Stupeur et tremblements

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– Alors? Tout va bien?
– Oui, ça roule! Et toi?
– Comme sur des roulettes!
– Hahaha! Mais encore?
– Une mosaïque… vingt centimètres sur vingt, à peu près…
– Pfffiouuu! Pas mal!
– Et toi?
– Cette fois, je crois bien que c’est moi le gagnant… un petit cavalier de bronze. Deuxième siècle avant notre ère. Et en parfait état!
– Bravo, mes compliments!

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Entre 1944 et 1977, environ 44 000 objets ont été volés dans des églises, musées et sites archéologiques italiens. Il faut bien sûr y ajouter ceux qui ont été volés avant et après ces deux dates…

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Texte écrit pour le 58ème devoir de Lakevio du Goût – que je remercie:

Mais que diable se disent-ils? Mais que diable ont-ils vu? J’espère que nous aurons une idée d’ici lundi…

N comme Non mais franchement!

Lydia Delectorskaya, dans l’atelier de Matisse, vers 1935. 

Non mais franchement, Patron!
C’est n’importe quoi!
D’abord, je ne suis pas blonde!
Et puis ces oreilles en feuille de chou?
Franchement, Patron!
Elles ne sont même pas pareilles toutes les deux!
C’est comme ça que vous me voyez?
Et ce renflement sur la joue, là?
Vous voulez suggérer quoi?
Que je pose la bouche pleine?
En plus vous avez mis la dédicace…
Les gens vont vraiment penser que j’ai cette tête-là!
Patron!
A part la raie au milieu, il n’y a vraiment rien de ressemblant!
Quoi! Ça vous fait rire?

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Pour ceux que le destin de la belle Lydia intéresse, c’est ici.

Merci à Monsieur le Goût pour ce 57ème devoir de Lakevio du Goût.

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Le regard de cette Lydia Délectorskaya m’interpelle, comme on dit chez les psys. À moins que ce ne soit sa chevelure ou son teint ou son « col Claudine »… Cette Lydia qui resta une vingtaine d’années devant le regard de Matisse vous inspire-t-elle ? Lundi j’en saurai sans doute plus sur ce que vous en pensez, si vous en avez tiré une histoire ou si elle vous a simplement rappelé quelque chose ou quelqu’un.

A comme aquarelle

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Marcos a soigneusement rincé et essuyé son pinceau et l’a posé à côté de son aquarelle.
Vient le moment où il faut cesser de fignoler, d’ajuster, de retoucher, sous peine de tout gâcher.
Il a pris la photo.
Il était assez content du résultat et il espérait que Gerda aussi serait satisfaite.
Ne se trouverait ni trop pâle ni trop grosse ni trop dieu-sait-quoi-encore.

Juste belle dans la lumière blanche, grise et bleue.

Comme il la voyait, lui.

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Écrit pour le 55e devoir de Lakevio du Goût, que je remercie:

J’en ai vu, des femmes et des hommes comme ça, sur des marches. Je ne sais pas ce qu’ils faisaient là. Peut-être le savez-vous. Alors à lundi

U comme Uylenspiegel

Félicien Rops : La médaille de Waterloo

En 1856, Félicien Rops et Charles De Coster fondent la revue Uylenspiegel, journal des ébats artistiques et littéraires.
Rops a 23 ans et De Coster 29.

En début de parcours, au musée de Namur, on peut voir quelques-unes des lithographies que Rops a réalisées pour cet hebdomadaire. Comme celle qui illustre ce billet, La Médaille de Waterloo.

Voici un extrait du dossier pédagogique proposé par le musée:

En 1856, Rops atteint la majorité légale, fixée à 23 ans à l’époque. Grâce à l’héritage paternel , il entraîne à sa suite Charles De Coster et une partie de la rédaction du Crocodile pour fonder son propre journal, Uylenspiegel, journal des ébats artistiques et littéraires : « Cher Carlo, Le Journal est né, l’accouchement a eu lieu sans les secours du moindre forceps, l’opération césaréenne n’a pas été nécessaire, l’enfant et les dix papas se portent bien…, – le baptême a eu lieu, le journal a nom Uylenspiegel je t’enverrai Dimanche les dragées, enveloppées dans dix numéros,…
Tout à toi
F. Rops
Uylenspiegel bégaye déjà très joliment seulement il fait pipi dans ses colonnes. – pas vertébrales !!! (…) »

R comme Rops

Malgré deux ou trois courts séjours à Namur pour l’Intime festival, jamais l’occasion ne s’était présentée de visiter le musée Félicien Rops, natif du lieu.

