G comme GSM

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Bon, les habitués le savent, certains même depuis 2008 puisque c’est alors qu’elle en a parlé pour la première fois, l’Adrienne est téléphonophobique.

Vous savez aussi que depuis avril l’Adrienne est entrée dans le 21e siècle.

Bon.

Vous avez dû remarquer que l’été est passé et qu’un léger besoin de chauffage se fait sentir.

Chez les gens normaux, on appuie sur un bouton ou on tourne à une mollette et hop! ça se met en route.
Chez l’Adrienne, il y a chaque fois matière à suspense.
Enfin, si on peut encore parler de suspense. Vous aussi avez déjà deviné la suite.

Donc, le week-end dernier, comme la température était assez brusquement descendue à 16°, l’Adrienne a décidé de mettre du chauffage. Las, l’engin a émis deux borborygmes puis a indiqué « F 22 », ce qui dans son langage – il faut bien sûr d’abord mettre la main sur le mode d’emploi de l’appareil – veut dire: manque d’eau ou manque de pression.

Bon.

Besoin d’un homme de l’art. Attendre jusqu’au lundi. Téléphoner à celui qui a déjà dû venir la fois précédente. Son numéro n’est plus attribué. Faire une recherche internet. Y passer une demi-journée. Téléphoner à l’installateur. Quelqu’un de la firme va rappeler. Quand? Aujourd’hui peut-être ou alors demain. Sans rire! Rester collée au GSM toute la journée. L’emporter même aux toilettes. Devoir le recharger toutes les quatre heures. S’il veut bien. Souvent il ne veut pas. « En charge sur le secteur », affiche-t-il, ce vilain menteur, alors que le niveau de batterie continue de baisser.

Bref, l’Adrienne rame et n’a pas chaud… 

(d’où l’illustration, prise à Ostende, et qui a déjà servi pour un billet consacré à l’artiste et à l’expo inspirée du Radeau de la Méduse ;-))

X c’est l’inconnu

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Vous savez que l’Adrienne est un pseudo.
Choisi en hommage à une grand-mère tant aimée.
Vous savez aussi comme ce pseudo – ainsi que quelques autres précautions – doit garantir un anonymat jugé très important.

Alors vous imaginez la stupéfaction de l’Adrienne, l’autre jour.
Le téléphone sonne.
Elle décroche.

Petit silence au bout du fil puis une voix d’homme un peu hésitante dit:

– Je suis bien chez Adrienne?

PAF! stupéfaction, horreur et incompréhension, mille questions se bousculent à la fois dans la petite tête de l’Adrienne – qui? comment? etc. – mais heureusement, au moment où elle est en train de décider qu’elle va répondre oui – c’est si difficile de mentir – la voix pose une deuxième question:

– Je suis bien à Anderlecht?

Alors là, grand ouf:

– Non, monsieur, vous n’êtes pas à Anderlecht.

Quel bonheur, c’était une erreur.

Il y a donc encore des gens qui portent ce prénom, devenu bien rare, et pas encore réadopté par les jeunes parents d’aujourd’hui, qui apprécient pourtant les Oscar, les Léon et les Maurice de la même époque.

G comme générosité

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– Si tu veux, dit Monsieur Neveu, à la fin de l’année je te donne mon IPhone. Parce que moi, de toute façon, je vais en changer.

– En changer? s’étonne l’Adrienne. Alors qu’il marche encore très bien? Et au prix que ça coûte?

Parce qu’il faut savoir que Monsieur Neveu ne jure que par le haut du panier, chez Apple.

– Oui, il marche encore, dit-il, mais bon, il y a de nouvelles fonctionnalités et celui-ci il fatigue un peu. Il est dépassé, quoi!

***

L’illustration a servi à un devoir de Lakévio.

E comme experte

lakévio117L’Adrienne, vous savez bien, celle qui est téléphonophobique, celle qui ne jure que par son vieux nokia – toujours éteint – oui celle-là même, a depuis mercredi soir un téléphone intelligent. Plus intelligent qu’elle. Un qui connaît la route et qui sait prendre des photos. 

Voilà, voilà.

Parce que sa mère l’a reçu en « cadeau gratuit » avec un de ses abonnements. C’est vous dire si le machin vaut son pesant de gigabytes.

Avant de pouvoir le configurer, il a fallu courir à un magasin Proximus avant l’heure de fermeture, parce que la carte sim du vieux nokia est trop grande pour le machin intelligent. Qui est pourtant trois fois plus grand que le vieux nokia. Si vous suivez toujours…

Puis il a fallu réintroduire les coordonnées des uns et des autres. Provisoirement, le seul numéro introduit est celui de la nipotina, qui a poussé des cris de joie en apprenant la nouvelle. Allez savoir pourquoi! Et qui lui a immédiatement refilé whatsapp.

