H comme heure d’été

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En ce début d’avril, on réinstalle les cabines de plage. Bien blanches, pimpantes et rangées sur une ligne droite, toutes à égale distance les unes des autres, comme on les aime 🙂

Plus loin, de grosses pelleteuses brassent des tonnes de sable qui ont tendance chaque hiver à envahir la digue. En de nombreux endroits, les escaliers qui descendent vers la plage sont devenus des ornements inutiles.

Une petite fille, armée d’une pelle d’enfant, s’acharne à creuser pour arriver jusqu’aux marches, mettre au jour la balustrade de métal. On lui souhaite bien du courage.

Du matin au soir, c’est la passeggiata. Tous les âges, toutes les langues, toutes les couleurs, à pied, à vélo, en trottinette, en patins à roulettes…

Une seule constante: l’odeur des gaufres qui donne à toute heure des envies de nourriture; les queues sont longues devant les échoppes où bizarrement, les gens se laissent surtout tenter par des glaces.

C’est l’heure d’été 🙂

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digue d’Ostende, 7 avril, 7 heures du soir.

 

Y comme yacht

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Au moment où elle a perdu sa belle maison dans son vert paradis, l’Adrienne s’est dit, pour se consoler, qu’elle était libre d’aller s’installer ailleurs. Entièrement libre.

Cette pensée l’a étourdie pendant quelques jours. Que n’a-t-elle rêvé? Tout n’est-il pas permis quand on rêve? Du plus fou au plus modeste, comme un petit appartement à la mer, par exemple.

Deux ou trois réalités l’en ont dissuadée. D’abord – évidemment – le nerf de la guerre. Ensuite, la distance du lieu de travail, même si un jour ce travail prend fin.

Mais c’est en lisant des articles sur le réchauffement climatique qu’elle a définitivement enterré l’idée: il vaudrait mieux, si certaines prédictions se réalisent et si on pense tenir le coup encore une vingtaine d’années, s’installer à la montagne.

Ou alors carrément vivre sur un bateau.

Un de ces yachts qui se dandinent mollement dans le bassin d’Ostende, bien rangés côte à côte, des gros et des petits, des basiques et des somptueux.

Qui n’ont pas l’air de prendre la mer bien souvent, quand on voit comment leurs propriétaires s’y sont installés, en mode camping flottant.

Or, l’Adrienne adore le camping 🙂

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texte écrit pour le Défi du Samedi qui proposait Y comme yacht – en illustration, les trois voiliers que l’Adrienne s’est offerts pour un euro cinquante seulement 🙂

N comme nature

 

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C’est la nature qui a le dernier mot, disent tous les Islandais à qui on parle, qu’il s’agisse d’éruptions volcaniques ou d’aurores boréales.

Bien sûr, c’est évident.

Mais il est dans la nature de l’homme de suivre la sienne 😉

Ainsi, après avoir été maintes fois avertis du danger de la puissance des vagues de l’Atlantique à Reynisfjara, certains tiennent quand même à se faire peur ou à défier les éléments, et reviennent mouillés de leur promenade en bord de mer. Encore heureux qu’ils en reviennent, riant et s’ébrouant. D’autres ont été emportés.

Ainsi, nombreux sont ceux qui, où que l’on soit, ne voient le pays qu’au travers de leur smartphone. Leur temps se passe à prendre des photos, les regarder, les trier, en jeter, en envoyer sur les réseaux sociaux. La jeune fille à côté de moi dans le bus y a passé toute sa journée.

Ainsi, deux petits enfants sur cette plage de sable noir, font ce que font tous les enfants en vacances à la plage, ils construisent un château et tracent des fossés, des routes. En n’utilisant que leurs deux mains qu’ils finissent par sortir de leurs moufles – blanches, à l’origine 😉  – malgré le froid. 

D comme drakkar

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Cette sculpture face à la mer, le long de la Saebraut à Reykjavik, ne s’appelle pas drakkar mais Sólfar, ce qui veut dire – explique le Routard 2018/19 – Voyageur du soleil.

Cette oeuvre en acier inoxydable a été créée par Jón Gunnar Árnason et inaugurée en 1990, plus d’un an après la mort de l’artiste. Il est décédé en avril 89 des suites d’une leucémie. Il était le gagnant du concours, lancé en 1986 à l’occasion du bicentenaire de la ville (1), mais n’a donc pas pu voir son oeuvre in situ.

