D comme decolletéportemonnee

decolletéportemonnee

Il est toujours amusant de constater comme nos voisins hollandais aiment les mots français, voyez ce « decolletéportemonnee » que le journal flamand a appelé « boezembeugel », ce qui veut dire à peu près la même chose 🙂

On y apprend que cette mini-pochette à mettre à l’intérieur d’un bonnet de soutien-gorge a obtenu le prix du public fin 2012 mais apparemment il n’est que pleinement commercialisé depuis peu.

Le mot a intégré le dictionnaire après avoir remporté 15 % des voix pour désigner le néologisme de l’année. La pochette est juste assez grande pour contenir une carte bancaire ou quelques billets, permettant de sortir en boîte et de danser sans avoir à se soucier d’un sac à main.

Bien, bien, me dis-je, mais je doute que ce soit vraiment invisible sous un léger vêtement, et certainement au moment de sortir discrètement mes sous de mon décolleté 🙂 

Et surtout, comme je fais sans sac à main, pour les clés de la maison? le carnet? le stylo? le mouchoir? le téléphone? 

info article et source de la photo © Hemaontwerpwedstrijd.nl    ici.

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J comme jarðepli

2019-01-01 (13)

Une des rares choses qui ont le temps de pousser et de mûrir en plein air pendant le court été islandais, à part quelques baies pour la confiture, c’est la pomme de terre, qui comme on peut le voir sur ce menu de nouvel an, se dit ‘jarðepli’. Prononcez [ˈjarð.ɛhplɪ] avec l’accent tonique (comme toujours en islandais) sur la première syllabe et le ð comme le th dans l’anglais ‘that’. Jarðepli’, exactement comme en français ou en néerlandais (aardappel), c’est la pomme qui pousse dans le sol.

La nipotina, qui ne conçoit pas de 25 ni de 31 décembre sans homard, a été satisfaite. Dans le cas du homard, c’est le mot français qui vient de l’ancien nordique, humar.

Et pour le vin, c’est l’inverse 🙂

C’est ainsi que les mots voyagent comme les gens.

I comme idée et inspiration

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Je vous ai déjà parlé de ces commentaires indésirables qui, pour une raison que j’ignore, s’attachent en particulier à un billet sur Hubert Haddad.

Peut-être ici un début d’explication 🙂

What you said made a bunch of sense. But, consider this, what if you were to create a awesome headline? I ain’t saying your information isn’t good., but suppose you added a title that grabbed a person’s attention? I mean H comme Hubert Haddad – Adrienne is a little vanilla.
You might peek at Yahoo’s home page and see how they create news headlines to get people interested.
You might add a related video or a picture or two to grab readers excited about everything’ve got to say.

Ce qui permet d’apprendre une nouvelle expression, it is a little vanilla… expression qui n’est pas dans mon Cambridge en ligne ni dans mon Van Daele.

Et en même temps une belle illustration du spice up your English!

Ah! les joies d’internet 🙂

en photo, des pâtisseries bruxelloises qui montrent bien que je ne suis pas vanilla, mais plutôt dark chocolate ou raspberry 🙂

Première fois

Première fois que l’Adrienne lit une histoire (La Robe) de Rémy de Gourmont et voilà une phrase avec un mot tout beau tout nouveau:

« Il n’était pas de ces fous qui s’éprennent d’une sydonie »

Sydonie, subst. fém.

COUT. Tête ou mannequin de carton ou de bois sur lequel la modiste ou la couturière essayent les chapeaux et les robes. Les têtes [de l’artiste Bouguereau] sont banales, ce sont ces sydonies qu’on voit tourner dans la devanture des coiffeurs (HuysmansArt mod., 1883, p. 26).Quand, par hasard, son front se montrait nu, coiffé de ses petits bandeaux plats (…) on ne pouvait s’empêcher de penser à la sydonie des modistes de village (MontesquiouMém., t. 1, 1921, p. 270).

Prononc.: [sidɔni]. Étymol. et Hist. Av. 1872 arg. (Larch. 1872, p. 225 qui cite Lespès). Mot d’arg. propre à la région parisienne, cf. aussi VillatteParisismen, d’orig. inconnue.
Voilà ce qu’en dit le CNRTL.
Question: comment faisaient les lecteurs de 1924 (date de la dixième édition des Histoires magiques) qui n’avaient pas de dictionnaire d’argot et n’étaient pas Parisiens?

Schtroumpf alors!

Dès qu’une nouvelle classe entonne la litanie

– Madame! c’est trop difficile, ce texte!

– Il y a plein de mots qu’on ne connaît pas!

Madame est bien contente: c’est le moment de parler schtroumpf.

On pourrait, évidemment, leur parler de stratégies de lecture, de contexte, on pourrait savamment argumenter et jargonner… mais rien ne vaut la méthode schtroumpf, à la fois efficace, drôle et ludique.

En tout cas, Madame s’amuse beaucoup à tenir des discours du genre:

– Prenez votre schtroumpf à la page huit, nous allons faire le schtroumpf numéro 3.

***

merci à Walrus pour cette proposition au Défi du Samedi!

V comme valoir la peine

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Maintenant que le petit Leon a sept ans, il a tenu à confirmer par écrit ce message important en vue de Noël: 

« Cette année, je ne veux certainement pas recevoir un livre » (1) 

Il y a donc des enfants qui à sept ans ont déjà reçu tant de livres qu’ils aimeraient passer à autre chose. Et il y a l’Adrienne, qui chaque année espérait recevoir un livre mais n’en recevait jamais. 

Enfin, l’année où elle a commencé l’université, elle a reçu le dictionnaire Robert. Son petit Robert, comme elle l’appelle toujours amoureusement. Un volumineux volume (nous sommes à la lettre V tongue-out) qui l’a suivie jusqu’à ce jour dans tous ses déménagements et n’a jamais quitté son bureau. Qu’elle connaissait si bien, à l’époque de ses études, qu’elle réussissait presque à l’ouvrir directement à la bonne page, quand elle cherchait un mot. 

Et voilà que le petit Robert fête son cinquantième anniversaire en publiant une belle nouvelle édition augmentée de 22 tableaux de Fabienne Verdier (encore un V, c’est étudié pour tongue-out

Edition que l’Adrienne vient de recevoir en cadeau, quarante ans après son premier seul et unique exemplaire. 

La voilà donc placée devant un affreux dilemme: va-t-elle ranger ce compagnon d’une vie dans un placard et le remplacer par un plus jeune, plus beau, plus vaillant? Car le premier a bien souffert. 

Ou va-t-elle ranger ce tout beau tout nouveau dans un placard, pour qu’il reste beau, et continuer à user et utiliser le premier? 

Une chose est sûre, ce nouveau, il faudra apprendre à se l’approprier, exactement comme un nouveau vêtement: le toucher est différent, le papier n’est pas le même, les caractères utilisés ont changé, la mise en page n’est plus pareille, il y a quelques nouveaux signes conventionnels, des abréviations ont disparu, d’autres apparu. 

Bref, l’Adrienne est heureuse. Merci! 

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 photo 1: le tout beau tout nouveau petit Robert dans toute sa gloire et son emballage plastique, fraîchement arrivé sur le bureau de l’Adrienne 

photo 2 prise de l’encart en fin de volume, qui présente la collaboration avec l’artiste 

***  

(1) « Mama, papa, ik wil zeker geen boek voor kerst. »