G comme gagnant!

‘Ma stobbe’, ‘BAS’ en ‘fissa’: dit zijn de kinder- en tienerwoorden van 2021
source ici

C’est à ce genre de « concours » qu’on mesure à quel point on n’est plus dans le coup: l’élection du mot de l’année en « langage jeune ».
Sur les dix propositions, l’Adrienne n’en connaît que quatre 😉

Bien évidemment, les candidats à la palme n’ont que peu à voir avec le néerlandais mais sont souvent des « fabrications TikTok » généralement basées sur un mot anglais.

TikTok, évidemment, on n’y a jamais mis les pieds – façon de parler – donc si c’est là que le renouveau langagier a lieu, c’est normal qu’on ne soit pas au courant 😉

Bref, LOL est encore du nombre, on peut donc continuer à l’employer sans être ringards 🙂

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Tout ce que vous n’avez jamais eu envie de savoir sur cette affaire se trouve ici.

T comme thuis

Pour les Ostendais, le monde se divise en trois catégories: il y a les natifs, « echte Ostendenoaren » qui maîtrisent le parler local, les touristes qu’ils aiment autant voir partir que (re)venir, et les « aangespoelden » comme on dit pour ce que la mer fait échouer sur les plages: des gens de l’intérieur du pays qui ont choisi de vivre à Ostende.

Sandra Bekkari – on peut la voir en photo ici – appartient à la première catégorie: native d’Ostende, elle a acquis une certaine notoriété dans le nord du pays grâce à une émission culinaire et des livres de cuisine.

A la limite entre Mariakerke et Ostende, un grand cadre de bois pour photos instagrammables a été installé avec une citation de cette dernière: « Als ik de Oostendse zee ruik, voel ik me thuis« .

Ce qui est traduit de la façon suivante:

« L’odeur du foyer? » s’est écriée l’Adrienne. L’air de la mer, c’est l’odeur du foyer?

Si elle avait eu du badigeon, elle l’aurait remplacé par:

« Quand je sens la mer à Ostende, je me sens chez moi ».

Voilà 🙂

ça devait être dit 🙂

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photos prises à Ostende le 14 novembre

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P.S.: je connais quelqu’un qui va se dire « elle fait encore sa prof » 😉

P comme pléonexie

C’est le mot qui traduit le mieux l’anglais ‘greed‘ pour lequel jusqu’à présent l’Adrienne n’avait pas trouvé de bon équivalent en français: cupidité, convoitise, rapacité, avidité, c’est déjà assez significatif, oui, mais ça ne dit pas tout 😉

Pléonexie‘, donc, (du grec πλεονεξία) c’est « le désir d’avoir plus que les autres en toute chose« , dit Wikisaitout.

Pas étonnant par conséquent que le premier site où on trouve le mot soit un site de marketing puisque bien évidemment toute la publicité tourne autour de cette faiblesse humaine, vouloir plus et mieux que le voisin.

Pour ceux que ça intéresse, un article, un livre et deux vidéos ici 🙂

N comme nudge

Que dans les supermarchés, on mette autour des caisses tout un assortiment de bonbons à portée de mains des grands et des petits, ce n’est pas neuf, et c’est déjà du « nudging« , sauf que ça s’appelait tout simplement marketing. Pousser à l’achat.

Ces derniers mois, l’Adrienne a souvent rencontré le mot « nudge » dans un sens qui lui semble trop positif pour être honnête: il s’agirait d’influencer gentiment le comportement des gens pour qu’ils fassent les « bons choix ».

En matière de nutrition, par exemple: tous ces « nutri-scores » et ces autres infos apparues ces dernières années sur les emballages alimentaires devraient inciter le consommateur à privilégier ce qui est bon pour sa santé.

Bref, nos supermarchés prennent des petits airs paternalistes, genre « je sais ce qui est bon pour toi et je vais t’aider à y arriver ».

Petits coups de pouce ou manipulation?

Oh! la vilaine pensée!

D’ailleurs, les bonbons n’ont pas quitté les alentours des caisses 😉

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Pour ceux que ça intéresse, il y a aussi ceci, avec une vidéo de 17 minutes et sa transcription en français.

H comme humour

« L’humour est un genre difficile », disait le père et mini-Adrienne était bien d’accord !

Il y avait par exemple un comique comme Sim, qui faisait mourir de rire son petit frère avec ses grimaces et ses déguisements en vieille dame ratatinée, mais elle, pas du tout.

Par contre, il y avait deux chansons de lui qu’ils braillaient avec bonheur, surtout celle où la rime avec « hélicon » permettait d’utiliser plusieurs fois un mot interdit par la mère.

