O comme obsédé

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« Obsédé sexuel » disait le petit frère, qui avait le chic de rapporter de la cour de l’école – ou des réunions de louveteaux, dans ce cas-ci – les termes les plus choisis.

Parfois le père essayait mollement un « Tu sais au moins ce que ça veut dire? »

Parfois la mère s’insurgeait: « Arrête avec ça! C’est vulgaire! »

Peine perdue: il allait falloir d’autres tactiques.

Par exemple, s’attaquer au nerf de la guerre:

« Dorénavant, tu mettras un franc dans cette tirelire chaque fois que tu diras un vilain mot », dit la mère, qui avait dû trouver ce conseil dans son magazine féminin.

Mais au bout de quelques jours, quand il disait une grossièreté, la mère faisait la sourde oreille et le père continuait de lire son journal.

Peut-être que si on ne réagit plus, ça s’arrêtera tout seul? ont-ils dû penser.

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écrit pour le Défi du samedi avec le thème imposé: obsédé!

Merci Walrus 🙂

J comme Jocrisse

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La première fois que l’Adrienne a rencontré ce mot, c’était dans une de ses lectures de la Bibliothèque verte et ça l’a fort marquée.

Elle n’avait pas l’habitude d’être confrontée à un mot inconnu, voilà pourquoi elle se souvient de ces rencontres, jocrisse, dans un des Langelot, ou panacée, dans la chanson du sirop typhon.

Quant à savoir pourquoi ce mot – jocrisse! – ressurgit tout à coup dans sa mémoire alors qu’elle est plongée dans Orient-Express, de Graham Greene sur les conseils de Walrus… mystère!

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La photo d’illustration vient d’ici (où vous trouverez toute l’info sur les 40 volumes des aventures de Langelot, agent secret :-))

Y comme Yonne et Yeu

C’est depuis qu’elle est toute petite fille que l’Adrienne aime tellement lire qu’elle considère que même le dictionnaire est une lecture captivante.

Pourtant, son petit Robert édition spéciale anniversaire (voir la photo et l’article de 2017 ici) recélait encore des pages qu’elle n’avait pas ouvertes.

En effet, tout comme dans l’exemplaire précédent, en fin de volume il y a quelques annexes, dont une liste de suffixes et un aperçu des conjugaisons, ainsi que la liste des noms propres avec leurs adjectifs correspondants.

Et cette lecture-là est toujours amusante.

Surtout vers la fin, où l’on apprend que les habitants de l’Yonne sont des Icaunais et ceux  d’Yeu des Ogiens.

Par bonheur, à Yssingeaux on n’est pas Yssingeais… mais Yssingelais!

W comme WWILF

La chose a dû vous arriver aussi, vous commencez une recherche internet et de fil en aiguille vous passez d’un site à un autres, vous finissez peut-être même par regarder des trucs sur YouTube, un vieux film, une chanson, une recette, des  chats mignons… et par ne plus savoir ce que vous cherchiez au départ.

Figurez-vous que ça porte un nom, c’est WWILF, acronyme pour « what was I looking for? », qu’est-ce que je cherchais?

– Tu as fait quoi, hier soir?
– Du wilfing!

C’est expliqué ici 🙂

Et l’Adrienne, qu’a-t-elle fait, hier soir?

Du walrussing 🙂

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photo 1 le bureau et l’ordi dans la maison d’autrefois, photo 2 l’ordi, première chose à avoir été déménagée et installée 😉

Le walrussing est le même procédé que le wilfing: tu commences par lire un billet, tu y découvres un lien, tu suis ce lien… heureusement que ton estomac crie famine sinon tu y serais encore 😉

U comme urbex

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L’Adrienne ne s’en rendait pas compte, mais les fois où elle a exploré une usine désaffectée ou une maison en ruine, elle s’adonnait à l’urbex.

Plus fort encore, le jour où elle n’a pas résisté à la tentation d’aller visiter les caves de son école, elle se laissait aller à la cataphilie.

Rien de moins.

C’est expliqué ici: « L’exploration urbaine, abrégé urbex (de l’anglais urban exploration), est une activité consistant à visiter des lieux construits et abandonnés par l’homme, mais cette pratique inclut également la visite de lieux interdits, cachés ou difficiles d’accès, tel que des tunnels de métro, des catacombes, des chantiers de constructions/rénovations et des rooftop (sommets d’immeubles, monuments…). La pratique regroupe ainsi diverses activités dites « underground » comme la ‘cataphilie‘, la ‘toiturophilie’. L’explorateur urbain est communément désigné par le néologisme urbexeur. »

Un site avec des lieux et des photos ici, principalement au Canada, mais également en France ou en Belgique.

