E comme Escono!

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Dans un billet du 2 avril, Alessandro Gilioli répond à la question posée dans son titre: Perché i vecchi escono? Pourquoi les vieux sortent-ils?

A lui ainsi qu’à ses amis et connaissances, il semble qu’il y ait surtout « des vieux » dans les rues italiennes. « Des vieux » sans but précis, sans l’excuse d’un chien ou d’une course à faire.

Pourquoi?

A cause de la solitude ou du (trop) petit espace de vie? Par manque de connexions et autres joies d’internet? Parce qu’ils tiennent à leur journal papier quotidien et ont ainsi l’excuse de se rendre au kiosque?

Selon lui, ce serait parce qu’ils sont vieux, précisément, et ne se verraient plus aucun avenir dans lequel se projeter. Ils n’ont que le passé et le présent, dit l’auteur, alors ils ne veulent pas qu’on le leur vole, ce présent.

Et c’est là que l’Adrienne n’est pas du tout d’accord!

Tous les « vieux » qu’elle connaît – non, pas seulement sa mère 😉 – n’estiment pas leur vie terminée et prennent toutes les précautions nécessaires.

Même s’ils aiment sortir pour une petite balade quotidienne: c’est précisément parce qu’ils misent sur le futur et veulent garder la forme.

Pas parce qu’ils s’ennuient faute de N*tfl*x.

***

Merci à Monsieur le Goût pour ce 33e devoir de Lakévio du Goût: Peu de monde, très peu de monde dans cette rue qui descend du Sacré-Cœur vers la place Saint-Pierre. Je peux vous le dire, lectrices chéries, cette rue faite d’escaliers est la rue Paul Albert. Mais où va cette femme qui les descend sous la pluie ? Quel devoir ou quelle aventure la mène ? Qu’est-ce qui la pousse à sortir alors que, dans tout le pays, chacun est appelé à rester chez soi ? Si vous avez une idée, nous la lirons tous avec plaisir, intérêt ou le cœur serré, c’est selon. Mais nous la lirons lundi puisque désormais, c’est « l’école à la maison »…

Z comme zero zucchero

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Sans sucre, sans œufs, sans lait, sans farine, dit Stefania.

Voilà comment elle fait des biscuits ou gâteaux secs.

Vous devinez que l’Adrienne a voulu vérifier, surtout ce « sans sucre » lui semblait impossible.

Alors pour satisfaire votre curiosité, voici ce que Stefania appelle « zero zucchero »: pour une tasse de flocons d’avoine et une poignée d’amandes, il faut une tasse de jus de pommes et une demi-tasse de raisins secs. Vous mixez tout ça légèrement et vous en faites des petits tas sur une plaque que vous mettez 15 minutes au four à 150°.

Zero zucchero, le jus de pommes et les raisins secs?

La bonne blague 🙂

***

L’illustration n’a rien à voir avec le billet puisque c’est le gâteau de mariage de G&S, l’été dernier, avec comme principaux ingrédients du sucre, des œufs, de la farine pour le biscuit, de la pâte à sucre pour le décorer et du « lemon curd » pour le fourrer.

Mais ne demandez pas à l’Adrienne si c’était bon, elle n’en a pas mangé 😉

Z comme Zorzi

Il a écrit un livre qui s’appelle L’Harmonie du monde, l’armonia del mondo (publié en latin en 1525). Homme de la renaissance italienne, Vénitien, érudit apparemment curieux de tout, comme il se doit pour l’uomo universale de l’époque. 

Vous savez comment se passe une recherche internet: de fil en aiguille, vous allez des paquebots de la lagune à une église à un moine franciscain qui se met à étudier l’hébreu pour lire les écrits bibliques dans le texte… Et ainsi vous arrivez chez Francesco Zorzi et vous vous passionnez pour son Armonia del mondo au point de vouloir le lire. Vous arrivez sur un article qui en parle en des termes très élogieux:

« un libro che si fa ancora leggere per lo stile raffinato, e per l’utopia simbolica che lo anima. L’armonia di cui parla il titolo è quella, segreta e divina, che lega tutti gli aspetti del reale.

un livre encore intéressant à lire pour son style raffiné et pour l’utopie symbolique qui l’inspire. L’harmonie dont parle le titre est celle, secrète et divine, qui relie tous les aspects du réel.

è un sorprendente progetto intellettuale, ora per la prima volta reso accessibile in italiano dalla traduzione di Saverio Campanini, accompagnata da un ricco apparato di note e commenti. Una smisurata città ideale di parole da riscoprire e in cui, perché no, gradevolmente perdersi.

c’est un projet intellectuel surprenant, rendu accessible pour la première fois en italien par la traduction de Saverio Campanini, qui l’accompagne richement de notes et de commentaires. Une immense cité idéale de mots à redécouvrir et où – pourquoi pas – se perdre agréablement. » (traduction de l’Adrienne)

Voilà en effet à quoi l’Adrienne perd agréablement son temps.

