Qu’est-ce que c’est que ça?

Ça ne fait que quelques centimètres, c’est en ivoire, et la photo a été prise au musée des Beaux-Arts de Tournai.

Si vous savez ce que c’est ou si vous avez envie de proposer la solution du schmilblick, allez-y!

Vous n’aurez la réponse que lundi parce que l’Adrienne est partie complètement à l’est du pays avec sac au dos et sans PC 😉

Bon week-end à vous tous!

Question littéraire

Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier - Blanche ...

« Modiano écrit-il toujours le même livre? » titrait le Nouvel Obs à la parution de ce roman en 2014 et l’Adrienne serait tentée de répondre OUI 🙂

Même si elle est loin d’avoir tout lu de cet auteur, les quelques ouvrages passés entre ses mains lui ont fait la même impression de flou et de brouillard… qu’on ne prend pas la peine de lever.

On y trouve généralement le même genre de personnage principal – ici il s’appelle Jean Daragane – et le même genre de quête, avec le même genre d' »outils », comme ce vieux carnet d’adresses. Parfois il s’agit d’un bout de papier avec un nom, un numéro de téléphone, une adresse…

Dans les parages il y a toujours le même genre de femmes. No comment. Ainsi que quelques personnages masculins inquiétants portant des noms un peu « exotiques » – cette fois c’est Ottolini.

Bref comme d’habitude ça se promène dans quelques quartiers de Paris et ça débouche sur du rien.

D’ailleurs il y a le mot « rien » à la première page, première phrase, et à la dernière page, dernière phrase, ce n’est sûrement pas un hasard 🙂

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source de l’illustration et info sur le site de l’éditeur Gallimard – et pour les aficionados de l’auteur, il existe un blog hagiographique 😉

Question existentielle

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Quand elle tenait la main de grand-mère Adrienne, là sur son lit d’hôpital, ou qu’elle lui passait un peigne dans les cheveux, elle lui parlait.

Elle lui disait « Marraine, marraine » du ton dont on parle à un enfant malade.

A l’infirmière qui passait parfois, elle disait, comme s’il fallait s’excuser:

– Je ne sais pas si elle m’entend, mais je continue à lui parler ».
– Vous faites bien, répondait généralement l’infirmière, on a déjà eu le cas d’un patient sorti du coma qui avait continué à entendre ce qui se disait. 

Alors même si elle savait que grand-mère Adrienne ne sortirait plus du coma, elle lui caressait la main et lui parlait avec un courage renouvelé.
Dans la « bonne oreille » et en détachant bien les syllabes.

Aujourd’hui en lisant les conclusions des chercheurs de l’université de British Columbia (Vancouver, Canada) elle est toujours aussi heureuse de l’avoir fait.

Ils démontrent par l’imagerie cérébrale que l’ouïe est la dernière faculté que nous gardons, même si nous ne sommes plus capables de répondre ou d’interagir: jusqu’à notre dernier souffle, nous entendons. 

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photo du dessus, grand-mère Adrienne entourée de ses parents, juste avant la guerre de 14 – photo du dessous, grand-mère Adrienne et son époux, juste avant la guerre de 40.

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Question existentielle

Leidt droogte tot meer Belgische quinoa?

Les séances d’applaudissement et de vénération virtuelle sont à peine terminées – sans avoir toutefois apporté un salaire plus décent aux infirmières – qu’on voit fleurir de nouvelles préoccupations à cause de la sécheresse persistante et du manque d’eau.

Avec parfois une ouverture sur quelque chose de neuf et de positif, comme cette question recevant une réponse affirmative : « Leidt droogte tot meer Belgische quinoa?« , est-ce que la sécheresse fera qu’on cultivera davantage de quinoa en Belgique?