– C’est quelle marque? a-t-elle voulu savoir.
– Euh… c’est sans marque. C’est un « cadeau gratuit ».
– …           (on la sent perplexe et légèrement incrédule)

Bref.

L’Adrienne a éteint son téléphone jusqu’au lendemain après l’école. Quand elle a voulu le rallumer, il a demandé son code pin. Vous devinez la suite? On a droit à trois tentatives… D’abord elle a introduit le code pin de la carte sim du vieux nokia – elle avait déjà oublié ce remplacement – puis elle a introduit son code personnel de sécurité – ce n’était pas ce que le machin voulait – puis le bon code pin. Enfin, celui qu’elle croyait être le bon, mais qui a été refusé par l’intelligente machine.

Bref.

Bref tout ça est tout sauf bref.

Mais l’Adrienne est entrée dans le 21e siècle.

Finalement.

Oui, oui.

***

en illustration, un autre tableau qui a servi de consigne chez Lakévio 🙂

U comme un coup de fil utile

 

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– Tu sais, pour les prochaines vacances, j’ai bien réfléchi…

– Oui ?

– Ce n’est plus tellement loin… J’y pense beaucoup! Pas toi?

– Non.

– Alors tu n’as pas de préférence? Pas d’idée? On fera comment?

– Mais, comme tu veux !

– C’est bien ce que je craignais. Alors je crois que j’ai trouvé.

– Ah bon !

– Ça ne te dérangerait pas que ma sœur nous accompagne?

– Mais non !

– Tu ne lui en veux plus pour cette histoire de l’an dernier?

– Non.

– Donc ça ne serait pas une si mauvaise idée de l’emmener?

– Pourquoi pas.

– Vous n’allez pas vous disputer ou faire la tête?

– Ah, non !

– Ce serait puéril, avoue…

– En effet.

– D’ailleurs, elle ne demande qu’à s’entendre avec toi.

– Peut-être.

– Donc je lui en parle? Ou j’attends?

– Fais pour le mieux.

– Mais en principe tu es d’accord?

– Oui.

– Alors je lui téléphone tout de suite.

– D’accord.

– Je te dirai quoi après.

– C’est ça.

– Bon, je te laisse travailler… A toute!

– A tout à l’heure.

L’affaire est dans le sac, sourit Francis en posant son téléphone sur son bureau.

***

Tableau et consignes chez Lakévio: Luce appelle Francis. Nous ne connaissons que les réponses de Francis. A vous d’imaginer  et d’intercaler ce que raconte Luce. Voici ce que dit Francis:

– Oui ? – Non. – Mais, comme tu veux ! – Ah bon ! – Mais non ! – Non – Pourquoi pas. – Ah, non ! – En effet. – Peut-être. – Fais pour le mieux. – Oui. – D’accord. – C’est ça. – A tout à l’heure.

 

 

 

N comme nondidjou!

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C’était mercredi soir. Le téléphone sonne. L’Adrienne décroche, se disant que c’est probablement sa mère.

– Bonsoir, c’est Iris, pour un travail de fin d’année j’aimerais vous poser quelques questions.

A ce moment-là, bien sûr, l’Adrienne redevient Madame et coopère avec la gentille étudiante.

– J’aimerais savoir dans quoi vous trouvez la consolation en cas de deuil…  

Voilà un bien curieux hasard, se dit l’Adrienne, qui se trouve précisément à la veille d’un enterrement. Qui pense tout de suite à F***, dont depuis dix ans rien ne la console. A ses grands-parents. A son père. 

Bref, la fine mouche à l’autre bout du fil a tôt fait de mener la conversation sur les chemins du Seigneur…

– Ce n’est pas pour un travail de fin d’études, lui dit l’Adrienne un peu fâchée de s’être fait avoir pendant cinq bonnes minutes, c’est pour me convertir que vous m’appelez!

– Oui, répond la prénommée Iris, qui ne peut tout de même pas mentir jusqu’au bout.

Sa religion devrait en tout cas le lui interdire.

Le 22 à Asnières

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– Bonjour, Claude!

– …

– Comment ça, d’où je t’appelle? Tu as oublié que le 22 je suis à Asnières, chez mes parents? Je t’appelle de leur fixe.

– …

– Dis-moi, mon père a lu la presse, il s’inquiète un peu, là… Qu’est-ce que tu as voulu dire avec « je sais quelques petits trucs, quand même »?

– …

– Claude! tu m’entends? Pourquoi tu tousses?

– …

***

photo et consignes chez Lakévio