72 000 €

l'opera consegnata da Jens Haaning al museo
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Un musée danois a prêté l’équivalent de 72 000 € à un artiste pour qu’il refasse deux tableaux représentant – en y mettant sous verre des couronnes danoises et des euros – la somme moyenne annuelle gagnée par un Autrichien et par un Danois.

Mais l’artiste a préféré garder les sous et livrer au musée deux tableaux blancs.

Dans un clin d’œil au film de Woody Allen, il a appelé son œuvre « take de money and run » (prends l’argent et barre-toi).

ça ne fait pas trop rigoler les responsables du musée, qui exigent le remboursement d’ici la fin de l’exposition, le 16 janvier 2022.

Mais qu’il rembourse ou pas, il aura bien fait parler de lui, de l’expo et du musée, ce qui semble être le but premier de l’art conceptuel 🙂

Comme le remarque finement le journal d’où vient l’illustration, l’artiste américain qui avait déjà fait ce genre de coup en 2006, envers un musée de Philadelphie – il avait dépensé en shopping les 4000 dollars prêtés par le musée – avait tout de même « exposé » ses tickets de caisse 🙂

X c’est l’inconnu

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Malgré toutes ses lectures et ses trois visites au musée Magritte, l’Adrienne ne savait pas que de nombreuses œuvres avaient été perdues lors de bombardements à Londres en 1940.

C’est un des aspects intéressants de la visite de la Maison musée Magritte à Jette, où quelques-uns de ces tableaux perdus ont été reconstitués.

Ce musée Magritte est une maison, donc à ne pas confondre avec le musée du même nom situé dans le centre de Bruxelles, confusion qui arrive constamment.

Cette maison de Jette est celle où le couple Magritte est resté le plus longtemps: il en a loué le rez-de-chaussée avec jardin pendant vingt-quatre ans, de 1930 à 1954.

C’est là où le week-end se tenaient les réunions et tablées entre amis surréalistes.
Où il a peint environ la moitié de son œuvre.
Et où on a pu recréer le décor de vie: la couleur des murs, le mobilier, l’atelier dans le jardin…

Bref une visite émouvante et instructive 🙂

Merci aux amis qui ont eu l’idée d’y emmener l’Adrienne!

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En bas de cette page, une petite vidéo de 3 minutes qui montre bien les lieux.

T comme Tuniques bleues

Chaque fois qu’on apprend la mort d’un artiste, ça fait un coup, et peut-être ce coup est-il encore plus durement ressenti quand il s’agit d’un amour de jeunesse, comme dans le cas de Raoul Cauvin et de ses nombreuses, merveilleuses, hilarantes créations.
Toujours empreintes d’une sorte de tendresse et d’un grand humanisme.

Oui, mini-Adrienne était fan des Tuniques bleues.

Mais aussi de l’Agent 212, du Vieux bleu, de Cédric, de Pauvre Lampil

C’étaient les pages des albums Spirou qui ont été le plus lues et relues.

Alors on ne peut que dire un grand merci aux enchanteurs des jeunes de 7 à 77 ans, et plus.

Inauguration du rond-point Cauvin dans sa ville natale, Antoing, en juin 2013

Extrait d’interview en novembre 2014

7 à propos de Mathille

A la veille de la guerre, Georges Grard travaille à une œuvre qu’il appellera « La Mer ». Comme souvent chez lui, il s’agit d’une femme aux rondeurs voluptueuses.

Après la guerre, le casino Kursaal, détruit par les Allemands, est reconstruit. Les Ostendais demandent à Georges Grard une sculpture pour l’orner: ce sera « La Mer« .

Mais on est alors au début des années cinquante et cette nudité est jugée choquante. Au même moment, d’ailleurs, l’évêque de Tournai menace et proteste contre une autre œuvre de Georges Grard, La Naïade: c’est l’évêque qui gagne la dispute et la pauvre naïade sera reléguée sous un pont où elle ne risque pas de choquer le regard du passant.

A Ostende, c’est le journal local, De Zeewacht, qui mène le combat contre « cet outrage aux bonnes mœurs » et lui donne son surnom, Dikke Mathille.

En réalité, c’est plutôt la pauvre baigneuse qui est outragée: on la peinturlure, on lui jette des pierres, on essaie de la détacher de son socle…

Elle a finalement été déplacée: les édiles ostendais ont cru qu’elle serait plus à l’abri si elle se trouvait entourée d’eau, dans le parc. Là, les « blagues » ont continué, comme par exemple jeter des kilos de poudre à lessiver dans son plan d’eau pour qu’il se transforme en bain moussant.