Et pour donner raison au guide, qui écrit que « c’est le monument le plus photographié de la capitale » (p.95), je l’ai pris en photo sous trois angles différents 🙂

Parce qu’il est bien joli, je trouve.

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Photo prise le 2 janvier entre onze heures et midi, contrairement à ce qu’on pourrait croire en voyant la faible luminosité 😉

(1) on estime que les premiers colons norvégiens sont arrivés dans la zone en 874 mais des découvertes archéologiques ont permis de conclure que des Celtes y étaient déjà installés au siècle précédent. Cependant, la date retenue comme fondatrice de la ville est celle de la charte accordée par la couronne danoise en 1786.
L’histoire du pays est retracée au Musée national d’Islande.

Z comme Zeebrugge

Zeebrugge port gets ready for Brexit

Zeebrugge is Brexit proof, peut-on lire sur de grands affichages le long du port. Qu’est-ce que ça veut dire concrètement, Brexit proof, se demande l’Adrienne, à un moment où on ne sait pas encore quelles seront les modalités de ce Brexit?

Dans un article du 7 décembre, un journaliste du Guardian se pose la même question. Vous le lirez si ça vous intéresse.

L’aspect le plus comique de la chose, ce sont ces Britanniques qu’il interviewe sur leur vote pour ou contre le Brexit, à l’époque. Comme ce chauffeur de camion qui fait le trajet Zeebrugge-Hull depuis toutes ces années et qui a voté pour le Brexit, dans l’idée que ‘ça ne passerait pas’ parce que si ça passait, ça ruinerait son boulot ( » I never thought it would pass. Brexit could wreck my job »).

Ou comme cette touriste de 71 ans qui a voté pour le Brexit mais revient d’une visite au marché de Noël à Bruges. Elle aussi est persuadée que ça ne changera rien puisque de toute façon “People will still want their fun, won’t they?”

K comme Knokke

knokke petit prince

Il faudra que l’Adrienne se rende à Knokke-Heist, un de ces soirs, pour aller admirer son héros favori, le si pertinent Petit Prince 🙂

Sur un parcours de trois kilomètres dans la cité balnéaire, huit installations lumineuses retracent son voyage et ses rencontres sur les diverses planètes qu’il visite. D’autres belles photos (et explications) ici (oeuvre de Tom et Lien Dekyvere, un duo d’artistes de Flandre Occidentale) et ici (oeuvre du studio de design multimédia ENESS, de Melbourne)

 » J’ai sélectionné à chaque fois un bout de l’histoire, puis j’ai cherché une œuvre qui y correspondait ou demandé à un artiste d’en créer une « , explique le curateur, Jean-Pierre Deschepper, dans son interview.

Je crois bien que le 22 décembre, l’Adrienne sera dans le tram d’Ostende à Knokke 🙂

source de la photo et infos ici.

H comme horreur du vide

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Dans le silence très relatif de la nuit chilienne, elle a senti avec terreur la terre gronder et trembler pendant de longues minutes, ne parvenant à se décider s’il valait mieux sortir de la chambre ou attendre tranquillement que ça passe.

Dans le silence très relatif de la nature finlandaise, en fond sonore parmi d’autres bruits et cris divers, le ‘zonzon’ de milliers de moustiques l’a finalement décidée à retourner se coucher à l’abri d’une maison et de sa moustiquaire.

Et là, devant le spectacle grandiose de l’infinité de l’océan, elle se demande quel idiot a été effrayé par « le silence éternel des espaces infinis ».

Le fracas assourdissant des vagues sur les rochers, les grondements de l’orage, voilà ce qui l’effraie et l’attire en même temps.

Bien campée sur ses deux jambes, les mains dans les poches de sa grosse vareuse au col relevé, elle admire le spectacle et se dit qu’il n’y a pas de meilleur endroit que cette bonne vieille terre.

Pour le silence éternel des espaces infinis, elle préfère passer son tour…

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Tableau et consignes chez Lakévio, que je remercie. Il fallait utiliser cette citation de Blaise Pascal: « Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie »

Pour ceux qui veulent tout savoir sur Pascal et sur la nature qui n’a pas du tout horreur du vide…

Et pour ce qui est du silence sur Mars, voir ici 🙂

//fave.api.cnn.io/v1/fav/?video=us/2018/12/08/mars-sounds-win-orig-st.cnn&customer=cnn&edition=international&env=prod