K comme krapoverie mozartienne

Violon_d'enfant_de_Mozart

Quand l’Adrienne était une petite fille, elle croyait que les grandes personnes en général étaient infaillibles et sa mère en particulier. C’est pourquoi, si à l’âge de dix ans vous lui aviez demandé ce qu’elle pensait de la musique de Wolfgang Amadé, elle aurait répondu « mièvre » et « facile ».

Elle en a encore honte, quand elle y pense, d’avoir un jour adhéré à ces jugements sans avoir entendu rien d’autre que le Rondo alla Turca ou la Kleine Nachtmusik. Il a fallu qu’à dix-sept ans elle découvre ses opéras, puis ses concertos pour piano, pour hautbois, pour harpe… et qu’elle se prenne de passion pour sa musique et d’amitié-pour-la-vie envers l’homme.

Tout, elle aime tout de lui, même ses lettres un brin scatologiques à sa cousine 🙂

Comme chacun sait, le pèlerinage mozartien pose problème: il n’y a pas de tombe où se recueillir. C’est même à peine s’il existe un portrait vraiment ressemblant de l’homme tel qu’il était. Sans mièvrerie et sans facilité.

L’Adrienne a tout de même fini par faire le détour pour se rendre à Salzbourg, la ville qui l’a vu naître et qui exploite à fond ce hasard, heureux pour elle et si malheureux pour lui.

Ne reste au pèlerin mozartien qu’à s’émouvoir devant un minuscule violon d’enfant exposé dans sa maison natale.

Et à écouter sa musique. Bien sûr.

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Merci à Joe Krapov pour la consigne: jusqu’où pourrait vous pousser votre propre fanitude ? Sur les traces de qui êtes-vous prêt(e) à partir ? Dans quelle ville inconnue rêvez-vous de vous rendre pour cela ? Qu’y ferez-vous ? Qu’explorerez-vous ? Qui rencontrerez-vous ? Que vous arrivera-t-il là-bas ?

Vous pouvez traiter ce sujet comme une fiction et raconter l’histoire à la troisième personne.

C comme causerie parisienne

black and white black and white chairs france

Hier matin, les élèves ont apporté un objet qui « symbolise le séjour à Paris » et Madame est impatiente d’entendre des impressions un peu plus circonstanciées que le premier jet qu’elle a recueilli jeudi.

Bien sûr, la plupart ont joué à fond « les touristes » et se sont offert un porte-clé tour Eiffel, un briquet Montmartre, une « boule de neige » Notre-Dame, un sweater Hard Rock Café Paris.

Très nombreux aussi ceux qui veulent conserver en souvenir de cet « inoubliable voyage » chaque ticket des lieux visités. Malheureusement, ceux qui ne les avaient pas encore mis en lieu sûr ont eu une maman qui est passée par là et qui a tout jeté à la poubelle avant de mettre le linge en machine 🙂

Il y a, évidemment, des tas de photos avec le groupe d’ami-e-s pour la vie, principalement devant la tour Eiffel illuminée dans la nuit – tant pis si les ami-e-s pour la vie sont un peu flou-e-s ou à peine reconnaissables – et devant le mur des « je t’aime ».

– Moi, dit F*, j’ai apporté mes baskets, parce que j’ai vraiment eu mal aux pieds.

Il avait eu deux bonnes idées: se commander des baskets neuves par Internet et les étrenner à Paris 🙂

Photo de Marta Siedlecka sur Pexels.com

Z comme Zapprenants

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C’est chez Sophie Pouille que Madame a appris le mots: les Zapprenants. La seule différence est que Sophie a des « Zapprenants de petite taille » et Madame des Zapprenants plus grands qu’elle. Sauf une ou deux exceptions 😉

En ce moment, les Zapprenants de Madame sont en voyage à Paris, ils rentrent ce soir de quatre belles journées bien remplies.

Madame est très impatiente d’avoir leurs réactions jeudi matin à la première heure.

– Vous n’accompagnez pas? a demandé gentil G*J*K* rencontré vendredi dernier.
– Hélas non! a dit Madame, je n’ai plus l’énergie qu’il faut pour ce genre de voyage. J’ai besoin de dormir, la nuit.
– C’est vrai que nous, la nuit, on ne dort pas, a-t-il ri.
– C’est justement ça le problème, a ri Madame.

