T comme traditions

Achttien meter hoge kerstboom zorgt voor kerstsfeer op Brusselse Grote Markt
© Belga Images

Je sais, écrit notre échevin des festivités – tous les jours il trouve une bonne raison de se mettre en valeur sur fb 😉 – je sais que normalement notre ville met un point d’honneur à attendre que saint Nicolas soit passé avant d’installer le sapin de Noël sur la Grand-Place, mais cette année-ci est tellement exceptionnelle et nous avons tellement besoin de (patati et patata, vous devinez la suite).

Bref, on pouvait admirer notre jeune et dynamique échevin des festivités sur une dizaine de photos formant un mini-reportage sur l’installation du fameux sapin.

Comme chaque année, il est offert par un habitant de la ville – vous savez bien, un jour après les fêtes on plante son sapin de Noël dans le jardin et vingt ans plus tard il est plus grand que la maison, envahit toute la pelouse, alors on se dit que c’est peut-être le moment de l’offrir à la ville, qui s’occupe de l’abattage et du transport.

Cette année il est donc de nouveau très majestueux avec ses onze mètres et ses deux tonnes et demie.

Bruxelles, bien sûr, fait encore mieux avec un sapin de 18 mètres en provenance du jardin d’un hôtel de Robertville, dans les Hautes Fagnes 🙂

H comme humeur

Quand dimanche dernier Monsieur Nouveau Voisin a repris dès le matin sa scie, sa perceuse et son marteau pour la huitième journée consécutive – à quoi peut-il bien les utiliser dans une maison qui vient d’être refaite à neuf de bas en haut, on se le demande – bref dimanche dernier donc, l’Adrienne a décidé d’être d’une bonne humeur INOXYDABLE.

Alors elle s’est coupé les ongles et a ouvert son piano.

Après presque un an, oui oui.

Ce qui fait qu’il a fallu recommencer par les toutes premières leçons, les toutes petites pièces d’il y a quatre ans.

Mais c’était chouette 🙂

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Tania reconnaîtra le somptueux piano, qui ne ressemble en rien au petit Roland blanc de l’Adrienne 😉

C comme Cave canem!

Mosaïque de Cave Canem. 40x40cm - Vente de mosaïques romaines

Le 31 octobre, de nouveaux voisins se sont installés dans la maison d’à côté.

A l’époque de gentille voisine Casque d’Or, les seuls bruits qu’entendait l’Adrienne, c’était la sonnerie du téléphone ou un coup de mouchoir trompette.

A l’époque des gros travaux de Monsieur l’entrepreneur, c’était le boucan des outils et le fracas des murs qu’il faisait écrouler.

Quand l’Adrienne lui a gentiment demandé s’il envisageait d’insonoriser les murs, il lui a ri au nez: il ne voulait pas la croire quand elle lui disait qu’elle l’entendait poser un balai contre le mur ou dire ‘f*ck’ quand il faisait tomber un truc à terre.

Moi, disait-il, je n’entends rien qui vient de chez vous!

Ça peut compter comme preuve, n’est-ce pas, vu que l’Adrienne ne fait pas plus de bruit qu’une mouche.
Une mouche qui ne vrombirait pas.

Bref, les nouveaux voisins se sont installés, l’Adrienne entend Madame tousser – une toux de fumeuse – les enfants papoter, les parents discuter.
Quand ils ne parlent pas tous à la fois, elle comprend même ce qui se dit.

Ça promet, soupire-t-elle en se mettant au lit le soir du 31 octobre.

Ça promet, se dit-elle le matin du premier novembre, un dimanche pourtant, alors que les voisins la réveillent vers cinq heures et demie du matin.

Puis, comme elle a une nature optimiste, elle se dit que ça aurait pu être pire.
Qu’ils auraient pu avoir un chien, en plus.

Et bien vous savez quoi?

Une demi-heure plus tard, les aboiements ont commencé.

🙂

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la photo est une réplique de la mosaïque trouvée à Pompéi.

B comme belle saison

C’est la belle saison où les lutins en veste jaune fluo viennent au parc ramasser des marrons.

En classe ils y piqueront des bâtonnets pour en faire des petits chiens, des bonshommes et même tous les animaux de la terre.

Avec un peu d’imagination, bien sûr 😉

Comme l’ont fait avant eux leurs parents, leurs grands-parents, leurs arrière-grands-parents.

Le bonheur de faire crisser les feuilles mortes.
De s’en mettre plein les poches.

Faut bien que les mamans, ce soir, aient leur part de ce bonheur 🙂

X c’est l’inconnu

Deux jeunes collaboratrices de l’association qui s’occupe des quartiers défavorisés ont lancé un projet lors du confinement printanier.

Elles ont sélectionné dix-sept personnes qui acceptaient de tenir un journal pendant deux semaines et ont guidé leur écriture à l’aide de quelques questions.

Elles en font le bilan aujourd’hui pour envoyer leurs conclusions aux responsables politiques de la ville et de la région.

Ces gens-là ne savent-ils donc pas qu’il y a des habitants en situation précaire?
Si, bien sûr.

