Y comme Ypsilon

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Vous qui passez régulièrement, vous savez que l’Adrienne a ses opinions sur un certain nombre de choses qui lui tiennent à cœur.

L’une d’elles est le choix des prénoms qu’on donne (ou parfois inflige) aux enfants.

Alors l’autre jour un article intitulé ‘Ypsilon‘ a retenu son attention.

La journaliste y témoigne des préjugés à l’encontre de certains prénoms, en particulier ceux qui – comme le sien (Vicky) – se terminent par un y.

Comment elle-même se formait une idée préconçue sur base d’un prénom tel que Kimberly.

Et comment à l’âge de 16 ans ça lui a fait se rendre compte de l’existence de la marginalité et des classes sociales.

A 16 ans, sa conclusion a été: tu es une fille avec un prénom qui se termine par y?
Tu es une working class girl.
Une Cindy, une Tiffany.
Une Kimberly, une Vicky.

Bref, après une ou deux expériences négatives, « Je ne voulais plus être mon prénom », écrit-elle.

Sa dernière phrase a quelque chose de poignant: « Als je je klein voelt, komt dat doorgaans omdat iemand anders je klein heeft gemaakt. » Si tu te sens petit (inférieur, minable, insignifiant) c’est généralement parce que quelqu’un te l’a fait sentir.

A comme Albert

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Joue-t-il au cerceau ou pousse-t-il une charrette à bras? se demande l’Adrienne en découvrant ce dessin proposé par Monsieur le Goût.

C’est une vieille photo de son père en pantalon de golf, poussant son cerceau dans la rue des Jardins, juste avant la guerre de 40, qui lui est revenue en mémoire pour sa ressemblance avec le vif mouvement des jambes et le corps penché derrière ce cercle.

Guerre, emprisonnement, évasion et liberté, le vocabulaire aussi rappelle cette époque de couvre-feu et de disette.

Et puis le prénom de l’artiste, Albert Marquet.

L’Adrienne, qui travaille en dilettante à la généalogie familiale, est justement occupée avec un autre Albert, né le 21 janvier 1706. Ce qui lui avait fait s’exclamer « encore un Albert! » ou « déjà un Albert! » ou même les deux à la fois.

Parce que les mêmes prénoms reviennent à chaque génération sur plus de deux siècles. Surtout des Albert et des Jean-Baptiste.

C’est la petite Ivonne qui a mis fin à la tradition, profitant de son statut de jeune épouse très aimée, pour ne pas appeler son premier né Albert – comme il aurait fallu – mais André.

Vive la liberté 🙂

***

Merci au Goût pour ce 32e devoir de Lakevio du Goût:

Vous ne trouvez pas que ce dessin d’Albert Marquet, est un beau symbole d’évasion ? En ces temps d’emprisonnement généralisé racontez nous une histoire de liberté recouvrée.
Si c’était fait lundi, ce serait bien.

Stupeur et tremblements

J’en ai déjà parlé ici mais chaque fois que je lis un article là-dessus, la même stupeur et les mêmes tremblements d’indignation me poussent à écrire un billet sur le sujet.

Il s’agit des prénoms que certains choisissent pour leur enfant.

Un blog hollandais (1) recense en ce début d’année les noms les plus bizarres qui ont été choisis en 2013.

D’accord, aux Pays-Bas on est presque entièrement libre d’appeler son enfant comme on le souhaite, sans le « garde-fou » d’aucune loi, comme c’est le cas chez nous où la limite à ne pas franchir est le prénom qui pourrait être jugé ridicule ou dégradant pour l’enfant. Apparemment, l’an dernier, on l’a souvent franchie chez nous aussi, cette limite. Je sais que cela tient à l’impression personnelle, mais il faut croire que les fonctionnaires de l’état-civil n’ont pas la même idée que moi sur ce qui est dégradant ou ridicule.

Il faudra qu’on m’explique qui – mais QUI? – a l’idée d’appeler son fils « Perdant » (Loezer), « Echarde » (Splinter) ou « Radote » (Bazel)? d’appeler sa fille « Le Paysan » (Den Boer), « Kabine » (Cabine) ou « Tonnelle » (Prieel)?

Tout comme il y avait déjà les noms de vedettes du petit et du grand écran, il y a aussi ceux du peintre préféré de papa et maman: Cézanne pour la fille, Rembrandt pour le garçon. De leur marque de voiture préférée. Sans s’inquiéter que « Rover » en néerlandais veut dire ‘voleur’, ‘brigand’. De leur Etat ou politicien préféré. Dakota (fille) et Ohio (garçon), par exemple. Ou un Abraham Lincoln.

La liste est longue, beaucoup trop longue, et ahurissante.

Bref, vous aimeriez vous appeler « Déjà » ou « Divine Wonder », Mesdames? « IJzer » (fer) ou « Rits » (fermeture éclair), Messieurs?

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La liste hollandaise se termine par « Zjay-driënne ».

Mais c’est un garçon 😉

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(1) Maarten Van der Meer, www.vernoeming.nl, la liste pour la Flandre est ici: http://www.vernoeming.nl/bizarre-vlaamse-voornamen-2013  et celle pour les Pays-Bas est là: http://www.vernoeming.nl/bizarste-kindernamen-2013

Y comme Yvonne

Tout le monde ne peut pas s’appeler Yvonne, c’est évident, et les voies de la mode sont impénétrables, c’est certain, mais expliquez-moi ce qui pousse des parents à appeler leur enfant Blue Ivy Carter?

Selon une maman interviewée par le magazine ci-dessous, c’est une preuve d’amour: c’est « pour leur montrer qu’ils sont les bienvenus et qu’ils ont de la valeur ».

