U comme un sport pour tous…

… et tous pour le sport!

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Chaque année, l’école organise un cross au mois de septembre. 

Chaque année, Madame entend les mêmes plaintes de la part de beaucoup d’élèves. Surtout les filles. Oh Madame! c’est dur! Mais pourquoi on doit courir un cross! Oh Madame! J’ai-pas-enviiie!

Puis, quelques années plus tard, ces réfractaires à la course à pied « gazellent » sur un parcours de cinq ou même dix kilomètres, pour le cross organisé par la ville.

Le sourire aux lèvres.

Il a dû se passer quelque chose, entre-temps, qui les a drôlement fait changer d’avis 🙂

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M comme Marocain

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C’est tout de même grave, se plaint ma Tantine, il n’y a presque aucun drapeau belge dans ma rue.

Je ris. Je pense à un texte d’Aldous Huxley, dans lequel il explique la différence entre ‘highbrow’ et ‘lowbrow’.

C’est parce que tu habites dans un quartier chic, lui dis-je. Viens donc voir par chez moi! Il y a même une maison qui a un drapeau aussi grand qu’elle.

Je n’exagère pas. Le drapeau rouge jaune noir se voit une dizaine de fois dans mon bout de rue. Même chez une famille d’origine arménienne. Même chez mes voisins marocains.

Qui ont accroché l’étoile verte sur fond rouge juste à côté du tricolore belge 🙂

***

La photo ci-dessus est celle d’une carte postale du surréaliste Marcel Mariën.

Pour ceux qui n’ont pas envie de lire Huxley dans Google Books, voici l’extrait auquel je fais allusion, et que j’ai lu avec mon prof d’anglais in illo tempore. Si je m’en souviens si bien, c’est sans doute parce qu’il y a sujet à controverse:

« I am a highbrow for the same reason as I am an eater of strawberries. I enjoy the processes and experiences which are commonly qualified by the name of « highbrow ». Conversely, I am not a lowbrow, because I do not enjoy lowbrow processes and experiences. Thus I derive a great deal less pleasure from jazz and thrillers than from music, let us say, of Beethoven and the novels, for example, of Dostoevsky; and the sex appeal of the girls on the covers of magazines seems to me less thrilling than the more complicated appeal to a great variety of feelings made by a Rubens, an El Greco, a Constable. Again, I find the watching of horse races or football matches less agreeable as an occupation than the acquisition and coordination of knowledge. Reading seems to me more enter­taining than bridge or cross-word puzzles. And the slaughtering of animals for fun is a pastime that leaves me either cold with disgust or hot with indignation. »

O comme oriflamme

Quand l’Adrienne quitte un couple d’amis vendredi soir, ils l’accompagnent jusqu’à la rue, la voiture, la boite aux lettres. 

L’ami attend un paquet, dit-il. Avec impatience.

L’Adrienne rigole, tu l’auras bien à temps, ton anniversaire n’est que le 20.

Ah mais c’est que justement, ce n’est pas pour son anniversaire, le paquet aurait dû arriver pour la fête des Pères, donc le 10. Or, il n’est toujours pas là et plusieurs fois par jour, l’ami va vérifier sa boite aux lettres, comme si ça faisait avancer plus vite son schmilblick.

L’Adrienne ne demande rien mais on finit par le lui dire: l’ami attend un drapeau.

Russe.

Parce que lui, à l’occasion du Mondial, ne va pas pavoiser aux couleurs belges, mais au blanc-bleu-rouge horizontal.

Il envisage même l’installation d’un mât.

Promis, vous aurez la photo 🙂

D comme douche

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Les deux chères collègues-amies de Madame sont parées à toutes les éventualités: la casquette ou le chapeau de soleil, la petite laine au cas où et l’imperméable au cas où. Mais comme il faisait 29° C, elles ont dû trimbaler tout ce barda pour rien.

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Vers midi, quand le ciel est devenu tout sombre de nuages d’orage, Madame et ses collègues-amies se trouvaient à point nommé sous un vieux pont de briques et n’ont pas pris une goutte. Sauf à le faire exprès, parce qu’une petite douche est rafraîchissante par ces températures et on sèche vite en marchant.

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Pour le reste de la journée, c’était bucolique et estival à souhait. Madame a pu faire la causette, en cours de route, avec quelques anciens élèves, qui comme Bram, fier de montrer son épouse et ses deux fillettes, sont aujourd’hui en couple et père ou mère de famille.

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Et les Américaines ? Elles ont fait tout le parcours aussi, bravo à elles 🙂

L comme Liberty

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Quand il a poussé la porte du Liberty fitness club, il a tendu sa carte de membre à Nadir et s’est dirigé vers les vestiaires sans remarquer la jeune fille qui l’observait. 

– Et celui-là, demande-t-elle à Nadir, dans quelle catégorie tu le places? Half body? 

– Attends, tu jugeras par toi-même, il sera aux appareils dans moins de cinq minutes. 

Trois minutes plus tard, il était effectivement de retour, pectoraux moulés dans un maillot blanc, et s’est couché sur le banc aux haltères. 

– Ça va, j’ai compris, dit-elle. 

– Tu n’as encore rien vu, dit Nadir. 

*** 

suite de I comme inspiration chez les Plumes 

consigne 2 chez Les Plumes: Votre héros a des activités, il sort et travaille. 
Il est  dans un lieu public, au marché, chez le coiffeur, à la gare.
Vous créez deux personnages qui le regardent et parlent de lui. De parfaits inconnus ou des personnages secondaires qui seront utiles ensuite. 

L’illustration est une photo prise au musée d’Ostende, expo Het Vlot/The Raft – étude de Géricault pour le Radeau de la Méduse

M comme mille euros

Chaque année à la fin du mois de septembre, tous les élèves – qu’ils le veuillent ou non – participent au cross de l’école. Chaque année, on se bagarre dur pour les places du podium et on souffre beaucoup à l’arrière du peloton. 
Chaque année, Madame recueille un plein sac de « choses précieuses » dont elle prend soin pendant que ses élèves galopent leurs kilomètres: des clés de moto, des portefeuilles, des smartphone. 
Il y a quelques années déjà, des élèves s’étaient écriés, à la vue de certains de ces petits objets: 
– Mais quelle idée d’apporter à l’école un portable de 500 €! 
D’ici peu, on s’écriera: 
– Mais quelle idée d’apporter à l’école un Iphone de plus de mille euros! 

 

 

G comme gym

Il faisait 30° à l’ombre et ils avaient cours de gym. C’était le moment où le prof avait décidé de les faire courir: quatre fois le tour du domaine et du parc. Une course qui serait évaluée pour le dernier carnet de notes de l’année. 

Par la fenêtre de son bureau des coordinatrices, Madame les regarde courir sous ce soleil de plomb. Parmi les meilleurs, en tête de course, il y a Nabil, Omar, Amine. Nabil est dans la classe de Madame et il est le meilleur en tout. 

La dernière fois qu’ils ont mangé, c’était hier soir, vers 22.00 h. Ils ne se lèvent pas la nuit pour remanger avant l’aube, ça leur ferait une nuit trop courte et des journées d’école trop pénibles. 

Ils courent sous le soleil. Ils sont toujours les meilleurs, à la course. Pas question de se laisser battre cette fois. 

– Je me suis rincé la bouche au robinet, dit Nabil à Madame qui s’inquiète parce que malgré cette température et ces efforts, il n’a pas le droit de boire une goutte d’eau. 

Combien de temps encore pourrons-nous faire comme si nous n’avions pas de musulmans dans nos écoles? 

prof,école,élève

photo prise en septembre 2013