O comme ogresse

111ème Devoir de Lakevio du Goût

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– Tu crois qu’elle nous voit, la dame d’en face?

***

Merci à Monsieur le Goût pour le tableau et la consigne:

C’est bien parce que j’ai « le sens du devoir » parce que je ne suis pas en état ! J’espère que mon sacrifice ne sera pas vain… J’aime cette toile calme de Marc Chalmé. Néanmoins… Je me demande ce qui traverse l’esprit de ces deux enfants. Bah… On le saura lundi, vous aurez des idées j’en suis sûr…

Le défi du 20

109ème Devoir de Lakevio du Goût

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Non, Mariannick n’est pas zen, pas zen du tout.

D’ailleurs, le mot lui est inconnu. Son français de cuisine lui permet tout juste de communiquer avec sa patronne.

C’est un peu pour ça aussi, pour pouvoir parler, s’épancher, partager des nouvelles, qu’elle est si heureuse de croiser une payse, en allant au marché.

Et elles se plaignent un peu, toutes les deux, en se tenant les mains.

Mariannick a bien besoin de s’épancher aujourd’hui: elle vient d’apprendre un nouveau mot, ce matin, dans la cuisine de sa patronne.
Le mot zinc.

Et tout le monde riait bien fort en le lui disant, que c’était là qu’elle devait chercher son homme, quand il ne rentrait pas le soir.

Les Bretons de Paris à l’Étoile, Agence Rol, 1922 – source : Gallica-BnF

Merci à Monsieur le Goût pour le devoir n°109

Cette lithographie de Maurice Utrillo, que j’ai vue il y a bien longtemps au « MOMA » et qui m’est revenue à l’esprit au musée de l’Orangerie il y a deux jours, me saute à la mémoire. Et à vous ? Bah ! On verra lundi…

Et merci à Lisamax pour sa consigne du 20:

écrire un texte avec la lettre de votre choix et ses mots ou écrire un texte avec les 4 lettres et 8 mots, Watt et Wassingue, Xylophage et Xylophone, Yé-yé et Yo-yo, Zen et Zinc

K comme Kerst

108ème Devoir de Lakevio du Goût

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Forte récompense à qui retrouvera l’enfant de sexe masculin né dans une étable de Bethléem à l’époque du recensement. Adresser tout renseignement à Hérode.gmail.com

Saison d’ouverture de la chasse le 15 septembre: cet abri ne sera pas disponible pour les parturientes entre le 15 septembre et le 31 mars. Merci de votre compréhension!

Avis aux non-fumeurs: le briquet ou les allumettes sont indispensables pour allumer correctement l’encens. Veuillez respecter les précautions d’usage et lire attentivement la notice.

Si vous lisez cette affiche, c’est qu’il est déjà trop tard: le père putatif, la mère vierge et l’enfant nouveau-né sont partis pour le soleil d’Égypte. Ils ne reviendront qu’à la mort d’Hérode prévue en l’an 4 avant Jésus-Christ.

Prière de ne pas déranger l’âne et le bœuf ni de leur jeter des cacahuètes.

Attention danger : chute de poussières d’étoile. Informer immédiatement la NASA si vous en êtes témoin.

Zone exclusivement réservée aux bergers entre le 25 décembre et le 6 janvier, date à laquelle elle est réservée au passage des mages.

Le propriétaire de l’étable est prié de la laisser en l’état afin qu’on puisse en faire un écomusée et lieu de pèlerinage pour les siècles des siècles. Amen.

Les parents de la petite Marie ont la profonde joie de vous annoncer le mariage de leur fille avec Joseph de la tribu de Juda. Étant donné les mesures sanitaires, la cérémonie a eu lieu dans la plus stricte intimité.

Appel aux bonnes volontés: recherchons d’urgence peintres, sculpteurs et musiciens pour immortaliser la scène.
Écrivains s’abstenir.

