Y comme young

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Il a bien fallu deux hommes et quelques allumettes cassées pour allumer la bougie d’anniversaire du petit Frère 🙂

Ne vous méprenez pas, celui qui a le jean-troué-à-la-mode et le T-shirt avec une vedette, c’est le petit Frère. Monsieur Neveu ne porte que des pantalons qui nécessitent un joli pli, des chaussures en cuir et une chemise.

Mais ne vous inquiétez pas, c’est lui-même qui cire, lustre et repasse 🙂

X c’est l’inconnu

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Mini-Adrienne a une Tantine qu’elle aime beaucoup ainsi qu’un tout nouveau Tonton qui ne parle pas le français mais qui est gentil quand même.

C’est avec le sérieux qu’on lui connaît qu’elle a porté les deux anneaux d’or, noués sur un coussinet blanc, de la maison jusqu’à l’église et pendant toute la cérémonie, jusqu’au moment où il a fallu les confier au prêtre pour la bénédiction. Elle n’a d’ailleurs lâché le coussinet qu’après avoir reçu l’accord formel de sa Tantine.

Mini-Adrienne a été heureuse et soulagée de voir enfin briller les précieux anneaux au doigt des mariés, qui avaient l’air très heureux aussi.

Puis il y a eu la fête et bien d’autres émotions dont il ne sera pas question aujourd’hui.

Quinze jours plus tard, Tantine est revenue de son voyage de noces. Elle avait un cadeau pour mini-Adrienne.

– Ça vient d’Espagne, lui dit-elle, mais la petite n’avait que cinq ans et aucune notion de géographie.

Dans la boîte, il y avait deux machins noirs d’une forme bizarre, noués par une cordelette. Tous les adultes présents ont voulu faire une démonstration sur la façon de bien les tenir en main pour les faire claquer. Aucun n’y est vraiment parvenu.

Mini-Adrienne était impatiente de pouvoir essayer, elle aussi, mais elle a dû attendre que parents, grands-parents, oncles et tantes les aient eus entre les mains.

Elle a même eu peur qu’on ne les lui abîme, tant la tension et l’émulation allaient grandissantes.

– Les grandes personnes sont décidément très bizarres, s’est dit mini-Adrienne, chose que lui a confirmée sa lecture du petit Prince, six ans plus tard.

***

Sur la photo ci-dessus, on repère aisément la Tantine 🙂 le nouveau Tonton est le jeune homme du deuxième rang, qui donne le bras à sa mère. On n’est encore qu’à l’hôtel de ville – le mariage civil doit légalement avoir lieu avant le mariage religieux – mais mini-Adrienne porte déjà le fameux coussinet 🙂

***

Consignes de Walrus au Défi du samedi: Pour vous proposer ces sujets que vous appréciez certainement à leur juste valeur, j’ai pris l’avance et établi une liste qui couvre encore une cinquantaine de propositions à venir.

Régulièrement bien sûr, au moment de poster le sujet, je change d’avis et en choisis un autre, on ne se refait pas.

Ce sera le cas aujourd’hui encore jugez-en plutôt : la liste stipulait « Cathèdre ». Comme je ne veux pas foutre le feu au blog, je vous laisse choisir :

Castagne ou castagnettes

Et si vous pouvez associer les deux, ce sera encore mieux.

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T comme Tintin

Pour ceux que ça intéresse, les livres de Serge Tisseron sont ici.

– M’enfin! s’énerve tante Alicia, ce n’est tout de même pas si compliqué!

Pourtant oui, ça l’était. Je continuais à confondre les oncles et les cousins, les tantes et les cousines. Tout le monde me semblait avoir le même âge, sur ces photos.

– Bon, je te le répète une dernière fois, après c’est à toi.

Observe bien la photo de mariage des grands-parents: ils ont déjà la trentaine et à peu près l’air qu’ils ont gardé, cette face réjouie de gens bien nourris et contents de leur sort. Tu ne peux pas te tromper, il me semble! Après tu as leurs enfants: Dimitri, le militaire, Alexis, le banquier – il a bien une tête de banquier, ne me dis pas le contraire! – et Georges, l’érudit, avec ses petites lunettes rondes et son air ahuri. Bon.

Leurs épouses, je te l’accorde, on pourrait les confondre, retiens bien un signe distinctif: Sonia a le nez pointu, Eva les joues rondes et Margarita est cette opulente qui aime bien montrer sa jolie voix.

Avec ça, tu en sais assez pour te présenter à eux et tu verras, si tu dis que tu es la fille d’Anastasia, les quelques anecdotes que je t’ai racontées suffiront à semer le doute dans leur esprit… et si tu te montres assez fine, ta fortune est faite!

Consigne: Généalogie fictive et Tintinesque chez Joe Krapov

L’animateur a lu dans le « Nouveau nouveau magasin d’écriture » de Hubert Haddad l’entresort n° 8 dans lequel il est dit : » S’inventer une généalogie extravagante à partir de la lecture d’une vieille liste de mariage d’un de vos ascendants. »

Il suggère que chacun.e s’invente une généalogie fictive à partir des pages de garde des albums de Tintin de Hergé. Autrement dit : tous ces personnages sont des membres de votre famille d’un jour. Racontez-nous qui ils sont.

