T comme throwback

Hier matin c’était le moment de montrer sa dentition au professionnel qui s’en occupe depuis 1980 – oui, il a dépassé l’âge de la retraite mais il continue à soigner ses habitués – et allez savoir pour quelle raison l’Adrienne lui dit:

– Il va falloir que je consulte, je perds la mémoire.

Lui ça l’a fait rire.

– Je connais quelqu’un qui trouve ça très pratique, il oublie toutes les choses désagréables et ne se souvient que des bonnes!

Justement, en arrivant devant la porte du dentiste, l’Adrienne avait vécu le contraire: un « throwback » au moment exact où en se trouvant devant cette même porte, elle avait eu un appel de son cousin pour lui annoncer le décès de la Tantine.
Celle qui a juste quinze ans sur la photo ci-dessus.

Alors ce « throwback » d’hier remplace le billet qui était prévu pour aujourd’hui et qui aurait dû s’appeler « T comme truth decay« . La traduction du néerlandais « waarheidsverval« .

Un nouveau mot que l’Adrienne a appris lors d’une conférence donnée la semaine dernière par le directeur de l’institut Hannah Arendt, venu parler dans sa petite ville des problèmes de polarisation et de la mise en doute conséquente de ce qui est vrai, prouvé, étayé, mesuré, une tactique avérée de tous les partis extrémistes, semer le doute, polariser, faire perdre confiance dans les institutions…

Si vous comprenez le néerlandais, voici un article récent de sa main, sur la polarisation et « le grand remplacement ».

R comme réduflation

Voilà encore un nouveau mot découvert ce mois-ci dans le titre d’un article, « La « réduflation », la stratégie des marques pour duper les consommateurs » et dans le chapeau on explique qu’il s’agit de « Réduire la taille d’un emballage (et donc son contenu), mais continuer à le facturer au même prix: tel est le principe de la « réduflation ». »

Bref, rien de bien nouveau, on dupe le consommateur depuis l’invention de la société de consommation.

Et peut-être même avant 😉

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Photo prise le 3 mai dernier d’un monument dans un village grec – j’avoue que le rapport avec le texte est très faible, même s’il existe, en tout cas dans ma tête 😉
Sur ce côté de la stèle sont citées les guerres, à commencer par Troie, Marathon, Thermopyles, Salamine, Plataea, etc. jusqu’à Kresna, en 1913.
Je n’ai pas photographié les autres faces, celle-ci me suffisant comme beau mélange de mythologie et d’histoire 😉

W comme whimsical

Vous vous souvenez que sous prétexte d’entretenir son anglais, l’Adrienne regarde du n’importe quoi… du moment que ça finit bien?

C’est ainsi qu’elle a vu Elizabethtown.
Le film obtient un score de 4.8/10 sur Rotten Tomatoes 😉

Pour ce qui est de l’aspect didactique, elle y a appris un mot qui ne lui servira sans doute jamais, mais elle l’a trouvé si joli qu’elle tient à vous le partager: whimsical.

C’est le mot que prononce le fils (Orlando Bloom) en observant le visage de son père mort. On a une image de cette scène dans la bande annonce ci-dessus, vers 1’30 ».

Il lui trouve un sourire bizarre, légèrement moqueur, comme il ne lui en avait jamais vu de son vivant, et qu’il qualifie de whimsical.

Il répète le mot deux ou trois fois, ce qui permet de bien le mémoriser.

On a vraiment pensé à tout dans ce film 🙂

G comme gagnant!

‘Ma stobbe’, ‘BAS’ en ‘fissa’: dit zijn de kinder- en tienerwoorden van 2021
source ici

C’est à ce genre de « concours » qu’on mesure à quel point on n’est plus dans le coup: l’élection du mot de l’année en « langage jeune ».
Sur les dix propositions, l’Adrienne n’en connaît que quatre 😉

Bien évidemment, les candidats à la palme n’ont que peu à voir avec le néerlandais mais sont souvent des « fabrications TikTok » généralement basées sur un mot anglais.

TikTok, évidemment, on n’y a jamais mis les pieds – façon de parler – donc si c’est là que le renouveau langagier a lieu, c’est normal qu’on ne soit pas au courant 😉

Bref, LOL est encore du nombre, on peut donc continuer à l’employer sans être ringards 🙂

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Tout ce que vous n’avez jamais eu envie de savoir sur cette affaire se trouve ici.

