelouses devant les maisons de retraite.

D’annulation en annulation, le monde artistique s’inquiète de n’avoir à ce jour encore aucune perspective en ce qui concerne la saison 2020-2021.

La culture, dit-on à KAAP, nous apporte réconfort, espoir, délassement et nous aide à vivre au quotidien.

Ce qui est vrai, bien sûr, comment survivre au confinement sans musique, sans livres…

Mais aujourd’hui le secteur culturel fait appel aussi au public: à lui de se manifester, par exemple en écrivant aux responsables politiques, pour faire bouger enfin quelque chose de positif.

photo de l’affiche ©rv De campagne van de Oostendse cultuurhuizen

O comme Ostende fait son cinéma

Regardez ce passage du filmAanrijding in Moscou(2008) – une collision, un accrochage à Moscou, un quartier populaire de Gand, Flandre Orientale – où on voit l’événement déclencheur de l’histoire. La traduction du dialogue se trouve sous le billet.

Matty, la quarantaine et presque autant de problèmes (en instance de divorce, trois enfants à élever, un boulot de m…, une bagnole qui tombe en ruine etc) heurte le camion de Johnny en quittant le parking du supermarché.

L’échange verbal entre les deux est, disons-le proprement, assez vif. Et en patois gantois.

A Ostende, où devait normal avoir lieu cet été le festival annuel dédié au cinéma, on a refait la même scène.

Mais avec des enfants dans les rôles de Matty et Johnny.

Et en patois ostendais.

Traduction de ce dialogue: 

– Godverdomme! (nom de dieu!)
– Maman, mais qu’est-ce que tu fais?
(à Johnny, descendu de son camion) Désolée, je faisais marche arrière… désolée!
– Désolée!?
– Oui…
– Désolée mon cul. Faudra payer, hein, Madame!
– Comment ça?
– Quoi ‘comment ça’? Une bosse dans mon camion… ça va vous coûter cher… il est assuré, au moins, votre landau? (‘kindervoiture’, jeu de mot sur voiture et landau, vu qu’elle a ses trois enfants sur la banquette arrière)
– Eh là! un peu de respect! et qui dit que c’est de ma faute?
– Eh là Madame! c’est vous qui sortez du parking, c’est vous qui faites une manœuvre! Vous n’avez pas regardé dans votre rétroviseur…
– Oui et vous, qu’est-ce que vous faites avec ce mastodonte sur le parking?
– Non, non, désolé, je le connais, ce truc-là.
– Ce truc!
– Oui, Madame, ce truc. Ce n’est pas vous qui allez me couillonner. Allez, prenez votre formulaire pour le constat.
– Oui? et où elle est, cette bosse? 
– Mais Madame! vous êtes en train de la regarder!
– Ça, ici? mais c’est une petite bosse de rien du tout! Par contre mon coffre…
– Commencez pas comme ça, hein! Je vous connais, les femmes de votre sorte! vous êtes toutes les mêmes!
(intervient un troisième personnage) Excusez-moi, madame, monsieur, je pense qu’il vaut mieux rester calme…
– Calme? Mais je suis calme! c’est monsieur le viking ici, avec son dix tonnes, qui n’est pas calme!
– Vous avez vos règles, sans doute?
– Et vous? vous vivez encore chez votre mère, je parie?
(nouvelle intervention du troisième) Madame… Monsieur…
– Maintenant je le sais!
– Quoi?
– Et bien, ce qu’on dit des types avec un camion!
Plus le camion est grand, plus la bougie est petite!

(traduction de l’Adrienne, qui s’est bien amusée :-))

Premières fois

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Voir le héron dans le ruisseau ou les étangs derrière l’académie de musique, ce n’est pas nouveau.

Mais en voir un dans le centre ville, au bord de l’étang entre le musée et la bibliothèque, surtout un samedi matin, jour de marché, c’était si étonnant et si neuf que l’Adrienne a d’abord cru que c’était une statue.

Ce n’en était pas une et la photo aurait été très belle, prise à si peu de distance, d’une bête parfaitement immobile et prenant la pose, cou et bec bien tendus, malheureusement l’Adrienne n’avait ni appareil ni smartphone…

Par contre à Ostende le 13 juin dernier, elle avait tout ce qu’il fallait pour saisir cet autre instantané de vie animale en centre ville: une mouette est entrée d’un pas décidé dans une maison, comme si c’était la sienne, surveillée par un chat mollement allongé à l’ombre du mur.

