T comme Trafalgar

– Espérer, c’est se leurrer, me dit-il. Et non, ajoute-t-il avant que j’aie pu réagir, je ne suis pas pessimiste, juste réaliste.

Nous étions en train d’admirer les flots bleus – enfin, moi en tout cas – et là où moi je voyais de jolis bateaux de plaisance franchir le cap de rochers roses en formant une belle écume blanche dans leur sillage, lui ne voyait que bouteilles en plastique et autres rebuts divers de notre civilisation en perdition qui flottaient au gré du vent et des marées. Nous déambulions entre les myrtes et les pins maritimes mais leurs odeurs chaudes et résineuses ne l’enivraient pas. Il continuait sur sa lancée et en était arrivé à la banquise qui fond, aux iceberg à la dérive, aux continents inondés.

Pas une faille, il est vrai, dans son raisonnement, mais je le trouvais plutôt malhabile comme technique de drague. Où était là-dedans la place des sentiments ? Je me heurtais à une muraille de défaitisme.

– Ça ne rime à rien ! Ça ne rime à rien !

Voilà ce qu’il n’arrêtait pas de me répondre.

Alors, quand il a commencé à s’emballer sur la question de savoir dans quelle mesure l’augmentation des allergies était due à la génétique ou à l’environnement, j’ai débarqué mon amiral Larima-rime-à-rien à son hôtel et j’ai remis dans l’autoradio mon CD Montand chante Prévert.

***

écrit pour les plumes d’Asphodèle n°13

jeu, fiction

avec les mots imposés
espérer, flotter, perdition, cap, sillage, bouteille, iceberg, vent, déambuler, bateau, continent, flots, amiral, génétique, sentiment, débarquer, faille et myrte, malhabile, muraille. 

I comme inventaire (avec et sans Prévert)

 

Le défi 153 demandait d’utiliser les mots tombolo, tuc, barkhane, kopje, monadnock, podzol et valat dans un contexte « jardinier ». C’est le genre de consigne qui réussit (enfin!) à me sortir des « souvenirs d’enfance » et autres « expériences vécues » Clin d'œil

La recette est simplissime: prenez un « modèle littéraire » qui se prête au jardinage, ajoutez les mots imposés, mélangez bien et servez chaud ou froid.

Jardiner à la manière de Tardieu

J’étais en train de biner mes podzol quand le tuc d’à côté est remonté l’allée :

– Kopje ! me fit-il de loin. Ça va tombolo ?

– Barkhave ! lui répondis-je en faisant la moue. Les pigeons ont bouffé toutes mes fleurs de podzol !

– Tu veux que je vienne avec monadnock ? rétorqua-t-il.

– Tonadnock ? rigolai-je. Ça fait bien trop de bruit ! Pas la peine de rameuter tout le valat !

– Comme tu voudras, dit-il.

Il avait l’air un peu déçu que je refuse sa pétoire.

à la manière de Jean Tardieu, Un mot pour un autre

Les enfants naissent dans les choux de Barkhane

J’étais en train de biner mes choux de Barkhane quand la voisine est arrivée.

– Bonjour ! me fit-elle de loin. Tu sais que madame Bolo a accouché hier soir ? C’est un fils, Tom.

– Ah, c’est un joli prénom, dis-je.

– Ahum, rigola-t-elle, ça a mis en verve les enfants… Tom Bolo, tombola, ton boulot, tu les connais.

– Oui, répondis-je en souriant, on a déjà eu des histoires avec les Adnock quand leur petite Mona est née, faudrait pas que ça recommence avec les Bolo !

