E comme experte

lakévio117L’Adrienne, vous savez bien, celle qui est téléphonophobique, celle qui ne jure que par son vieux nokia – toujours éteint – oui celle-là même, a depuis mercredi soir un téléphone intelligent. Plus intelligent qu’elle. Un qui connaît la route et qui sait prendre des photos. 

Voilà, voilà.

Parce que sa mère l’a reçu en « cadeau gratuit » avec un de ses abonnements. C’est vous dire si le machin vaut son pesant de gigabytes.

Avant de pouvoir le configurer, il a fallu courir à un magasin Proximus avant l’heure de fermeture, parce que la carte sim du vieux nokia est trop grande pour le machin intelligent. Qui est pourtant trois fois plus grand que le vieux nokia. Si vous suivez toujours…

Puis il a fallu réintroduire les coordonnées des uns et des autres. Provisoirement, le seul numéro introduit est celui de la nipotina, qui a poussé des cris de joie en apprenant la nouvelle. Allez savoir pourquoi! Et qui lui a immédiatement refilé whatsapp.

– C’est quelle marque? a-t-elle voulu savoir.
– Euh… c’est sans marque. C’est un « cadeau gratuit ».
– …           (on la sent perplexe et légèrement incrédule)

Bref.

L’Adrienne a éteint son téléphone jusqu’au lendemain après l’école. Quand elle a voulu le rallumer, il a demandé son code pin. Vous devinez la suite? On a droit à trois tentatives… D’abord elle a introduit le code pin de la carte sim du vieux nokia – elle avait déjà oublié ce remplacement – puis elle a introduit son code personnel de sécurité – ce n’était pas ce que le machin voulait – puis le bon code pin. Enfin, celui qu’elle croyait être le bon, mais qui a été refusé par l’intelligente machine.

Bref.

Bref tout ça est tout sauf bref.

Mais l’Adrienne est entrée dans le 21e siècle.

Finalement.

Oui, oui.

***

en illustration, un autre tableau qui a servi de consigne chez Lakévio 🙂

U comme un coup de fil utile

 

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– Tu sais, pour les prochaines vacances, j’ai bien réfléchi…

– Oui ?

– Ce n’est plus tellement loin… J’y pense beaucoup! Pas toi?

– Non.

– Alors tu n’as pas de préférence? Pas d’idée? On fera comment?

– Mais, comme tu veux !

– C’est bien ce que je craignais. Alors je crois que j’ai trouvé.

– Ah bon !

– Ça ne te dérangerait pas que ma sœur nous accompagne?

– Mais non !

– Tu ne lui en veux plus pour cette histoire de l’an dernier?

– Non.

– Donc ça ne serait pas une si mauvaise idée de l’emmener?

– Pourquoi pas.

– Vous n’allez pas vous disputer ou faire la tête?

– Ah, non !

– Ce serait puéril, avoue…

– En effet.

– D’ailleurs, elle ne demande qu’à s’entendre avec toi.

– Peut-être.

– Donc je lui en parle? Ou j’attends?

– Fais pour le mieux.

– Mais en principe tu es d’accord?

– Oui.

– Alors je lui téléphone tout de suite.

– D’accord.

– Je te dirai quoi après.

– C’est ça.

– Bon, je te laisse travailler… A toute!

– A tout à l’heure.

L’affaire est dans le sac, sourit Francis en posant son téléphone sur son bureau.

***

Tableau et consignes chez Lakévio: Luce appelle Francis. Nous ne connaissons que les réponses de Francis. A vous d’imaginer  et d’intercaler ce que raconte Luce. Voici ce que dit Francis:

– Oui ? – Non. – Mais, comme tu veux ! – Ah bon ! – Mais non ! – Non – Pourquoi pas. – Ah, non ! – En effet. – Peut-être. – Fais pour le mieux. – Oui. – D’accord. – C’est ça. – A tout à l’heure.

 

 

 

N comme nondidjou!

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C’était mercredi soir. Le téléphone sonne. L’Adrienne décroche, se disant que c’est probablement sa mère.

– Bonsoir, c’est Iris, pour un travail de fin d’année j’aimerais vous poser quelques questions.

A ce moment-là, bien sûr, l’Adrienne redevient Madame et coopère avec la gentille étudiante.

– J’aimerais savoir dans quoi vous trouvez la consolation en cas de deuil…  

Voilà un bien curieux hasard, se dit l’Adrienne, qui se trouve précisément à la veille d’un enterrement. Qui pense tout de suite à F***, dont depuis dix ans rien ne la console. A ses grands-parents. A son père. 

