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Des amis, des inconnus, sont accourus avec leurs raclettes et leurs torchons – vocabulaire belge, on est en Belgique – et l’ont aidée à se débarrasser de la boue, puis de tout ce qui était abîmé, cassé, invendable.

– Cette fois, dit-elle à chacun, c’est le coup de grâce. J’arrête le magasin. J’arrête tout!

Elle venait de traverser une longue période covid, magasin fermé, les articles pour la cuisine et les articles cadeaux n’ayant pas été jugés essentiels.
D’ailleurs, les fêtes de mariage, d’anniversaires et autres avaient aussi été annulées ou reportées. Qui avait eu besoin d’acheter des cadeaux?

Puis des voisins, des clients, avaient exprimé leur sympathie et l’espoir que les commerces rouvriraient dans le quartier sinistré.
Déjà la pharmacienne s’y préparait, dans deux containers loués.

Alors, quand les caméras de la télévision sont repassées, une dizaine de jours après les dégâts, elle était en train de disposer sur un rayon toute une collection de moulins à poivre.

– Oui, dit-elle, mi-souriante, mi-fataliste, je vais rouvrir quand même.

***

écrit pour la photo proposée par Walrus au défi du samedi 674 – merci à lui! – et inspiré par une dame courageuse vue à la télé.

X c’est l’inconnu

Elle entre dans le restaurant sans masque et crie de loin à sa collègue:

– J’y suis pas allée! Je devais y aller ce matin mais j’y suis pas allée!

Elle traverse deux fois la salle à grands pas, en gesticulant:

– Un vaccin fait en un an! Et on sait même pas ce qu’il y a dedans!

Comme si elle savait ce qu’il y a dans le coca qu’elle boit par litres.
Bref.

– Et en plus, ça va dans ton ADN!

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photo prise à Anhée, le long de la Meuse et du chemin de fer, lundi dernier.

W comme wallon

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image de la consigne du Défi du samedi – merci à Walrus!

Ce devait être au début des années septante quand le téléphone a été installé: les nouveaux voisins ne s’appelaient plus Albert et Julia et ils n’avaient pas le téléphone.

On avait quitté le numéro 17 et la rue de grand-mère pour une maison où mini-Adrienne ne s’est jamais sentie chez elle.

Mais on avait le téléphone 😉

Ainsi qu’une porte de derrière et une porte de devant.

Sauf que ni l’une ni l’autre n’était située à l’avant ou à l’arrière – vu qu’elles étaient toutes les deux sur les côtés – et que tout le monde utilisait la porte de derrière, même les visiteurs, alors que seule celle de devant avait une sonnette.

Bref, un jour le voisin frappe à la porte de derrière et demande s’il peut utiliser le téléphone.

Bien sûr qu’il peut.

Le brave homme parle si fort dans le combiné que dans la pièce d’à côté, on peut suivre la conversation.

Sauf que mini-Adrienne n’y comprend rien du tout.

– Allô? ici c’est Devlé-Chauvert! répétait-il.

– Pourquoi il dit Devlé-Chauvert? demande-t-elle à sa mère.

– C’est parce qu’il téléphone en Wallonie.

C’est ainsi que mini-Adrienne a appris trois choses: que le voisin, qui ne connaissait pas un mot de français, s’exprimait assez couramment en wallon, qu’il adaptait son nom de famille – Devleesschouwer – à son public, et que s’il était maigre comme un clou et crachait ses poumons, c’est parce qu’il avait travaillé dans le Borinage comme mineur de fond.

V comme voilier interstellaire

Représentation d’artiste du voilier solaire LightSail 2 au-dessus de la Terre © Josh Spradling / The Planetary Society

Un voilier interstellaire, lit l’Adrienne avec son café du matin, en voilà un joli mot!

Puis elle a presque avalé de travers: un voilier interstellaire « de la taille d’un timbre, fendant l’espace à une vitesse proche de celle de la lumière« ?

Ce sont des gars de l’université de Namur qui planchent sur quelques problèmes à résoudre afin de rendre la chose possible…

On leur souhaite bon vent!
Pardon: bonne lumière 😉

Et ce soir à 19.30 h. vous pouvez écouter la conférence à ce sujet: info et inscription ici si ça vous intéresse 🙂

T comme traditions

Achttien meter hoge kerstboom zorgt voor kerstsfeer op Brusselse Grote Markt
© Belga Images

Je sais, écrit notre échevin des festivités – tous les jours il trouve une bonne raison de se mettre en valeur sur fb 😉 – je sais que normalement notre ville met un point d’honneur à attendre que saint Nicolas soit passé avant d’installer le sapin de Noël sur la Grand-Place, mais cette année-ci est tellement exceptionnelle et nous avons tellement besoin de (patati et patata, vous devinez la suite).

Bref, on pouvait admirer notre jeune et dynamique échevin des festivités sur une dizaine de photos formant un mini-reportage sur l’installation du fameux sapin.

