M comme Majorelle

2019-11-02 (39)

Des journaux de 2015 et 2016 nous apprennent qu’au moment des travaux prévus aux Galeries Lafayette du boulevard Haussman, on envisageait une renaissance complète de sa beauté art déco.

On voulait sans doute rebondir sur la vogue actuelle de l’art de la Belle Epoque.

Malheureusement, quand après l’expo Banksy il me restait juste le temps d’une petite visite impromptue à la belle coupole qu’on commençait à préparer pour les décors de Noël, on avait beau chercher: il n’y avait dans tout le magasin, juste à côté des boutiques chic aux mannequins squelettes, que ce bout d’escalier tronqué, ne donnant que sur du vide.

Alors l’Adrienne a pris des escaliers tout banals pour monter sur le toit et admirer Paris dans la grisaille de novembre.

Vous remarquerez ci-dessous l’arc vert anis et le drapeau tricolore du Grand Palais… ainsi que quelques personnes qui viennent juste se placer devant votre objectif au moment où vous déclenchez 🙂

2019-11-02 (41)

Ecrit pour Olivia Billington – que je remercie – avec les mots imposés suivants: impromptu – anis – squelette – rebondir – renaissance – vide

J comme jarre

2019-11-01 (71)

Amis tintinophiles, vous aussi vous l’avez reconnu, ce beau dragon bleu – dynastie Ming, règne de Jiajing (1522-1566) pour ceux qui veulent tout savoir 😉

Mais oui, mais oui, c’est celui-là même!

Je ne sais pas si Hergé, en plus de l’info fournie par son ami Tchang sur la situation en Chine dans les années 30, est allé voir les porcelaines du musée Guimet, mais en passant devant cette grande jarre on ne peut que se rappeler celle-ci:

tintin lotus bleu

source de l’illustration ici.

et un fou de Tintin découvert ici.

G comme grand nettoyage

2019-11-02 (25)

Depuis qu’on avait enlevé tous les tapis, Brenda était obligée de trouver une autre solution…

***

Ecrit pour le Défi du samedi n°584: Wassingue – merci, Walrus!

« Oui, je sais, vous n’êtes pas de Lille !
Eh bien, moi non plus !
C’est par pur esprit de vengeance que je propose ce mot.
Vengeance à l’encontre d’un tas de Français qui continuent de penser que ce mot serait utilisé par nous, les Belges.
Personne dans mon pays n’utilise ce mot (en dehors bien sûr de quelques immigrés fiscaux français qui se gardent bien d’utiliser la chose eux-même et préfèrent la laisser
au petit personnel de maison).
La preuve dans cette passionnante étude !
Donc, si wassingue ne vous dit rien, racontez-nous donc une histoire de serpillière,
torchon, loque (à reloqueter), patte, panosse, pièce, cinse, toile, ou tout autre vocable en usage dans votre région.
Pour ma part, j’estime en avoir fait assez, considérez ceci comme ma propre participation. »

Photo prise à l’expo Banksy, espace Lafayette.

F comme foule, files, folie

2019-11-01 (34)

A Paris, si on veut voir une des étoiles du firmament de la peinture, on n’a pas d’autres perspectives que de se lever tôt et de faire la queue.

Même, s’il le faut, sous le parapluie, en bravant des températures de novembre.

Même – j’en ai vu plusieurs! – avec des poupons endormis dans leur maxi-cosy.

C’est dire la passion qui pousse tous ces gens, là sur la photo prise au Grand Palais, à se mettre dans une file qui se poursuit jusque sur les boulevards, alors qu’ils ont tous un billet réservé, avec nom, date et heure.

Avec bien sûr en record absolu la Mona Lisa, pour qui il faut faire la queue deux fois: une fois pour entrer au Louvre et une deuxième fois pour avoir le droit de prendre un selfie devant cette vedette plus flashée quotidiennement que les plus grands rois football pendant toute leur carrière.

Vous avez exactement dix secondes pour le faire avant que deux gardiens vous aboient sans complaisance qu’il faut laisser la place au selfiste suivant.  

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Texte écrit pour Olivia Billington – que je remercie – avec les mots imposés suivants: étoile – complaisance – football – perspectives – novembre – passion – poupon

E comme Eustache

2019-10-28 (4)

A Saint-Eustache, le transept était visuellement (et malheureusement) barré par une « oeuvre d’art » de l’artiste allemande Evi Keller.

J’ai pris le temps de bien faire le tour de l’intérieur de l’église en attendant qu’il soit deux heures et que s’ouvre l’atelier Brancuși et j’y ai vu « un peu de tout », ce qui fait dire ceci à certains:

« L’architecte y a fait paraître une horrible confusion du Gothique et de l’Antique et a tellement corrompu et massacré l’un et l’autre, pour ainsi dire, que l’on n’y peut rien distinguer de régulier et de supportable ; ce qui fait que l’on doit plaindre avec raison la grande dépense que l’on a faite dans cette Fabrique, sous la conduite du misérable maçon qui en a donné les dessins. »

— G. Brice, Nouvelle description de la ville de Paris5e édition, 1706.

