Premier!

Dans une de ces nombreuses écoles où Madame a été réaffectée, il y avait deux Rita au secrétariat, et ce qui faisait beaucoup rigoler – elles les premières – c’est que l’une s’appelait Van Boven (d’en haut) et l’autre Van Beneden (d’en bas)

Alors quand Madame a vu sur le site d’Ostende qu’un certain Pierre-Joseph Van Beneden avait fondé le premier laboratoire et le premier aquarium destinés à l’étude de la biologie marine, en 1843, elle a d’abord pensé aux deux Rita avant de s’intéresser à Pierre-Joseph 🙂

Qui pourtant vaut plus que la peine qu’on le sorte de l’oubli!

Comme disent dédaigneusement nos voisins hollandais, vous les Belges, vous ne savez pas vous vendre 😉

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L’illustration (source ici, où on peut voir aussi un portrait du monsieur) montre l’emplacement de cet institut, au 19e siècle, sur l’Oosteroever d’Ostende, dans l’huîtrière de la famille Valcke-Deknuyt.

T comme Tôt

Tôt le matin la digue est à l’ombre des immeubles qui la bordent et jusqu’à huit heures la plage appartient aux chiens avec leurs promeneurs.

Qu’il y ait des poubelles tous les vingt pas, que ce soit sur le sable ou sur la digue, n’empêche pas qu’il faille une armée d’hommes en orange pour que tout soit impeccable et que les sales touristes puissent recommencer à salir.

Malgré les températures déjà élevées – pour une Adrienne – et malgré les recommandations à cause de la canicule, on voit autant de joggeurs que d’habitude le long de la plage ou dans le Bosje.

L’Adrienne a décidé de ne plus s’étonner de rien.

Mais c’est difficile 😉

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photo prise à Ostende le matin du 18 juillet.

Y comme yapa que

Y a pas qu’à Venise, vous direz-vous en voyant l’image de la vidéo ci-dessus, que des paquebots trop gros viennent faire des trucs hasardeux (euphémisme).

Couper l’isthme de Corinthe pour y faire passer les navires par un canal est un travail qui n’a été réalisé qu’à la fin du 19e siècle – la grande époque aussi de Suez et Panama – mais c’est une chose dont on rêve depuis l’Antiquité.
Non, ils n’étaient pas fous, les Romains 😉 et les Grecs non plus.

Malheureusement les Grecs avaient la mauvaise idée de consulter la Pythie pour tout et rien et il leur a semblé qu’elle le leur déconseillait. (1)

Et les Romains avaient toujours ici ou là d’autres urgences, comme des irréductibles à mater et des empereurs à trucider.

Pour ceux que ça intéresse, un bon article sur les Tentatives de percement dans l’Antiquité, où vous pourrez lire que Néron lui-même a donné le premier coup de pelle.

En or, bien sûr 😉

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(1) raconté par Hérodote, Livre I: chapitre CLXXIV.

Les Cariens furent réduits en servitude par Harpage, sans avoir rien fait de mémorable. Ils ne furent pas les seuls. Tous les Grecs qui habitent ce pays ne se distinguèrent pas davantage. On compte parmi eux les Cnidiens, colonie de Lacédémone. Leur pays, qu’on appelle Triopium, regarde la mer. La Bybassie commence à la péninsule ; et toute la Cnidie, si l’on en excepte un petit espace, est environnée par la mer : au nord, par le golfe Céramique ; au midi, par la mer de Syme et de Rhodes. C’est ce petit espace, qui n’a environ que cinq stades d’étendue, que les Cnidiens, voulant faire de leur pays une île, entreprirent de creuser pendant qu’Harpage était occupé à la conquête de l’Ionie ; car tout leur territoire était en dedans de l’isthme, et ne tenait au continent que par cette langue de terre qu’ils voulaient couper. Ils employèrent un grand nombre de travailleurs ; mais les éclats de pierre les blessant en différents endroits, et principalement aux yeux, d’une manière si extraordinaire qu’il paraissait bien qu’il y avait l’a quelque chose de divin, ils envoyèrent demander à Delphes quelle était la puissance qui s’opposait à leurs efforts. La Pythie, comme les Cnidiens le disent eux-mêmes, leur répondit en ces termes, en vers trimètres : « Ne fortifiez pas l’isthme, et ne le creusez pas. Jupiter aurait fait une île de votre pays, si c’eût été sa volonté. » Sur cette réponse de la Pythie, les Cnidiens cessèrent de creuser ; et, lorsque Harpage se présenta avec son armée, ils se rendirent sans combattre.

