Question existentielle

La petite école où Madame s’occupe de deux enfants chaque mardi est un bâtiment vétuste: vieux radiateurs individuels, fenêtres à simple vitrage, tout absolument tout y a des odeurs d’autrefois et bien sûr d’où devraient venir les moyens de moderniser, n’est-ce pas, on a déjà besoin de tous les fonds disponibles pour qu’il y ait des ordinateurs, des jeux éducatifs et tant d’autre matériel scolaire, ou pour payer les factures d’énergie.

Dès la première fois, Madame avait évidemment observé les toilettes: elles sont à l’image du reste et il ne faut en jeter la pierre à personne. C’est comme ça: l’école fait ce qu’elle peut.

Quarante ans passés comme prof après toutes les autres années passées comme élève suffisent amplement pour savoir que le problème est complexe et reste un problème.

Même si dans l’école de Madame les toilettes des années 1950 ont été complètement rénovées, combien de fois le personnel d’entretien n’est-il pas venu se plaindre…

On fournit du papier hygiénique en suffisance?
Un rigolo en profite pour boucher les WC.
Il y a de beaux lavabos avec savon et papier?
Un autre rigolo fabrique une pâtée pour boucher les éviers.
Ou exprime sa créativité par des graffitis sur les murs ou les portes.
Etc.

A l’occasion de ce 19 novembre, qui est – Madame vient de l’apprendre – la journée mondiale des toilettes, une nouvelle enquête a été réalisée pour savoir pourquoi tant d’enfants se retiennent d’aller aux toilettes dans leur école.

Il s’agit de 7 enfants sur 10, en Belgique.
Une enquête similaire en France parlait de 8 enfants sur 10 et les causes sont toujours les mêmes: vétusté, manque d’intimité, de propreté, de temps…

40 commentaires sur « Question existentielle »

      1. Jusqu’en primaires je rentrais à la maison tous les midis, alors pas besoin de se retenir. Pour le reste, les garçons avaient moins de problèmes : en général il y avait des rangées d’urinoirs 😉

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    1. La question des toilettes à l’école n’est pas simple, la seule parade que j’ai trouvée à ce problème, comme prof, c’est d’utiliser moi aussi les toilettes des élèves 😉
      Ça aide, mais ce n’est que ponctuel évidemment 😉

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  1. Les toilettes de l’école que je fréquentais enfant n’étaient pas chauffés; situées en dehors de bâtiment principal, on y croisait des rats. Mais impossible pour moi de me retenir. Pour effrayer les rats, on m’avait conseiller de chanter.

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      1. on vient de loin 😉
        je pense que les enfants d’aujourd’hui, qui refusent d’aller aux toilettes dans leur école, seraient bien effarés s’ils voyaient celles que j’avais en maternelle (ou que tu avais, ou qu’avait Mme Chapeau ;-))

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      2. Les toilettes de ma maison étaient aussi dehors et sans chasse.
        Mais c’était un vrai WC et pas juste une planche trouée comme dans d’autres maisons.
        [ et j’aurais dû écrire chauffées dans mon premier commentaire ]

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      3. Chez moi aussi les toilettes étaient dehors avec « un wc anglais » mais sans chasse, il y avait une grande cruche que l’on remplissait à la pompe directement pour que le suivant n’aie pas de problème.

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    1. c’est pour ça qu’on s’en alarme, oui… mais pour avoir été « dedans », je sais aussi que si certains se retiennent ou boudent les toilettes de l’école, c’est pour des raisons « de luxe »
      (un jour une maman m’a dit que le papier toilette de l’école, selon sa fille, était du « schuurpapier »… schuurpapier, c’est le papier qu’on emploie pour gratter la peinture des murs… donc elle disait à sa fille d’utiliser des mouchoirs en papier… donc les toilettes s’étaient bouchées, parce que ce genre de gamine de luxe ne se contente pas d’un feuillet ;-))

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    1. c’est une de nombreuses choses qui me dépassent: le beau, il faut le salir, l’abîmer, le détruire… même les activistes écologistes s’y mettent, c’est aberrant (pour moi), de jeter de la soupe ou de la purée sur un Monet, un Van Gogh ou pire encore (question fragilité) un Van Eyck ou un Vermeer.

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      1. Heureusement que dans les musées on a pris des mesures de protection. Je ne peux pas comprendre non plus, on veut soi-disant éviter les produits toxiques et on oblige à nettoyer avec ce genre de produits…

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      2. Je n’avais pas fait le rapprochement mais c’est juste : ce doit être la même pulsion destructrice qui mène à de telles absurdités. A moins que ce soit un retour au stade anal du Docteur Freud. En toute hypothèse, c’est à pleurer. 😢

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  2. Effectivement c’est compliqué les toilettes utilisées par de nombreuses personnes, et malheureusement il n’y a pas que l’inventivité des enfants pour les rendre inaccessibles…
    J’ai fait le ménage dans un centre de vacances, parfois 15 minutes après avoir nettoyé les toilettes 🚻, c’était de nouveau à refaire…

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    1. je sais, je parlais tous les jours avec les dames de l’entretien…
      un jour j’ai dit aux élèves: vous savez quoi? on va installer des caméras dans les toilettes!
      (il y en a qui m’ont crue ;-))