Cependant, à tous ces amis et gentils collègues inquiets pour sa santé mentale et son bien-être futur, qui lui posent la question: « Mais à quoi passeras-tu ton temps, quand tu n’auras plus l’école? » elle peut difficilement répondre « Je le perdrai sur google » 🙂

Stupeur et tremblements

flat earth society

C’est chez Liborio Butera, le 15 décembre dernier, que j’ai appris le mot et la chose: i terrapiattisti, ceux qui croient mordicus que la terre est plate. Aujourd’hui encore, oui.

Le 16 janvier, les Cafards relayaient sur leur blog un article de l’Express où il était question de la préparation d’une croisière en bateau dans le but de prouver que la terre est plate et entièrement bordée d’une sorte de mur de glace.

Ils ont leur site, la Flat Earth Society, et sont fiers d’être ce qu’ils appellent eux-mêmes « la voix de la raison ». Ils ont leur merchandising, bien sûr, et une ahurissante page wiki pour prouver, par exemple, par quelle conspiration on essaie de faire croire aux gens que la terre est ronde.

Bien. Bien, bien.

Ça donne évidemment très envie de se moquer, et je ne serai pas la dernière à m’esclaffer d’un ‘comment est-ce possible!’

Puis je relis ce que Liborio reprend d’un copain qui dit ceci (je résume un peu):

« Ils sortent toujours du lit avec le même pied et du même côté. Changent de trottoir pour un chat noir. Ne passent jamais sous une échelle. Se touchent les parties génitales quand passe un corbillard. Font une dépression quand ils cassent un miroir. Lisent l’horoscope. Jettent une pièce par-dessus l’épaule dans la fontaine de Trevi. Mangent des lentilles le dernier jour de l’an. Accrochent des fers à cheval au mur et une queue de blaireau dans leur auto. N’ouvrent jamais un parapluie dans la maison. Jettent du sel sur le bord de la fenêtre ou derrière le dos, à table. Font un vœu devant une étoile filante. Et bien sûr se moquent des terrapiattisti. »

On risque toujours d’être la risée de celui qui se croit plus malin que nous, c’est vrai. Mais quand même…  ça va fort, chez la Flat Earth Society. Très fort.

Juste un exemple: « Antarctica is sealed off from the rest of the world by ‘red tape’ […] that make exploration of Antarctica virtually impossible for anyone. »

CQFD 🙂

R comme Rigoni

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En ce premier matin de l’hiver 2018, un petit retour en arrière avec Mario Rigoni (1921-2008) et ses réflexions nostalgiques sur les hivers d’autrefois:

L’inverno è il momento della riflessione, ma anche il momento della sofferenza, specialmente per chi ha tanti anni e ha memorie lontane: quante case, ad esempio, non avevano il riscaldamento? 

L’hiver est le moment de la réflexion mais aussi celui de la souffrance, surtout pour ceux qui comptent de nombreuses années et ont des souvenirs très anciens: combien de maisons, par exemple, n’avaient pas de chauffage?

È anche l’inverno della guerra. E l’inverno della guerra si riempie di memorie. 
L’inverno porta con sé anche le memorie della neve, le grandi sciate. 
È il momento delle riflessioni della vecchiaia e anche la gioia dei bambini quando arriva la prima neve che, con la bocca aperta guardando il cielo, s’impegnano a raccogliere i fiocchi che scendono.

C’est aussi l’hiver de la guerre et il est plein de souvenirs. Il porte en lui des souvenirs de neige et de ski. C’est un moment de réflexion pour la vieillesse et de joie pour les enfants quand arrive la première neige, qu’on regarde le ciel la bouche ouverte en s’efforçant d’attraper les flocons.

L’inverno è anche una tavola grande, dove si sta in tanti e un fuoco che brucia per scaldare. 
È la stagione fatta per leggere anche se oggi la televisione sostituisce in parte questa abitudine oltre a quella del racconto – non ci sono più né la nonna, né gli anziani che narrano storie vissute, sostituiti dalla televisione che racconta storie banali e false.

L’hiver ce sont les grandes tablées et le feu qui brûle pour se réchauffer. C’est la saison idéale pour la lecture, même si aujourd’hui la télévision remplace souvent cette habitude, comme celle des histoires qu’on se raconte – il n’y a plus ni grand-mère ni personnes âgées qui racontent leur vécu, elles sont remplacées par la télé qui raconte des histoires fausses et banales.

Se ci guardiamo intorno, noi anziani ancora vediamo la nostra fanciullezza: le capriole, le corse nella neve, il freddo, il gelo… non importava nulla e si viveva, mentre la fantasia navigava in modo leggero e si caricava di mistero.

Si nous regardons autour de nous, nous les anciens voyons encore notre enfance: les cabrioles et les courses dans la neige, le froid, le gel… ça n’avait aucune importance quand l’imagination galopait avec légèreté et se chargeait de mystère.

In questi anni abbiamo perso tanto.
Non sappiamo più vivere l’inverno come si viveva una volta. Forse la colpa è dei termosifoni e dell’aria condizionata che ci ha fatto perdere il gusto del passare delle stagioni.

De nos jours, nous avons beaucoup perdu. Nous ne savons plus vivre l’hiver comme autrefois. Peut-être est-ce la faute des radiateurs ou de la climatisation, qui nous ont fait perdre le goût du passage des saisons.

