E comme eau

Pas besoin de longues enquêtes sur le net cette fois-ci, pour retrouver d’anciennes publicités pour notre Spa Reine national.  De celles qui sont restées dans les mémoires, parce qu’elles contiennent une anecdote et ont fait sourire. Du sérieux montré avec légèreté.

On y voit des gens attablés, un couple, un père et son fils, deux sœurs… L’un des deux se montre odieux, sans scrupules, jusqu’au moment où l’autre, excédé, lui envoie son verre d’eau de Spa à la figure. Pour l’amener à des pensées plus justes.

écrit pour Olivia Billington avec les mots imposés suivants: spa – s’attabler – pensées – enquête – légèreté – scrupule – anecdote

K comme Knocke ou Knokke

D’abord, il y a eu ce tableau, au Petit Palais: 

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Il est de la main de Camille Pissarro et s’intitule Le village de Knocke. 

– Tiens, se dit l’Adrienne, Pissarro est allé à Knokke en 1894? Et sur quelle hauteur s’est-il perché pour avoir ce point de vue sur le village? Écrivait-on réellement « Knocke » avec un c à l’époque ou est-ce une erreur? 

Bref, un tas d’interrogations devant ce joli tableau qui sent si peu la mer et les mondanités d’aujourd’hui. 

La réponse à la première question est oui: en juillet 1894, Théo Van Rysselberghe est à Knokke et Pissarro vient l’y rejoindre. On peut lire dans sa biographie qu’une maladie des yeux l’empêchait de peindre en extérieur: c’est pourquoi, il le faisait de la fenêtre de sa chambre. 

La troisième question a trouvé sa réponse dès le lendemain, à l’expo Hergé: 

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Sur cette affiche publicitaire réalisée par Georges Remi entre les deux guerres on remarque la même graphie avec le c au lieu du k actuel. 

C’est l’époque où le père de l’Adrienne, d’abord dans le ventre de sa mère, puis tout bébé et petit enfant, découvrait les plaisirs de la plage. 

Il y a même dans les archives familiales une photo unique de la petite Ivonne dans ce genre de maillot de bain tongue-out

De la grand-mère Adrienne aussi, d’ailleurs… 

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Sur la plage de Knokke, entre la petite Ivonne et son mari, leur premier-né; 
le père de l’Adrienne est encore au stade préparatif… 

H comme Hergé

L’expo Hergé au Grand Palais était une des trois raisons qui ont poussé l’Adrienne à réserver une place dans le TGV pour Paris en ce début de janvier. 

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Et franchement, elle valait le déplacement. 

D’abord, parce qu’on y découvre un aspect peu connu de Georges Remi: sa carrière de graphiste et de concepteur d’affiches ou de logos publicitaires. 

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Ensuite, parce que de nombreuses esquisses permettent d’admirer ses talents de dessinateur. C’est tout à fait impressionnant! 

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esquisses pour le « mauvais » de Tintin au pays de l’or noir

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mauvaise photo d’un crayonné où Milou résiste à la tentation 

Bien sûr, elle permet aussi de retracer toute sa carrière, la naissance et l’évolution de tous ses personnages de bandes dessinées, sa rencontre décisive avec Tchang et son souci croissant de perfectionnisme jusque dans les moindres détails. 

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Hergé et Tchang à Bruxelles en 1931

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Enfin, parce qu’on y découvre encore un autre aspect méconnu de Georges Remi: son intérêt pour l’art moderne et sa pratique de la peinture à l’huile. Sa modestie seule faisait qu’il se considérait comme « un peintre du dimanche ». 

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Bref, vous avez encore jusqu’au 15 janvier pour y courir, si vous êtes dans le coin cool

C comme chocolat

J’ai déjà dit à certaines occasions que j’avais été élevée sans sucre, c’est-à-dire sans bonbons. Il y avait de la pâtisserie le dimanche midi chez grand-mère Adrienne et de la confiture maison sur le pain du petit déjeuner.