« On voulait appliquer les formes de l’architecture romaine antique, que l’on connaissait mal, au système de construction des églises ogivales, que l’on méprisait sans les comprendre. C’est sous cette inspiration indécise que fut commencée et achevée la grande église de Saint-Eustache de Paris, monument mal conçu, mal construit, amas confus de débris empruntés de tous côtés, sans liaison et sans harmonie ; sorte de squelette gothique revêtu de haillons romains cousus ensemble comme les pièces d’un habit d’arlequin. »

— Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l’architecture française du xie au xvie siècle, 1854-1868.

(source: wikipédia)

Moi je l’ai trouvée naïve et émouvante, à l’image de cette oeuvre-ci, qui s’appelle « Le départ des fruits et légumes du cœur de Paris le 28 février 1969« , de Raymond Mason, et qu’on peut voir dans une des chapelles:

eustache-les-halles

J’ai essayé avec la présente sculpture de reconstituer, au mieux de mes moyens, cette vision éclatante. Mon oeuvre sera de toute évidence un pauvre substitut de mon émotion devant l’étalage superbe. J’espère au moins qu’elle parlera assez clairement au spectateur qui lit son titre : le départ des fruits et légumes du cœur de Paris pour annoncer cet autre départ, non moins définitif, de ces hommes et ces femmes symbolisées dans mon cortège et dont j’ai parlé plus haut. Un moment de silence. C’est l’homme du Moyen Âge qui s’en va. La “petite légume” de notre espèce ; il sortait de terre et prenait une forme n’importe comment. Mais c’était un homme naturel et il poussait toujours. Nous ne verrons plus pareille tête. Nous ne verrons plus jamais son pareil.

Et puis il y a l’église, une des plus remarquables qui soit, seul témoin des siècles maintenant révolus. Témoin ? Acteur elle-même, et sans doute l’acteur principal. De toute sa hauteur, elle tirait sur ces mille activités et marchandises, leur conférant une étendue grandiose, la dimension essentielle et spirituelle – cela ressenti, serait-ce sourdement, par chaque membre d’une congrégation confuse et grouillante à ses pieds.

Si vous ne me croyez pas, il reste encore une marchande de fruits et légumes adossée contre le mur de la pointe Saint-Eustache. demandez-lui si elle aurait souhaité s’appuyer sur autre chose que ces grosses pierres pendant toutes ses années de nuits froides. Aux Halles nous étions beaucoup plus près de Notre-Dame de Paris que du Ventre de Paris.”

source ici

C comme citation(s)

2019-11-02 (3)

« Le monde de l’art est la plus grosse blague qui soit, c’est une maison de repos pour les hyper-privilégiés, les prétentieux et les faibles. » (expo Banksy à l’Espace Lafayette, traduction de l’Adrienne)

2019-11-02 (24)

« I can’t believe you morons actually buy that crap » peut-on lire sur le tableau mis aux enchères, « je n’arrive pas à croire que vous êtes assez imbéciles pour vraiment acheter cette m… » 🙂

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photos prises à Paris à l’expo Banksy samedi avant-midi.

 

 

Premières œuvres

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C’est à se demander pourquoi on se fatigue à trimbaler un appareil photo et pourquoi on le place entre l’oeuvre et notre regard, au lieu de tout voir simplement de nos propres yeux et de tapoter tranquillement ecosia une fois qu’on est rentré chez soi: tout est là et de bien meilleure qualité que ce qu’on aurait pu faire dans la pénombre et la foule compacte de l’expo.

Bref, tout ça pour vous dire que l’Adrienne a surmonté la plus grosse épreuve de son séjour parisien: une visite au Louvre et à l’expo Leonardo da Vinci.

Les premières œuvres de l’artiste ont été réalisées dans l’atelier de son maître Verrocchio, où il est entré déjà à douze ans (en 1464) comme apprenti.

Les études de drapés qui se trouvent dans la première salle, sous le titre parfaitement adéquat « Ombre, lumière, relief« , sont datées approximativement: de 1473 à 1482. Donc une dizaine d’années au moins après son entrée en apprentissage.

Mais il réussit là un des exercices les plus difficiles.

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Ici vous pouvez feuilleter le beau dossier pédagogique 🙂

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source de la photo ici (wikimedia commons) Draperie Saint-Morys, figure assise, Département des Arts graphiques du musée du Louvre, inv. 2255. Détrempe sur toile de lin.

L’avantage de l’expo – un des rares 😉 – c’est qu’on peut voir la texture du support. Comme ici, la toile de lin.
Et une de ses particularités, c’est qu’on peut y admirer côte à côte des dessins de la collection de Bill Gates et de celle de la reine d’Angleterre.