R comme relativité

Autant l’avouer tout de suite: l’Adrienne n’est pas faite pour les voyages en groupe.
Et elle le sait.

Oui mais voilà, pour certaines choses, comme cette série de concerts avec logement sur place, à Alden-Biesen, il n’y avait pas d’autre choix: c’est en groupe ou pas du tout.

Vous dire tout ce que l’Adrienne n’aime pas, ce serait long et fastidieux, tenons-nous-en à deux ou trois choses: elle déteste les attentes inhérentes à tout fonctionnement d’activités de groupe et cette cohabitation forcée où il faut sans cesse répondre aux mêmes questions: vous êtes mariée? vous avez des enfants?

Pourtant, dès le deuxième jour elle trouve Mony bien sympathique et se dit qu’elles pourraient devenir amies, si elles n’habitaient pas si loin l’une de l’autre.
Elle trouve Margriet bien touchante, avec son veuvage récent, douloureux, encore plein de rancœurs.
Et Magda l’a bien fait rire, qui trouve encourageant qu’un monsieur de 89 ans soit présent, « ça me fait encore 14 ans pour voyager », conclut-elle pleine d’espoir.

– Devinez quel âge j’ai, dit une dame très coquette, veuve d’un médecin.
– Je ne joue pas à ce jeu-là! a dit l’Adrienne.

Bref, cette dame avait l’âge de sa mère et la même fierté qu’elle, parce que chacun lui croit dix ans de moins 😉

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photo prise à l’arrière du château d’Alden-Biesen le week-end dernier

C comme caravane

source ici

« Les chiens aboient, la caravane passe », dit le proverbe, sauf que celle de monsieur Ferla ne passe ni ne repasse: il l’installe pour deux semaines à une époque où camper est encore réservé aux nomades et aux forains.

C’est en tout cas ce que semble croire la dame de la maison d’à côté, qui le traite de romanichel et l’invective chaque fois qu’elle le voit, c’est-à-dire plusieurs fois par jour.

On est peu après la guerre, et les seuls à dormir en pleine nature, ce sont les scouts.
Monsieur Ferla cependant ne fait pas de musique autour d’un feu de camp: assis sur un petit pliant, il peint.

L’autoroute du soleil n’existe pas encore, les Hollandais n’ont pas encore quitté en masse les « froides brumes du Nord », seuls quelques autochtones et monsieur Ferla profitent en toute liberté de la découverte des paysages ardéchois.

Où les chiens aboient et la dame d’à côté menace d’appeler les gendarmes.

– Vous n’avez rien à craindre de moi, Madame, lui dit-il.

Mais bizarrement, cette petite phrase semble la mettre encore plus hors d’elle 🙂

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écrit en souvenir de monsieur Ferla avec les mots imposés par les Plumes d’Émilie – merci Émilie! : CHIEN – MUSIQUE – PLIANT – DéCOUVERTE – CAMPER – REPASSER – DORMIR – NATURE – SOLEIL – ROUTE – NOMADE – LIBERTé – FEU – FORAIN – FROID

L comme letzte Bratwurst

Défi #676

cabo de São Vicente

L’Adrienne a toujours entendu son père vitupérer contre ces touristes qui, alors qu’ils ont choisi une destination étrangère, parfois même exotique, désirent y boire et y manger exactement ce qu’ils mangent et boivent chez eux.

– Autant rester chez soi, alors! disait-il.

C’est donc à lui qu’elle a pensé en voyant la photo proposée par Walrus et en lisant ce passage chez Jonathan Coe, où Billy Wilder et ses invités sont attablés dans le meilleur restaurant bavarois et qu’Al Pacino veut une chose qui n’est pas au menu: un cheeseburger avec des frites et du coleslaw.

Ce qui fait bondir Billy Wilder exactement comme l’aurait fait le père de l’Adrienne:

« Un cheeseburger, vraiment? Vous vous croyez au McDonald’s?

– Non, je sais qu’on n’est pas au McDonald’s, répondit Pacino, mais j’ai envie d’un cheeseburger, c’est tout. Où est le problème? N’importe quel resto du monde peut vous servir un cheeseburger, non?

– Certes, mais ce restaurant n’est pas n’importe quel restaurant. Nous sommes dans la salle de restaurant du Bayerischer Hof. Le chef est le meilleur d’Allemagne. Et sa spécialité, c’est le Schweinshaxe.

– Eh bien, je suis ravi de l’apprendre. Mais ma spécialité à moi, ce sont les cheeseburgers. Et je compte sur lui pour m’en préparer un du tonnerre.

– Vous devriez peut-être commander un milkshake au chocolat avec. Ou un diabolo fraise. Cela s’accordera sans doute mieux avec votre plat qu’un riesling millésimé. »

Bref, ça énerve tellement Billy Wilder qu’il conclut en disant au serveur :

« Dans ce cas, vous pourriez également apporter du ketchup et de la mayo, et enlever les couverts de monsieur Pacino pour qu’il puisse manger avec les doigts, et peut-être régler vos horloges sur l’heure d’été du Pacifique, pour qu’il ait toujours l’impression d’être chez lui, à Los Angeles. »

Jonathan Coe, Billy Wilder et moi, éd. Gallimard 2021, traduction de Marguerite Capelle, p.152-153.

