C’est quoi cette histoire?

L’Adrienne a encore exactement dix jours pour se renseigner sur cet opéra dont elle ne sait RIEN 🙂

LE CONTE DU TSAR SALTANE, DE SON FILS, GLORIEUX ET PUISSANT PREUX, LE PRINCE GVIDONE SALTANOVICH ET DE LA TRÈS BELLE PRINCESSE CYGNE

Y a pas à dire, ça, c’est un titre!

Et l’info? elle est ici 🙂

L’autre question, c’est: comment l’Adrienne va réussir à se libérer assez tôt de ses obligations scolaires, le vendredi 29 juin, pour être à l’heure à la Monnaie…

Bref: quelle idée a eu l’Adrienne de choisir cette date-là?

Question existentielle

Ça peut donc s’apprendre, le bonheur? se demande l’Adrienne en lisant ce titre dans son journal du matin « Niet gelukkig? Ga studeren in Bristol«  (« Pas heureux? Allez étudier à Bristol »)

Alors pour ceux qui comme elle se poseraient la question, voici la traduction de quelques extraits:

Plezier ervaren, dankbaarheid uitdrukken, willekeurig goede daden doen, sociale verbindingen installeren, lichaamsbeweging vergroten, beter slapen: ziedaar enkele van de oefeningen die op het programma staan van de cursus ‘Science of happiness’ die professor Bruce Hood, een psycholoog met specialisatie in de cognitieve neurowetenschappen, vanaf volgend jaar zal doceren. 

Éprouver du plaisir, exprimer de la gratitude, faire de bonnes actions, établir des rapports sociaux, faire plus d’exercices physiques, mieux dormir: voilà quelques exercices au programme du cours de ‘Science of happiness‘ que le professeur Bruce Hood, un psychologue spécialisé en neurosciences cognitives, donnera dès l’an prochain.

Vanaf september, twaalf weken lang, zullen de studenten leren of geluksgevoel genetisch bepaald is, of en hoe je er iets kunt aan doen, hoe onze geest geluksgevoelens verstoort en welke impact cultuur heeft. 

Dès le mois de septembre et pendant douze semaines, les étudiants apprendront si la disposition au bonheur est génétique, si on peut l’influencer, comment notre cerveau la perturbe et quel est l’impact culturel. 

Afgelopen weekend maakte een andere school, Eton College, bekend dat ‘dankbaarheid, vriendelijkheid en empathie’ voortaan op het curriculum zullen staan 

L’an dernier déjà Eton College avait annoncé que ‘la gratitude, la bienveillance et l’empathie’ feraient désormais partie du curriculum.

De grote inspiratie voor Bristol is de ‘Psychology and the good life’-cursus van Laurie Santos, die vorig jaar aan de Amerikaanse Yale-universiteit begon als antwoord op symptomen van stress, angst en depressie. Een kwart van de studenten volgt de lessen, die sinds kort ook online staan.

Bristol a surtout trouvé l’idée dans le cours de ‘Psychology and the good life’ de Laurie Santos, qui a débuté l’an dernier à l’université de Yale (USA) en réaction aux symptômes de stress, d’angoisse et de dépression. Un quart des étudiants ont suivi ces cours qu’on peut aussi trouver en ligne. La première partie se trouve d’ailleurs ci-dessus en tête du billet 🙂

D’où la question parfaitement logique que l’Adrienne n’est apparemment pas la seule à se poser: « Demain, un cours sur le bonheur dans chaque université?« 

Question existentielle

DSCI7252 (2)

Comment voulez-vous que les patates poussent si après l’été le plus chaud et le plus sec depuis que l’Institut Royal de Météorologie existe (1833), alors que les nappes phréatiques sont toujours à un niveau si bas et si critique, qu’il devrait pleuvoir pendant des semaines sans s’arrêter pour les remettre à niveau, et qu’on a encore un printemps chaud et sec?

Comment voulez-vous que les patates poussent, me suis-je demandé hier après-midi en voyant ce champ, alors qu’on se promenait en T-shirt et que le vent balayait une terre devenue poussière.