Ne savent-ils pas ce que c’est que de vivre au jour le jour avec de trop petits moyens financiers?
Si, ils le devraient, en tout cas.

Alors? direz-vous.

Alors, il est important de leur remettre le nez dans cette réalité trop souvent occultée ou rejetée.
Et de voir comment de petites choses simples peuvent améliorer la situation.

Important de leur donner des exemples concrets.
De vraies tranches de vie de gens qui se débattent pour survivre et qui ont dû, en plus de leur précarité ‘habituelle’, gérer les problèmes qui se sont ajoutés à cause du confinement: la perte du petit boulot, la garde des enfants, le suivi de leur travail scolaire…
Des mamans qui ne maîtrisent pas nécessairement l’outil numérique, qui sont le seul gagne-pain, qui vivent dans une petite maison insalubre, sans terrasse ni jardin.

Car comme l’écrit une des participantes: « Personne n’est au courant de ma situation. Il y a des années que je gère tout ça toute seule. »

W comme Waldek

Dans la rue, là où on construit des appartements et où on travaille tous les jours du matin tôt au soir très tard, même le dimanche, il y a deux ou trois voitures immatriculées en Pologne.

Dans la maison de feu Casque d’Or, l’entrepreneur qui l’a rachetée pour la retaper et la louer, emploie un collègue polonais pour les travaux de peinture.

Une autre camionnette – belge celle-là mais avec inscriptions bilingues, néerlandais-polonais – offre des services de plafonnage.

Tout ça rappelle des souvenirs à l’Adrienne, quand Monsieur Mari prenait l’apéritif devant la série télévisée Thuis, juste avant le JT, et où en 2001 apparaissait pour la première fois un Polonais.

Un plombier 😉

Mais le rôle était tenu par un acteur flamand qui devait parler une sorte de sabir néerlandais aux intonations slaves, comme on peut l’entendre dans l’extrait ci-dessus.

M comme moineau

Toute contente, l’Adrienne, de voir ce moineau posé sur la clôture des framboisiers, dimanche dernier.

Il faudrait qu’elle lui trouve de quoi nicher, l’an prochain, parce que le voisin a enlevé de son mur – désormais nu et blanc – le revêtement derrière lequel un couple avait élevé ses petits, l’été dernier.

Tout savoir sur nos moineaux?

C’est ici!

F comme figues

Photo de Magda Ehlers sur Pexels.com

Mercredi vers dix heures du matin, on sonne à la porte de l’Adrienne.

En allant ouvrir, elle se demande quelle sorte de vendeur de calendrier elle va trouver, mais elle se trompe: il y a là un homme avec un petit garçon – pourquoi n’est-il pas à l’école, celui-là? – qui lui demande si le figuier dans le jardinet contre le mur de la maison est à elle – ben oui, à qui serait-il donc? – et s’il peut cueillir quelques figues pour son gamin – un enfant déjà fort grassouillet, mais soit, mieux vaut une poignée de figues qu’un sachet de chips.

– Elles ne sont pas mûres, elles ne mûrissent plus, dit l’Adrienne, je ne crois pas que vous en trouverez de bonnes à manger.

Mais il a tout de même été voir, a enjambé la petite clôture, piétiné le romarin et pris quelques fruits pour son fils qui les a dévorés sans tarder.

Et voilà, se dit l’Adrienne en refermant sa porte, voilà pourquoi il n’y a plus de figues mûres sur l’arbre, des passants passent et se servent.

Ça fait déjà quelques semaines qu’il n’y a plus de figues mûres, sauf du côté de la porte de la cuisine, où le passant qui passe risquerait d’être pris en flagrant délit 😉

Le défi du 20

On a mis tant de hargne à détruire leur habitat et leur nourriture que les seules hirondelles que l’on voit encore sur les fils téléphoniques de septembre sont en papier. D’ailleurs il n’y a plus non plus de fil téléphonique 😉

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Pour le Défi du 20 chez Antiblues qui imposait hargne et hirondelle. Photo prise à l’école primaire pas loin de chez moi 🙂

O comme On sonne!

Dans la maison d’autrefois au milieu de nulle part, les seuls qui sonnaient à la porte étaient des Témoins de Jéhovah – on s’en était d’ailleurs émerveillé. Tous les autres visiteurs entraient par la porte-fenêtre.
Sans sonner.

En ville, c’est différent. Il faut sonner pour faire savoir qu’on est là. Sauf les quelques-uns qui entrent par la porte côté jardin.

Bizarrement, ces cinq ou six dernières années on n’a plus vu de Témoins de Jéhovah. Par contre, on a régulièrement un jeune homme qui se propose de faire payer moins cher le gaz et l’électricité.

Chaque fois il vous donne l’impression d’être là par pure bonté d’âme.

– Si je comprends bien, lui a demandé l’Adrienne, vous êtes une sorte de philanthrope?

Et il a eu l’honnêteté de répondre:

– Oh non! il faut que je gagne ma vie, aussi!

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photo de la porte-fenêtre d’autrefois, un jour de lavage de vitres, avec Mama Moussa sur la table du jardin.