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      1. Tiens, ça me rappelle qu’à l’armée quand mon régiment était en Allemagne dans des locaux modernes, il y avait un comique qui avait bouché un des WC en y balançant un emballage de cigarettes. Pendant un mois on a établi une tour de garde et il y avait jour et nuit un mec en tenue de combat avec arme, casque et sac à dos qui vérifiait l’état de chaque toilette avant de laisser repartir l’usager. On savait vivre en ces temps-là ! 🙂

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      2. les toilettes du premier étage qui étaient celles des garçons m’ont beaucoup vue patrouiller, ça les faisait un peu rire (je n’avais pas le droit d’y entrer, en fait) et en même temps ça les gênait un peu, mais ça aidait, genre « mieux vaut prévenir que guérir » 😉
        (c’était toujours là qu’il y avait des urinoirs bouchés qu’ils arrivaient à faire déborder et l’eau s’écoulait dans le couloir jusqu’aux escaliers)

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  3. Quand j pense à l’état des toilettes des collèges et des lycées aujourd’hui, je ne suis pas surpris que les enfants (surtout les filles) hésitent à y aller.
    Cela dit, dans mon école et mon lycée, ce n’était pas extraordinaire mais seuls des garçons y allaient et on ne risquait que de déranger un garçon qui s’était planqué là pour fumer en douce.
    Mes soeurs n’avaient pas ce problème mais les écoles n’étaient pas mixtes et les risques de « voyeurisme ado » ou pire, n’existaient pas.
    Peut-être que le vrai problème des toilettes des école primaires, des collèges et des lycée vient du mélange (souvent détonnant) des filles et des garçons plus que de la propreté ou du manque de papier toilette…

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    1. nos toilettes ne sont pas mixtes, donc ce voyeurisme est exclu, et elles sont à l’intérieur du bâtiment, dans des salles bien séparées où les filles peuvent se pomponner à l’aise devant des miroirs ou remettre leur foulard avant de quitter l’école 😉

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  4. Un problème vieux comme l’école, il me semble. Avec le passage à la mixité, de toutes nouvelles toilettes avaient été installées dans la cour du secondaire et les profs masculins les fréquentaient pour les tenir à l’oeil. Mais une année a suffi pour les rendre méconnaissables…
    Même déception devant les beaux bancs publics en bois installés sur le square près de chez moi et bientôt couverts de tags et même de taches de peinture. Le mépris du bien commun et du beau n’en finit pas de me désoler.
    Si décourageant pour ceux qui travaillent à embellir et à entretenir !

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  5. Merci Adrienne de m’avoir donné un sujet d’article. Depuis quelques jours, j’avais perdu la motivation d’écrire. Cette histoire de toilettes ravive des tas de souvenirs. Dans les campagnes, elles sont apparues pour beaucoup dans les années 70…Chez nous, début des années 70, construites par mes frères, salle de bain et WC à la fois..
    Ah, les toilettes d’antan, sous le préau, toujours sales ! Les parents éduqueraient-ils mal leurs enfants ou eux-mêmes étaient-ils des porcs ? Quand tu vas dans des lieux publics où les toilettes homme et femme sont séparés, tu peux être sûr que ceux des hommes sont plus « dégueu »…Est-ce faire preuve de virilité que de « sagouiner » les WC ? Bizarre que je n’ai jamais oublié un souvenir d’enfance, quand, un jour, l’instituteur avait réclamé un volontaire pour aller chercher un poussin qui était tombé dans le trou…Un seul s’était porté volontaire, il en avait bavé..C’est tout juste si on l’avait pas applaudi quand il avait ressorti le poussin. En même temps, on ne s’était pas approché de lui…Je ne me souviens pas s’il avait reçu une récompense, j’espère que oui.
    Ma petite fille dit qu’elle va rarement aux toilettes des écoles. Même que, lorsqu’elle venait chez nous quand elle était au primaire, elle n’allait pas non plus aux toilettes de la journée, malgré mon insistance disant qu’elle avait avoir mal au ventre…
    Ah oui, quand j’étais enfant, j’espérais toujours que les WC des instits soient ouverts…C’est arrivé rarement..

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    1. oui même si les toilettes sont propres et bien tenues etc beaucoup préfèrent « se retenir » pour des raisons intimes, comme l’odeur qu’on peut laisser au suivant ou les bruits qu’on peut faire, tout ça est tellement tabou 😉

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    1. je suis à 100% pour les punitions-réparations des dommages faits mais malheureusement ma direction préférait les punitions « classiques », une retenue et des trucs inutiles à écrire, comme recopier le règlement… sous prétexte que les parents auraient pu trouver « dégradant » que leur cher petit ait à balayer la cour… pourtant les quelques fois où ce genre de punition « utile » a été donnée, les élèves en étaient CONTENTS! contents, me disaient-ils, d’avoir eu un truc utile à faire, un truc dont ils voyaient le résultat… et en plus ça leur donnait un peu de respect pour le personnel d’entretien!

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      1. Associer le terme de « dégradant » au balayage de la cour ou au nettoyage des toilettes en dit long sur l’état d’esprit et les valeurs d’humanité de celui qui parle.

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      2. ce qui a le plus changé entre l’époque où j’étais élève et aujourd’hui, c’est peut-être qu’aujourd’hui l’élève et ses parents sont plutôt traités comme des clients (« le client est roi ») 🙂

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