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La photo ci-dessus a été prise le jour de l’anniversaire de la mère de Madame, qui cette année-là a été fêtée à Paris 🙂

V comme voyager avec Villejean

2019-01-04 (1)

Sapristi! s’écrie-t-elle, pensant jurer comme un charretier.

Elle loge chez l’habitant. Trois barbus la regardent. Elle n’avait jamais vu trois barbus aussi blonds ni aussi baraqués. 

En route! Explorons le coin avant la tombée de la nuit.

Elle oublie qu’en cette saison, le soleil ne se couche quasiment pas. 

En chemin, elle croise un type qui se promène avec un sac à dos en forme de globe terrestre. Chaque continent est une poche. Il est en baskets et en chemisette. Bleue.

La chasse aux guillemots, j’espère que c’est interdit! dit-elle tout haut.

Elle se souvient de Maupassant en voyant trois oiseaux au bec noir souligné de blanc, là-haut sur un rocher, la tête tournée vers la gauche, sans bouger. Des guillemots, peut-être? Impossible de le demander aux autochtones.

Un avion vrombit dans le ciel. Il vole à si basse altitude qu’elle a envie de saluer les passagers d’un grand coup de mouchoir blanc. Par bonheur, elle n’en a pas.

Un crayon, un calepin, une boussole… énumère-t-elle en les remettant en poche. Aurait-elle oublié quelque chose d’essentiel?

« Six slips chic. Six slips chic. Six slips chic. » Elle le répète à chaque pas, de plus en plus vite, jusqu’à ce que sa langue fourche.

Alors elle rit toute seule.

Tant pis pour ce que peuvent penser les trois barbus blonds 🙂

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Consignes chez Joe Krapov, que je remercie:

On écrit la première phrase du roman qu’on aimerait lire enfin.
Dans un guide de voyage on choisit sept images. Pour chacune d’entre elle on écrit un début de phrase.
On liste sept titres possibles à ce roman.
On repart de la première phrase et on poursuit le texte en intégrant tous les titres et tous les débuts de phrases qu’on a écrits.

finlande

J’ai utilisé mon vieux Routard Finlande-Islande donc faute d’illustrations – à part quelques publicités – j’ai dû me limiter à cinq images et cinq titres 🙂

La photo en tête du billet a été prise début janvier, lors du retour d’Islande.

U comme ugly

2019-01-02 (28)

– C’est vrai que c’est affreusement laid, dit la nipotina en voyant la signature de l’artiste. Ugly.

– Peut-être qu’on devrait lire les sagas islandaises, répond l’Adrienne en riant, et que si on comprenait ce que ça représente, on l’apprécierait mieux?

– Non! Non, c’est laid, un point c’est tout!

La nipotina n’est pas de celles qui changent d’avis 🙂

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Photo prise à Reykjavik début janvier

20 miracles de la nature (2 bis)

2018-12-31 (45)

Dès le premier jour sur le sol islandais, je me suis posé la question de savoir ce qui était le plus grand « miracle de la nature ».

Était-ce cette eau chaude qui sortait de terre ou le fait que des milliers de gens venaient de tous les continents pour l’admirer?

Était-ce cette magnifique cascade ou ces milliers de gens qui grelottaient sous trois à cinq couches de vêtements pour la prendre en photo?

Était-ce ce volcan ou le fait que cette foule bravait l’épais brouillard et la nuit polaire dans le vain espoir de l’entrevoir?

O comme outrage

2019-01-03 (21bis)

Surtout, dit la dame, faites-nous plaisir et n’appelez pas nos chevaux islandais « des poneys« ! Ce serait leur faire injure et à nous aussi! Ce ne sont pas des poneys! Ce sont de petits chevaux. Ils sont forts comme de vrais chevaux, ils sont robustes, mais très doux, très conciliants, et peuvent même passer l’hiver dehors.

Je pense, dit la nipotina – qui depuis qu’elle fait de l’équitation en connaît un brin sur les équidés 🙂 – qu’il faudra lui donner la définition du mot poney!

Au manège ostendais où elle va, il y a des poneys plus grands que ces petits chevaux. Des poneys très robustes, forts, doux et conciliants.

Alors amis lecteurs, voyez la photo ci-dessous et jugez par vous-même s’il faut insulter la fierté islandaise et appeler ‘poney’ ce petit cheval:

2019-01-03 (60)

En quoi, d’ailleurs, serait-ce outrageant d’appeler poney un poney?