Jardiner à la manière de Prévert

Une pierre
deux maisons en podzol
trois pelouses bien tondues
quatre courgettes à arroser

Un tombolo pour les chats

Un carré de radis
deux rangs de fèves
trois rangs d’oignons

Un tuc en grosse laine

Un plant de concombre
deux noyers barkhave
trois hérissons

Un valat que je te pousse

Un kopje de thé
deux carrés de chocolat noir
trois graines de monadnock

Mais aucun raton laveur

à la manière de Jacques Prévert, Inventaire

Jardiner à la manière de Rimbaud

C’est un tuc de verdure où chante une podzol
Accrochant follement aux valats des barkhanes
D’argent. Où le soleil, de la montagne folle,
Luit. C’est un petit tuc qui mousse de pivoines.

Un soldat jeune, kopje ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais monadnock,
Dort. Il est étendu dans l’herbe sous la nue,
Pâle dans son tombolo, mou comme une loque.

à la manière d’Arthur Rimbaud, Le dormeur du val

Et ainsi de suite… 

Essayez et vous verrez: c’est addictif!

Mais ça, vous l’aviez déjà compris, n’est-ce pas?Sourire

Z comme zeugme

La grande différence entre le prof de français langue maternelle et le prof de français langue étrangère, c’est que le premier se préoccupe de figures de style alors que le second oublie tout ce qu’il a appris à ce propos.

Voilà pourquoi j’aime échanger avec des « profs de lettres » – car c’est ainsi qu’ils s’appellent, en France – et lettrés, ils le sont.

Le dernier sujet de débat, c’était le zeugme (ou zeugma).

– Qui pourrait avoir la gentillesse de me donner le nom, que j’ai oublié, de la figure de style suivante: « Je bats des paupières et en retraite » ? demandait une jeune prof grenobloise.

– C’est un zeugma, répondit une gentille collègue: Prévert a par exemple écrit au sujet de Napoléon « il prit du ventre et beaucoup de pays » (Composition française, dans Paroles)

– « vêtu de probité candide et de lin blanc » (Hugo) ou « (…) coule la Seine Et nos amours » (Apollinaire), dit un autre.

– « j’aime la vie et les coquillettes » (Renaud), ajouta un troisième.

Et ainsi de suite.

***

J’en retire trois gros bonus:

1.On a rafraîchi des connaissances que j’avais oubliées et que je ne manquerai pas de resservir à mes élèves à l’occasion (hahaha les pauvres pitchounes)
2.J’ai trouvé le site (ou blog, plutôt) d’un spécialiste ès zeugme, Sébastien Bailly. C’est ici:
http://bailly.blogs.com/traces/zeugmes/

3.Je suis retournée chez écholalies, qui est une mine d’or pour beaucoup de choses bien rigolotes, donc aussi pour les zeugmes, et m’est d’avis qu’on doit cette liste de zeugmes à Sébastien Bailly également: http://www.echolalie.org/wiki/index.php?ListeDeZeugmes

***

J’allais vous en mettre un ou deux ici, qu’on rigole, mais je n’arrive pas à choisir… alors si vous avez une minute, allez donc voir vous-mêmes, et dites-moi lequel vous préférez Sourire

22 plus jolis vers de la langue française (suite)

Pour ceux qui auraient raté ou oublié ce que j’en disais le mois passé, allez voir au précédent 22. Les autres peuvent tout de suite reprendre le petit jeu ici 🙂

Je crois bien qu’il y a matière à une nouvelle série de onze pour le mois prochain, il n’y avait plus la place de mettre ici « la plus jolie façon de dire qu’on va craquer une allumette »… Donc rendez-vous au 22 août!

1.la plus jolie façon de dire qu’on se porte bien:
Si fais à toutes gens savoir
Qu’encore est vive la souris

2.la plus jolie façon d’adresser une requête à son sponsor:
Roi des Français, plein de toutes bontés,
Quinze jours a, je les ai bien comptés,
Et dès demain feront justement seize,
Que je fus fait confrère au diocèse
De Saint-Marry, en l’église Saint-Pris.