Première!

Nieuwpoort maakt van zeewater drinkwater

C’est une première pour notre pays: rendre l’eau de mer potable, à grande échelle.

Après un stade expérimental, on devrait bientôt passer à une grande usine permettant de transformer jusqu’à quatre millions de m³ d’eau de mer en eau potable par an d’ici 2025, ce qui correspond aux besoins d’une ville comme Ostende, qui compte plus de 70 000 habitants et où près de 300 000 touristes vont et viennent sur l’année.

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photo et article ici.

L’Adrienne pensait que ça se faisait déjà aux Pays-Bas mais apparemment non, Nieuport est la première ville sur la mer du Nord à le faire.

En prévision des étés de plus en plus secs et des grosses consommations d’eau qui en sont la conséquence…

Y comme yard

106ème devoir de Lakevio du Goût

Les voyez-vous, à l’arrière-plan du tableau, ces chalutiers à vapeur en route vers l’Angleterre?

Ils ont quitté Ostende pour Milford Haven, où il en arrive quotidiennement en cette mi-septembre de 1914. D’autres seront envoyés au port de Fleetwood. Tous seront embrigadés pour la défense de l’espace maritime anglais et l’indispensable approvisionnement.

Parmi eux, il y a Louis Ponjaert.
Il est le schipper du O.151, Nadine, que la Société des Pêcheries ostendaises vient d’acquérir en janvier de cette année-là.

L’homme a tout juste cinquante ans.
C’est lui qui sera une sorte de recordman du sauvetage en mer. Le 25 décembre 1914 il sauve 42 membres de l’équipage d’un navire marchand anglais torpillé par les Allemands et le 30 mars 1917 il réussit l’exploit de sauver l’équipage entier du Liverpool, 73 personnes.

Nombreux sont les pêcheurs ostendais à être victimes d’un U-boot ou de mines. Mais Louis Ponjaert réussit à rentrer à Ostende après la guerre et continuera son travail de schipper – commandant d’un bateau de pêche – sur le O.151 jusqu’en 1921.

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Ceci n’est pas une fiction – sources oostendse visserij in 14-18.pdf et ici – Pour ceux qui souhaiteraient prononcer correctement Ponjaert, dites « ponne » puis « yarte » – Merci à monsieur Le Goût pour sa consigne:

Mais que diable fait cette barque vide au bord de l’eau ? Au moins ça m’inspire… Mais vous ? J’espère que lundi vous aurez dit quelque chose sur cette embarcation mystérieuse.

Z comme zalig!

C’était jour de grand vent à Ostende et sur la plage rugissante, avec la marée montante, il n’y avait que quelques adeptes de cerfs-volants.

La digue aussi on l’avait quasiment pour soi seul, il fallait se tenir penché pour ne pas être renversé par la rafale et réussir à avancer un peu tout de même.

Alors quand l’Adrienne a croisé une dame luttant dans l’autre sens contre les éléments, elle a reconnu cette étincelle de bonheur dans ses yeux (bleus) et lui a lancé un:

Zalig, hé!

« Zalig« , c’est le degré supérieur de ce qui est agréable et rend heureux 🙂

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photo prise à Ostende le 22 octobre

T comme touriste

En revenant de chez sa carissima nipotina, l’Adrienne a fait les touristes et s’est arrêtée devant cette œuvre en inox réalisée par l’artiste américain Michael Ray Charles.

Elle avait d’abord été placée à Zeebruges pour l’expo Beaufort de 2006 mais la ville d’Ostende l’a achetée après l’expo et installée dans le parc.

On voit tout de suite que ce sont comme des douilles (géantes) puis on remarque les deux encoches dans la pointe et on reconnaît l’allure typique des membres du Ku-Klux-Klan.

Son titre, The Three Graces, prend ainsi une tout autre signification.

Beaufort 2006, c’est aussi l’année où Maman, l’araignée géante de Louise Bourgeois a été installée sur la tombe de James Ensor à Mariakerke (Ostende).

La ville aurait bien aimé l’acquérir mais Louise Bourgeois en demandait 594.390 euro (tout de suite) et 1.585.040 euro supplémentaires à payer dans les cinq ans. 
Bref, des prix pour rois du pétrole 😉

Tout sur l’expo triennale Beaufort ici. La dernière a donc eu lieu en 2021.