Voilà pourquoi elle a appelé son aîné Argent (Silver). Il me semble que dans son objectif, elle aurait dû opter pour Or (Goud), non?
Son second s’appelle Ours Unique (Uniek Beer), et là aussi je m’interroge vu que l’ours n’est pas l’animal ayant la meilleure image dans les expressions idiomatiques…
Et pour son petit dernier: VIP Diesel.
No comment
.

http://weekend.knack.be/lifestyle/radar/baby-s-krijgen-steeds-vreemdere-namen/article-4000033944177.htm?nb-handled=true&utm_source=Newsletter-24-01-2012

Est-ce aussi par amour qu’on appelle ses garçons Storm (Tempête) et Brand (Incendie)? Ou Teen (L’un) et Tander (L’autre)?

Vraiment, je plains les enfants qui auront toute la vie à porter un prénom ridicule sous prétexte d’originalité…

Mais bon, je me répète Clin d'œil

Y comme Yvonne

Une amie est devenue grand-mère d’une petite Adriana.

– En voilà un joli prénom, lui ai-je dit de mon air le plus innocent, et tout en applaudissant ce très bon choix j’avais un « binnenpretje« (1) en pensant au titre de mon blog, bien sûr Clin d'œil

Mais d’Yvonne, jusqu’à ce jour, il n’en est point née dans mon cercle d’amis et connaissances.

Jeudi dernier, les dames du secrétariat cherchaient un beau prénom pour la petite-fille qui naîtra bientôt chez l’une d’elles.

Je leur ai entendu proposer Julie, Louise, Emma, Michèle, Léonie… Mais d’Yvonne, point.

Bientôt on remettra à l’honneur Zulma, Eulalie, Elvire… Mais Yvonne, pauvre Yvonne, restera l’unique, ma jeune petite grand-mère qui pousse le landau où se trouve son troisième enfant.

***

(1) « binnenpretje » se traduit dans mon dictionnaire par: « rire tout seul » mais cette traduction ne me satisfait pas. Avoir un « binnenpretje« , c’est avoir une bonne raison de rire mais ne pas pouvoir montrer son hilarité du fait qu’on ne peut pas se permettre d’en expliquer la source. Et donc être dans l’impossibilité de la partager.

C comme Charlise et Coralie

Charlise et Coralie sont Italiennes. Comme leur nom ne l’indique pas, aurait dit mon père. De vraies petites Florentines cependant qui, à quatre et six ans, accueillent le client du restaurant parental avec le plus désarmant des sourires. En tout cas la deuxième fois que j’y vais. Et la troisième fois l’exubérance est si grande que je me crois déjà faire partie de la famille.

Charlise et Coralie ont une maman qui aime le français, sa littérature et sa poésie. Alors elle a choisi des prénoms français pour ses filles.

Je me demande comment la famille, les institutrices et les petites amies prononcent le prénom de ces enfants…

Adrienne et ses amies

Grand-mère Adrienne avait plusieurs amies chez qui elle allait prendre le café vers les deux heures de l’après-midi. Mais le mardi, c’était « son jour » à elle, c’était elle qui recevait.

De quoi se souvient l’enfant que j’étais? Pour moi, toutes ces dames étaient très vieilles, je les croyais plus âgées que ma grand-mère, qui elle, bien sûr, n’avait pas d’âge. Je la croyais éternelle.

Elles avaient des prénoms d’un autre temps et s’habillaient de sombre. Elles parlaient de gens et d’événements dont je ne savais rien.

Marguerite était une petite femme nerveuse. Elle avait un sac à main noir. Quand elle l’ouvrait en grand, on voyait qu’à l’intérieur il n’y avait presque rien. Une grande clé qu’elle prenait déjà en main avant de quitter la maison de ma grand-mère et parfois un bonbon pour les enfants.

Ilona était ronde et potelée. Elle avait les yeux très bleus. Elle n’arrêtait pas de parler et ça embêtait un peu ma grand-mère, qui aurait aimé placer aussi son petit mot. 

Il y avait Elvire, qui même à 70 passés avait comme principal sujet de conversation le tort que ses parents avaient eu de faire trop d’enfants. Yvonne, qui nous offrait quelques boules de Noël chaque année (je les ai encore aujourd’hui). Jeanne, qui avait un grand jardin et un petit-fils handicapé. Henriette, Maria, Leona… 

Mais où sont les neiges d’antan?

22 février

Une naissance prévue pour bientôt? Pas d’inspiration pour le prénom? A la recherche d’un peu d’originalité?

Alors voyez donc les saints du jour:

ATHANASE

BARADATE 

PASCHASE

TELESPHORE (il y a un Télesphore dans Maria Chapdelaine de Louis Hémon)

THALASSA (comme l’émission du même nom…)

LIMMEE

Et pour ceux qui préfèrent la Bretagne bretonnante, allons-y pour Tevarzeg!

Seul problème: veillez à ce que ce soit un fils, car tous ces jolis prénoms sont masculins!

H comme Hugues

Je vois sur mon calendrier qu’aujourd’hui on fête un de mes compatriotes, le bienheureux Hugues de Fosses-la-Ville, chanoine prémontré mort le 10 février 1164 (ça ne nous rajeunit pas, aurait dit mon père).

Mais pour moi ce prénom reste à jamais lié à un fait divers d’il y a plus de 25 ans… Hugues, c’est celui qui a osé donner une raclée à mon frère.

Le monde entier a cru Hugues quand il a dit qu’il ne faisait que se défendre. Le monde entier sauf ma mère.