B comme Breugel à Bruxelles

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La fresque sur un des murs de l’Albertine est une belle invitation à aller découvrir une autre facette de l’oeuvre de Breugel, plus méconnue. Je cite le bel article de la RTBF

« [l’expo] est découpée en 13 salles et se prolonge dans le Palais de Charles de Lorraine, gouverneur-général des Pays-Bas autrichiens de 1744 à 1780. Cet espace agencé au XVIIIe siècle vient d’être entièrement rénové pour 7 millions d’euros, avec le soutien de la Régie des Bâtiments et de Toerisme Vlaanderen. L’exposition ramène les visiteurs 450 ans en arrière, au XVIe siècle, période durant laquelle la Flandre était au cœur de la production et du commerce des estampes.

Dans les premières salles, elle montre comment se déroulait le processus, du dessin à l’estampe. Pour ce faire, elle s’appuie sur des dessins préparatoires originaux de Bruegel, parmi lesquels ses paysages italiens et ses sept péchés capitaux. Le Cabinet des Estampes de KBR et la KU Leuven ont lancé en 2016 le projet FINGERPRINT, qui fait appel aux dernières techniques d’imagerie pour observer les différentes phases de genèse des estampes de Pieter Bruegel. Leurs premiers résultats ont été incorporés dans l’exposition.

Par la suite, différentes estampes de Pieter Bruegel sont présentées en mettant en lumière ses paysages panoramiques fournis, l’influence du peintre flamand Jérôme Bosch, ses folles créatures imaginaires ou encore ses visées moralisatrices. « On a conçu l’exposition de manière à ce que ce ne soit pas toujours des cadres qui sont simplement accrochés au mur« , explique Joris Van Grieken, commissaire de l’exposition. « On a essayé de recréer l’ambiance de l’époque. Au XVIe et même encore au XVIIe siècle, les estampes étaient posées sur des tables, reliées dans un album ou étaient volantes. Donc, on en présente dans des vitrines en bois sur lesquelles on peut se pencher, dans une table vitrée…« 

Au total, l’œuvre de ce peintre flamand compte une septantaine de gravures qui ont fait l’objet de multiples impressions. Elles sont toutes reprises au sein de l’exposition. Des peintures ou encore des manuscrits viennent enrichir la collection présentée au public. »

Toute l’info sur le site de l’Albertine ici.

Photo prise à Bruxelles le 27 décembre 2019.

 

W comme winkelhieren

Woensdag 18 december

Comme chaque année, le dictionnaire Van Dale a organisé le concours du néologisme (de l’année, donc) et le gagnant pour la Flandre est le mot ‘winkelhieren‘.

Il est formé à l’aide du verbe ‘winkelen‘ (faire les magasins, faire des courses) dans lequel on a intercalé l’adverbe ‘hier‘ (ici).

Le néologisme ainsi formé veut donc dire ‘acheter local’.

C’est ce mot-là qui a remporté le plus de voix en Flandre, avec en seconde position ‘klimaatspijbelaar‘, mot inventé pour désigner les jeunes qui vont manifester le jeudi au lieu d’aller à l’école.

Les Hollandais ont choisi ‘boomer‘, un mot dépréciatif pour qualifier la génération née après-guerre (les baby-boomers) dans ce qu’elle a de plus négatif: vieux fossile, personne arriérée, aux idées conservatrices. Chez eux aussi ‘klimaatspijbelaar‘ vient en deuxième position.

J’aime bien le dessin de Lectrr dans le journal De Standaard. Marie s’interroge à propos des cadeaux apportés par les Mages: de l’encens et de la myrrhe, passe encore, mais des chicons? (endives)

Et Joseph lui répond que Melchior tenait absolument à acheter local 😉

source de l’image ici.

le dictionnaire Van Dale ici.

un article en français ici.

H comme hommes

man in black and white polo shirt beside writing board
Photo de Pixabay sur Pexels.com

« Les hommes ne trouvent plus le chemin vers la classe » (Mannen vinden de weg naar de klas niet meer), titrait le journal d’hier.

L’article donnait quelques chiffres: à l’école primaire, en Flandre, 63.551 femmes sont au travail pour seulement 8.943 hommes et dans le secondaire 49.440 femmes pour 27.291 hommes.

Rien de bien nouveau, en fait, et l’Adrienne s’étonne que la presse ou la politique s’en étonnent.

De même qu’on constate, année après année, une défection des jeunes pour le métier, on le remarque encore plus du côté masculin. Il en a déjà été question ici par le passé: les rares fois où un élève de Terminale envisageait de devenir prof, il fallait d’abord en convaincre ses parents. Ce qui ne réussissait pas toujours, malheureusement.

Pas assez bien considéré, pas assez bien rémunéré: rares sont les parents qui applaudissent quand leur fils leur annonce qu’il a la vocation-prof 😉

Bref, rien n’a changé depuis ce billet de 2014, H comme humour ministériel, et on pourrait refaire le même aujourd’hui.

C’est tout de même bizarre – bizarre? vous avez dit bizarre? – que les ministres successifs n’arrivent pas à trouver comment enrayer cette évolution 😉

Première

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La ville de Tongres affirme fièrement être la première de notre pays et son logo annonce la couleur: « Tongeren, de eerste stad« , Tongeren, la première ville.