Ces dernières années, il est parfois question de la remettre à sa place d’origine, au-dessus de l’entrée du Kursaal: c’est l’occasion d’un nouveau débat autour de Dikke Mathille, qui fait désormais partie du folklore ostendais 😉

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écrit pour le Défi du samedi 675 où Walrus – merci à lui – proposait une reproduction de Dikke Mathille en buis taillé.

U comme Us (Nous)

Voici le chapitre 39, il s’intitule « Une brève histoire de l’art »:

Cave paintings. Clay then bronze statues. Then for about 1,400 years, people painted nothing except bold but rudimentary pictures of either the Virgin Mary and Child or the Crucifixion. Some bright spark realised that things in the distance looked smaller and the pictures of the Virgin Mary and the Crucifixion improved hugely. Suddenly everyone was very good at hands and facial expression and now the statues were in marble. Fat cherubs started appearing, while elsewhere there was a craze for domestic interiors and women standing by windows doing needlework. Dead pheasants and bunches of grapes and lots of detail. Cherubs disappeared and instead there were fanciful, idealised landscapes, then portraits of aristocrats on horseback, then huge canvasses of battles and shipwrecks. Then it was back to women lying on sofas or getting out of the bath, murkier this time, less detailed, then a great many wine bottles and apples, then ballet dancers. Paintings developed a certain splodginess – critical term – so that they barely resembled what they were meant to be. Someone signed a urinal, and it all went mad. Neat squares of primary colour were followed by great blocks of emulsion, then soup cans, then someone picked up a video camera, someone else poured concrete, and the whole thing became hopelessly fractured into a kind of confusing, anything-goes free for all.

Des peintures rupestres. Des statues d’argile, puis de bronze. Ensuite, pendant près de 1400 ans, les gens n’ont plus rien peint sauf des représentations audacieuses mais rudimentaires de la Vierge à l’enfant ou de la Crucifixion. Un génie éclairé s’est rendu compte que les objets vus de loin semblent plus petits, alors les peintures de la Vierge Marie et de la Crucifixion se sont grandement améliorées. Tout à coup, chacun a très bien su dessiner les mains et les expressions du visage et les statues étaient de marbre. Des chérubins grassouillets ont fait leur apparition, ailleurs ça a été la mode des intérieurs domestiques et des femmes cousant à leur fenêtre. Des faisans morts, des grappes de raisins et un tas de détails. Les chérubins ont disparu et à leur place il y a eu des paysages imaginaires, idéalisés, puis des portraits d’aristocrates à cheval, puis d’énormes toiles avec des batailles ou des naufrages. Après on est revenu aux femmes couchées sur des sofas ou sortant du bain, plus troubles cette fois, moins détaillées, puis des tas de bouteilles de vin et de pommes, ou des danseuses de ballet. Les peintures ont évolué en gribouillages – terme critique – de sorte qu’elles ressemblaient à peine à ce qu’elles étaient supposées montrer. Quelqu’un a signé un urinoir, et tout est devenu dingue. Des carrés parfaits de couleurs primaires ont été suivis de grands blocs d’émulsion, puis des boîtes de soupe en conserve, puis quelqu’un a pris une caméra, un autre a coulé du béton: tout ça s’est désespérément fracturé en une sorte de n’importe quoi confus et de tout est permis.

David Nicholls, Us, Hodder & Stoughton, 2014, chapter 39, A brief history of art, traduction de l’Adrienne et illustration prise du site de l’éditeur.

La BBC en a déjà fait la version filmée mais on peut supposer que le chapitre 39 n’y aura pas sa place 😉

Première sortie

C’est par hasard, lors d’une première sortie estivale à Ostende, que l’Adrienne est tombée sur cette œuvre de Bart Jacobs, exposée dans l’étalage d’un salon de coiffure.

La photo n’en montre qu’un détail: sur chaque coquille Saint-Jacques est peint un des bateaux de pêche d’Ostende et le tout est disposé en forme de crabe.

Renseignement pris, il s’agit d’un projet d’expo avec parcours dans la ville, pour commémorer/relater un de ces nombreux drames de la mer: la disparition d’un bateau de pêcheurs en octobre 1949, alors qu’il était en route vers l’Islande.

Le O.304 Laermans, construit seulement l’année précédente, touche probablement une mine. On ne retrouve jamais aucune trace de l’épave ni des dix hommes à bord.

Le capitaine était un ancien résistant, revenu de déportation. Son timonier s’était mis au service des Britanniques pendant la guerre. Les matelots, des jeunes gens, de jeunes mariés, et deux gamins de 16 et 17 ans.

