20 miracles de la nature (19)

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Pour ceux qui ont suivi la saga du plant de tomates germé spontanément dans ce qui était autrefois le jardinet côté rue… Voici la chose, après un nouveau passage des gars du gaz et de l’électricité…

Comme il continue de faire beau, que cette plante semble supporter les pires avanies, en plus de la sécheresse persistante, piétinements, passage des chenilles d’une excavatrice, l’Adrienne continue de récolter des tomates cerises… et quelques figues 🙂

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20 miracles de la nature (17)

2018-06 (17)

Surprise de l’Adrienne un matin de juin en découvrant que dans le « bac à sable » (qu’est devenu son jardinet côté rue) venait de germer une graine de tomate.

Et sans recevoir une seule goutte d’eau, ni de l’Adrienne ni du ciel, pendant des semaines et des semaines de chaleur et de sécheresse tout l’été, la plantule est devenue une belle grande plante couverte de tomates cerises.

C’est jeudi dernier, quand la première d’entre elles a commencé à rougir, que les gars du gaz et de l’électricité sont passés.

Dessus. 

F comme Figaro, Figarette

Je vous ai déjà parlé quelques fois du vieux monsieur à longue barbe grise, qui est mon premier sourire du matin, ma première et dernière causette du jour.

Celui qui me tient au courant de la météo, de son état de santé, des bruits qui courent sur les travaux présents et à venir 🙂 

Je sais désormais qu’il a un Figaro dans sa vie, lui aussi, une Figarette qui vient le coiffer à domicile.

– Vous ne remarquez rien? me dit-il un matin d’avril.

Me voilà bien embêtée pour deviner.

Heureusement, l’explication suit: sa coiffeuse est venue lui couper les cheveux.

– Je lui interdis chaque fois de toucher à la barbe, dit-il. Et bien, elle me la coupe quand même!

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Le vieux monsieur toujours rieur, même à barbe raccourcie, posant devant son jardinet juste avant la dévastation. Il avait de magnifiques rosiers d’un rouge sombre et velouté, des crocus, des tulipes et une profusion de campanules et de muscaris.

 

Les 7 plaies d’Egypte

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Quand l’ami est venu aider à déplanter les hortensias, il l’a fait en homme pressé, mais qu’importe, s’est dit l’Adrienne, qu’il y ait peu de racines, c’est du solide ces plantes-là, elles reprendront.

Elles ont repris, en effet, sauf une. Qu’importe, s’est dit l’Adrienne, je mettrai autre chose à cet endroit, ou je ferai une bouture, l’an prochain.

Puis une longue période de sécheresse s’est installée, l’Adrienne trimbalait des seaux, donnait de l’eau, mais ça ne semblait jamais suffire. Qu’importe, s’est-elle redit, c’est du solide ces plantes-là, elles reprendront.

Quand les travaux sont arrivés à hauteur des hortensias, l’Adrienne y a vu fleurir des câbles et des sacs de matériaux divers. Les hommes passaient entre les arbustes, alors qu’il n’y a vraiment pas la place. Chaque jour, de précieux bourgeons étaient à terre, des branches étaient cassées. L’Adrienne a failli en pleurer.

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Un mois plus tard, on en est toujours au même point, tranchée ouverte, grands tas de sable, matériel divers… et sécheresse.

L’Adrienne essaie de rester sereine et se répète quotidiennement qu’il y a des choses plus graves.

N comme NOOON!!!

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L’Adrienne le savait à l’avance: si quelqu’un allait se retrouver sans internet à cause des travaux dans la rue, ce serait elle.

Pressentiment vérifié hier soir en rentrant de l’école – où elle s’est donc empressée de retourner, histoire de livrer ce billet du jour avant que les fans n’appellent les hôpitaux et les services d’urgence…

Oui, le canard est toujours vivant, mais sans téléphone (ça c’est le bon côté de la chose), sans télé (pas grave), sans internet (dramatique)

Pourvu que ça ne dure pas…

***

photo prise à l’expo Franquin et Gaston Lagaffe, à Beaubourg

M comme muscaris

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On nous l’annonçait depuis si longtemps, depuis des années, qu’on avait fini par ne plus y penser. Et puis un jeudi matin à sept heures, en moins de temps qu’il ne faut pour prendre l’appareil photo et monter à l’étage, le jardinet est démantibulé, les lauriers cerises sortis de terre – avec les racines! – comme une vulgaire herbe folle, le dernier hortensia jeté dans une benne où se trouvent déjà des houx, des cyprès, un lilas… 

Et on comprend. On comprend à notre minuscule petite échelle ce que doivent ressentir des gens dont la maison est démolie par un tank, dont l’orangeraie ou l’oliveraie est saccagée et anéantie. 

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Voisine Casque d’Or est sur le pas de sa porte, tenant entre ses mains un petit pot de plastique dans lequel flageole un muscari. 

– Si vous voulez, dit l’Adrienne, je vous les déplante et les replante dans votre jardin, derrière. 

– Oh ce n’est pas la peine, prenez-les pour vous! vous pouvez tous les avoir! 

– Non, non, attendez-moi cinq minutes que je me change, je vous les replante! 

Le temps de monter mettre un autre pantalon que ce beige clair pas du tout apte au jardinage, il s’est passé ceci: 

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Vous les voyez, les muscaris de la voisine? C’est précisément sur eux que le type de la grue a déposé tout le béton des clôtures. Ça ne lui a pas pris cinq minutes. 

L’Adrienne et sa voisine Casque d’Or sont restées là, hébétées, comme s’il y avait eu un cataclysme.