W comme Wop! Wop!

DSCI6200

Madame la connaît bien, la force du compliment, pas besoin de faire une enquête et une thèse là-dessus: dites à l’élève « mais quels magnifiques progrès tu as faits! » et vous verrez que les progrès monteront en flèche.

Sans compter que le bonheur d’apprendre montera en parallèle. 

C’est exactement ce qui est arrivé à Madame avec sa prof de piano et tout à coup elle fait presque aussi bien qu’un enfant de cinq ans 😉

Wop! Wop!  

V comme vie

WhatsApp Image 2018-04-13 at 18.06.52 (2)

Grâce à une amie devenue grand-mère, l’Adrienne a pu tenir un bébé dans ses bras. Peu de choses – y en a-t-il d’autres, d’ailleurs? – sont aussi merveilleuses que cette sensation-là. 

DSCI6182 (2)

De jeunes vies aussi dans l’étang du parc, où maman cane veille avec vigilance sur ses dix remuants canetons. Bonheur de voir, une semaine plus tard, qu’ils sont toujours dix. 

DSCI6180 (2)

Enfin, intense activité coassante dans le ruisseau à côté de l’académie de musique, où les amours grenouillères sont aussi bruyantes que productives. 

C’est un beau cadeau, la vie, se dit l’Adrienne, le cœur lourd pour une amie morte. 

 

T comme Tielman

Lors d’un concert le week-end dernier, l’Adrienne a découvert Tielman Susato, un Anversois du 16e siècle, né probablement à Soest en Allemagne. 

Et elle est transportée 🙂 

Mins liefkens bruyn oghen,
En haren lachende mond,
Die doen mij pijnen doghen.
Dat ic se sien noch spreken en 
Mach, noch spreken en mach:
Dat claeg ic god en minen oghen,
Ic ben bedroghen.

De ma bien-aimée les yeux bruns,
Et sa bouche qui sourit,
Me font subir tant de maux.
Je ne peux ni la voir ni lui parler
Alors je me plains à Dieu et je plains mes yeux,
Je suis trompé.

(traduction de l’Adrienne)

Stupeur et tremblements

lakévio96

Notre première expérience, chose remarquable, est celle d’une disparition. Disparue l’inspiration! Nous avions beau lire tous les journaux, éplucher les faits divers, depuis que nous étions à Paris plus rien ne nous venait, ni de l’intérieur ni de l’extérieur. Aucune Emma Bovary, aucun Lafcadio, rien. Nous avions gagné ce concours, Igor et moi, nous étions à Paris pour y écrire dans les meilleures conditions, et notre imagination était complètement à sec. Comme si d’avoir quitté la Russie nous avait vidé le cerveau, coupé les circuits qui alimentaient notre plume. Au bout de trois semaines, Igor avait cessé de se prendre pour Romain Gary et moi pour Nathalie Sarraute. Même si nous faisions durer le verre d’eau en terrasse le plus longtemps possible, à un moment notre bourse aussi serait à sec.

Et ma mère, dans sa dernière lettre, ne nous donnait pas vraiment le conseil salvateur :

« Referme un instant sur le monde la porte et la fenêtre, tourne-toi vers le journal pour toutes ses notations musicales, et commence un autre roman. » 

***

tableau et consignes chez Lakévio qui demandait

1) Commencez impérativement votre texte par la phrase suivante : « Notre première expérience, chose remarquable, est celle d’une disparition. » Emprunt à Lou qui nous raconte sa Vie.

2) Terminez impérativement votre texte par la phrase suivante : « Referme un instant sur le monde la porte et la fenêtre, tourne-toi vers le journal pour toutes ses notations musicales, et commence un autre roman. » Emprunt à Anaïs qui écrit son Journal.

Entre les deux, casez ce que vous voulez !

22 rencontres (8 bis)

DSCI6194

Hier soir, Madame avait une grosse envie d’arbres, de fleurs et d’oiseaux, mais avant d’arriver en pleine nature elle a eu le bonheur de surprendre deux anciennes élèves en plein travail 🙂 

La brune et la blonde, amies de longue date et aujourd’hui toutes les deux diplômées en psychologie. Un intérêt qui vient de leur vécu, comme c’est si souvent le cas: l’une a dû surmonter la perte brutale de son papa à cause d’un chauffeur ivre, l’autre une anorexie.  

Elles sont ravissantes mais ont toujours besoin qu’on le leur confirme. Elles s’amusent à faire ce qu’elles appellent des photo-shoots. Elles ont reconnu Madame de loin. Saluts, sourires, embrassades, compliments. Elles ont l’air d’aller bien. D’être en paix. 

C’est un beau soir d’été, même si le calendrier n’indique que le 21 avril. 

DSCI6190

 

 

R comme reviens, Lupin!

lupin

Adrien Goetz n’a pas seulement écrit La Villa Kérylos, que j’avais beaucoup aimé, mais dans un tout autre genre, cette « nouvelle vie » d’Arsène Lupin en sept petits chapitres qui peuvent se lire séparément parce que ce sont sept petits épisodes, tous plus improbables les uns que les autres. 

Oui, je connais l’Arsène, et pourtant dans ce cas-ci je dis: improbable. Comme le vol de la façade de la cathédrale de Strasbourg. Et pour quoi en faire? Ou sa dépression nerveuse. Lupin dépressif? Ou quand on apprend que l’Arsène est une sorte d’immortel qui a été, au fil des siècles, de réincarnation en réincarnation, un proche de Tibère ou un des Daft Punk. Il a été Vidocq. Il a été Cartouche et en même temps son contemporain Philippe d’Orléans.

Il sait tout, il est partout à la fois, et deux acolytes lui suffisent. Probablement parce que ses adversaires, surtout Sholmès et Watson, sont des débiles mentaux. 

Bref, ce livre est une amusette. Sans plus.  

***

source de l’image, info et extrait chez Grasset