R comme répertoire

C’est demain que les voisins de l’Adrienne organisent chez eux leur fête de mariage et comme ils l’en avaient prévenue, « de temps en temps » la musique allait « un peu fort » ces dernières semaines, parce qu’ils préparaient le programme des festivités.

Ce qui fait que l’Adrienne en connaît déjà tout le répertoire et qu’elle a pu constater qu’aujourd’hui encore, un mariage de Flandre se doit de comporter UNE chanson en français, l’indéboulonnable Connemara.

Personne n’en comprend les paroles et tout le monde s’en f…, il s’agit de faire lalala en agitant sa serviette de table 🙂

Bref, demain l’Adrienne va à Ostende.

La mer y est moins mythique mais ses oreilles s’y porteront mieux 🙂

G comme garnaal

Le 17 octobre aura lieu à Ostende le premier concours de la meilleure croquette aux crevettes.

A se demander pourquoi la ville a attendu si longtemps, vu que c’est une de ses plus grandes fiertés: les bateaux des « petits pêcheurs » qui ne sortent qu’une nuit et vendent le produit de leur pêche le matin, sans passer par la criée.
Plus frais que frais 😉

L’Ostendais qui se respecte va se fournir chez eux, au Platten trap, où les bateaux sont amarrés et où il a son fournisseur favori.

C’est surtout pour les crevettes que ça a son importance, puisqu’elles sont triées – on rejette les trop petites à la mer – et cuites la nuit même, sur le bateau.
Faut que le chef tienne bien sa montre à l’œil 😉
Belle-maman et beau-papa avaient évidemment leur adresse, « leur » bateau, « leur » épouse de marin au patois puissant qui leur faisait le prix d’amis, celui affiché étant « pour les touristes ».

Bref, l’Adrienne a appris de sa belle-famille que la crevette se pèle et se consomme le jour de sa pêche et s’il en reste, elles pourront servir à confectionner des croquettes, après qu’on aura préparé un fumet avec les carapaces.

Le premier examen que passait la nouvelle recrue de la famille consistait en deux parties: est-elle capable de lever proprement des filets si on lui sert une sole entière? et est-elle capable de peler des crevettes sans réduire les petites bêtes en bouillie 😉

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avec toute ma gratitude pour une belle-maman et un beau-papa de premier choix, comme leurs crevettes et leurs croquettes 🙂

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Ci-dessous une autre fierté – mais pas ostendaise – les pêcheurs à cheval de Koksijde et un chef qui met leurs produits à l’honneur – rectification: comme le fait remarquer Mme Chapeau, les pêcheurs à cheval dont d’Oostduinkerke.
Merci à elle!

O comme Oise et Orne

Aldeburgh-141

La présence quotidienne de Rémy sur cette plage déserte était un mystère pour mini-Adrienne.

Tout à coup il apparaissait ou disparaissait, elle ne savait rien de lui, sauf son prénom.
Où logeait-il ?
Où était sa famille ?
Il n’en était jamais question.

Chaque jour, les parents déployaient les draps de plage et s’installaient avec leurs magazines.
Mini-Adrienne et son petit frère commençaient leurs travaux en attendant la marée.
Chaque jour, ils rebâtissaient un fort au bord de l’eau, convaincus qu’ils finiraient par en réaliser un capable de résister aux vagues.
Même l’aide de Rémy n’y avait jamais suffi.

Parfois monsieur Beauciel passait faire la conversation aux parents.
Sa femme et lui étaient cette sorte de grands-parents sans petits-enfants.

Monsieur Beauciel aimait bien vérifier si Rémy savait toutes les choses qu’un enfant de dix ans doit savoir.
Comme la liste des départements, par exemple.
Avec leur chef-lieu.

Monsieur Beauciel semblait très étonné des lacunes dans les connaissances de Rémy et avait terminé son interrogatoire par un « il faudra apprendre tout ça, mon garçon, c’est indispensable ! » alors Rémy avait baissé la tête et n’avait rien répondu.
Mini-Adrienne en avait été mortifiée pour lui.

Mais ce n’était pas tombé dans l’oreille d’une sourde : quatre ans plus tard, quand les parents ont de nouveau pris la route des vacances en France, elle avait le gros Michelin rouge sur les genoux et apprenait par cœur les numéros et les noms des départements français.

Leur chef-lieu, malheureusement, ne s’y trouvait pas.

Par conséquent elle aussi a des lacunes dans ces connaissances indispensables 🙂

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Écrit pour le défi du samedi n°672 où Walrus – merci à lui! – proposait cette photo d’Aldeburgh (Suffolk)