Comme chaque année, il est offert par un habitant de la ville – vous savez bien, un jour après les fêtes on plante son sapin de Noël dans le jardin et vingt ans plus tard il est plus grand que la maison, envahit toute la pelouse, alors on se dit que c’est peut-être le moment de l’offrir à la ville, qui s’occupe de l’abattage et du transport.

Cette année il est donc de nouveau très majestueux avec ses onze mètres et ses deux tonnes et demie.

Bruxelles, bien sûr, fait encore mieux avec un sapin de 18 mètres en provenance du jardin d’un hôtel de Robertville, dans les Hautes Fagnes 🙂

U comme Uylenspiegel

Félicien Rops : La médaille de Waterloo

En 1856, Félicien Rops et Charles De Coster fondent la revue Uylenspiegel, journal des ébats artistiques et littéraires.
Rops a 23 ans et De Coster 29.

En début de parcours, au musée de Namur, on peut voir quelques-unes des lithographies que Rops a réalisées pour cet hebdomadaire. Comme celle qui illustre ce billet, La Médaille de Waterloo.

Voici un extrait du dossier pédagogique proposé par le musée:

En 1856, Rops atteint la majorité légale, fixée à 23 ans à l’époque. Grâce à l’héritage paternel , il entraîne à sa suite Charles De Coster et une partie de la rédaction du Crocodile pour fonder son propre journal, Uylenspiegel, journal des ébats artistiques et littéraires : « Cher Carlo, Le Journal est né, l’accouchement a eu lieu sans les secours du moindre forceps, l’opération césaréenne n’a pas été nécessaire, l’enfant et les dix papas se portent bien…, – le baptême a eu lieu, le journal a nom Uylenspiegel je t’enverrai Dimanche les dragées, enveloppées dans dix numéros,…
Tout à toi
F. Rops
Uylenspiegel bégaye déjà très joliment seulement il fait pipi dans ses colonnes. – pas vertébrales !!! (…) »

R comme Rops

Malgré deux ou trois courts séjours à Namur pour l’Intime festival, jamais l’occasion ne s’était présentée de visiter le musée Félicien Rops, natif du lieu.

C’est chose faite depuis jeudi dernier, même s’il a fallu passer plus de temps dans des trains – trois à l’aller, trois au retour – qu’à Namur, où l’ambiance était un peu morose, chacun attendant les résultats de la concertation des ministres avec les experts.

Bref, le seul avantage de tout ça, c’est qu’il n’y avait que trois personnes dans tout le musée, en plus de la gentille dame de l’accueil: un couple de Flamands et l’Adrienne. Une invasion flamande, en quelque sorte 😉

Montrer une seule œuvre de l’artiste à la tête de ce billet, c’est lui faire tort, vu la grande diversité de son travail comme peintre et comme graveur, aussi ai-je choisi ce portrait peint par Paul MatheyFélicien Rops dans son atelier (vers 1888), qui se trouve au château de Versailles.

Le site du musée avec beaucoup d’info et d’œuvres, c’est ici.

Le bilan du 20

Quelle est la part immergée de l’iceberg?

Est-elle formée de la majorité des gens, qui font attention, respectent les consignes sanitaires, se montrent solidaires?

Est-ce vraiment à cause de l’insouciance de quelques-uns, inconscients ou égoïstes, qu’il faut à nouveau fermer les cafés, les restaurants, les hôtels et s’enfermer chez soi?

***

Pour le Défi du 20, Vonnette a proposé les mots iceberg et insouciance.

L’illustration que j’ai choisie est un tableau de Constantin Meunier (1831-1905) qui se trouve au musée des Beaux-Arts de Tournai: Cabaret au Borinage.

Pour ceux qui comprennent le néerlandais, un bon article bien illustré sur une expo consacrée à l’artiste aux Pays-Bas (Helmond Museum) en 2017.

7 paires?

A l’expo au Musée de la Tapisserie, à Tournai, l’Adrienne s’est arrêtée un moment devant cette œuvre ‘Sans titre‘ dont elle ne savait que penser.

Des petits carrés blancs épinglés sur fond blanc, sont tricotés ou crochetés ou simplement « déchiquetés » dans du tissu, et portent chacun une nominette (comment appelle-t-on ça en France?) avec un verbe pronominal.

On constate qu’il s’agit souvent des mêmes verbes qui reviennent.
On s’interroge sur le sens de tout ça.
On commence à assembler les verbes deux à deux, jusqu’à former sept couples: se tendre/se détendre, se salir/se laver, s’user/se réparer, se couvrir/se découvrir… mais on doute que ce soit la bonne explication du sens de l’œuvre.

On consulte la brochure reçue à l’entrée.
On y explique que ces verbes « renvoient à l’individu » et que l’œuvre « interpelle et pose une réflexion sur l’être et le devenir. »

Ça rappelle une discussion qu’on avait eue avec un voisin artiste très reconnu en Flandre, dont la conclusion était: si moi – artiste – je décrète qu’une chose est de l’art, alors c’est de l’art.

Point barre.