I comme il était une fois…

devoir de Lakevio du Goût_63.jpg

Il était une fois les années nonante (1).

Il y avait une station-service à chaque coin de rue et les marques ne se battaient pas à coups de rabais: il fallait attirer le client – ou sa femme, ou ses enfants – en offrant des cadeaux.

Et des publicités télévisées rigolotes.

***

(1) en belge dans le texte

Merci à Monsieur le Goût pour son 63e devoir de Lakevio du Goût:

Hopper avait-il quelque prescience de ce qui nous arrive ? Que pouvait-il imaginer en peignant ce carrefour vide ? En avez-vous une idée ? D’ici lundi vous l’aurez écrit j’espère.

C comme chanter sous la pluie

devoir de Lakevio du Goût_62.jpg

Le crépuscule teignait les arbres et le trottoir de violet.

C’était du plus bel effet mais personne n’en profitait: la rue était vide et lui, entre le bord abaissé du capuchon de sa veste de cuir et le bord du masque, ne voyait qu’à peine devant lui.
Même pas assez pour éviter les flaques.

Le cou enfoncé dans les épaules, il marchait d’un bon pas, le pantalon déjà complètement mouillé et les chaussures prenant l’eau.

Quelle importance? Il allait sonner au numéro 65, la porte s’ouvrirait, il monterait trois étages et déballerait le contenu du sac au dos.

Et du sachet rose.

Il serait bien reçu 🙂

***

Merci à Monsieur le Goût pour son 62e devoir de Lakevio du Goût:

C’est la rentrée… Eh oui ! Alors, pour commencer « le deuxième trimestre » si important, celui qui décide de la classe que vous rejoindrez l’an prochain je vous propose cette aquarelle de John Salminen. Parlez-moi de ce lieu, de cet homme, de ce que vous pensez. À lundi.

L comme L’heure, c’est l’heure

61ème devoir de Lakevio du Goût

devoir de Lakevio du Goût_61.jpg

Allons bergers partons tous
L’heure nous appelle.
Couvre-feu! on met les pouces!
Faites pas les rebelles.

Une amende c’est bien lourd
Pour se geler dans ce faubourg.
Courons z’au z’au z’au
Courons plus plus plus
Courons au plus vite.
Écourtons la visite.

C’est de saison et Rembrandt, qui savait sûrement qu’on resterait coincé pour Noël avait déjà prévu de bafouer les consignes en matière de « gestes barrière ».
La preuve.
Néanmoins, pour ce dernier devoir du premier trimestre de l’année scolaire 2020-2021, une histoire sur le fameux et si peu suivi « message de Noël » serait bienvenue.

En 7 phrases

devoir de Lakevio du Goût_60 .jpg

En rentrant dans l’appartement, elle l’a tout de suite vu.
Alors elle a jeté le sac et l’écharpe pour se précipiter à la cuisine.
Et vite, vite remettre de l’eau dans le vase.

– Pourquoi tu laisses ces fleurs mourir de soif? demande-t-elle à sa mère.
– Oh! elles sont déjà presque fichues! Et demain, c’est le jour des poubelles, alors…

Depuis ce jour-là, elle ne lui offre plus que des chocolats 🙂

***

Merci à Monsieur le Goût pour ce 60e devoir de Lakevio du Goût:

D’après vous, que font cette tasse et ce sac, abandonnés là, comme si la hâte avait saisi sa propriétaire ? Vous aurez bien une idée d’ici lundi, non ? Cette toile d’Adeline Goldminc-Tronzo devrait vous inspirer.

A comme Appia

Un secreto bien guardado, postal creada por dom - Vendu en vente directe -  21997665

Ma très chère Berthe

Depuis que nous avons emménagé au 13bis rue des Canettes, je n’ai pas encore eu une minute à moi!

Mais tu le sais, j’attends la visite de ma chère sœur et comme tu le dis si bien: « où va le temps qui passe? » Bref, j’espère que tu trouveras bientôt l’occasion de faire le grand voyage jusqu’en Provence pour venir admirer notre architecture de la Renaissance.

La carte postale jointe à ma lettre a été achetée au jardin Botanique à côté du palais: tu vois ce jeu entre la lumière et l’ombre? Avoue que tu veux voir tout ça de tes propres yeux 🙂

Viens vite! Tu verras, le silence ici est d’une qualité rare et je te montrerai l’autoportrait auquel je travaille. Je l’appellerai ‘Un papillon sur l’épaule’, je suppose que tu comprends l’allusion.

Si tu as des desiderata pour ton séjour ici, n’hésite pas à me le faire savoir.

C’est à ce moment-là qu’elle entend du bruit au salon, alors elle pose la plume et crie à sa fille:

– Clémentine! tu es encore en train de jouer au ballon avec ton dinosaure? Tu sais bien qu’avec ses coups de queue il arrache le papier peint et abîme le plafond! Combien de fois faudra-t-il encore te le répéter!

