E comme effets

18-07-17 (37bis)

En bleu-blanc-rouge aussi ces trois touristes pour leur découverte du Reichstag et de son amusant jeu de miroirs sous la coupole de verre.

Arrivés la veille en fin d’après-midi, ils ont été subjugués par la ponctualité des trains allemands, l’affabilité de l’hôtelière, l’efficacité des guichetiers, la discipline des usagers de la route et le sourire des serveuses.

Dans les musées, chacun respirait la joie de vivre et la journée s’est terminée sur le merveilleux accueil au Reichstag, où ils ont eu le bonheur de faire la queue deux fois sous le soleil, parce que la première fois ils avaient un quart d’heure d’avance sur l’horaire de leur réservation.

La facétieuse police militaire réussissait à faire sans rire de sympathiques blagues, comme par exemple fermer la porte de l’ascenseur à moitié vide juste au moment où un couple veut y pénétrer.

Bref, depuis leur retour, ils n’ont pas de mots assez forts pour chanter les louanges de Berlin 🙂

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D comme droit

18-07-17 (41bis)

L’Adrienne est fière de Monsieur Neveu, qui est fier de lui, fier d’être Français et fier d’étudier le droit.

Il aime s’habiller en bleu-blanc-rouge et arborer une ou deux autres preuves de son appartenance à sa patrie.

– D’où venez-vous? demandaient les dames aux guichets des musées.

Et quand l’Adrienne répondait:

– De Belgique…

Monsieur Neveu tenait à préciser, en français, que lui venait de France.

Malheureusement, aucune des personnes rencontrées ne prétendait comprendre ou parler un seul mot de français, ce qui l’a beaucoup choqué.

Quant à ses propres connaissances d’autres langues, il a une théorie fort simple et fort belle qui l’en dispense:

– Le français est une langue si difficile qu’il est normal qu’on ne puisse pas en apprendre une seconde.

B comme Burger

18-07-17 (25bis)

– Pour ces huit jours, a déclaré la mère de l’Adrienne dès le premier soir, j’ai décidé de ne me priver de rien. 

Ça a un peu étonné l’Adrienne, qui n’a jamais eu l’impression que sa mère se privait de quelque chose, et ça l’a encore plus étonnée quand elle a vu ce que ça signifiait concrètement:

– J’ai envie d’un hamburger avec des frites, a-t-elle dit.

Elle a trouvé les frites un peu grosses et la salade un peu chaude.

C’est là que l’Adrienne a pensé: « Rien n’est parfait, soupira le renard. »

Mais elle s’est tue, bien sûr.

A comme Apple

18-07-16 (9) Apple

Il y a de ces choses que vous ignoriez mais par bonheur vous avez un neveu. C’est ainsi que vous avez appris que notre société qui se croit moderne s’organise en tribus.

– Moi, dit-il fièrement, je fais partie de la tribu Apple. 

Ça a l’air de le rendre à la fois fier et heureux, alors vous en êtes contente pour lui.

Mais vous ne l’auriez jamais su si vous n’étiez pas entrée dans cet énorme Apple Store sur l’avenue la plus chic de Berlin, simple curiosité de votre part que d’ailleurs Monsieur Neveu n’a pas comprise:

– Mais qu’est-ce que tu veux y faire, tu n’as même pas de smartphone?

– Ben justement, regarder, voir et apprendre!

Vous êtes sortie de là un peu étourdie et pourtant vous n’avez osé toucher à aucun des centaines d’appareils disposés sur les grandes tables de l’immense salle, tous allumés et proposés à la curiosité investigatrice (ou à la fièvre acheteuse) du passant et du promeneur.

Vous ne vous sentez définitivement pas à la hauteur pour être intronisée dans cette tribu.

Premiers!

Bratislava cityscape view on the old town

Les destinations les plus « vertes » de notre planète, selon quelques critères qui aboutissent en gros à calculer le nombre de m² d’espaces verts par habitant, sont en numéro 1 Reykjavík, en 2 Auckland et en 3 Bratislava.

A quoi j’ajouterais que si on est véritablement écolo ou inquiet pour la planète, on ne prend plus l’avion, ce qui exclut le voyage en Nouvelle-Zélande et sans doute aussi l’Islande. 

