L comme Louise et Xavier

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L’Ostendais Xavier Tricot peut se vanter d’avoir été très ami avec Louise Bourgeois, jusqu’à la mort de celle-ci.

En 2006 il lui a consacré une expo pour son 95e anniversaire, Un salon pour Louise Bourgeois. Il y confrontait des oeuvres de l’artiste franco-américaine à d’autres qu’elle avait choisies, pour ses affinités ou son admiration envers leur auteur.

Au fil de ces longues années d’amitié, Xavier Tricot a ainsi pu collectionner un nombre d’oeuvres de Louise Bourgeois, comme celles avec des messages d’amitié, des questions ‘existentielles’ et autres clins d’œil qu’elle lui envoyait pour ses anniversaires ou avec ses vœux de nouvel an. 

Toutes ces oeuvres ainsi que le reste de sa vaste collection, Xavier Tricot les a léguées au musée de sa ville qui en expose une partie en ce moment aux Venetiaanse Gaanderijen.

L’expo est ouverte jusqu’au 20 janvier 2019 et gratuite mais les photos sont interdites. On m’a permis de prendre celle-ci, où on voit Xavier Tricot dans la maison de James Ensor à Ostende. Elle se trouve en ouverture de l’expo et est l’oeuvre du photographe Henri Cartier-Bresson, comme on peut le voir dans sa dédicace.

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M comme mer (turinoise)

torino

Avant-hier, l’Adrienne a trouvé cette carte postale turinoise envoyée par sa carissima nipotina et il lui a fallu la regarder par deux fois pour bien saisir le message de la photo: il ne fallait pas louper la date marquée dessous: 2029.

L’artiste Andrea Gatti, natif de Turin comme il l’explique sur son site perso, a fait toute une série d’oeuvres sur lesquelles on peut voir des monuments ou lieux historiques sous eau, peuplés uniquement de poissons ou d’autres animaux marins.

En hommage à Ken Marschall, spécialiste du dessin de bateaux en général et du Titanic en particulier…

Au verso, la nipotina explique que la photo l’a d’abord beaucoup fait rire et qu’elle l’a achetée pour son originalité.

Ce n’est qu’après qu’elle s’est rendu compte qu’il s’agissait d’une uchronie très peu humoristique…

F comme Fauvel

Fauvel

Dès qu’il s’agit de littérature française, l’Adrienne se croit en devoir de connaître. La voilà donc bien marrie l’autre soir, quand la prof d’histoire de la musique parle du Roman de Fauvel, oeuvre majeure du début du 14e siècle dont l’Adrienne n’avait à ce jour jamais entendu parler.

Epoque de Philippe le Bel. Une oeuvre satirique dans la veine du Roman de Renart mais qui, en plus, est un monument musical: le manuscrit comporte 132 morceaux de musique dans les genres les plus divers, « œuvres monodiques (empruntées aux répertoires sacré et profane) [qui] montrent toute la multitude des formes musicales de l’époque: conductus, séquence, prose, rondeau, lai, virelai, séquences et répons [et des] pièces polyphoniques (à 2 ou 3 voix) [qui] ont toutes la forme du motet.  » (wikipédia)

Voilà donc une grave lacune qu’il fallait combler.

Lacune qui prouve aussi à quel point l’éducation musicale devrait faire partie de tout cursus, et pas seulement être offert aux enfants dont les parents décident de les envoyer à l’école de musique à l’âge de huit ans.

***

On peut voir 40 illustrations du manuscrit ici

Pour ceux qui aiment la musique ancienne, voici l’oeuvre interprétée par le Clemencic Consort:

source de l’image en haut de page: wikipédia

I comme indécis

banksy parodie

Chez les parents de Souleyman, il y a une fenêtre de chaque côté de la porte d’entrée.

Sur celle de droite, une grande affiche est collée, vantant une candidate « verte ».

Sur celle de gauche est accrochée la souriante binette d’un candidat « rouge ».

Ils sont donc au diapason de beaucoup de gens que Madame rencontre ces temps-ci et qui lui disent:

– Cette fois, je ne sais vraiment pas pour qui voter!

Or, les élections communales et provinciales sont prévues pour dimanche prochain.

Par contre, ceux qui n’ont pas hésité un seul jour à trouver la réaction qui convenait au coup fumant de Banksy, ce sont nos amis surréalistes belges.

Je sais, c’est un pléonasme 🙂

La photo ci-dessus fleurissait sur les réseaux sociaux dès le lendemain.

D comme demeure princière

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Visiter la maison Autrique, c’est entrer dans un lieu où l’on se sent bien, immédiatement. Où l’on voudrait rester. Pas seulement pour s’y attarder longuement, mais pour y vivre. 

Tout y respire la beauté. Tout y est bien pensé, bien agencé, lumineux, confortable.

Magnifiquement restaurée, cette oeuvre du jeune Victor Horta est un bijou, jusque dans ses moindres détails.

Et côté jardin, il y a même de la place pour un magnifique piano à queue 🙂 

Photo prise fin septembre, à Schaarbeek, 266 chaussée de Haecht – d’autres photos et toute l’info sur la maison, ses habitants, sa restauration ici – merci à Tania de m’avoir accompagnée dans cette visite!

R comme Raoul Servais

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Cette phrase photographiée au Mu.Zee d’Ostende à l’expo consacrée à Raoul Servais dit: « Les mythes et les légendes sont les meilleurs moyens de s’endormir et ils ont été inventés par ceux qui souffrent d’insomnies. » 

Ça m’a bien fait rire, parce que depuis mon plus jeune âge, j’utilise un moyen semblable pour entrer au pays des songes: la tête sur l’oreiller, les yeux fermés, je me raconte des histoires…

Celles à l’eau de rose sont les plus efficaces 😉

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P comme pentimenti

ensor cabine de bain

C’est un tout petit tableau, il ne fait qu’à peine 22 cm sur 17, son support n’est qu’un simple carton et non une toile, c’est une des premières oeuvres de James Ensor.

Nous sommes en juillet 1876, l’artiste est né en avril 1860, il n’a donc que 16 ans quand il peint cette cabine de plage.

Il me semble qu’on ne peut qu’admirer la maîtrise qu’il a déjà de la lumière et des couleurs du ciel, du sable et de la mer. Si j’avais un appartement à Ostende, c’est ce genre de reproduction que j’accrocherais au mur, et ces couleurs-là que je choisirais pour la déco. Ce en quoi je ne serais sûrement pas très originale 🙂

C’est à propos de cette petite oeuvre que j’ai revu un mot que je n’avais plus entendu depuis longtemps, pentimento, pentimenti au pluriel. Il signifie regret, repentir, remords, dans son sens courant et en peinture il s’emploie pour désigner cette sorte de retouche effectuée par le peintre qui change d’idée en cours de réalisation. On repeint par-dessus le vase, le modèle ou un détail du tableau pour le déplacer, le changer ou le faire disparaître.

Mais bien sûr, pour les amis de Mozart, le mot pentimento ne peut que faire penser au « Pentiti, scellerato! Pentiti!« , repens-toi, scélérat, adressé par le Commandeur à don Giovanni (vers 4’28 »)