D comme désenchantement

Photo de Tarikul Raana sur Pexels.com

L’Adrienne était en route avec petit Léon.
Ils avaient décidé d’aller voir de plus près les graffeurs au travail dans leur ville, le week-end dernier.

Petit Léon avait comme toujours des tas de choses à raconter: des souvenirs d' »il y a longtemps » et des plus récents.
Petits accidents de la vie.
Petites mésaventures à l’école ou en famille.

Puis tout à coup il s’exclame:

– Avoir la dyscalculie et en plus porter des lunettes, ma vie ne vaut vraiment pas la peine d’être vécue!

C comme commodités

Le château de Vêves est celui que dessinent les enfants, avec ses tourelles rondes aux quatre coins et ses fenêtres à petits carreaux.

D’ailleurs, les enfants qui le visitent cet été sont invités à puiser dans les coffres aux déguisements, ce qui fait qu’on y rencontre des princesses en coiffe et robe longue virevoltante et des chevaliers armés du glaive et du bouclier.

C’est un de ces chevaliers qui, en faisant le tour côté extérieur, a fait remarquer à sa famille, en pointant son arme:

– Regardez! Là! Les toilettes!

C’est bien, se dit l’Adrienne, il a été attentif pendant la visite 🙂

B comme blondinettes

– Ethel! viens ici!

– Ethel! ne va pas si près du bord!

– Ethel! viens boire ton jus!

Elles étaient deux, pourtant, les blondinettes.
Deux à batifoler le long de la rambarde.
A galoper parmi les sièges.
A dédaigner leur boisson.

Mais bizarrement, la grand-mère ne connaissait plus le prénom de son autre petite-fille 😉

***

photo prise à Dinant (collégiale et citadelle) où l’Adrienne a vraiment, vraiment joué les touristes en prenant un de ces bateaux qui font le va-et-vient entre Dinant et Anseremme 🙂

Adrienne récupère

92ème devoir de Lakevio du Goût

Devoir de Lakevio du Goût_92.jpg

Hé non, Monsieur le Goût, ce n’est pas une lettre que la dame au chignon regarde si dédaigneusement: c’est une aquarelle.

Comme celles qui se trouvent à l’avant-plan, au bord de la table.

D’ailleurs, tout est expliqué ici 🙂

***

Merci à Monsieur le Goût pour son devoir, qui avait été donné par Lakévio début mars 2018:

Que peut-il donc se passer sur cette toile d’Harold Harvey. Que peuvent donc se dire ces trois femmes qui semblent intéressées par la lettre que tient celle assise nonchalamment. Nous en saurons tous un peu plus lundi…

Première fois

C’est la première fois que l’Adrienne a pris des vacances dans son pays, côté wallon.
Si on ne compte pas une paire de week-ends à Liège et des dizaines d’excursion d’un jour, depuis la plus petite enfance, comme des voyages scolaires à Dinant et dans les grottes de Han ou les sorties annuelles en famille organisées par le grand-père maternel et celles entre amis ou avec les collègues coordinatrices.
Ou la semaine de vacances au bord de la Semois, avec visite de Bouillon, grâce aux parents d’une copine de classe, à l’école primaire.

Bref, une vraie semaine de vacances en Wallonie, qui était prévue il y a trois ans, mais qui avait dû être annulée parce que c’était précisément la seule semaine où Monsieur Neveu était libre et qu’il ne voulait pas de vacances wallonnes.
Souvenez-vous: il préférait Berlin 😉

Et ça valait la peine d’attendre: l’Adrienne n’a vu que de belles choses 🙂

***

photo prise le 30 juillet entre Houx et Anhée.

Les derniers

Des amis, des inconnus, sont accourus avec leurs raclettes et leurs torchons – vocabulaire belge, on est en Belgique – et l’ont aidée à se débarrasser de la boue, puis de tout ce qui était abîmé, cassé, invendable.

– Cette fois, dit-elle à chacun, c’est le coup de grâce. J’arrête le magasin. J’arrête tout!