« Faut pas caler, c’est con-traire aux traditions » hurlaient-ils en duo avec le chanteur.

Un autre refrain auquel ils se joignaient avec allégresse, c’était « Ah ! bon Dieu ! Que c’est embêtant d’être toujours patraque ! Ah ! bon Dieu ! Que c’est embêtant, je ne suis pas bien portant ! »

Et vous qui connaissez mini-Adrienne, vous avez déjà deviné qu’elle s’était fait un devoir d’apprendre par cœur tous ces mots dont elle ignorait souvent le sens, mais qui l’enchantaient : j’ai la rate qui se dilate, le pylore qui se colore, l’épigastre qui s’encastre…

Bref, il a fallu ce défi 688 pour qu’elle puisse situer l’épigastre 🙂

Alors qu’est-ce qu’on dit ?

Merci, Maître Walrus !

Dernière fois

source ici

Ouvrir la fenêtre au premier étage.
Bien positionner l’échelle.
Prendre le seau avec un ou deux litres d’eau, une petite éponge, la brosse et la ramassette.

Oui, aujourd’hui on parle belge ici 😉

Sauter sur le toit plat – avoir pensé à mettre aux pieds des trucs qui tiennent bien au lieu des slaches habituelles – et se mettre à quatre pattes pour faire le nettoyage nécessaire, en particulier autour de la conduite d’eau de pluie vers la citerne.

Ne pas se pencher par-dessus le bord du bord: on a le vertige.

Et quand on est à nouveau sur le plancher de la salle de bains, se demander combien d’années encore on réussira à faire cette gymnastique.

Avec ou sans slaches 😉

N comme novlangue

Cotutelle internationale de thèse à l'Université Paris 13

La première fois que l’Adrienne a rencontré le mot ‘cotutelle‘ elle a dû le relire…

Kèske sèksa?

Mais voilà, il semble tout à fait entré dans les mœurs universitaires, depuis que beaucoup d’étudiants mais aussi de doctorants suivent une partie de leur cursus à l’étranger.

Ainsi, « On appelle thèse en cotutelle l’organisation, la supervision et l’évaluation conjointes d’un doctorat, par deux universités partenaires. Grâce à la cotutelle, vous bénéficiez d’un encadrement scientifique plus large et plus riche, ainsi que d’une expérience internationale lorsque l’université partenaire est située à l’étranger. Les cotutelles favorisent et stimulent la coopération scientifique entre chercheurs (…) »
(source ULB)

Rien qu’à voir les modalités administratives, l’Adrienne est contente que cette coupe lui soit passée sous le nez 😉

M comme mariage

C’est au hasard d’une soirée télévisée du samedi chez les grands-parents que mini-Adrienne a appris de la bouche de son père que le cousin Paul – celui qui avait un papa très riche – s’était enfui à Gretna Green avec la jeune fille qu’il voulait épouser sans l’accord de ses parents.

Depuis peu, l’Adrienne a appris que ça porte un nom, elopement.
Même en français.
Elopement.

Ces jours-ci, le mot a pris un sens nouveau, s’il faut en croire la presse: on l’utilise aussi pour désigner les mariages tout à fait intimes, juste à deux, sans famille, sans invités.

Et pas seulement pour des raisons de covid: « Just the two of us » 😉

H comme horribilis

tintin
Flobert

Nestor avec sa raclette, sa lavette, sa ramassette, sa loque à poussière, son torchon… était contraire.

Oui, l’année avait été mauvaise et ce n’était pas avec un ballotin de pralines à Noël qu’on allait l’amadouer.

J’en ai ma claque de leurs carabistouilles, grommelait-il entre ses dents, et tant pis le ménage sera fait rouf-rouf, qu’ils tirent leur plan!

Au milieu de son bazar on a toqué à la porte.

Milliardidju, ce sera encore ce marticot de Séraphin Lampion qui vient nous vendre son brol!

– Bonjour tout le monde! a crié Tintin, une main sur la clenche et l’autre portant ses filets à commissions.
Je nous ai rapporté des couques au beurre et du filet américain!

A la bonne heure, a soupiré Nestor, ils vont encore me mettre des miettes partout! Moi, le 31 décembre, je prends ma pension!

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écrit pour l’agenda ironique de décembre qui demandait de combiner le thème de l’annus horribilis à des régionalismes, dont au moins un juron.

J’ai été très heureuse de pouvoir lâcher un maximum de belgicismes, chose que j’évite de mon mieux en temps normal 🙂