H comme horticulture

DSCI7286L’Adrienne, vous le savez, est allée écouter Monsieur l’Ingénieur des Travaux publics, un jeudi soir de fin avril.

– La phase 1 et la phase 2 des travaux sont à présents terminées, a-t-il déclaré en montrant un PowerPoint où tout était soigneusement listé, les aspects administratifs (expropriations et permis divers, analyse de terrain, fouille archéologique) et les travaux préparatifs (eau, gaz, téléphone, électricité). Prochaine étape, lundi 20 mai, début des gros travaux…

Etc., vous connaissez la suite.

Par conséquent, vous pouvez imaginer la surprise de l’Adrienne quand, le lundi suivant, vers les sept heures du matin, elle voit une petite pelleteuse qui s’amuse à arracher ses hortensias.

Oui, vous avez bien lu, ces précieux hortensias sauvés du précédent carnage

L’Adrienne en aurait pleuré. Le gars à la pelleteuse a dû voir son désarroi.

– Mais alors, a dit l’Adrienne, ce bout de terrain, il est à moi ou pas? Vous pouvez y faire des trous, comme ça, sans prévenir?

Elle fait de grands gestes pour expliquer que les hortensias sauvés de là (elle tend les deux bras vers la droite) elle ne les aurait pas replantés là (grand geste vers la gauche) si elle avait su que c’était pour les voir arrachés quelques mois plus tard.

Le type était un peu embêté mais pas contrariant:

– On va faire attention, a-t-il dit, comme ça vous pourrez les replanter, après.

C’était l’heure de l’école, alors l’Adrienne a essayé de ne pas trop penser à ses hortensias, ses belles tulipes, ses ruines-de-Rome, ses jacinthes…, qu’il y avait des choses bien plus graves que ça, ce qui est fait est fait, etc. etc.

Hier matin, quand les collègues arrivent dans le bureau des coordinatrices, elles disent à l’Adrienne:

– Des types sont en train de ratisser ton jardin…

– Ratisser mon jardin? fait l’Adrienne hébétée.

Et oui, en rentrant chez elle, elle a constaté que les gars de l’eau avaient replanté eux-mêmes ses hortensias…

***

photo ci-dessus: le « brol » que les gars de l’eau ont dû retirer du jardin pour le remplacer par du matériel neuf…

Adrienne aime…

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… les beaux carrelages anciens 🙂

Celui-ci appartient à une ancienne élève qui a merveilleusement bien rénové un ancien magasin du centre ville. L’Adrienne y a emmené Monsieur Neveu – vu que, comme vous le savez déjà, il a un faible pour l’élégance masculine 😉

Elle a ainsi pu faire d’une pierre deux coups:

– Tu permets que je prenne une photo de ton carrelage? a-t-elle demandé à A* pendant que Monsieur Neveu faisait ses essayages.

– Prenez toutes les photos que vous voulez! a répondu A*, institutrice reconvertie dans la mode pour hommes..

W comme wegenwerken

 

Jeudi soir, l’Adrienne a eu l’occasion d’élargir son champ d’investigations du comportement humain: toute la rue était invitée à se rendre à la petite école d’en face pour y entendre de la bouche même des responsables politiques et techniques quand et comment les travaux tant attendus auraient lieu.

Première constatation,  le public était majoritairement composé de gens qui ne sont que très indirectement concernés par les travaux. Ceux qui habitent les rues situées plus au nord et dont le seul souci est: combien de mètres en plus devrai-je faire avec ma voiture?

Deuxième constatation, les petits vieux, les quart monde, les troisièmes générations d’immigrés, toutes ces petites gens de la rue de l’Adrienne étaient absents. Il est vrai que les travaux ont été annoncés en 2006 et qu’ils ont eu le temps d’acquérir une forme de fatalisme: on verra bien quand on y sera.

Troisième constatation, alors que Monsieur l’Ingénieur demande en début et en fin d’exposé de ne poser de questions en public que dans la mesure où elles sont intéressantes pour tous, chacun y va de son petit souci personnel. Certains avec hargne et acharnement.