***

merci à Monsieur le Goût pour son devoir n°108

Cette porte de grange ou d’étable, va savoir, me rappelle quelque chose ces temps-ci. Je profite après le début de l’Avent avant Noël, pour vous suggérer de fait un sujet en complément des fêtes. Elle m’inspire évidemment une histoire. Plus exactement un dévoiement.
Mais à vous ? Vous lira-t-on lundi ?

Et merci à Joe Krapov pour cette consigne:

Rédigez un avis à afficher dans la rue, dans une bibliothèque, aux toilettes, au travail, dans un cimetière, dans une forêt, dans un bureau de vote, etc.
Quelques embrayeurs :
Forte récompense à qui…
Saison d’ouverture de…
Avis aux non-fumeurs
Si vous lisez cette affiche, c’est qu’il est déjà trop tard…
Prière de ne pas déranger les…
Attention danger : chute de…
Zone exclusivement réservée aux…
Le propriétaire de la…
Les parents de la petite…
Appel aux bonne volontés…

E comme Elvire

107ème devoir de Lakevio du Goût

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Elle ne s’appelle pas Ophélie mais Elvire.

Elvire aussi « flotte très lentement couchée en ses longs voiles« .
Ou plutôt au singulier: dans son voile de première communiante.

Depuis plus de mille ans, ou plus de cent, quelle importance? Personne ne se souvient d’elle.

– Comment s’appelait cette petite qui est morte, demande Monsieur Neveu le soir du 2 décembre.

Après dix-huit mois de silence, ça compte comme entrée en matières 😉

Apparemment, « là-bas » ils étaient en train de discuter de l’arbre généalogique et n’arrivaient pas à le reconstituer.

– Je pensais qu’elle s’appelait Emma, répond-il.

Petite fille emportée par la maladie dans sa dixième année, un matin d’avril.

Aucun rapport, vous l’aurez compris, avec ce tableau où on voit un type barbu donner des leçons très particulières à une jeune fille lovée sur ses genoux – oh le bel alibi des livres et des papiers sur le bureau! oh le fragile écran formé par le paravent! – sous le regard sévère des photos de famille posées sur la cheminée 🙂

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Merci à Monsieur le Goût pour sa consigne:

J’aime cette toile de Valloton dite « Intimité ». Elle m’inspire des tas de choses. J’espère qu’à vous aussi. Ce qui serait vraiment bien c’est que votre histoire, car j’espère que ce sera une histoire, c’est qu’elle commençât par « Flotte très lentement couchée en ses longs voiles » et qu’elle finît par « C’est qu’un matin d’avril ». Je sais, c’est tiré de quelque chose de connu mais que j’espère, vous aimez autant que moi.
À lundi…

Y comme yard

106ème devoir de Lakevio du Goût

Les voyez-vous, à l’arrière-plan du tableau, ces chalutiers à vapeur en route vers l’Angleterre?

Ils ont quitté Ostende pour Milford Haven, où il en arrive quotidiennement en cette mi-septembre de 1914. D’autres seront envoyés au port de Fleetwood. Tous seront embrigadés pour la défense de l’espace maritime anglais et l’indispensable approvisionnement.

Parmi eux, il y a Louis Ponjaert.
Il est le schipper du O.151, Nadine, que la Société des Pêcheries ostendaises vient d’acquérir en janvier de cette année-là.

L’homme a tout juste cinquante ans.
C’est lui qui sera une sorte de recordman du sauvetage en mer. Le 25 décembre 1914 il sauve 42 membres de l’équipage d’un navire marchand anglais torpillé par les Allemands et le 30 mars 1917 il réussit l’exploit de sauver l’équipage entier du Liverpool, 73 personnes.

Nombreux sont les pêcheurs ostendais à être victimes d’un U-boot ou de mines. Mais Louis Ponjaert réussit à rentrer à Ostende après la guerre et continuera son travail de schipper – commandant d’un bateau de pêche – sur le O.151 jusqu’en 1921.

