M comme Monsieur Météo

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Le week-end dernier, Belle-Maman d’Ostende aurait encore eu raison: il a fait un temps magnifique à la côte belge (1), alors que les météorologies nationale et webinesques ne parlaient que de pluie pour tout le pays.

– Les nuages de pluie, disait belle-maman, le vent de la mer les souffle jusqu’à Bruges. C’est là-bas qu’il pleut. Pas à Ostende. (2)

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(1) comme le montre cette photo prise dimanche dans le kiosque à musique, dans le parc Léopold.

(2) où on aime tant les Brugeois qu’on dit « zie je van Brugge? zet je vanachter » (tu es de Bruges? va t’asseoir dans le fond)armand pien 1

Nous qui étions de « l’intérieur du pays » (3), nous avions plutôt l’impression contraire. Nous soupçonnions Armand Pien (4) d’avoir des accointances avec le secteur Horeca côtier chaque fois qu’il annonçait qu’il ferait beau à la mer.

Luigeniere! (Menteur!) criait mon grand-père, que ça n’empêchait pas d’écouter chaque jour fidèlement le bulletin météo d’Armand Pien et d’exiger un silence religieux pour ne pas en perdre une miette. 

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(3) pour Belle-Maman, il y avait deux sortes de gens: ceux de la côte (van de kust) et ceux de l’intérieur du pays (van het binnenland), qui ne savent pas ce que c’est du poisson frais ni ce que c’est du vent.

(4) notre Monsieur Météo de la télévision flamande de 1953 à 1990, voir la photo ci-dessus en noir et blanc. Célèbre en Flandre pour y avoir introduit le mot ‘straalstroom‘, (jet-stream en bon franglais) et pour ses bulletins météo toujours présentés avec humour et pédagogie.

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I comme illusion

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S’il est de plus en plus admis que le niveau de la mer du Nord montera d’au moins 60 centimètres encore pendant ce siècle-ci, et si l’on sait que plusieurs de nos communes côtières ont déjà subi ce sort par le passé – disparaître en mer, comme Ostende à la fin du 14e siècle ou Wenduine en 1571 – comment peut-on alors espérer se prémunir contre ce qui va arriver?

Voilà ce que l’Adrienne se demandait à l’issue de la conférence donnée par Dries Tys, archéologue de la VUB.

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photo prise à Ostende dimanche matin, à l’heure où le sable est encore à l’ombre de la rangée d’appartements…

J comme j’y crois pas!

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On peut faire confiance à Luke quand il note que la température de l’air est à 13°C et celle de l’eau à 12.

Pourtant la première chose qu’on voit en descendant vers la plage, ce sont des enfants en maillot de bain, des vieilles dames qui se promènent en bikini dans l’eau jusqu’à la taille, des baigneurs de tout âge.

Puis on entend arriver un tracteur, on demande à l’amie à quoi il sert, quelle sorte de travail il doit effectuer.

– Travail? rit-elle. Pas du tout! C’est ‘just for fun’. « They are playing »

Et quand le tracteur est tout près on remarque qu’au volant se trouve le marié, et assis près de lui, le cousin Tom.

Alors on décide de ne plus poser de questions 😉

 

 

X c’est l’inconnu

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Des vélos, des cathédrales de sable, une œuvre d’art moderne en métal rouge, qui soulève la polémique depuis son installation – elle doit représenter notre société de consommation et de fait, elle montre déjà des taches de rouille – la digue, une mouette, et puis cette tête de personnage de manga (?) qui reste inconnu au bataillon… 

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Stupeur et tremblements

Il ne se passe pas de semaine sans qu’on puisse lire de tristes nouvelles sur un de nos mammifères marins trouvé mort avec dans le ventre des kilos de plastique.

Une étude récente de la WWF démontre que l’homme aussi, sans le savoir, ingère environ cinq grammes de plastique par semaine. Ce qui équivaut au poids et à la taille d’une carte de banque. Ou au poids et à la taille d’un stylo bille

Chaque semaine.

Mais là n’est pas la cause principale de stupéfaction chez l’Adrienne – sur cette planète, qui pourrait encore dire, de nos jours, ne pas être au courant de cette pollution? – non, le plus stupéfiant, c’est que son magazine place un tel article dans son supplément « week-end » sous la rubrique « culinaire ».

Bon appétit!

L comme liberté

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Mini-Adrienne a quatorze ans et trois mois. Elle passe une quinzaine de jours de vacances à la côte belge avec sa mère, son petit frère et son petit cousin. Comme chaque année au 15 août, pendant que les papas travaillent. La maman du petit cousin travaille aussi. C’est eux qui ont un appartement à la mer.

Le 15 août vient le papa. Il offre un tour en cuistax et prend quelques photos. Il faut longuement poser au soleil 🙂

Quatorze ans et trois mois. C’est un mois d’août particulièrement beau et ensoleillé, on est à la plage tous les jours, on se lie d’amitié avec d’autres. Des « grands » qui acceptent de jouer à toutes sortes de jeux avec le petit frère, le petit cousin.

Puis un jour une dame s’extasie:

– Comment? elle n’a que quatorze ans, votre fille? je croyais qu’elle en avait dix-sept!

Pas très futée, la dame, pas très fine psychologue, elle s’enferre dans ses convictions, elle insiste lourdement.

Quatorze ans et trois mois. C’est la dernière fois que l’Adrienne – qui n’est donc plus une mini – a joui d’une relative liberté.

Pas besoin de tchador ni de foulard: on peut très bien s’en passer et obtenir le même résultat.

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texte inspiré par le thème des Impromptus littéraires, Quatorze ans et demi.