Question existentielle

DSCI7736

Maintenant que le jardin de l’Adrienne – après le passage d’un jardinier, oui il a fallu casser la tirelire – est à peu près nu comme un ver, pourquoi maintenant les voisines ne viennent-elles pas sonner à sa porte pour la remercier et la féliciter 😉

Bon, la question n’en est pas une – d’ailleurs on n’y a pas mis de point d’interrogation – on connaît la réponse.

Pourtant on pourrait se la poser: pourquoi est-ce plus facile – pour certains en tout cas – de réclamer récriminer se plaindre exiger maugréer se lamenter protester râler rouspéter… que de faire un sourire au jour et au monde?

Et là, vous l’aurez remarqué, il y a un point d’interrogation 🙂

***

photo prise mardi dernier

Question existentielle

gout

La première fois que mini-Adrienne a été punie, elle avait quatre ou cinq ans et jouait à ‘tikkertje‘ (1).

Une partie de la cour était mouillée parce que les femmes de ménage y avaient déversé leurs seaux et tout ne s’était pas écoulé.

Par conséquent, sœur Josiane avait interdit de poser le pied sur la partie humide.

Mais comment voulez-vous jouer à ‘tikkertje‘ et faire attention à la flaque tout en courant pour échapper à votre poursuivant?

Mini-Adrienne a vu trop tard qu’elle approchait de la zone interdite, a fait le plus grand bond dont elle soit capable, au-dessus de la flaque… mais hélas, sœur Josiane surveillait l’endroit. Mini-Adrienne a dû finir la longue récréation debout au milieu de la cour, sans bouger.

La honte.

Depuis ce jour-là, elle s’interroge beaucoup sur les punitions. Leur utilité. Leur bien-fondé. Sur le pouvoir et l’abus de pouvoir de celui qui les donne. Sur la honte et le sentiment d’injustice ou de révolte de celui qui les reçoit.

C’est sans doute pour ça que pendant toute sa carrière de prof, elle a toujours cherché à s’en passer.

***

(1) je crois qu’en français ça se dit ‘jouer à chat’, corrigez-moi si je me trompe.

Racontez-nous une histoire de pas sage, demandait le Goût-des-autres, qui a courageusement repris les devoirs de Lakévio. Merci à lui!

Question existentielle

Anti_climb_paint_sign

Sans doute cela existe aussi ailleurs, mais c’est la première fois que l’Adrienne le voit: anti climb paint, une peinture destinée à décourager ceux qui auraient envie de grimper une clôture. En plus de la hauteur, des piques et des barbelés…

C’est une sorte de constante qui fait que depuis le début de ce voyage, et dans tous ses contacts avec les locaux, y compris le marié, l’Adrienne ne cesse de se demander: mais de quoi et pourquoi ont-ils donc si peur?

Tout se ferme à clé, même les fenêtres – et le machin est si compliqué qu’il y en a que l’Adrienne ne réussit pas à ouvrir. Ouvrir une porte demande tant de manœuvres qu’il faut déposer à terre toutes ses affaires: une troisième main ne serait pas superflue.

Les ‘warning‘ et ‘caution‘ fleurissent partout, le plus drôle jusqu’à ce jour étant une plaque avertissant du danger de tomber si on monte sur le muret… haut de vingt centimètres.

– Surtout, recommande le marié, ferme bien toutes les fenêtres chaque fois que tu sors!

Or, celle de la chambre de l’Adrienne est ouverte jour et nuit. Et l’amie lui a dit de laisser ouverte celle qui se trouve au-dessus de la véranda, pour que la chatte Cici (prononcer Tchitchi) puisse entrer et sortir selon ses envies.

– Et pour Cici? demande l’Adrienne.

Alors il est allé contrôler si c’était ‘safe‘ et a accepté, à contrecœur, pour l’amour du chat.

Mais qu’il ne s’inquiète pas, les voisins de ce petit cul-de-sac dont toutes les maisons se regardent par des fenêtres sans rideaux, sont vigilants: le lendemain de son installation, l’Adrienne a été vue à la fenêtre de la cuisine et aussitôt un homme est venu frapper à la porte pour savoir ce qu’elle faisait là…

source de la photo wikipedia

C’est quoi cette histoire?

L’Adrienne a encore exactement dix jours pour se renseigner sur cet opéra dont elle ne sait RIEN 🙂

LE CONTE DU TSAR SALTANE, DE SON FILS, GLORIEUX ET PUISSANT PREUX, LE PRINCE GVIDONE SALTANOVICH ET DE LA TRÈS BELLE PRINCESSE CYGNE

Y a pas à dire, ça, c’est un titre!

Et l’info? elle est ici 🙂

L’autre question, c’est: comment l’Adrienne va réussir à se libérer assez tôt de ses obligations scolaires, le vendredi 29 juin, pour être à l’heure à la Monnaie…

Bref: quelle idée a eu l’Adrienne de choisir cette date-là?