Pensate al focolare, in una cucina di montagna qualsiasi (non occorre essere in una famiglia ricca): in tutte le case solitamente c’era almeno un libro dell’infanzia, e ci si metteva vicino al fuoco per leggere e parlare…
L’inverno vissuto in un’altra maniera: quale dei due scegliere?
Certamente è una tradizione che va recuperata, quella della lettura, anche senza il fuoco, ma pensate che tristezza non avere più il fuoco!
Il fuoco è una grande compagnia.

Pensez au foyer, dans n’importe quelle cuisine de montagne (pas besoin d’être une famille riche): dans toutes les maisons il y avait au moins un livre pour enfants et on s’installait près du feu pour lire et discuter…
L’hiver vécu d’une autre manière: laquelle des deux choisir?
Certes, la tradition de la lecture a survécu même sans le feu, mais quelle tristesse de ne plus l’avoir! Le feu tient bien compagnie.

Quando eravamo in Albania (io avevo 18 anni ed ero in guerra) c’era una signora che raccontava le storie dell’Orlando Furioso: era una poetessa e recitava accanto al fuoco l’Orlando Furioso… chissà come l’aveva imparato. Oggi si accende la televisione e chissà se si sa ancora cos’è l’Orlando…
Cerchiamo di liberarci dai nostri condizionamenti e riconquistiamo ciò che ci fa “rivedere le stelle” e non solo in senso metaforico.

Quand nous étions en Albanie (j’avais 18 ans et j’étais sous les armes) une dame racontait les histoires d’Orlando Furioso. Elle était poète et racontait l’Orlando Furioso, à côté de l’âtre… Qui sait comment elle l’avait appris. Aujourd’hui on allume la télé… qui sait encore ce qu’est Orlando…
Nous cherchions à nous libérer de notre condition et à reconquérir ce qui fait « voir les étoiles », et pas seulement dans un sens métaphorique.

Ricordo una notte in Germania, era inverno: che meraviglia! Che silenzio! Un cielo pieno di stelle! Si erano spente tutte le luci e sembrava d’essere tornati indietro non di cinquant’anni, ma di settanta/ottanta.
Nella vostra vita vi auguro almeno un blackout in una notte limpida!

Je me souviens d’une nuit en Allemagne, c’était l’hiver: quelle merveille! Quel silence! Un ciel plein d’étoiles! Toutes les lumières étaient éteintes et il semblait qu’on était retourné en arrière, non pas de cinquante ans, mais de septante ou quatre-vingts ans.
Dans votre vie, je vous souhaite au moins un black-out pendant une nuit claire!

***

On nous promet depuis des mois la réalisation de ce vœu 🙂

Traduction de l’Adrienne. Ce texte et d’autres ici.

N comme naturellement!

Cioccolata-calda

Chaque année, la carissima nipotina interrompt son régime alimentaire strictement ‘no carb’ quand elle passe une semaine en Italie où elle se régale de pizza bianca et de cioccolata calda, ce fameux chocolat chaud italien si épais et onctueux que la cuiller y tient debout.

Il n’y a que cette pauvre naïve Adrienne – et sa carissima nipotina – qui croyait que si la cuiller tient debout dans le chocolat chaud italien, c’est parce qu’on y met plus de chocolat.

Beaucoup de chocolat 😉

Grosse désillusion donc, un soir de la mi-décembre, en découvrant que cette magie provient d’un troisième et insoupçonné ingrédient: la farine.

Beaucoup de farine, autant de farine que de sucre… 

La photo d’illustration et la recette (1) viennent du blog de Naturalmente Stefy, qui les a elle-même reprises de la jeune femme ci-dessous (ou en tout cas repris la recette et ses proportions, mais sans la cannelle): 

Dans les commentaires sous la vidéo, on peut lire que d’autres utilisent la fécule de pommes de terre, la maïzena ou la fécule de riz pour donner sa consistance à la cioccolata calda.

Reste la question existentielle: faut-il dévoiler cette triste réalité à la nipotina ou la laisser flotter sur son nuage chocolaté?

(1) 225 gr de farine complète, 225 gr de sucre de canne et 150 gr de poudre de cacao amer, bien mélanger et mettre 2 cuillers de ce mélange par tasse de lait. Faire bouillir le lait, bien touiller et c’est prêt!

 

Z comme Zibaldone

Si l’Adrienne avait connu le mot à l’époque, elle aurait pu appeler son blog « zibaldone« , c’est-à-dire fouillis, mélanges, un peu de tout.

C’est ce qui relève de la lecture en amont des billets – momentanément jusqu’en 2013 – auxquels elle s’efforce de remettre des tags dans le vain espoir de retrouver plus facilement ce qu’on cherche, chaque fois qu’on cherche…

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Comme on dit en néerlandais, door de bomen het bos niet meer zien, on voit des arbres mais pas la forêt.

Pour le mot ‘zibaldone‘, le dictionnaire Garzanti donne 1.miscellanea letteraria, mélanges littéraires et 2.scritto, discorso disordinato, fouillis et désordre, donc 🙂