Oui, dit l’article, puisqu’un champ ensemencé en avril n’a pas eu de pluie et les plantules sont allées chercher l’humidité du sol jusqu’à une profondeur de 50 centimètres, alors que nos cultures traditionnelles (la betterave, la pomme de terre…) souffrent énormément…

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texte écrit pour Olivia Billington avec les mots imposés suivants: fleurir – capharnaüm – ouverture – salaire – vénération – sécheresse – manque.

Merci Olivia!

article et source de la photo ici.

Question existentielle

Cartoon van de dag - juni 2013 - De Standaard

Wat gaat u doen…? Qu’allez-vous faire pour les milliers de gens qui travaillent dans le secteur culturel et qui n’ont d’autre choix que de rester chez eux à attendre que le rideau tombe définitivement? Qu’allez-vous faire pour les millions de gens qui craignent de devoir se passer encore longtemps des productions culturelles qu’ils aiment voir et entendre, parce qu’elles donnent de la couleur à leur quotidien? 

Wat gaat u doen voor de duizenden werknemers die hun brood verdienen met cultuur en die geen enkele andere keuze hebben dan thuis te zitten wachten tot het doek valt? Wat gaat u doen voor de miljoenen toeschouwers, luisteraars en lezers die nu al vrezen – en wie weet voor hoe lang – dat ze het zonder de culturele producties en evenementen, die hun dagelijks leven kleur geven, moeten doen?

C’est la question posée dans la lettre ouverte en bas de laquelle trois cents noms du secteur culturel belge ont mis leur signature.

Datée du 11 mai, elle n’a cependant pas été entendue par le gouvernement.
Pas de compensations.
Pas de perspectives.
Pas un mot pour tous ces gens qui nous sont essentiels.

Pour ceux que ça intéresse, Le Vif y a consacré un article le 14 mai.

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Dessin humoristique de Lectrr:
– Papa, c’est quoi, des Primitifs flamands?
– Des gens qui économisent sur la culture, chérie.

Question existentielle

Mardi soir, l’Adrienne était en train de baguenauder sur fb quand tout à coup – floushhh! – une amie remplace sa photo de profil par une tache noire.

L’Adrienne pense évidemment tout de suite à un grand malheur, un deuil, un proche est victime du coronamachin… Mais non.

Il s’agissait d’une de ces actions qui fleurissent constamment sous diverses formes et pour des sujets diversement importants. Cette fois c’était pour lancer une alerte contre les violences faites aux femmes.

Justement ce jour-là au téléphone, l’Adrienne et une ancienne collègue devisaient à propos de la réouverture – ou non – des écoles.

Et l’argument numéro 1, pour les rouvrir, elles étaient bien d’accord là-dessus, ce ne sont pas les cours manqués, les savoirs qui ne seront pas acquis, le retard pris sur le programme… Rien de tout cela.

Mais c’est de donner un havre de paix aux enfants qui ont un parent violent à la maison.

Ce serait bien si on pouvait parler net et voir cette réalité en face.

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Un excellent article sur le sujet ici (il parle pour la Belgique et date de novembre dernier) – c’est aussi de cet article que provient la photo d’illustration, 21 victimes entre janvier et novembre 2019. Un article parmi d’autres pour la France ici et TV5Monde ici.

Question existentielle

Peut-on avoir deux langues maternelles? demandait le titre de l’article.

Ben, évidemment! s’exclame l’Adrienne.

Mais rares sont ceux qui sont d’accord avec elle sur ce point, alors elle a lu et écouté… et s’est trouvée fort satisfaite des réponses données par la chercheuse universitaire 🙂

Le bilinguisme, explique-t-elle, peut être le résultat d’une éducation dès le berceau par deux parents parlant une langue différente. Il peut aussi survenir plus tard, si la langue de l’école n’est pas celle de la maison, par exemple.

Parfois les deux langues seront à égalité parfaite – on maîtrisera aussi bien l’une que l’autre – parfois l’une des deux sera plus dominante: tout dépendra de nombreuses circonstances. Selon toute logique, la langue dominante sera celle à laquelle on a été le plus confronté. 