Elle venait de traverser une longue période covid, magasin fermé, les articles pour la cuisine et les articles cadeaux n’ayant pas été jugés essentiels.
D’ailleurs, les fêtes de mariage, d’anniversaires et autres avaient aussi été annulées ou reportées. Qui avait eu besoin d’acheter des cadeaux?

Puis des voisins, des clients, avaient exprimé leur sympathie et l’espoir que les commerces rouvriraient dans le quartier sinistré.
Déjà la pharmacienne s’y préparait, dans deux containers loués.

Alors, quand les caméras de la télévision sont repassées, une dizaine de jours après les dégâts, elle était en train de disposer sur un rayon toute une collection de moulins à poivre.

– Oui, dit-elle, mi-souriante, mi-fataliste, je vais rouvrir quand même.

***

écrit pour la photo proposée par Walrus au défi du samedi 674 – merci à lui! – et inspiré par une dame courageuse vue à la télé.

Y comme yeux

Photo de Pixabay sur Pexels.com

Ilias était arrivé à l’école pour y faire ses deux dernières années: son père, excédé par sa paresse, avait espéré que le choc serait salutaire.

Malheureusement, s’il y avait eu choc, ce n’était pas du côté d’Ilias, mais chez les filles de sa nouvelle classe.
Et même chez toutes celles d’autres classes, qui s’agglutinaient autour de lui à chaque récré.

Ilias faisait sensation avec son allure athlétique, sa peau bronzée et ses yeux clairs.

Et puis, comme pour le copain Geoffroy, dans le petit Nicolas, « celui qui a un papa très riche qui lui achète tout ce qu’il veut« , il était aussi celui qui avait la plus belle moto. Rouge.

Bref, Ilias s’est tout de suite beaucoup plu et n’a changé en rien son comportement.

– Vous n’allez pas vous aussi, dit le papa à Madame, lors de l’entretien parents-professeurs, me parler de ses beaux yeux, j’espère?

Car oui, même les profs étaient sous le charme 🙂

Aujourd’hui, Ilias a une femme, un fils de deux ans, un chien et un vrai travail: Madame espère que son papa est content.

X c’est l’inconnu

Elle entre dans le restaurant sans masque et crie de loin à sa collègue:

– J’y suis pas allée! Je devais y aller ce matin mais j’y suis pas allée!

Elle traverse deux fois la salle à grands pas, en gesticulant:

– Un vaccin fait en un an! Et on sait même pas ce qu’il y a dedans!

Comme si elle savait ce qu’il y a dans le coca qu’elle boit par litres.
Bref.

– Et en plus, ça va dans ton ADN!

***

photo prise à Anhée, le long de la Meuse et du chemin de fer, lundi dernier.

W comme wagon de train

La dame avait visiblement envie de papoter, et après un échange de regards par-dessus les sourires masqués, elle s’est lancée dans l’anecdote dès que l’Adrienne était assise:

– Il y avait là une femme qui voyageait sans billet.
– Ah bon!
– Et elle a sorti toutes sortes d’excuses… mais la conductrice a tenu bon… elle a dit qu’il fallait payer…
– Ah oui, bien sûr!
– Alors elle a dit qu’elle avait oublié son portefeuille.
– Faut oser!

Dix minutes plus tard, l’Adrienne savait tout sur les principes éducatifs de la dame, appliqués à son fils et à sa fille aujourd’hui adultes.

Puis elles ont beaucoup ri en discutant de leurs petites manies, dès qu’elles sortaient de chez elles, à vérifier si elles avaient bien pensé à tout, et à toutes les « choses utiles » qu’elles trimbalaient dans leur sac, comme des stylos et du papier au cas où il faudrait écrire quelque chose et des masques en réserve au cas où…

Au cas où quoi, au fait?

Bref, ça a bien rigolé pour peu de chose 🙂

***

l’image a déjà servi mais elle me plaît toujours autant 🙂