L’Adrienne s’y est beaucoup promenée, vendredi dernier, a admiré le mur d’enceinte romain, le mur médiéval, la basilique de Notre-Dame et son incroyable trésor. En plus de merveilleux antiphonaires du 14e siècle et de précieux reliquaires d’à peu près tous les saints du paradis, il y a une collection de vêtements liturgiques qui semblent venus tout droit de Roma (Fellini)

photo prise vendredi vers les cinq heures du soir, sur la promenade du mur d’enceinte romain.

 

D comme dépenser

Rupin? Rupin! se dit l’Adrienne en découvrant le mot imposé par Walrus pour le Défi du Samedi. Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir inventer avec un mot pareil? Ça ne fait pas du tout partie de mon vocabulaire et je ne vois pas dans quel contexte je pourrais le placer… 

Vendredi midi, quelques heures avant l’échéance, c’est toujours le vide dans sa tête. Elle a bien tenté quelques pistes – à commencer par celle d’Arsène Lupin/Rupin, vite abandonnée – et quelques rimes en -pain/-pin, mais rien de bien valable ne lui est venu.

– Je crois que je vais abandonner, dit-elle à Walrus.

Et au moment même où elle le lui écrit, elle sait que l’abandon n’est pas son genre 😉

Finalement l’idée lui est venue des publicités pour la loterie Euro millions. Voilà de nombreuses années que sur les chaînes flamandes on brode sur le même thème, avec le même acteur et sa tête de benêt ahuri, qui répond chaque fois à la même question: « Is mijn leven veranderd nadat ik Euromillions gewonnen heb? » (1) de la même façon: « Goh! eigenlijk niet! » (2)

Mais tout le clip contredit chaque fois cette affirmation, comme dans la vidéo ci-dessus où il explique que, tout comme ‘avant’, il participe encore à des brocantes pour faire de la place chez lui.

Ou comme dans la pub ci-dessous, où il raconte que ‘comme avant’, il va au foot avec son père et que sa mère lui fait ses tartines quand il part en excursion.

‘Word schandalig rijk’, dit le slogan, ‘Deviens scandaleusement riche’.

Pour l’Adrienne, le mystère de la loterie reste entier: que peut-on bien faire de 190 millions d’euro, la cagnotte de cette semaine? 

***

(1) Est-ce que ma vie a changé depuis que j’ai gagné à Euro millions?

(2) Bin non en fait!

N comme niksen

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Au rayon des gourous annonciateurs de bonheur, les mots d’ordre se suivent et se ressemblent.

Rappelez-vous: on nous a dit qu’il fallait prendre exemple sur les Danois et leur ‘hygge’. Sur les Suédois et leur ‘lagom’.

Ensuite, les Ecossais ont déclaré qu’ils avaient exactement la même chose en magasin, sauf que chez eux ça s’appelle ‘cosagach‘.

Remarquez en passant que tous ces mots d’ordre viennent du nord de l’Europe.

Ce qui nous amène logiquement en Flandre et aux Pays-Bas, qui connaissent eux aussi ce remède: le repos qui répare, c’est « niksen ».

Niksen, ça veut dire ne rien faire.

Les chats connaissent ça depuis toujours et n’ont pas eu besoin de Time magazine pour le leur apprendre 🙂

***

écrit pour Olivia Billington – que je remercie – avec les mots imposés: rien, repos, tout, rayon, réparer et annonciateur.

Et merci à Cici (prononcer TchiTchi) pour l’illustration 🙂

X c’est l’inconnu

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« Comment servir de la meilleure musique à vos hôtes », titrait un article de journal vendredi dernier.

Voyons cela, se dit l’Adrienne, que le chapeau de l’article emballe déjà: « Het meest onderschatte ingrediënt bij een goede maaltijd? Dat moet de muziek zijn. », L’ingrédient le plus sous-estimé d’un repas réussi? C’est sûrement la musique. 

En effet, qui ne s’est jamais senti énervé ou irrité par certaines musiques au restaurant? 

D’autant plus emballée, l’Adrienne, que la personne interviewée est une spécialiste de la musique dite classique, qui a travaillé plusieurs années pour la chaîne classique flamande (Klara).

L’article est long, plein de conseils, d’exemples et d’anecdotes, mais de musique ‘classique’… point.

Jusqu’à la fin, au dernier paragraphe, où on peut lire ceci:

« En klassieke muziek, haar biotoop? ‘Wordt totaal niet gevraagd. Alleen voor de Leuvense Faculty Club, ’s ochtends, heb ik een lijst gemaakt, omdat de historiek van deze plek dat dicteert. Maar klassiek, vroeger het etiket van chic en rijk, wordt nu ­geassocieerd met dikke nekken, met onuitstaanbare mensen die in das en kostuum uit eten gaan. De tijden veranderen.’ »

Et la musique classique, son biotope? ‘On n’en demande absolument pas. Ce n’est que pour le Faculty Club de Louvain, en matinée, que j’ai fait une liste [classique], parce que l’histoire du lieu l’impose. Mais le classique, qui avait autrefois l’étiquette chic et riche, se trouve associé aujourd’hui aux grosses têtes, à ces gens insupportables qui se mettent en costume cravate pour aller manger. Les temps changent.’

Traduction de l’Adrienne, qui ne s’en est pas encore remise et essaie de se consoler avec un proverbe, « Onbekend maakt onbemind« , on n’aime pas parce qu’on ne connaît pas. Ou comme disent nos voisins hollandais: « Wat de boer niet kent, dat lust hij niet« .

Mais les temps changeront sûrement encore, Monsieur Neveu, qui n’a pas tout à fait vingt ans, se met en costume cravate pour aller au resto 🙂

photo prise au printemps dernier pour la réunion des anciennes élèves