Est-ce positif ou négatif?
Absolument positif, puisque tous les tests ont démontré qu’une éducation bilingue est un excellent entraînement pour le cerveau, qu’elle rend meilleur en raisonnement abstrait (et qu’elle permet de repousser l’oncle Alzheimer ;-))

Madame s’est donc empressée d’envoyer la vidéo à des anciens élèves élevant leurs enfants dans le bilinguisme et qui sont souvent pleins de doutes sur le sujet 🙂

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pour ceux qui maîtrisent le néerlandais, encore un bon article ici de nos voisins du dessus 😉

Il n’est jamais trop tard pour apprendre une langue, même après 75 ans, concluent-ils 🙂

Question existentielle

Startshow Poëzieweek 2020

Le poème de Francis Ponge et sa traduction publiés hier ici même, viennent d’une anthologie exposée à la bibliothèque communale à l’occasion de la journée de la poésie, le 30 janvier prochain.

De moderne Franse poëzie, une anthologie réalisée par Guus Luijters et publiée à Amsterdam (uitgeverij L.J.Veen) en 2001, avec le soutien du Ministère français des Affaires étrangères et de L’institut français des Pays-Bas.

Qu’une telle publication ait besoin de ces soutiens-là devrait déjà vous mettre la puce à l’oreille. Mais voyez ce que dit l’auteur dans sa préface:

Dat er altijd een bloemlezing uit de Franse poëzie in druk zou zijn, leek mij zo voor de hand liggend dat ik naar het boek zelf nooit op zoek ben gegaan. Op een dag kwam ik tot de ontdekking dat de door mij veronderstelde anthologie een gedroomde anthologie was. Alle poëzieën bleken in onze taal hun bloemlezing te hebben, de Russische en de Duitse, de Italiaanse en de Surinaamse, de Amerikaanse en de Spaanse, maar zo niet de Franse. 

Il me semblait tellement évident qu’il y ait toujours une anthologie de la poésie française à l’impression, que je ne suis jamais allé à sa recherche. Un jour j’ai constaté que ce que je supposais était en fait resté au stade du rêve. Toutes les poésies semblaient avoir leur anthologie dans notre langue, la russe et l’allemande, l’italienne et la surinamaise, l’américaine et l’espagnole, mais pas la française.

Bien sûr, le public qui lit et achète de la poésie est extrêmement réduit.
Bien sûr, on trouve déjà tellement sur internet.
Bien sûr, en Flandre en tout cas, le public lisant la poésie est assez cultivé pour la lire et la goûter dans sa langue d’origine en français.

Mais tout de même: que ce soit la littérature en néerlandais traduite en français ou le contraire, on arrive au même constat.

C’est marginal.

source de l’illustration ici.

Question existentielle

Le samedi 7 décembre, l’Adrienne se dépêche d’être à dix heures devant la porte du musée royal des Beaux-Arts pour y admirer l’expo Magritte & Dali.

Seul un mendiant est assis en bas des marches. Il lui fait signe en tapotant du doigt sur son poignet sans montre:

– Je sais, rit l’Adrienne, je suis trop tôt mais ça ouvre dans une minute.

Las! Le samedi ça n’ouvre qu’à onze heures. Que va-t-elle faire? Poireauter une heure dans le froid? Aller boire un café? Rien n’est encore ouvert dans le coin et elle a sa valise, son sac, trop de choses qui pèsent et l’encombrent.

Le mendiant tend son gobelet de carton.

– Désolée, dit l’Adrienne, je n’ai pas du tout de monnaie. Vous voulez une mandarine?

Elle lui tend le fruit qu’elle comptait manger dans le train. Le type n’a pas l’air content…

En s’éloignant, elle se demande ce que feront les mendiants, quand les piécettes, puis tout le cash, auront disparu des porte-monnaie.