F comme Freÿr

Ce que l’Adrienne a vu de plus beau pendant ces cinq jours en bord de Meuse dinantaise, c’est le château et les jardins de Freÿr.

La preuve, c’est là qu’elle s’est complètement laissé aller avec l’appareil photo, alors que généralement elle fait comme à l’époque des rouleaux de films kodak: cliquer à bon escient pour ne pas gâcher de pellicule, même si on est passé à l’ère du numérique 😉

Tout est beau, à Freÿr, à commencer par son environnement en bord de Meuse et la route qui y mène, le long de forêts et de falaises.
La magnifique allée d’arbres, la drève du château, et le château lui-même, au dedans comme au dehors.

Un joli belvédère.
Les splendides jardins et une remarquable collection de citronniers pluri-centenaires.
Deux belles orangeries.

Bref, vous avez compris 🙂

photos prises à Freÿr le 30 juillet dernier

C comme commodités

Le château de Vêves est celui que dessinent les enfants, avec ses tourelles rondes aux quatre coins et ses fenêtres à petits carreaux.

D’ailleurs, les enfants qui le visitent cet été sont invités à puiser dans les coffres aux déguisements, ce qui fait qu’on y rencontre des princesses en coiffe et robe longue virevoltante et des chevaliers armés du glaive et du bouclier.

C’est un de ces chevaliers qui, en faisant le tour côté extérieur, a fait remarquer à sa famille, en pointant son arme:

– Regardez! Là! Les toilettes!

C’est bien, se dit l’Adrienne, il a été attentif pendant la visite 🙂

B comme blondinettes

– Ethel! viens ici!

– Ethel! ne va pas si près du bord!

– Ethel! viens boire ton jus!

Elles étaient deux, pourtant, les blondinettes.
Deux à batifoler le long de la rambarde.
A galoper parmi les sièges.
A dédaigner leur boisson.

Mais bizarrement, la grand-mère ne connaissait plus le prénom de son autre petite-fille 😉

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photo prise à Dinant (collégiale et citadelle) où l’Adrienne a vraiment, vraiment joué les touristes en prenant un de ces bateaux qui font le va-et-vient entre Dinant et Anseremme 🙂

Première fois

C’est la première fois que l’Adrienne a pris des vacances dans son pays, côté wallon.
Si on ne compte pas une paire de week-ends à Liège et des dizaines d’excursion d’un jour, depuis la plus petite enfance, comme des voyages scolaires à Dinant et dans les grottes de Han ou les sorties annuelles en famille organisées par le grand-père maternel et celles entre amis ou avec les collègues coordinatrices.
Ou la semaine de vacances au bord de la Semois, avec visite de Bouillon, grâce aux parents d’une copine de classe, à l’école primaire.

Bref, une vraie semaine de vacances en Wallonie, qui était prévue il y a trois ans, mais qui avait dû être annulée parce que c’était précisément la seule semaine où Monsieur Neveu était libre et qu’il ne voulait pas de vacances wallonnes.
Souvenez-vous: il préférait Berlin 😉

Et ça valait la peine d’attendre: l’Adrienne n’a vu que de belles choses 🙂

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photo prise le 30 juillet entre Houx et Anhée.

J’y comme j’y vais!

Si vous aviez demandé à l’Adrienne de seize ans quelle était sa destination de rêve, elle vous aurait répondu: la Grèce!

Nulle hésitation là-dessus.

Or, ni dans sa vie d’enfant, ni d’épouse, ni l’actuelle, jamais elle n’a pu le réaliser.
Son père ne voulait aller qu’en France.
Son mari uniquement dans les pays avec lesquels il faisait commerce de vin, fut-ce le Chili ou la Nouvelle-Zélande, mais il n’y avait pas de vin grec à son catalogue.
Et depuis qu’elle est seule, elle se contente de petits voyages d’une semaine, une fois sur deux avec sa mère.

Pourtant, quand la question a été posée mardi dernier au « babbelgroep« , que veux-tu encore faire dans ta vie? l’Adrienne a eu besoin de deux jours entiers avant de trouver la réponse: aller en Grèce, bien sûr!

Bref, c’est prévu pour octobre 2021.

Qui vivra verra 🙂

X c’est l’inconnu

Par Korido — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=36728382

Sur Couchsurfing, parmi les requêtes et propositions convenues, on en trouve parfois d’étranges.

Comme celle d’un certain Massimo, quinquagénaire florentin, qui est à la recherche d’un jeune homme de 25 ans, originaire du Maine, du Connecticut ou de Cape Cod, dans le but d’écrire un livre sur lui.

N’est-ce pas, qu’il y en aurait des choses à dire, à supputer et à imaginer 🙂