***

Ceci n’est pas une fiction – sources oostendse visserij in 14-18.pdf et ici – Pour ceux qui souhaiteraient prononcer correctement Ponjaert, dites « ponne » puis « yarte » – Merci à monsieur Le Goût pour sa consigne:

Mais que diable fait cette barque vide au bord de l’eau ? Au moins ça m’inspire… Mais vous ? J’espère que lundi vous aurez dit quelque chose sur cette embarcation mystérieuse.

M comme miroir

104ème devoir de Lakevio du Goût

Devoir de Lakevio du Goût_104.jpg

Elle cache de ses deux bras ce qu’elle ne veut pas voir.
Arrondit le dos comme pour faire rentrer en elle ce qui lui pousse là, derrière ses deux bras, et qui ne la rend pas du tout heureuse.

Il y a eu ces regards qu’elle na pas aimés.
Il y a eu ce geste, la veille, qu’elle a détesté et qui l’a dégoûtée.
Dégoûtée d’elle-même.
Un geste qui salit les petites filles.

Elle n’a que douze ans et demi mais elle sait que dorénavant, elle devra toujours, toujours, faire attention et se méfier.

***

« À quoi rêvent les jeunes filles » se demandait Alfred de Musset. Je me demande à quoi rêve celle-ci, dessinée par Norman Rockwell. Et vous ? À quoi pensez-vous en voyant son air inquiet ? Dites-le lundi…

F comme foutaises!

102ème devoir de Lakevio du Goût

la boulangère_Millet.jpg

– Moi je dis que c’est exagéré! assène Cindy pour la troisième fois. D’abord, il y a des choses beaucoup plus utiles que d’aller dans un musée! A quoi ça va lui servir, dans la vie, d’avoir vu des vieilles peintures, hein? Et en plus, ça coûte de l’argent! Faut payer le bus et tout ça! Non, franchement, je vais le garder à la maison, je téléphonerai au matin pour dire qu’il est malade, un point c’est tout!

***

Millet a peint cette boulangère avec le génie qu’on lui connaît. Mais que fait réellement cette boulangère ? Où est donc le boulanger ? Je me demande si… Mais d’ici lundi, les idées foisonneront peut-être. Je l’espère…, dit Monsieur le Goût.

P comme panique à bord!

101ème devoir de Lakevio du Goût.

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Ce fut un chagrin désordonné mêlé d’un fort sentiment d’impuissance qui la poussa à se rendre chez la mère de l’enfant.

Comment pouvait-elle croire qu’un gamin levé chaque jour à cinq heures pour faire une heure de bus et ne rentrer que vers dix-huit heures trouvait encore le temps et l’énergie nécessaires pour faire ses devoirs, étudier ses leçons?

Son cœur se brisait lorsqu’elle y pensait, ce qui était souvent, et même tout le temps.

– Vous êtes fière de moi, Madame? avait-il demandé la veille en levant ses yeux bleus sur elle.

Il faisait tant d’efforts! Il menait un combat quotidien et risquait de perdre espoir et aussi le peu de confiance en lui qu’elle avait réussi à lui insuffler.

C’était cela, peut-être, qui l’avait déterminée à aller dire deux mots aux parents: il y avait cette confiance et cet espoir à préserver.

Alors son combat changea d’âme.

Parce que, comme le disait Victor Hugo, « le centre du combat », ce n’était pas ce bilan de maths qu’il avait le lendemain, et pour lequel il n’était pas prêt, non!
Ce « point obscur où tressaille la mêlée », c’était là qu’il se trouvait, derrière cette porte où elle avait enfin sonné, une « effroyable et vivante broussaille » d’où jamais, jamais ne pourrait sortir un gagnant.