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Le bilan du 20

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Comme le Petit Frère passe une semaine en Belgique, avec son épouse et Monsieur Neveu, c’est la fête tous les jours et l’Adrienne a pu y participer dimanche dernier 🙂

Prière d’admirer ce dessert aussi beau que bon!

Il manque juste une petite touche orange sur le devant de l’assiette, dévorée avant que l’Adrienne ait l’idée de faire une photo 🙂

D comme drôle de drame

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– Tu sais bien que je ne mange plus d’animaux morts, dit-elle en repoussant le plat de poisson que lui tend sa mère.

– Tu les mangerais peut-être vivants? raille le grand frère.

Depuis qu’elle est partie en croisade vegan, rien n’ébranle ses convictions. Malheureusement, les blagues de son frère ne la font plus rire non plus.

– Ils ont plus d’instinct, d’intelligence et de sensibilité que toi, grogne-t-elle.

La mère soupire. La réalité quotidienne, à table, ce sont ces prises de bec à un rythme incessant, fatigant. Lassant.

– Dis m’man, tu nous ferais un steak tartare, un de ces quatre? Ça fait longtemps! J’en ai drôlement envie, ajoute-t-il en lorgnant vers sa sœur, qui se lève de table, excédée.

– Tu n’es qu’un gros porc!

– Venant de toi, c’est plutôt un compliment, non?

***

écrit pour Des mots, une histoire avec les mots imposés suivants: croisade – instinct – almanach – réalité – rythme – poisson –  convictions

Photo de Pixabay sur Pexels.com

P comme prétentieux

Ça ne rate jamais: vous lisez ou entendez ‘prétentieux’ et vous pensez ‘ne me parle pas de Grenoble’.

Zézette m’apporte des oranges, les poulets c’est moi qui les surveille et ma Viva Sport 37 améliorée 39 fait du 210 pour rentrer à Marseille…

Si vous poursuivez le jeu d’association d’idées, ‘assiette’ mène à Prévert (parce qu’ils ont leur assiette derrière la tête), ‘buvard’ à Bouvard, ‘apostrophe’ à Pivot et ‘opéra’ à la Castafiore.

Quand en classe vous utilisez le mot ‘multiplication’, vous ne manquez jamais d’ajouter mentalement ‘des pains et des poissons’, à tel point que vous craignez qu’un jour vous le direz à voix haute.

‘Trier’ c’est pour les lentilles, la chose la plus fastidieuse que vous ayez faite de votre vie – sans compter la lourde responsabilité si quelqu’un se cassait une dent sur un minuscule caillou qui vous aurait échappé – pensum auquel vous avez dû vous soumettre lors d’un séjour dans la zone d’origine contrôlée de la lentille verte du Puy.

Et puis, vu que c’est la saison, ‘renifler’ vous fait penser au petit cousin qui avait tout le temps des rhumes mais qui, à cinq ans, ne savait pas encore se moucher le nez: on lui disait ‘souffle!’ et il soufflait par la bouche, évidemment. Il souffle comme une forge, disait le père. Au fait, ‘pression’ est pour le père, ce n’est pas un mot qui fait penser au travail ni au stress, mais à la bière, que le père refusait si elle sortait d’une bouteille.

‘Écharpe’, bien sûr, c’est pour grand-mère Adrienne. Sa grande étole de laine, on l’a portée si longtemps qu’on a fini par l’user et la trouer, ce qui a bien fait plaisir à la mère:

« Tu vas enfin pouvoir jeter cette horreur! »

***

écrit pour 13 à la douzaine avec les mots imposés suivants: 1 assiette 2 buvard 3 apostrophe 4 écharpe 5 trier 6 renifler 7 opéra 8 multiplication 9 prétentieux 10 pression 11 option 12 forge et le 13e pour le thème : saison

V comme vive la famille!

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Gentille voisine Casque d’Or, toujours pimpante et souriante, douce dans la voix comme dans les gestes, a eu tout à coup un gros problème de santé. Sa famille l’a fait hospitaliser.

Depuis que la maison est vide, des neveux et nièces s’y activent. Le premier week-end, on est venu remplir quelques voitures de choses diverses. 

De la maison de gentille voisine Casque d’Or ne provenaient jusqu’au mois dernier que deux sortes de bruits: les volets qu’elle montait et descendait matin et soir, et la sonnerie du téléphone, qui était amplifiée.

Ces deux derniers week-ends, les neveux et nièces sont revenus. Armés de marteaux, semble-t-il. Les bruits qu’on entend sont ceux de la brique qu’on frappe, comme si on voulait abattre un mur, creuser une brèche… 

Ça rend l’Adrienne un peu triste.

Et ça lui rappelle Beau-Frère Aîné, qui avait tenu à « sonder » les murs de la cave paternelle, persuadé que son défunt père y avait caché des lingots d’or, et qui regardait avec méfiance ses frère et sœurs, les soupçonnant d’avoir – qui sait? peut-être! – trouvé quelque chose avant lui…

source de l’image ici