On comprend la phrase en exergue: « Het schoonste aan gaan varen, is thuis komen« , le plus beau, quand on prend la mer, c’est de rentrer chez soi.

7 choses

84ème devoir de Lakevio du Goût.

Devoir de Lakevio du Goût_84.jpg

Heureusement, écrit l’Adrienne à Monsieur le Goût, qu’il y a une question concrète à laquelle répondre, parce que ce tableau n’inspire rien, si ce n’est peut-être une envie de parodier les quatre filles du docteur March 😉

« Connue dans le monde entier », dit Monsieur le Goût.
Peut-être. Mais de combien de gens?
Si l’Adrienne la connaît, c’est évidemment grâce à Apollinaire.

A seize ans, elle a voulu savoir qui était cette Marie qui avait tant fait souffrir le poète après leur rupture amoureuse.

Elle n’a pas trop aimé ces tableaux, tous un peu pareils, avec des trous noirs à la place des yeux et de vaporeuses robes aux tons pastel.

Puis l’histoire s’est répétée: si ses élèves ont entendu le nom de Marie Laurencin, c’est parce que Madame, après la lecture du Pont Mirabeau, leur racontait quel lien le poème avait avec la biographie du poète.

Longtemps elle a blâmé cette Marie d’avoir fait souffrir le pauvre Wilhelm.
Jusqu’à ce qu’elle lise quelque part que Marie s’était lassée, au bout de cinq ans, des nombreuses infidélités du poète.

***

Cette artiste est connue dans le monde entier. Parfois vue avec admiration. Parfois avec détestation. Mais vous ? Qu’avez-vous à dire de Marie Laurencin ?
Que vous laisse-t-elle comme souvenir ?

I comme imagination

Si vous pensiez comme l’Adrienne qu’on avait touché le fond le jour où on a décrété qu’il fallait avoir la peau de la même couleur que celle de l’auteur qu’on se propose de traduire, évidemment vous vous trompiez.

Excès d’optimisme, disons.

Dans les semaines qui ont suivi, d’autres voix se sont mêlées au débat.
Pour l’élargir, oui oui 😉

Par exemple, pour jouer le rôle du homo dans un film, il faut veiller à ce que l’acteur soit homo.
On ne parle pas du cas inverse, vu qu’alors de nombreux acteurs se retrouveraient sans boulot.
Ni bien sûr de toutes les autres questions que ça soulève.

Mais la palme – si on peut dire – vient d’être remportée par la branche américaine du vénérable Pen International.
Vous savez, cette institution qui garantissait le droit à l’imagination en littérature?

« We defend the imagination and believe it to be as free as dreams« , nous prenons la défense de l’imagination et croyons qu’elle est libre comme le rêve, « We believe the imagination accesses all human experience, and reject restrictions of time, place, or origin« , nous croyons que l’imagination peut accéder à toutes les expériences humaines et nous rejetons des restrictions de temps, de lieu ou d’origine.

Et c’est là, Mesdames et Messieurs, que les plus woke de la branche américaine ont trouvé à redire.

Bref, allez voir ici si ça vous intéresse: d’un petit bond allègre on passe d’imagination à mensonge puis de mensonge à racisme-sexisme-fascisme.

C’est absolument fascinant de perversité.

H comme Habsbourg

Juan de Flandes, portret van een infante

Ah! si l’Adrienne osait, il y en aurait, des expos où elle se rendrait!

Comme celle-ci, par exemple, à Malines, d’où vient la photo d’illustration: Les enfants de la Renaissance.

Dans sa version en néerlandais, le texte pose la question à zéro franc: Les petits princes de Habsbourg avaient à Malines les meilleurs professeurs, les plus beaux vêtements, les plus jolis jouets, les meilleurs livres… mais étaient-ils heureux?

Ci-dessous, une petite vidéo explique qu’à Malines, ils aimeraient bien récupérer l’armure que l’empereur Maximilien avait fait faire pour son petit-fils, le futur Charles Quint. Fabriquer l’armure, à Vienne, avait pris tellement de temps, que l’enfant avait trop grandi pour la porter et qu’elle est restée à Vienne 🙂

P comme patience

Patientia vincit omnia, écrit l’amie qui attend ces jours-ci l’arrivée du premier bébé chez son fils aîné.

La patience, la persévérance et la passion, voilà ce qui aura été plus que nécessaire à cet adepte (1) du Rubik’s cube pour réaliser sa Mona Lisa!

Dans sa jeunesse, l’Adrienne s’est essayée à ce cube en se demandant ce qu’on pouvait y trouver d’amusant.

La réponse lui est enfin donnée 🙂

(1) ce jeune garçon en a fait d’autres, on en parle ici.