***

Merci à Joe Krapov pour ses consignes:

Saurez-vous vous laisser inspirer par une ou plusieurs des 23 toiles de Dominique Appia, peintre surréaliste suisse (1926-2017) ? Si les images ne vous suffisent pas, vous pouvez insérer dans votre texte des titres de ses œuvres ou des mots constitués avec les lettres de son patronyme complet. Ceci est facultatif. Si cela pouvait être une lettre envoyée par X à Y, ce serait pas mal non plus. Facultatif aussi.

Titres d’œuvres – j’ai utilisé ceux mis en gras:

13 bis rue des CanettesArchitecture de la RenaissanceAu jardin botanique – Au pied du mur – autoportraitBerthe vue à vol d’oiseau – Crystal Palace – DésidérataEn ProvenceEntre la lumière et l’ombre – Entre le secret et le danger – Entre les trous de la mémoire – Extrême jonction – La carte postale – La leçon de perspective qui est au bout du fil – La Place du cirque – La visite – Le génie de la liberté – Le grand voyageLe palaisLe silence – Le songe retrouvé – Le temps des gares – Les pages du dictionnaire – Maturité – On a la chance que l’on mérite – Où va le temps qui passe ? – Oui, montagneuse est ma passion – Un papillon sur l’épaule – Vive l’esprit !

Z comme z’en peux plus

homme qui pleure.jpg

Je n’en peux plus, se répétait-il ce matin-là.

Ou plutôt non.

Quand il était seul devant le miroir de la salle de bains, il se parlait à lui-même en roumain.

Nu mai pot, se répétait-il.
Nu mai pot.

Il avait trouvé ça chouette, au début.
Drôle, original, amusant.
Il avait joué le jeu.

Mais là, non, ça ne l’amusait plus.

Vivre dans un décor digne de l’Expo 58, pourquoi pas, mais vivre sans internet?

Merci à Monsieur le Goût pour ce 59ème devoir de Lakevio du Goût: Qu’arrive-t-il à cet homme ? Que subit-il pour être aussi triste ? Que vous raconte cette toile d’Arielle Lange. J’espère que nous en saurons plus lundi.

Stupeur et tremblements

devoir de Lakevio du Goût_58 .jpg

– Alors? Tout va bien?
– Oui, ça roule! Et toi?
– Comme sur des roulettes!
– Hahaha! Mais encore?
– Une mosaïque… vingt centimètres sur vingt, à peu près…
– Pfffiouuu! Pas mal!
– Et toi?
– Cette fois, je crois bien que c’est moi le gagnant… un petit cavalier de bronze. Deuxième siècle avant notre ère. Et en parfait état!
– Bravo, mes compliments!

***

Entre 1944 et 1977, environ 44 000 objets ont été volés dans des églises, musées et sites archéologiques italiens. Il faut bien sûr y ajouter ceux qui ont été volés avant et après ces deux dates…

***

Texte écrit pour le 58ème devoir de Lakevio du Goût – que je remercie:

Mais que diable se disent-ils? Mais que diable ont-ils vu? J’espère que nous aurons une idée d’ici lundi…

N comme Non mais franchement!

Lydia Delectorskaya, dans l’atelier de Matisse, vers 1935. 

Non mais franchement, Patron!
C’est n’importe quoi!
D’abord, je ne suis pas blonde!
Et puis ces oreilles en feuille de chou?
Franchement, Patron!
Elles ne sont même pas pareilles toutes les deux!
C’est comme ça que vous me voyez?
Et ce renflement sur la joue, là?
Vous voulez suggérer quoi?
Que je pose la bouche pleine?
En plus vous avez mis la dédicace…
Les gens vont vraiment penser que j’ai cette tête-là!
Patron!
A part la raie au milieu, il n’y a vraiment rien de ressemblant!
Quoi! Ça vous fait rire?

***

Pour ceux que le destin de la belle Lydia intéresse, c’est ici.

Merci à Monsieur le Goût pour ce 57ème devoir de Lakevio du Goût.

devoir de Lakevio du Goût_57 .jpg

Le regard de cette Lydia Délectorskaya m’interpelle, comme on dit chez les psys. À moins que ce ne soit sa chevelure ou son teint ou son « col Claudine »… Cette Lydia qui resta une vingtaine d’années devant le regard de Matisse vous inspire-t-elle ? Lundi j’en saurai sans doute plus sur ce que vous en pensez, si vous en avez tiré une histoire ou si elle vous a simplement rappelé quelque chose ou quelqu’un.

Le bilan du 20

Quelle est la part immergée de l’iceberg?

Est-elle formée de la majorité des gens, qui font attention, respectent les consignes sanitaires, se montrent solidaires?

Est-ce vraiment à cause de l’insouciance de quelques-uns, inconscients ou égoïstes, qu’il faut à nouveau fermer les cafés, les restaurants, les hôtels et s’enfermer chez soi?

***

Pour le Défi du 20, Vonnette a proposé les mots iceberg et insouciance.

L’illustration que j’ai choisie est un tableau de Constantin Meunier (1831-1905) qui se trouve au musée des Beaux-Arts de Tournai: Cabaret au Borinage.

Pour ceux qui comprennent le néerlandais, un bon article bien illustré sur une expo consacrée à l’artiste aux Pays-Bas (Helmond Museum) en 2017.