3.la plus jolie façon de donner des fleurs:
J’offre ces violettes,
Ces lis et ces fleurettes
Et ces roses ici,
Ces vermeillettes roses,
Tout fraîchement écloses,
Et ces oeillets aussi.

4.la plus jolie façon de dire la joie d’être amoureux:
Tant ai al cor d’amor,
De joi e de doussor,
Per que’l gels me sembla flor
E la neus verdura.
(Tant j’ai au coeur d’amour
De joie et de douceur
Que le gel me semble fleur
Et la neige verdure)

5.la plus jolie façon de chanter jusqu’à son dernier souffle:
Comme un dernier rayon, comme un dernier zéphyre
Anime la fin d’un beau jour,
Au pied de l’échafaud j’essaye encor ma lyre.

6.la plus jolie façon de dire qu’on est fauché:
Je n’ai d’argent qu’en mes cheveux

7.la plus jolie façon de dire qu’il est parti en emportant votre coeur:
Le vôtre est rendu,
Je n’en ai plus d’autre

8.la plus jolie façon de dire l’adolescence:
On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans

9.la plus jolie façon de dire le pouvoir de la musique:
Un petit roseau m’a suffi
Pour faire frémir l’herbe haute

10.la plus belle façon de faire une pirouette à l’ordre établi:
J’ai mis mon képi dans la cage
Et je suis sorti avec l’oiseau sur la tête

11.et pour terminer, la plus jolie façon de définir la poésie:
Bien placés bien choisis
quelques mots font une poésie
les mots il suffit qu’on les aime
pour écrire un poème
on ne sait pas toujours ce qu’on dit
lorsque naît la poésie
faut ensuite rechercher le thème
pour intituler le poème
mais d’autres fois on pleure on rit
en écrivant la poésie
ça a toujours kékchose d’extrême
un poème

***

ci-dessous, les noms des auteurs et les titres des poèmes cités:

1.Charles d’Orléans, Encore est vive la souris
2.Clément Marot, Au Roi, pour le délivrer de prison (octobre 1527)

3.Joachim Du Bellay, D’un vanneur de blé aux vents (in Jeux rustiques (1558)
4.Bernard de Ventadour, J’ai le coeur si plein de joie…
5.André Chénier, Comme un dernier rayon, comme un dernier zéphyre…, in Oeuvres posthumes, 1826

6.Tristan Corbière, Conclusion, (in Le coffret de santal)
7.Marceline Desbordes-Valmore, Qu’en avez-vous fait? (in Elégies, 1825)
Vous aviez mon coeur,
Moi, j’avais le vôtre:
Un coeur pour un coeur,
Bonheur pour bonheur!

Le vôtre est rendu,
Je n’en ai plus d’autre;
Le vôtre est rendu,
Le mien est perdu!

8.Arthur Rimbaud, Roman, in Poésies, 1871
9.Henri de Régnier, Odelette, in Les jeux rustiques et divins, 1897
10.Jacques Prévert, et je ne résiste pas à l’envie de vous donner toute la suite 😉
J’ai mis mon képi dans la cage
et je suis sorti avec l’oiseau sur la tête
Alors
on ne salue pas
a demandé le commandant
Non
on ne salue pas
a répondu l’oiseau
Ah bon
excusez-moi je croyais qu’on saluait
a dit le commandant
Vous êtes tout excusé tout le monde peut se tromper
a dit l’oiseau

désolée s’il y a une erreur, j’ai prêté mon exemplaire de Paroles et je ne sais plus à qui…

11.Raymond Queneau, Un poème, in Si tu t’imagines, dans Œuvres complètes, I, édition établie par Claude Debon, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1989, p. 105-106.

L comme liste de lecture

J’aime beaucoup le blog de Lucie (Clavier bien tempéré, http://lucierenaud.blogspot.com/). Le 24 septembre dernier, elle y a posté cette liste des 100 livres préférés des Français. Je ne sais rien des origines de cette liste ni de son sérieux, mais je ne peux m’empêcher d’y aller à mon tour de mes commentaires de lecture (ou de non-lecture, dans la majorité des cas!). Tout comme Lucie, je mets en gras ce que j’ai lu.