Bref, la fine mouche à l’autre bout du fil a tôt fait de mener la conversation sur les chemins du Seigneur…

– Ce n’est pas pour un travail de fin d’études, lui dit l’Adrienne un peu fâchée de s’être fait avoir pendant cinq bonnes minutes, c’est pour me convertir que vous m’appelez!

– Oui, répond la prénommée Iris, qui ne peut tout de même pas mentir jusqu’au bout.

Sa religion devrait en tout cas le lui interdire.

Le 22 à Asnières

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– Bonjour, Claude!

– …

– Comment ça, d’où je t’appelle? Tu as oublié que le 22 je suis à Asnières, chez mes parents? Je t’appelle de leur fixe.

– …

– Dis-moi, mon père a lu la presse, il s’inquiète un peu, là… Qu’est-ce que tu as voulu dire avec « je sais quelques petits trucs, quand même »?

– …

– Claude! tu m’entends? Pourquoi tu tousses?

– …

***

photo et consignes chez Lakévio 

 

 

C comme carré noir

L’Adrienne et sa mère étaient en route vers le sud où habite Petit Frère quand tout à coup sa mère se souvient qu’il lui avait demandé de le tenir au courant par SMS de l’évolution du trajet.

A ce moment-là, elles n’étaient déjà plus qu’à 120 kilomètres sur les plus de 800.

– Faudrait que je lui en envoie un, tu penses?

– Ben oui, vas-y, dis-lui « on est à X, encore 120 km ».

Bien sûr, étant donné que la mère de l’Adrienne n’envoie quasiment jamais de SMS, ça a pris un certain temps pour tapoter le message et trouver le numéro du destinataire. Une première tentative d’envoi a échoué, le message était effacé, il a fallu recommencer. Si bien que finalement, on était déjà trois patelins plus loin. Au moins.

Ça n’a pas empêché la mère de retapoter imperturbablement « on est à X, encore 120 km ».

La réponse est arrivée presque tout de suite:

– Il m’envoie un carré noir, a-t-elle dit.

Et ça a beaucoup fait rire l’Adrienne.

Petit Frère oublie que sa mère et elle en sont encore au bon vieux nokia, elles ne sauront donc pas s’il leur a envoyé une binette hilare, un pouce levé ou un caca fumant 🙂 

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illustration de Cécile Hudrisier

Z comme zomerhuis

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Quand elle monte dans le train, elle dépose son sac à main, son écharpe, son smartphone, sa veste, son sac à dos, son livre. 

Herman Koch, Zomerhuis met zwembad, note l’Adrienne, qui aime toujours voir ce que les autres lisent. 

Elle prend son smartphone, se met à tapoter l’écran et donne des coups de fil. 

Ça permet à l’Adrienne de savoir non seulement ce qu’elle lit, mais aussi de connaître sa vie, sa situation familiale et professionnelle, ses amitiés et inimitiés, ses projets pour le week-end. 

La vie privée est décidément un concept totalement dépassé, se dit l’Adrienne en essayant de ne plus entendre ces pans de vie jetés à voix haute dans le compartiment. 

Et voilà un livre qui n’est pas près d’être lu…

N comme no pain no gain

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Il était en plein effort quand son téléphone s’est mis à vibrer. Le temps de déposer les haltères, de s’essuyer la figure, de regarder le numéro, il était trop tard pour prendre l’appel.

– Un numéro inconnu, se dit-il. C’est peut-être un client.

C’était la police.

Pour lui demander quand il avait vu sa fille pour la dernière fois.

– Je… euh… attendez…, a-t-il bafouillé lamentablement. Il y a longtemps… En juillet-août deux mille… euh… attendez… il y a deux ans, oui c’est ça, août 2015.

De la suite de la conversation, son esprit n’a réussi à enregistrer que des bribes: disparition inquiétante, ça oui, c’est sûr que c’était inquiétant. 

*** 

consigne 3 chez les Plumes

Une lettre est arrivée qui va  bouleverser la vie de votre héros ou de votre héroïne.
Si vous êtes dans un monde plus moderne un mail, un appel téléphonique, un sms envoyé par erreur…
Votre héros va se trouver dans une situation de crise du fait de cet élément surprise.
Grâce à ce texte vous mettrez cet imprévu en place. 

Photo prise dans ma ville le 3 novembre