Question existentielle

person taking photo of grey concrete building

L’avocat ouvrit une porte. La referma. En ouvrit une autre. Réajusta nerveusement ses manches, son col. S’était-il trompé de jour? Il alla au greffe et fit appeler Thérèse. Puisque son père était en ville avec sa conduite intérieure, autant en profiter. Par bonheur, la standardiste put la joindre chez elle. Elle serait là dans une vingtaine de minutes.

Cette odeur de cuir moisi des anciennes voitures, Thérèse l’aime… Elle espère que son père gardera encore longtemps sa belle Panhard d’avant-guerre, elle y est attachée. Profitant du chauffeur, elle se laisse aller sur la banquette, caresse le vieux cuir des deux mains et soupire d’aise. C’est décidé, elle rentrerait à Argelouse par ce moyen au lieu de prendre le train, comme d’habitude.

Argelouse est réellement une extrémité de la terre. Un clocher, quelques maisons autour d’une placette, deux ou trois petits commerces, une route à peine carrossable. Au-delà il n’y a plus que rochers et bosquets, collines pierreuses uniquement accessibles aux chèvres. C’est là, dans cette petite église de Saint-Clair, qu’elle s’est mariée. Par une chaude journée de juillet.

Le jour étouffant des noces, dans l’étroite église de Saint-Clair où le caquetage des dames couvrait l’harmonium à bout de souffle et où leurs odeurs triomphaient de l’encens, ce fut ce jour-là que Thérèse se sentit perdue. A quoi s’engageait-elle, elle la Parisienne friande des grands boulevards et des soirées à l’opéra? Qu’est-ce qui lui avait pris de dire oui à ce petit avocat rencontré à Deauville? Certes, il était ‘de bonne famille’ mais fallait-il pour cela qu’elle aille s’enterrer avec lui dans cette immense propriété familiale, au bout du monde?

***

Ecrit d’après cette consigne de Joe Krapov, que je remercie, avec les incipits des quatre premiers chapitres d’un livre de Mauriac, que vous aurez sûrement reconnu si à vous aussi on vous l’a donné un jour en ‘lecture imposée’ 🙂

Photo de Brett Sayles sur Pexels.com

Question existentielle

18-08-17 (14)

Chez mémé Jeanne, au menu, il y a du poisson. Du vrai poisson frais, pas du rafraîchi dans de la glace pilée depuis trois jours, comme celui que mangent ces malheureux à l’intérieur du pays. La belle sole pêchée dans la nuit et qui se recourbe dans la poêle comme si elle était encore vivante. Celle qui a ce vrai parfum de frais et de grand large au lieu de ces odeurs indéfinissables qui donneraient la nausée à une femme enceinte.

Dans la demi-obscurité de la vieille grange qui lui sert de débarras et d’endroit tranquille où se retirer, le grand-père est au travail entre une lessiveuse rouillée (« on ne sait jamais à quoi ça peut encore être utile ») et des caisses de bouteilles vides. Dans un coin traîne un tableau piqué de coléoptères, datant de l’enfance de Pierre, qui a collectionné tout ce qui pouvait l’être. Il y avait encore des scarabées et des hannetons dans les haies, à cette époque.

Ça sent la colle à bois, la sciure, et la bergamote de son après-rasage. Il est en train de cintrer précautionneusement une tige de métal engagée dans un étau. Pour grand-père, il est hors de question qu’un des arcs de sa future ‘couche froide’ n’ait pas exactement la même courbure que les autres.

Sûrement, se dit Marie en l’observant, que sur ses bulletins d’écolier de sept ans l’instituteur avait déjà marqué « élève consciencieux ».