1 La Bible (mais je suis loin de l’avoir lue au complet! D’ailleurs, j’en ai une version scolaire dans laquelle de larges coupures ont été faites, vous devinerez aisément lesquelles, je suppose…)

2 Les misérables de Victor Hugo (mais là non plus pas dans son entièreté…)

3 Le petit prince d’Antoine de Saint-Exupéry (« absolument, certainement le livre que j’ai relu le plus souvent », écrit Lucie. Pareil pour moi, je peux en citer de larges extraits par coeur.)

4 Germinal d’Emile Zola (de larges extraits, donc je ne le compte pas. J’ai vu le film…)

5 Le seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien (« et je n’ai pas vu les films non plus… oui, je sais, haro sur moi! » dit Lucie. Alors haro sur moi aussi!)

6 Le rouge et le noir de Stendhal (lu à l’université, relu par après; toujours aussi fascinant)

7 Le grand Meaulnes d’Alain-Fournier (je m’en suis imposé la lecture, je ne l’ai pas trop aimé, je l’ai relu dernièrement, ce n’est toujours pas le grand amour entre Augustin et moi)

8 Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne (pas celui-là, mais plusieurs autres)

9 Jamais sans ma fille de Betty Mahmoody (j’ai un certain parti pris contre ce genre de livres)

10 Les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas (« j’ai vu nombre de versions filmées, est-ce que ça compte? » demande Lucie. Moi aussi! Mais j’en ai lu une version ‘bibliothèque verte’, je ne sais pas si le texte en avait été adapté… je devrais vérifier)

11 La gloire de mon père de Marcel Pagnol (ah oui! et le Château de ma mère! agréable lecture détente et nostalgie)

12 Le journal d’Anne Frank d’Anne Frank (en version originale mais bof, oserais-je le dire?)

13 La bicyclette bleue de Régine Deforges (mais je n’en ai gardé aucun souvenir)

14 La nuit des temps de René Barjavel (inconnu au bataillon)

15 Les oiseaux se cachent pour mourir de Colleen Mc Cullough (je ne lis presque pas d’oeuvres traduites)

16 Dix petits nègres d’Agatha Christie (pas celui-là, quelques autres, oui)

17 Sans famille d’Hector Malot (ça m’a rendue malade de chagrin, tout enfant)

18 Les albums de Tintin de Hergé (« je ne suis pas très BD mais j’ai lu les Astérix, les Tintin, les Rubrique-à-Brac, certains Gaston Lagaffe, des Boule et Bill… bon, j’arrête! » écrit Lucie. Héhé, moi aussi… et Spirou, les Marsupilamis…)

19 Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell (c’est le seul film que nous soyons jamais allés voir en famille, mon père, ma mère, mon frère et un couple d’amis avec leurs deux fils.)

20 L’assommoir d’Emile Zola (non, très peu de Zola)

21 Jane Eyre de Charlotte Brontë

22 Dictionnaires Petit Robert, Larousse, etc. (c’est évident)

23 Au nom de tous les miens de Martin Gray

24 Le comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas (le film, oui, et le livre en version ‘bibliothèque verte’)

25 La cité de la joie de Dominique Lapierre

26 Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley

27 La peste d’Albert Camus (oui, mais je crois que j’étais trop jeune et que je devrais le relire)

28 Dune de Frank Herbert (jamais entendu parler… c’est grave?)

29 L’herbe bleue Anonyme (?)

30 L’étranger d’Albert Camus (sûrement dans mon top 5! lu des tas de fois et toutes les lectures sont possibles, sociologique, psychologique,… voir le livre de Brian T. Fitch )

