J comme jour de joie

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Quand Madame et ses collègues se sont quittées vendredi soir, elles ont soupiré en se disant qu’elles n’avaient pas envie – mais alors vraiment pas du tout envie – de se retrouver entre les murs de l’école dès le lendemain samedi pour une longue journée « portes ouvertes ».

Puis on est samedi, Madame trouve à peine le temps de boire un verre d’eau, d’avaler un sandwich, elle inscrit des élèves, elle revoit quelques « anciens »… et elle est heureuse 🙂

Elle voudrait pouvoir suivre Andra la petite Roumaine, la petite Espagnole, le petit Mohamed né à Bruxelles, le petit Michaël né à Kinshasa, Inês la Portugaise… dans leur parcours scolaire qu’ils entameront sans elle le lundi 2 septembre prochain. 

C comme causerie parisienne

black and white black and white chairs france

Hier matin, les élèves ont apporté un objet qui « symbolise le séjour à Paris » et Madame est impatiente d’entendre des impressions un peu plus circonstanciées que le premier jet qu’elle a recueilli jeudi.

Bien sûr, la plupart ont joué à fond « les touristes » et se sont offert un porte-clé tour Eiffel, un briquet Montmartre, une « boule de neige » Notre-Dame, un sweater Hard Rock Café Paris.

Très nombreux aussi ceux qui veulent conserver en souvenir de cet « inoubliable voyage » chaque ticket des lieux visités. Malheureusement, ceux qui ne les avaient pas encore mis en lieu sûr ont eu une maman qui est passée par là et qui a tout jeté à la poubelle avant de mettre le linge en machine 🙂

Il y a, évidemment, des tas de photos avec le groupe d’ami-e-s pour la vie, principalement devant la tour Eiffel illuminée dans la nuit – tant pis si les ami-e-s pour la vie sont un peu flou-e-s ou à peine reconnaissables – et devant le mur des « je t’aime ».

– Moi, dit F*, j’ai apporté mes baskets, parce que j’ai vraiment eu mal aux pieds.

Il avait eu deux bonnes idées: se commander des baskets neuves par Internet et les étrenner à Paris 🙂

Photo de Marta Siedlecka sur Pexels.com

B comme brèves de comptoir parisien

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– Les Parisiens, dit K*, ils n’aiment pas les touristes.
– Ah? qu’est-ce qui te le fait conclure? demande Madame.
– On saluait, on disait bonjour, et jamais on ne nous répondait.
– Tu es sûr que c’étaient des Parisiens, pas des touristes comme toi?
– Oui, oui, dit-il, tout à fait sûr!

Chacun a son lieu ou monument préféré: Versailles, Montmartre, la tour Eiffel… On ne fait pas de jaloux 🙂
Ils ont trouvé que Notre-Dame n’avait pas l’air trop mal en point – « Il ne manque que le toit, en fait », a dit H* – mais que c’était bizarre de la voir sans sa flèche.

Il faisait froid, il pleuvait, tout y était très cher – « Je me suis acheté quelques boissons et je l’ai senti dans mon porte-monnaie », dit T* – il fallait marcher des kilomètres chaque jour – « Trente kilomètres », dit F* à une Madame incrédule, « ce jour-là on en a fait trente, je vous jure! » – mais malgré tout ça, la conclusion est unanime:

– Quatre jours, c’est beaucoup trop court!

Adrienne aime…

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… les beaux carrelages anciens 🙂

Celui-ci appartient à une ancienne élève qui a merveilleusement bien rénové un ancien magasin du centre ville. L’Adrienne y a emmené Monsieur Neveu – vu que, comme vous le savez déjà, il a un faible pour l’élégance masculine 😉

Elle a ainsi pu faire d’une pierre deux coups:

– Tu permets que je prenne une photo de ton carrelage? a-t-elle demandé à A* pendant que Monsieur Neveu faisait ses essayages.

– Prenez toutes les photos que vous voulez! a répondu A*, institutrice reconvertie dans la mode pour hommes..

Premiers pas

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Elles causaient, elles causaient dur, les mères, tenant à deux mains la poussette de leurs petits bouts d’hommes dont certains se tenaient debout en chancelant et d’autres dormaient avec leur doudou sous le menton.

Elles causaient, elles causaient en tenant la poussette, même celle qui était vide et dont l’occupant était parti loin, très loin, à l’autre bout du parc, à la poursuite de son premier ballon rond alors qu’il avait encore un gros p*mp*rs qui gênait la gambade.

Chaque fois qu’un gamin s’éloigne trop de sa mère, c’est l’Adrienne qui se sent investie d’un devoir de surveillance. Laquelle de ces dames qui causent, qui causent, est sa mère? Aucune n’a les yeux sur lui.

Il court sur ses petites jambes, tombe, se relève, donne un petit coup sur le ballon, disparaît derrière les arbres, court vers le ruisseau, là-bas, et aucune mère ne le voit.

Z comme Zapprenants

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C’est chez Sophie Pouille que Madame a appris le mots: les Zapprenants. La seule différence est que Sophie a des « Zapprenants de petite taille » et Madame des Zapprenants plus grands qu’elle. Sauf une ou deux exceptions 😉

En ce moment, les Zapprenants de Madame sont en voyage à Paris, ils rentrent ce soir de quatre belles journées bien remplies.

Madame est très impatiente d’avoir leurs réactions jeudi matin à la première heure.

– Vous n’accompagnez pas? a demandé gentil G*J*K* rencontré vendredi dernier.
– Hélas non! a dit Madame, je n’ai plus l’énergie qu’il faut pour ce genre de voyage. J’ai besoin de dormir, la nuit.
– C’est vrai que nous, la nuit, on ne dort pas, a-t-il ri.
– C’est justement ça le problème, a ri Madame.

***

La photo ci-dessus a été prise le jour de l’anniversaire de la mère de Madame, qui cette année-là a été fêtée à Paris 🙂

Stupeur et tremblements

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Comme l’eau sur la photo, la personne que vous avez devant vous peut être votre miroir.

– Je vois, dit Madame à charmante élève Louise, que tu es une perfectionniste.

Louise sourit, toute contente.

– Mais attention, dit Madame, être perfectionniste, c’est surtout bien pour les autres: ils savent qu’ils peuvent compter sur toi et que tu feras ton travail – ou le leur – du mieux que tu peux. Que tu feras la vérification finale des travaux de groupe. Que tu auras tout géré. Que le résultat sera au top.

Louise hoche la tête, elle reconnaît.

– Et puis pour toi-même, le danger est très réel que tu ne seras jamais satisfaite, tout peut être encore mieux, la perfection est inatteignable, par définition. Parfois, il faut savoir s’arrêter et se dire que ça suffit…

Louise fronce le sourcil: inatteignable, vraiment? s’arrêter en se disant « c’est bien assez comme ça » ?

Elle n’a que seize ans, bien sûr 😉

Quelques semaines plus tard, Madame est à une formation.

– Nommez une de vos qualités, demande l’instructrice.

Quand c’est le tour de Madame, elle ose dire: je crois que je suis perfectionniste.

– Ce n’est pas une qualité! dit la formatrice sur un ton sans réplique.

C’est là qu’un drôle de déclic a lieu dans la tête de Madame: elle met en garde ses élèves perfectionnistes mais pour elle-même, croit que c’est une qualité.

Il est temps qu’elle mette en pratique ce qu’elle demande aux autres…