Question existentielle

Ça peut donc s’apprendre, le bonheur? se demande l’Adrienne en lisant ce titre dans son journal du matin « Niet gelukkig? Ga studeren in Bristol«  (« Pas heureux? Allez étudier à Bristol »)

Alors pour ceux qui comme elle se poseraient la question, voici la traduction de quelques extraits:

Plezier ervaren, dankbaarheid uitdrukken, willekeurig goede daden doen, sociale verbindingen installeren, lichaamsbeweging vergroten, beter slapen: ziedaar enkele van de oefeningen die op het programma staan van de cursus ‘Science of happiness’ die professor Bruce Hood, een psycholoog met specialisatie in de cognitieve neurowetenschappen, vanaf volgend jaar zal doceren. 

Éprouver du plaisir, exprimer de la gratitude, faire de bonnes actions, établir des rapports sociaux, faire plus d’exercices physiques, mieux dormir: voilà quelques exercices au programme du cours de ‘Science of happiness‘ que le professeur Bruce Hood, un psychologue spécialisé en neurosciences cognitives, donnera dès l’an prochain.

Vanaf september, twaalf weken lang, zullen de studenten leren of geluksgevoel genetisch bepaald is, of en hoe je er iets kunt aan doen, hoe onze geest geluksgevoelens verstoort en welke impact cultuur heeft. 

Dès le mois de septembre et pendant douze semaines, les étudiants apprendront si la disposition au bonheur est génétique, si on peut l’influencer, comment notre cerveau la perturbe et quel est l’impact culturel. 

Afgelopen weekend maakte een andere school, Eton College, bekend dat ‘dankbaarheid, vriendelijkheid en empathie’ voortaan op het curriculum zullen staan 

L’an dernier déjà Eton College avait annoncé que ‘la gratitude, la bienveillance et l’empathie’ feraient désormais partie du curriculum.

De grote inspiratie voor Bristol is de ‘Psychology and the good life’-cursus van Laurie Santos, die vorig jaar aan de Amerikaanse Yale-universiteit begon als antwoord op symptomen van stress, angst en depressie. Een kwart van de studenten volgt de lessen, die sinds kort ook online staan.

Bristol a surtout trouvé l’idée dans le cours de ‘Psychology and the good life’ de Laurie Santos, qui a débuté l’an dernier à l’université de Yale (USA) en réaction aux symptômes de stress, d’angoisse et de dépression. Un quart des étudiants ont suivi ces cours qu’on peut aussi trouver en ligne. La première partie se trouve d’ailleurs ci-dessus en tête du billet 🙂

D’où la question parfaitement logique que l’Adrienne n’est apparemment pas la seule à se poser: « Demain, un cours sur le bonheur dans chaque université?« 

Question existentielle

DSCI7252 (2)

Comment voulez-vous que les patates poussent si après l’été le plus chaud et le plus sec depuis que l’Institut Royal de Météorologie existe (1833), alors que les nappes phréatiques sont toujours à un niveau si bas et si critique, qu’il devrait pleuvoir pendant des semaines sans s’arrêter pour les remettre à niveau, et qu’on a encore un printemps chaud et sec?

Comment voulez-vous que les patates poussent, me suis-je demandé hier après-midi en voyant ce champ, alors qu’on se promenait en T-shirt et que le vent balayait une terre devenue poussière.

Question existentielle

person taking photo of grey concrete building

L’avocat ouvrit une porte. La referma. En ouvrit une autre. Réajusta nerveusement ses manches, son col. S’était-il trompé de jour? Il alla au greffe et fit appeler Thérèse. Puisque son père était en ville avec sa conduite intérieure, autant en profiter. Par bonheur, la standardiste put la joindre chez elle. Elle serait là dans une vingtaine de minutes.

Cette odeur de cuir moisi des anciennes voitures, Thérèse l’aime… Elle espère que son père gardera encore longtemps sa belle Panhard d’avant-guerre, elle y est attachée. Profitant du chauffeur, elle se laisse aller sur la banquette, caresse le vieux cuir des deux mains et soupire d’aise. C’est décidé, elle rentrerait à Argelouse par ce moyen au lieu de prendre le train, comme d’habitude.

Argelouse est réellement une extrémité de la terre. Un clocher, quelques maisons autour d’une placette, deux ou trois petits commerces, une route à peine carrossable. Au-delà il n’y a plus que rochers et bosquets, collines pierreuses uniquement accessibles aux chèvres. C’est là, dans cette petite église de Saint-Clair, qu’elle s’est mariée. Par une chaude journée de juillet.

Le jour étouffant des noces, dans l’étroite église de Saint-Clair où le caquetage des dames couvrait l’harmonium à bout de souffle et où leurs odeurs triomphaient de l’encens, ce fut ce jour-là que Thérèse se sentit perdue. A quoi s’engageait-elle, elle la Parisienne friande des grands boulevards et des soirées à l’opéra? Qu’est-ce qui lui avait pris de dire oui à ce petit avocat rencontré à Deauville? Certes, il était ‘de bonne famille’ mais fallait-il pour cela qu’elle aille s’enterrer avec lui dans cette immense propriété familiale, au bout du monde?

***

Ecrit d’après cette consigne de Joe Krapov, que je remercie, avec les incipits des quatre premiers chapitres d’un livre de Mauriac, que vous aurez sûrement reconnu si à vous aussi on vous l’a donné un jour en ‘lecture imposée’ 🙂

Photo de Brett Sayles sur Pexels.com