31 L’écume des jours de Boris Vian (à lire encore)

32 Paroles de Jacques Prévert (j’aime beaucoup)

33 L’alchimiste de Paulo Coelho (j’ai lu ce livre au moment où il a fait ‘un boum’ mais je n’y ai pas trouvé un fol intérêt… et je l’ai déjà complètement oublié)

34 Les fables de Jean de La Fontaine (à lire et à relire… j’y ai encore fait une découverte en septembre dernier, avec Le Mal Marié – voir la question existentielle du 19 septembre)

35 Le parfum de Patrick Süskind (non, ça ne m’attire pas)

36 Les fleurs du mal de Charles Baudelaire (dans mon top 100 il y aurait encore beaucoup plus de recueils de poèmes)

37 Vipère au poing d’Hervé Bazin (je l’ai commencé mais c’est trop mon propre vécu, ça fait très mal)

38 Belle du seigneur d’Albert Cohen (« beaucoup trop long mais une belle intensité tordue dans cette relation de couple » dit Lucie; en effet, je ne l’ai pas terminé)

39 Le lion de Joseph Kessel (mais j’étais ado, à l’époque)

40 Huis clos de Jean-Paul Sartre (à lire)

41 Candide de Voltaire (j’aime de plus en plus Voltaire; nous n’avons fait connaissance que très tardivement ;-))

42 Antigone de Jean Anouilh (je le relis toujours avec plaisir… « c’est
propre, la tragédie »)

43 Les lettres de mon moulin d’Alphonse Daudet (pour l’ambiance, comme les Pagnol)

44 Premier de cordée de Roger Frison-Roche

45 Si c’est un homme de Primo Levi (je vais me l’acheter en italien)

46 Les malheurs de Sophie de la comtesse de Ségur (et la trentaine de volumes de la brave comtesse née Rostopchine, reçus d’une amie de ma mère! je les ai encore dans une boîte au grenier)

47 Le tour du monde en 80 jours de Jules Verne (le film oui)

48 Les fourmis de Bernard Werber

49 La condition humaine d’André Malraux (j’y ai déjà courageusement commencé plusieurs fois)

50 Les Rougon-Macquart d’Emile Zola

51 Les rois maudits de Maurice Druon (qu’est-ce que ça vient faire ici?)

52 Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand (oh que ça me touche, c’est bête hein)

53 Les hauts de Hurlevent d’Emily Brontë (à 16 ans et en anglais, j’étais loin d’avoir tout compris)

54 Madame Bovary de Gustave Flaubert (grand livre aussi, celui-là!)

55 Les raisins de la colère de John Steinbeck (ma prof d’anglais n’aimait pas, alors…)

56 Le château de ma mère de Marcel Pagnol (voir le 11)

57 Voyage au centre de la Terre de Jules Verne (voir le 8)

58 La mère de Pearl Buck

59 Le pull-over rouge de Gilles Perrault

60 Mémoires de guerre de Charles de Gaulle

61 Des grives aux loups de Claude Michelet

62 Le fléau de Stephen King 

63 Nana d’Emile Zola

64 Les petites filles modèles de la comtesse de Ségur (voir le 46)

65 Pour qui sonne le glas d’Ernest Hemingway

66 Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez (pour entretenir mon espagnol)

67 Oscar et la dame rose d’Eric-Emmanuel Schmitt (j’ai adoré et mes élèves en sont tous fan!)

68 Robinson Crusoé de Daniel Defoe (mais il y a très longtemps)

69 L’île mystérieuse de Jules Verne

70 La chartreuse de Parme de Stendhal (commencé déjà deux fois…)

71 1984 de George Orwell

72 Croc-Blanc de Jack London

73 Regain de Jean Giono (j’aime!)

74 Notre-Dame de Paris de Victor Hugo (je préfère Hugo en poète)

75 Et si c’était vrai de Marc Levy (pas du tout mon truc)

76 Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline (à lire)