Les villes belges du palmarès sont Anvers (33e) et Bruxelles (39e). Les françaises sont Marseille (une belle 11e place, ce qui est un peu mystérieux pour moi, faudra que j’aille y voir ;-)), Paris 45e et Lyon 47e.

La Suisse aussi y figure, bien sûr, avec Berne (8e) et Zurich (22e), ainsi que de nombreuses autres villes européennes, quatre aux Etats-Unis et une au Canada, Toronto (40e) 

Parmi les destinations européennes, il y en a où j’espère encore aller, Prague (6e) et Rome (7e). Berlin, où on sera cet été avec Monsieur Neveu, a la 18e place.

***

menu déroulant à cliquer, avec le classement des 50 villes les plus vertes ici

source de l’article et de la photo ci-dessus (Bratislava) ici

R comme Routard

allemagne.jpg

Amis français, si le Routard Allemagne 2012 dit vrai, arrêtez de lire. 

tongue-out 

*** 

Contrairement à ce que l’on croit souvent, les Allemands ne manquent pas d’humour. En revanche, s’il est une chose dont ils manquent certainement, c’est de détachement face à la vie; car leur soif d’absolu les empêche de plaisanter sur les événements graves. 

Si les Britanniques, eux, mettent un point d’honneur à tourner en dérision les avatars les plus dramatiques, leur manière d’en sourire laisse les Allemands en général très mal à l’aise, tout comme, dans un autre registre, les Français sont d’une susceptibilité maladive et incapables de se moquer d’eux-mêmes.

Guide du Routard Allemagne 2012, page 84. 

européens.jpg

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi j’ai été fort déçue de lire dans le Routard ce ramassis de clichés et de généralisations. 

Ici et là on retrouve tout de même la note d’humour qui me faisait me délecter de cette lecture autrefois: 

Ne vous ruez pas sur la première Allemande qu’on vous présente en l’embrassant sur les deux joues comme si vous la connaissiez depuis toujours. Calmez vos ardeurs et serrez-lui la main. En Allemagne, on n’embrasse que les personnes que l’on connaît bien. 

Voilà pourquoi le président Sarkozy a rapidement tapé sur les nerfs d’Angela Merkel en la traitant comme une vieille copine que l’on peut embrasser à tout bout de champ dans le cou en lui triturant les avant-bras. 

Guide du Routard Allemagne 2012, page 86.

 

le bilan du 20

wagon de train

Comment est-ce possible, s’énerve l’Adrienne depuis huit jours, comment est-ce possible d’avoir écrit à peu près 120 billets sous le libellé « wagon de train » et de ne pas réussir à produire la moindre petite bafouille pour le Défi du Samedi d’aujourd’hui! 

Comment est-ce possible d’avoir pris le train en Roumanie, en Lituanie, en Italie, en France, aux Pays-Bas, le train pour Ostende, Bruxelles, Liège, Gand, Louvain, Mons, Eupen… et de ne rien trouver à dire cette fois-ci? 

Les trains dans la peinture, les trains dans la littérature, et là rien. 

Des photos de toutes les gares où elle est passée, au Mans, à Montparnasse, Asciano, Malaga, Amsterdam, Bruxelles Nord, Centrale ou Midi: rien! 

Des considérations sur les gens et leur portable – comme sur cet homme qui en avait trois – leur lecture, leur bébé, leur tentative de maquillage – se faire un beau trait à l’eye liner pendant les secousses – mais cette semaine, rien. 

Des observations sur les supporters de foot allemands, les petits Anglais en tournée de cimetières 14-18, les Japonais entre leur visite de Bruges et Bruxelles, les étonnements de l’amie roumaine en Belgique pour la première fois: rien de neuf. 

Rien non plus sur les contrôleurs patients et polyglottes, les conducteurs dont c’est le dernier trajet avant la retraite, les wagons réservés pour la sortie scolaire, les rencontres inattendues, le contrôle social ou les adieux sur les quais. 

RIEN. 

***

Et le comble, vous savez ce que c’est? 

Que le tout premier billet de ce blog, c’était un « wagon de train« ! 

photo prise à Ostende, la dernière gare vue en 2017, cachée par le Mercator