***

Merci à Monsieur Le Goût pour sa 101e consigne, même si sur ce coup-ci il s’est montré un brin sadique 😉

Je pense que vous en avez assez des œuvres de John Salminen mais que voulez-vous, elles me posent toutes des questions auxquelles j’essaie de répondre. Si vous m’aidiez, vous aussi à y répondre, ce serait gentil. Mais ce serait trop simple. Il faut d’abord trouver quelles questions posent l’œuvre, et je sais qu’elle ne pose pas les mêmes à chaque observateur. Puis, quand vous avez enfin une question qui vient, il reste à y répondre… J’aimerais que vous commenciez votre devoir par « Ce fut un chagrin désordonné », comme écrit Maupassant dans « Un cœur simple ». Ce serait chouette aussi que vous le terminassiez sur « Le centre du combat, point obscur où tressaille la mêlée, effroyable et vivante broussaille, » comme disait Victor Hugo dans « L’expiation » J’eusse aimé que vous y casassiez aussi le célèbre « L’espoir changea de camp, le combat changea d’âme. » (Je ricane car Adrienne va devoir éviter la trop grande concision qui est sa marque de fabrique… Hi hi hi…)

I comme Indonésie

100ème devoir de Lakevio du Goût

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Une jeune femme court sous la « drache«  et on pense d’abord chansons, Singing in the rain, Un petit coin de paradis contre un coin de parapluie, Toute la pluie tombe sur moi

Puis on se demande ce qui alimente les conversations chez le coiffeur ou le boulanger, dans les pays où le soleil brille toujours.

Pour finalement en venir à tous ces clichés qui ont la vie dure.
Pluvieuse, la Bretagne?
Voyez les statistiques en bas de ce billet: la ville française qui reçoit le plus de jours de pluie sur l’année, c’est Pontarlier: 134 jours.
Pluvieuse, la Belgique? 131 jours de pluie à Malmedy – ce qui confirme la sentence de belle-maman: à Ostende il ne pleut pas, le vent emporte les nuages à l’intérieur du pays 😉

Bref, pour ceux que le climat intéresse, voyez tous les graphiques par continent ou subcontinent ici.

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., Budget Direct
source ici

Merci à Monsieur le Goût pour le tableau et la consigne:

Mais où va-t-elle ? Pourquoi ? N’aurait-elle pas pu choisir un autre moment ? Mais pourquoi diable semble-t-elle si pressée ? D’ici lundi vous aurez sans doute eu une idée. Et peut-être en aurais-je eu une…

., Budget Direct
source ici

C comme consolation

99ème devoir de Lakevio du Goût

devoir de Lakevio du Goût_99.jpg

Comfort food, disent les Anglo-Saxons, emotie-eten, en néerlandais, aliments de consolation, en français.

Vous l’aurez déjà remarqué: dans les teen movies américains, par exemple, on « soigne » sa contrariété par un grand pot de glace à la vanille.

Pour l’Adrienne, ce serait plutôt le pain.
Surtout celui qui sort tout chaud du four.
Même comme ça, sans beurre, sans rien.
Juste le bon goût du pain.
D’un mélange toujours variable de farines diverses et de graines.

Le pain, paraît-il, est de moins en moins un aliment de base.
Décrié pour ses glucides. Le gluten. Remplacé par des céréales.
Des ersatz de toutes sortes.

Combien de boulangers encore dans nos villes, de « vrais », ceux qu’on appelle ici « warme bakker » (littéralement: boulanger chaud) parce qu’ils font encore cuire eux-mêmes leur pain?

Voyez celui du tableau, qui souffle dans son cornet pour prévenir les ménagères que le four est chaud et qu’elles peuvent apporter leurs pâtons.

Puis imaginez ces dames du 17e siècle, celle qui est une fée pâtissière, celle dont le pain est noir, celle dont le pain est raté, celle qui peut s’offrir des raisins de Corinthe et celle qui ne vient pas.

***

Merci à Monsieur le Goût pour le tableau et la consigne:

Aujourd’hui c’est pour faire plaisir, du moins je l’espère, à Adrienne que je vous soumets cette toile peinte vers 1680 de Job Berckeyde. Il y est question de pain, celui qu’on doit pétrir pour le vendre ou gagner à la sueur de son front. Si vous me disiez lundi ce que vous avez retiré de cette toile ? Hmmm ?