T comme thuis

Pour les Ostendais, le monde se divise en trois catégories: il y a les natifs, « echte Ostendenoaren » qui maîtrisent le parler local, les touristes qu’ils aiment autant voir partir que (re)venir, et les « aangespoelden » comme on dit pour ce que la mer fait échouer sur les plages: des gens de l’intérieur du pays qui ont choisi de vivre à Ostende.

Sandra Bekkari – on peut la voir en photo ici – appartient à la première catégorie: native d’Ostende, elle a acquis une certaine notoriété dans le nord du pays grâce à une émission culinaire et des livres de cuisine.

A la limite entre Mariakerke et Ostende, un grand cadre de bois pour photos instagrammables a été installé avec une citation de cette dernière: « Als ik de Oostendse zee ruik, voel ik me thuis« .

Ce qui est traduit de la façon suivante:

« L’odeur du foyer? » s’est écriée l’Adrienne. L’air de la mer, c’est l’odeur du foyer?

Si elle avait eu du badigeon, elle l’aurait remplacé par:

« Quand je sens la mer à Ostende, je me sens chez moi ».

Voilà 🙂

ça devait être dit 🙂

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photos prises à Ostende le 14 novembre

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P.S.: je connais quelqu’un qui va se dire « elle fait encore sa prof » 😉

P comme pléonexie

C’est le mot qui traduit le mieux l’anglais ‘greed‘ pour lequel jusqu’à présent l’Adrienne n’avait pas trouvé de bon équivalent en français: cupidité, convoitise, rapacité, avidité, c’est déjà assez significatif, oui, mais ça ne dit pas tout 😉

Pléonexie‘, donc, (du grec πλεονεξία) c’est « le désir d’avoir plus que les autres en toute chose« , dit Wikisaitout.

Pas étonnant par conséquent que le premier site où on trouve le mot soit un site de marketing puisque bien évidemment toute la publicité tourne autour de cette faiblesse humaine, vouloir plus et mieux que le voisin.

Pour ceux que ça intéresse, un article, un livre et deux vidéos ici 🙂

N comme nudge

Que dans les supermarchés, on mette autour des caisses tout un assortiment de bonbons à portée de mains des grands et des petits, ce n’est pas neuf, et c’est déjà du « nudging« , sauf que ça s’appelait tout simplement marketing. Pousser à l’achat.

Ces derniers mois, l’Adrienne a souvent rencontré le mot « nudge » dans un sens qui lui semble trop positif pour être honnête: il s’agirait d’influencer gentiment le comportement des gens pour qu’ils fassent les « bons choix ».

En matière de nutrition, par exemple: tous ces « nutri-scores » et ces autres infos apparues ces dernières années sur les emballages alimentaires devraient inciter le consommateur à privilégier ce qui est bon pour sa santé.

Bref, nos supermarchés prennent des petits airs paternalistes, genre « je sais ce qui est bon pour toi et je vais t’aider à y arriver ».

Petits coups de pouce ou manipulation?

Oh! la vilaine pensée!

D’ailleurs, les bonbons n’ont pas quitté les alentours des caisses 😉

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Pour ceux que ça intéresse, il y a aussi ceci, avec une vidéo de 17 minutes et sa transcription en français.

H comme humour

« L’humour est un genre difficile », disait le père et mini-Adrienne était bien d’accord !

Il y avait par exemple un comique comme Sim, qui faisait mourir de rire son petit frère avec ses grimaces et ses déguisements en vieille dame ratatinée, mais elle, pas du tout.

Par contre, il y avait deux chansons de lui qu’ils braillaient avec bonheur, surtout celle où la rime avec « hélicon » permettait d’utiliser plusieurs fois un mot interdit par la mère.

« Faut pas caler, c’est con-traire aux traditions » hurlaient-ils en duo avec le chanteur.

Un autre refrain auquel ils se joignaient avec allégresse, c’était « Ah ! bon Dieu ! Que c’est embêtant d’être toujours patraque ! Ah ! bon Dieu ! Que c’est embêtant, je ne suis pas bien portant ! »

Et vous qui connaissez mini-Adrienne, vous avez déjà deviné qu’elle s’était fait un devoir d’apprendre par cœur tous ces mots dont elle ignorait souvent le sens, mais qui l’enchantaient : j’ai la rate qui se dilate, le pylore qui se colore, l’épigastre qui s’encastre…

Bref, il a fallu ce défi 688 pour qu’elle puisse situer l’épigastre 🙂

Alors qu’est-ce qu’on dit ?

Merci, Maître Walrus !