Pour le goûter, au retour de l’école, je me préparais du lait au Nesquik et une tartine de Kwatta. Heureusement que le pain était « solide », parce que la pâte à tartiner Kwatta l’était aussi!

Langue tirée

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http://fr.wikipedia.org/wiki/Nesquik

à l’époque, on savait encore écrire droit Langue tirée aujourd’hui toutes les marques ont tendance à s’élever vers le ciel au fur et à mesure que les lettres vont vers la droite

chocolat,projet 52,souvenir d'enfance

il n’y avait pas encore ce lapin ridicule sur l’étiquette ni ce « Groquik » qu’on a fait disparaître du champ de vision pour cause d’obésité

Langue tirée

 il n’y avait pas non plus l’argument de vente « contient de la vitamine D, du fer et du zinc »

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http://www.kwatta.be/fr/home

c’est l’emballage vintage le plus ressemblant que j’aie pu trouver, sauf que le pot était en plastique et d’un jaune plus soutenu

chez Kwatta aussi, à l’époque, on écrivait droit… 

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Projet 52 – semaine 10 – thème: chocolat

 http://manuelles.canalblog.com/archives/2014/12/30/31227714.html

Stupeur et tremblements d’internaute

C’est un dimanche que l’Adrienne a commencé à chercher des maisons. En quelques clics on accède aux offres, aux adresses, aux prix et aux aguichantes photos.

Le dimanche suivant, après sa visite à la banque, elle a continué à écumer cette vaste mer immobilière de façon encore plus ciblée, en y incluant sa fourchette de prix.

Huit jours plus tard, l’Adrienne constate avec stupeur (et tremblements) qu’elle ne peut plus aller sur « la toile » (1) sans qu’une bannière publicitaire ne s’affiche pour lui offrir des maisons à vendre, précisément dans la ville où elle en cherche une et aux prix qu’elle a indiqués… mais sur un autre site.

« Uw privacy staat te koop » (2) titrait le journal jeudi dernier. Avec quatre liens vers autant d’articles au titre significatif: « Nous savons qui vous êtes« , « Nous savons ce que vous cherchez« , « Nous savons ce que vous aimez« , « Nous savons ce que vous achetez« .

C’est clairement vrai…

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(1) sur ce blog-ci et sur la plupart des autres, soit dans une bannière en haut de page, soit en encadré entre le billet et les commentaires, soit dans une des colonnes… rares sont ceux qui sont exempts de publicité et cette publicité est apparemment de mieux en mieux « ciblée » et « personnalisée »

(2) « Votre vie privée est à vendre« . Pour ceux qui lisent le néerlandais: http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=DMF20121017_00338984&_section=60682888&utm_source=standaard&utm_medium=newsletter&utm_campaign=ochtendupdate

 

V comme Venise (3)

« Maman aurait souhaité profiter de notre séjour à Venise pour visiter les galeries d’art, les églises, rêver sur la place Saint-Marc et devant le pont des Soupirs. Mais papa lui expliqua que nous étions tenus par des dates impératives et que, le but final de notre voyage étant la France, nous ne pouvions nous permettre de musarder en cours de route. Bref, il n’était pas question de défaire les valises, ni même de mettre le nez dehors.« 

Henri Troyat, Le fils du satrape, Grasset 1998, page 11

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le meilleur moment pour rêver place Saint-Marc, c’est à sept heures du matin Clin d'œil

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C’est aussi le seul moment de la journée où la piazza est toute proprette, les balayeurs terminant de ramasser les détritus de la nuit et de la veille. Comme ici, sous les arcades du palazzo ducale, où le nettoyage matinal vient d’être fait…

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Par contre, au pont des Soupirs c’est la désillusion assurée pour les âmes romantiques (et pour les autres aussi, à mon avis) car il a été transformé en pont l’Oréal et c’est à peine si on peut encore le distinguer entre les panneaux publicitaires géants…