J comme j’y crois pas!

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On peut faire confiance à Luke quand il note que la température de l’air est à 13°C et celle de l’eau à 12.

Pourtant la première chose qu’on voit en descendant vers la plage, ce sont des enfants en maillot de bain, des vieilles dames qui se promènent en bikini dans l’eau jusqu’à la taille, des baigneurs de tout âge.

Puis on entend arriver un tracteur, on demande à l’amie à quoi il sert, quelle sorte de travail il doit effectuer.

– Travail? rit-elle. Pas du tout! C’est ‘just for fun’. « They are playing »

Et quand le tracteur est tout près on remarque qu’au volant se trouve le marié, et assis près de lui, le cousin Tom.

Alors on décide de ne plus poser de questions 😉

 

 

X c’est l’inconnu

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Des vélos, des cathédrales de sable, une œuvre d’art moderne en métal rouge, qui soulève la polémique depuis son installation – elle doit représenter notre société de consommation et de fait, elle montre déjà des taches de rouille – la digue, une mouette, et puis cette tête de personnage de manga (?) qui reste inconnu au bataillon… 

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Stupeur et tremblements

Il ne se passe pas de semaine sans qu’on puisse lire de tristes nouvelles sur un de nos mammifères marins trouvé mort avec dans le ventre des kilos de plastique.

Une étude récente de la WWF démontre que l’homme aussi, sans le savoir, ingère environ cinq grammes de plastique par semaine. Ce qui équivaut au poids et à la taille d’une carte de banque. Ou au poids et à la taille d’un stylo bille

Chaque semaine.

Mais là n’est pas la cause principale de stupéfaction chez l’Adrienne – sur cette planète, qui pourrait encore dire, de nos jours, ne pas être au courant de cette pollution? – non, le plus stupéfiant, c’est que son magazine place un tel article dans son supplément « week-end » sous la rubrique « culinaire ».

Bon appétit!

L comme liberté

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Mini-Adrienne a quatorze ans et trois mois. Elle passe une quinzaine de jours de vacances à la côte belge avec sa mère, son petit frère et son petit cousin. Comme chaque année au 15 août, pendant que les papas travaillent. La maman du petit cousin travaille aussi. C’est eux qui ont un appartement à la mer.

Le 15 août vient le papa. Il offre un tour en cuistax et prend quelques photos. Il faut longuement poser au soleil 🙂

Quatorze ans et trois mois. C’est un mois d’août particulièrement beau et ensoleillé, on est à la plage tous les jours, on se lie d’amitié avec d’autres. Des « grands » qui acceptent de jouer à toutes sortes de jeux avec le petit frère, le petit cousin.

Puis un jour une dame s’extasie:

– Comment? elle n’a que quatorze ans, votre fille? je croyais qu’elle en avait dix-sept!

Pas très futée, la dame, pas très fine psychologue, elle s’enferre dans ses convictions, elle insiste lourdement.

Quatorze ans et trois mois. C’est la dernière fois que l’Adrienne – qui n’est donc plus une mini – a joui d’une relative liberté.

Pas besoin de tchador ni de foulard: on peut très bien s’en passer et obtenir le même résultat.

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texte inspiré par le thème des Impromptus littéraires, Quatorze ans et demi.

H comme heure d’été

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En ce début d’avril, on réinstalle les cabines de plage. Bien blanches, pimpantes et rangées sur une ligne droite, toutes à égale distance les unes des autres, comme on les aime 🙂

Plus loin, de grosses pelleteuses brassent des tonnes de sable qui ont tendance chaque hiver à envahir la digue. En de nombreux endroits, les escaliers qui descendent vers la plage sont devenus des ornements inutiles.

Une petite fille, armée d’une pelle d’enfant, s’acharne à creuser pour arriver jusqu’aux marches, mettre au jour la balustrade de métal. On lui souhaite bien du courage.

Du matin au soir, c’est la passeggiata. Tous les âges, toutes les langues, toutes les couleurs, à pied, à vélo, en trottinette, en patins à roulettes…

Une seule constante: l’odeur des gaufres qui donne à toute heure des envies de nourriture; les queues sont longues devant les échoppes où bizarrement, les gens se laissent surtout tenter par des glaces.

C’est l’heure d’été 🙂

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digue d’Ostende, 7 avril, 7 heures du soir.

 

Y comme yacht

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Au moment où elle a perdu sa belle maison dans son vert paradis, l’Adrienne s’est dit, pour se consoler, qu’elle était libre d’aller s’installer ailleurs. Entièrement libre.

Cette pensée l’a étourdie pendant quelques jours. Que n’a-t-elle rêvé? Tout n’est-il pas permis quand on rêve? Du plus fou au plus modeste, comme un petit appartement à la mer, par exemple.

Deux ou trois réalités l’en ont dissuadée. D’abord – évidemment – le nerf de la guerre. Ensuite, la distance du lieu de travail, même si un jour ce travail prend fin.

Mais c’est en lisant des articles sur le réchauffement climatique qu’elle a définitivement enterré l’idée: il vaudrait mieux, si certaines prédictions se réalisent et si on pense tenir le coup encore une vingtaine d’années, s’installer à la montagne.

Ou alors carrément vivre sur un bateau.

Un de ces yachts qui se dandinent mollement dans le bassin d’Ostende, bien rangés côte à côte, des gros et des petits, des basiques et des somptueux.

Qui n’ont pas l’air de prendre la mer bien souvent, quand on voit comment leurs propriétaires s’y sont installés, en mode camping flottant.

Or, l’Adrienne adore le camping 🙂

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texte écrit pour le Défi du Samedi qui proposait Y comme yacht – en illustration, les trois voiliers que l’Adrienne s’est offerts pour un euro cinquante seulement 🙂