C’est chose faite depuis jeudi dernier, même s’il a fallu passer plus de temps dans des trains – trois à l’aller, trois au retour – qu’à Namur, où l’ambiance était un peu morose, chacun attendant les résultats de la concertation des ministres avec les experts.

Bref, le seul avantage de tout ça, c’est qu’il n’y avait que trois personnes dans tout le musée, en plus de la gentille dame de l’accueil: un couple de Flamands et l’Adrienne. Une invasion flamande, en quelque sorte 😉

Montrer une seule œuvre de l’artiste à la tête de ce billet, c’est lui faire tort, vu la grande diversité de son travail comme peintre et comme graveur, aussi ai-je choisi ce portrait peint par Paul MatheyFélicien Rops dans son atelier (vers 1888), qui se trouve au château de Versailles.

Le site du musée avec beaucoup d’info et d’œuvres, c’est ici.

Le bilan du 20

Quelle est la part immergée de l’iceberg?

Est-elle formée de la majorité des gens, qui font attention, respectent les consignes sanitaires, se montrent solidaires?

Est-ce vraiment à cause de l’insouciance de quelques-uns, inconscients ou égoïstes, qu’il faut à nouveau fermer les cafés, les restaurants, les hôtels et s’enfermer chez soi?

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Pour le Défi du 20, Vonnette a proposé les mots iceberg et insouciance.

L’illustration que j’ai choisie est un tableau de Constantin Meunier (1831-1905) qui se trouve au musée des Beaux-Arts de Tournai: Cabaret au Borinage.

Pour ceux qui comprennent le néerlandais, un bon article bien illustré sur une expo consacrée à l’artiste aux Pays-Bas (Helmond Museum) en 2017.

7 paires?

A l’expo au Musée de la Tapisserie, à Tournai, l’Adrienne s’est arrêtée un moment devant cette œuvre ‘Sans titre‘ dont elle ne savait que penser.

Des petits carrés blancs épinglés sur fond blanc, sont tricotés ou crochetés ou simplement « déchiquetés » dans du tissu, et portent chacun une nominette (comment appelle-t-on ça en France?) avec un verbe pronominal.

On constate qu’il s’agit souvent des mêmes verbes qui reviennent.
On s’interroge sur le sens de tout ça.
On commence à assembler les verbes deux à deux, jusqu’à former sept couples: se tendre/se détendre, se salir/se laver, s’user/se réparer, se couvrir/se découvrir… mais on doute que ce soit la bonne explication du sens de l’œuvre.

On consulte la brochure reçue à l’entrée.
On y explique que ces verbes « renvoient à l’individu » et que l’œuvre « interpelle et pose une réflexion sur l’être et le devenir. »

Ça rappelle une discussion qu’on avait eue avec un voisin artiste très reconnu en Flandre, dont la conclusion était: si moi – artiste – je décrète qu’une chose est de l’art, alors c’est de l’art.

Point barre.

Qu’est-ce que c’est que ça?

Ça ne fait que quelques centimètres, c’est en ivoire, et la photo a été prise au musée des Beaux-Arts de Tournai.

Si vous savez ce que c’est ou si vous avez envie de proposer la solution du schmilblick, allez-y!

Vous n’aurez la réponse que lundi parce que l’Adrienne est partie complètement à l’est du pays avec sac au dos et sans PC 😉

Bon week-end à vous tous!

H comme Horta

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C’était le plein été quand l’Adrienne a reçu un mail du musée Horta pour annoncer qu’il était à nouveau accessible au public et même qu’il y aurait une expo et un colloque.

Ah! ce n’était pas l’envie qui manquait, mais allez donc faire des projets pour le 18 septembre, quand on est en juillet et que tous les experts vous prédisent que ce sera le grand moment de la deuxième vague…

Alors vous tergiversez, vous pesez le pour et le contre, et vous finissez par vous dire que vous seriez plus sage de rester chez vous.

Et puis un beau dimanche vous décidez que non, y en a marre, vous voulez retourner au musée.
Aller à Bruxelles.
Et même prendre des trains 😉

C’est fou comme on peut vivre dangereusement dès qu’on décide d’aller voir une expo 😉

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Info et photo sur le site du musée Horta.