77 Racines d’Alex Haley (ignorandus, ignoranda, ignorandum)

78 Le père Goriot d’Honoré de Balzac (et beaucoup d’autres)

79 Au bonheur des dames d’Emile Zola (et j’ai beaucoup aprrécié)

80 La terre d’Emile Zola

81 La nausée de Jean-Paul Sartre (rien lu de Sartre, je me demande pourquoi j’éprouve de l’antipathie pour ce monsieur)

82 Fondation d’Isaac Asimov

83 Le vieil homme et la mer d’Ernest Hemingway (en anglais, ce qui fait que je n’ai qu’une idée très approximative du genre de poisson contre lequel le vieil homme se bat)

84 Louisiane de Maurice Denuzière

85 Bonjour tristesse de Françoise Sagan 

86 Le club des cinq d’Enid Blyton (je crois bien que je les ai tous lus… bibliothèque verte!)

87 Vent d’est, vent d’ouest de Pearl Buck

88 Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir (des extraits)

89 Les cavaliers de Joseph Kessel

90 Jalna de Mazo de la Roche 

91 J’irai cracher sur vos tombes de Boris Vian (à lire)

92 Bel-Ami de Guy de Maupassant (commencé, pas terminé; de Maupassant j’apprécie surtout les nouvelles)

93 Un sac de billes de Joseph Joffo (ainsi que deux ou trois autres, mais j’aurais dû m’en tenir au sac de billes)

94 Le pavillon des cancéreux d’Alexandre Soljenitsyne

95 Le désert des Tartares de Dino Buzzati (par contre j’ai lu son excellent recueil de nouvelles, le K!)

96 Les enfants de la terre de Jean M. Auel

97 La 25e heure de Virgil Gheorghiu

98 La case de l’oncle Tom de H. Beecher-Stowe (en bibliothèque verte, ça compte?)

99 Les Thibault de Roger Martin du Gard (plusieurs volumes, chronologiquement, et puis tout à coup j’en ai eu assez et je me suis arrêtée)

100 Le silence de la mer de Vercors (ni à 15 ans ni aujourd’hui à 50 je n’ai de sympathie pour l’attitude de l’héroïne)

 Et voilà, je suis arrivée au bout! A vous, maintenant!

 

F comme fazzoletto

Ce qui manque le plus à l’Adrienne – non, la seule chose qui lui manque – les soirs d’opéra à la Monnaie, c’est le grand mouchoir blanc tout propre et bien repassé par ses soins (précision inutile, I presume?) que l’homme-de-sa-vie lui tendait pour polir ses lunettes avant le spectacle (et après avoir poli les siennes, of course)

Oulala, il n’est pas du tout glamour, ce billet… héhé, tant pis!

Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Quand j’ai envie de rire
Oui je ris aux éclats

C’est de Jacques Prévert, les érudits qui passent ici l’avaient tout de suite compris, n’est-ce pas.

Et puis si c’est permis, une petite note pour Marine: Promis-juré! le mois prochain, ce sera enfin F comme Francis, mon coiffeur-philosophe!

X et les joies du portable

L’Adrienne reçoit un SMS en néerlandais: « Kunnen we bellen? », traduction libre: « Est-ce que je peux t’appeler? », traduction littérale: « Est-ce qu’on peut s’appeler? », traduction dans sa tête: « Est-ce que la voie est libre? »

Le message vient d’un numéro qu’elle ne connait pas, mais on ne sait jamais, alors elle répond. On verra bien.

Elle tapote donc: « Oui, mais qui êtes-vous? », « Wie bent u?« 

Elle veut bien comme Prévert dire tu à tous ceux qu’elle aime, mais pour s’aimer il faut se connaître, n’est-ce pas. Donc elle utilise encore pas mal le vouvoiement.

Et bien vous n’allez pas le croire – ou trouver la chose bien regrettable – mais la conversation s’est arrêtée là.

Hahaha, c’est beau la technologie!