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et dans la même veine, cette heureuse constatation: les passages à faune au-dessus du ring bruxellois sont intensément utilisés par les animaux

Z comme zeevonk

Images de Bredene

Ce mois-ci l’Adrienne a encore appris un nouveau mot, zeevonk en néerlandais, et apparemment en français surtout connu sous son nom latin, noctiluca scintillans.

Des photos et des vidéos de merveilleuses vaguelettes d’un bleu fluorescent ont fait le tour de nos réseaux sociaux et journaux, après qu’elles avaient été observées sur la plage de Bredene, près d’Ostende

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Un phénomène relativement neuf dans notre mer du Nord, une autre conséquence – et une preuve, s’il en fallait encore – du réchauffement climatique.

Toute l’info en français ici, avec des explications sur le phénomène et d’autres photos – source des photos et article en néerlandais ici.

W comme wagon de train

Lidewij met 2 treinbegeleiders

Des entretiens à cœur ouvert avec des gens passionnés par leur métier, voilà ce qu’on voit et entend dans ce reportage réalisé sur le trajet qui va d’Ostende à Eupen, une ligne qui traverse donc tout le pays et est une de celles à plus forte affluence… neuf cents passagers en temps normal, à peine trente la première semaine de la phase 1 du déconfinement.

Pendant tout un mois, entre le moment où les entreprises ont pu reprendre le travail in situ et celui où les cafés et restaurants ont rouvert, la journaliste a pris ce même train dans les deux sens, avec chaque fois la même jeune conductrice, les mêmes contrôleurs, le même agent de la sécurité…

Trains quasiment vides au début, donc – avec juste quelques personnes des rares secteurs fonctionnant encore, in casu des infirmières – et qui se remplissent un peu au fil des semaines.

Chaque rencontre est un petit document humain, car comme le disent les contrôleurs dans ce reportage, le masque et les autres mesures mettent de la distance entre les gens et eux – sans compter une certaine peur, en plus, parfois – mais en même temps on ressent qu’il y a un réel besoin de communiquer, de se raconter, de s’épancher même.

Le vieux monsieur qui a mis son masque à l’envers (« ah! c’est pour ça qu’il me glisse tout le temps du nez! »), la dame à déambulateur (qu’elle appelle avec humour sa mercedes décapotable – elle y a d’ailleurs accroché le fameux emblème) qui peut enfin retourner à son appartement à la mer, les amoureux qui ont été séparés deux mois à cause du confinement (« ça fait sept mois qu’on est ensemble, moins deux, donc en fait ça ne fait que cinq »), la jeune étudiante qui va à son examen (mais qui n’a « pas eu le temps d’étudier »), le réfugié guinéen qui rêve de l’Angleterre (où personne, croit-il, ne vit dans la rue comme lui)…

Het leven zoals het is, dit-on chez nous, la vie comme elle est.

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source de la photo et article ici.

 

R comme retour au musée

 

 

Deux jours à Ostende, c’est aussi l’occasion de remettre timidement les pieds dans une expo, comme celle organisée régulièrement à la maison Spilliaert.

L’occasion de voir chaque fois d’autres œuvres, dont la plupart proviennent de collections privées, offrant ainsi une occasion unique de les admirer. Comme celle-ci, des Baigneuses dans le parc, une aquarelle de 1920. Aux couleurs et au sujet infiniment plus frivoles que ce qu’on a l’habitude de voir chez l’ami Léon 😉

L’expo en cours devait normalement ouvrir le 15 mars dernier, pile au moment où toute la vie sociale et culturelle a pris fin pour trois mois, et se terminer le 7 juin, pile au moment où les activités reprennent tout doucement.

Elle a heureusement pu être reportée et l’Adrienne était là, à l’ouverture de la porte, à onze heures du matin… avec seulement deux autres personnes, masques et gel y compris 😉

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Toute l’info sur l’expo ici et un beau catalogue avec info et quelques autres œuvres peu connues ici.