***

Texte écrit pour 13 à la douzaine avec les mots imposés suivants: 1  poisson 2  colle 3 cintrer 4 lessiveuse 5 parfum 6 sciure 7 coléoptère 8 rafraîchir 9 bergamote 10 enceinte 11 engagé 12 bulletin et le 13e pour le thème : obscurité

Question existentielle

anuna

Elle a 17 ans, est en Terminale dans une petite ville du nord du pays et le 5 janvier elle a lancé ce mois-ci un appel aux écoliers belges: séchons les cours chaque jeudi pour aller manifester à Bruxelles. 

Spijbelen voor het klimaat! Brossen voor de bossen! (1)

A sa propre stupéfaction, elle a constaté que le jeudi suivant son appel, le 10 janvier, 3000 écoliers avaient rejoint la capitale pour manifester.

Jeudi dernier, ils étaient 12 500, selon les chiffres officiels de la police.

Parmi cette foule exubérante et colorée, quelques élèves de Madame.

Ils ne sont pas fous, ces jeunes: ils placent les adultes – leurs parents, leurs profs, la direction de leur école et finalement aussi leur gouvernement – devant le fait accompli, les obligeant ainsi à prendre parti, à se déclarer: Pour ou contre? Approuver ou désapprouver? Soutenir ou blâmer? Autoriser ou interdire? Applaudir ou punir?

Bien sûr qu’ils n’ont pas le droit de sécher les cours. Mais s’ils manifestaient le mercredi après-midi ou le samedi, quel en serait l’impact dans la presse et sur les dirigeants? Il y a eu 75 000 manifestants en un seul jour pour le climat le 2 décembre dernier, est-ce que ça a fait bouger quelque chose? Voilà ce que cette jeune fille répond. Et elle a raison, bien sûr.

Bien sûr que ces (très) jeunes sont des enfants de leur siècle, qu’ils en sont déjà à leur troisième smartphone, ont déjà pris l’avion au moins vingt fois, sont à tout point de vue dans la (sur)consommation, en un mot que leur empreinte écologique personnelle est des plus désastreuses. C’est à nous de les convaincre que toutes ces « petites choses » (à leurs yeux) font une vraie différence.

Ce qu’ils demandent, ce sont des réorganisations structurelles, globales, efficaces et ambitieuses. Inscrites dans les lois et les accords internationaux. 

On verra bien ce qu’ils diront quand ils le sentiront dans leur confort, leur mobilité, leurs loisirs, leur quotidien… et leur porte-monnaie.

Ou celui de papa-maman, qui pour le moment se déclarent très fiers de leurs manifestants 🙂

source de l’image ici et un article sur le sujet chez Daardaar (traduit du néerlandais)

(1) ‘brossen’ et ‘spijbelen’ sont deux mots qui signifient ‘sécher les cours’, de bossen = les bois

Question existentielle

Il faut croire que ça correspond à un réel besoin, voici qu’un nouveau métier vient d’être inventé, le « social media-sitter ».

Vous êtes en vacances mais en même temps vous voulez continuer à alimenter vos nombreux réseaux sociaux et réagir en temps réel à tout ce qui s’y passe?

Allez dans un hôtel Ibis suisse et offrez-vous les services d’un (je cite) « influenceur confirmé de la région: nos professionnels d’Instagram préparent les meilleurs posts pour ton profil. Tu pourras profiter de ton séjour en ville sans ton smartphone devant les yeux. »

Voilà, c’est aussi simple que ça. Et non, je n’invente pas, voyez vous-même ici. Vous y trouverez une galerie de photo avec le nom et les spécialités de chaque « influenceur ».

La question que je me pose est la suivante: qui fait appel à ce genre de service? quelle sorte de gens sont à la fois tellement accro et pourtant prêts à céder la main?

La question restera (provisoirement?) sans réponse, voyez vous-même:

« Profite de ton escapade citadine sans le moindre stress numérique. Notre social media sitter s’occupe de ton profil Instagram. Et toi, tu peux partir découvrir la ville en toute tranquillité. Le service «Relax we post» pouvait être réservé du 3 novembre au 2 décembre 2018. »

Apparemment, cette offre était la version ‘test’.

Reste à voir si l’expérience sera poursuivie…