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photo prise dans ma rue juste avant la démolition totale d’une usine textile, sa cheminée et sa maison de maître. Ainsi que son grand jardin et ses beaux arbres, dont un magnifique saule pleureur. Il y a bien de quoi pleurer…

Adrienne mémérise

C’est grâce à grand-mère Adrienne et à la chicorée De Lelie

 projet 52,photo,adrienne,souvenir d'enfance

que l’Adrienne dispose de toute une gamme de petits mouchoirs, rose tendre, jaune clair, parme, vert d’eau…

de sorte que l’Adrienne – depuis toujours – prend bien soin d’assortir le mouchoir aux chaussettes

comme elle assortit les chaussures au sac, le foulard à la robe, les gants à l’écharpe.

Or que vient-elle d’apprendre?

Assortir les couleurs, c’est mémériser.

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Si vous ne connaissiez pas encore le mot, lisez l’article d’où vient cette photo. Où on reproche – en gros – à la star d’avoir le look de l’âge qu’elle a.

Alors qu’elle a poussé le souci du détail jusqu’à harmoniser les couleurs de sa tenue à celles du décor 🙂

Vous pouvez bien sûr, comme l’Adrienne, continuer à accorder soigneusement les couleurs, en vous disant que « La mode, c’est ce qui se démode » et que par conséquent d’ici peu votre manie de mémé sera du dernier chic.

Il suffit, disait le père de l’Adrienne, de laisser pendre un vêtement assez longtemps dans ta garde-robe. Un jour ou l’autre, tu pourras le ressortir.

Nulle ne met ce conseil mieux en pratique 😉

D comme daft

Si tout se passe comme prévu, hier l’Adrienne a posé le pied – de préférence les deux pieds – sur le sol britannique. Ou plus exactement anglais, le nord de l’Angleterre. Le pays du Brexit et des stiff upper lips.

Pour se préparer au choc culturel, l’Adrienne a lu le bouquin ci-dessous, rédigé et publié en 2017 par deux spécialistes de la Grande-Bretagne, l’un journaliste, l’autre historien. Au chapitre 1, il s’agit de l’importance (bien connue) des traditions.

Mais il commence par le mot ‘daft’:

‘Daft’. Het is geen wasproduct, maar het is het Engelse woord voor ‘gek’. De Engelsen houden wel van dingen die een beetje ‘daft’ zijn. Zoals het feit dat de Lord Chancellor bij de jaarlijkse officiële opening van het parlement zijden kousen draagt en een goud geborduurde ‘robe’. Vaak zie je op zijn of haar hoofd nog een lange grijze pruik. De minister biedt al knielend een stoffen handtas aan de koningin aan, die op een gouden troon zit en een blinkende kroon draagt. Zij haalt daaruit de toespraak van haar premier. Die levert deze op een geitenvel. In juni 2017 werd dat moment verschillende dagen uitgesteld, omdat de inkt immers enkele dagen de tijd nodig heeft om te drogen. Een deel van de pers vond dat het land zich belachelijk maakte. ‘Daft’. Maar de perkamentenmaker – ja, dat is een officiële functie – verweerde zich. ‘Het ligt niet aan het geitenvel. De regering gebruikte de foute inkt!’ Met andere woorden, de traditie maakt zich niet belachelijk, het is de regering die er geen verstand van heeft.

‘Daft’. Ce n’est pas une lessive, c’est le mot anglais pour ‘fou’. Les Anglais aiment les choses un peu folles. Comme le fait que le Lord Chancellor, à l’ouverture officielle du Parlement, chaque année, porte des bas de soie et une robe brodée d’or. Souvent aussi une longue perruque grise. C’est à genoux que le ministre offre un sac en tissu à la reine, assise sur un trône en or et portant une couronne scintillante. De ce sac, elle sort le discours de son Premier ministre. Qui lui est livré sur du chevreau. En juin 2017, cet instant a été remis de plusieurs jours, parce que l’encre a besoin de quelques jours pour sécher. Une partie de la presse a trouvé que le pays se ridiculisait. ‘Daft’. Mais le préparateur du parchemin – oui, c’est une fonction officielle – s’est défendu en disant: ‘Ce n’était pas à cause du chevreau. Le gouvernement a utilisé la mauvaise encre!’ En d’autres mots, la tradition ne se rend pas ridicule, c’est le gouvernement qui n’y connaît rien.

(traduction de l’Adrienne)

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lire les premières pages ici.

les auteurs en podcast ici.

la définition du dictionnaire Cambridge ici.