L’Adrienne et ses quelques voisins, les seuls vrais concernés par les travaux, se sont tus. Ou sont allés poser leur question par après, au responsable ad hoc.

Ah oui! le principal: début des travaux, le lundi 20 mai.

Et durée estimée à 150 jours ouvrables.

Un an, quoi 🙂

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Les photos ci-dessus datent de l’époque où les jardinets n’avaient pas encore été remplacés par du sable et de la caillasse. En compensation, il y aura un arbre, ici et là aux coins de rue.

G comme glycine

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Gros travaux dans la maison que la nipotina s’est achetée, où à peu près tout a été refait à neuf… 

De la chambre d’amis, on admire la glycine sur le mur d’en face. Bien que toute jeunette, elle a déjà quelques grappes fleuries et même un nid d’oiseaux datant de l’an dernier 🙂

C’est beau, la nature, et c’est presque encore plus beau en ville 🙂

Première fois

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Dimanche est annoncée la première des « classiques de printemps », traduction littérale de ‘lenteklassiekers‘ ou ‘voorjaarsklassiekers‘, mots qui désignent les courses cyclistes ayant leur place fixe chaque année dans le calendrier.

Des panneaux et des affichages préviennent les habitants et les automobilistes que dimanche certaines rues seront livrées au passage des champions en maillot et qu’ils devront aller garer leur quatre roues ailleurs.

Et c’est bien la première fois qu’aucune de ces courses ne passera par la rue de l’Adrienne. Pas même la course mère et reine, le Tour des Flandres. Qui passera, rassurez-vous, juste à côté. Et même trois fois. Quand on a trois collines qu’on appelle ‘berg’, on se doit d’y envoyer suer les coureurs. Surtout si en plus il y a de gros pavés sur quelques tronçons spécialement préservés pour ces occasions-là.

Bref.

Bref, l’Adrienne peut commencer à croire gentil voisin à longue barbe grise, qui lui a prédit l’autre jour que les travaux commenceraient bientôt. En mars. Ou après mars. Ce qui a beaucoup fait rire l’Adrienne, qui a failli se mettre à chanter « ou à la Trinité! ou à la Trinité! »

Mais elle s’est retenue. Son gentil fumeur de cigares n’aurait pas compris 🙂

H comme heureux

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Le vieux petit monsieur à longue barbe grise a de vieilles baskets trouées rafistolées avec du fil de fer. Mais il a toujours l’air heureux.

Maintenant que les jardinets ont été remplacés par de la boue et de la pierraille – cinq fois déjà que les dernières fleurettes, les derniers vers de terre rescapés ont été dérangés pour divers travaux préparatifs – il se tient dans l’ouverture de sa porte et hèle l’Adrienne si l’échange doit être plus important qu’un bonjour météorologique.

Comme c’était le cas hier matin: il s’approche, une enveloppe blanche à la main, pour la faire lire à l’Adrienne. C’est l’annonce d’une naissance et une invitation à un ‘babyborrel‘. Quelle bonne nouvelle, s’écrie-t-elle, toutes mes félicitations! vous avez un petit-fils? Non, dit-il, c’est chez mon frère. Mais vous serez de la fête, dit-elle, c’est super!

Le vieux petit monsieur à longue barbe grise a de vieilles baskets trouées rafistolées avec du fil de fer. Mais il a toujours l’air heureux. Et toujours une bonne nouvelle à annoncer.

U comme un sport pour tous…

… et tous pour le sport!

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Chaque année, l’école organise un cross au mois de septembre. 

Chaque année, Madame entend les mêmes plaintes de la part de beaucoup d’élèves. Surtout les filles. Oh Madame! c’est dur! Mais pourquoi on doit courir un cross! Oh Madame! J’ai-pas-enviiie!

Puis, quelques années plus tard, ces réfractaires à la course à pied « gazellent » sur un parcours de cinq ou même dix kilomètres, pour le cross organisé par la ville.

Le sourire aux lèvres.

Il a dû se passer quelque chose, entre-temps, qui les a drôlement fait changer d’avis 🙂