O comme oligocène

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Oui, c’est magique!

Ce que vous croyez être une sculpture moderne est en réalité une « gogotte« , c’est-à-dire « une concrétion gréseuse qui allie fortuitement quartz et calcium. Sa forme onirique, qui paraît empruntée à l’art contemporain, est due en réalité à l’érosion naturelle du sol au fil des millénaires. Œuvre minéralogique, chaque gogotte revêt une forme unique, quasi mystique, qui ouvre l’imaginaire individuel à des interprétations infinies.
Réputé pour sa pureté et sa finesse depuis le XVIIe siècle, le sable de Fontainebleau donne à la gogotte son aspect porcelainé. » (fin de citation d’Alain R. Truong)

Celle exposée à la Brafa est énorme et en lisant l’étiquette on a un instant de doute: gogotte? 30 millions d’années? est-ce une blague?

Non, ce n’en est pas une: voilà une sculpture « naturelle » qui nous renvoie en direct à l’oligocène.

Si ça vous intéresse, vous pouvez aller voir ici ou ici à quoi la faune et la flore ressemblaient il y a 30 millions d’années.

D’homme il n’était point encore question 🙂

Photo prise le 2 février à la Brafa, au stand Theatrum Mundi, qui propose un cabinet de curiosités pour le 21e siècle. 

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M comme Magritte

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Chère petite Georgette, écrit René Magritte à sa fiancée en mars 1922, aujourd’hui nous avons essayé nos masques dans une chambre remplie de gaz, très amusant!

Cette carte postale envoyée par la poste militaire m’a beaucoup émue, et aussi fait sourire. Elle ressemble à celles qu’envoyait mon grand-père paternel à sa petite Yvonne à la même époque, sauf qu’il la remplissait de son écriture fine, de milliers de baisers, et qu’il n’y avait plus de place pour un dessin 😉

René Magritte et Georgette Berger se sont mariés quelques mois plus tard, le 28 juin.

Après s’être perdus de vue pendant de nombreuses années, à cause de la guerre de 14-18, ils se retrouvent par hasard au printemps de 1920, à Bruxelles, au Jardin Botanique, et ne se quitteront plus 🙂

Photo prise à la Brafa le 2 février.
Je n’ai pas pensé à demander le prix de cette carte postale 😉

J comme journaliste

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L’Adrienne ne sait pas si c’est dû à sa dégaine chaussures plates et col roulé, mais le responsable du stand l’a prise pour une journaliste et invitée à faire des photos et demander tout renseignement qu’il lui fallait.

C’était pourtant l’avant-dernier jour de la BRAFA et on peut supposer que les journalistes étaient passés depuis longtemps, laissant la place, ce dernier samedi midi, aux ultimes badauds.

Dont l’Adrienne. Qui bien sûr l’a détrompé – non, elle n’était pas journaliste pour une revue culturelle ou artistique – mais elle a trouvé la méprise d’autant plus comique que c’était le stand de Tintin et Hergé 🙂

Avec, il est vrai, de magnifiques planches originales. Comme celle ci-dessus, du Crabe aux pinces d’or.

– Si vous achetez les trois, dit l’homme, ce n’est que 2 millions.

Elle se demande encore si elle a bien entendu 😉

G comme Girls!

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– Combien, ces danseuses? demande la vieille dame d’un air hautain.

Le prix énoncé ne semble pas l’émouvoir. Il s’agit pourtant d’une somme qui permettrait largement d’acquérir et de meubler quatre ou cinq maisons comme celle de l’Adrienne, une pour chaque Girl, en quelque sorte.

L’oeuvre n’est pas datée de manière précise, on estime qu’elle a été réalisée vers 1930. Par un spécialiste du genre, un artiste d’origine roumaine dont l’Adrienne n’avait jamais entendu parler, Demetre (Dumitru, en roumain) Chiparus (1886-1947).

On pourrait objecter que toutes ses danseuses – celles de la photo mais aussi les autres – se ressemblent. Qu’il est répétitif.

Mais il n’empêche que ces statuettes dégagent beaucoup de charme. Et que si elles ne coûtaient pas quatre ou cinq maisons, on les verrait bien sur le meuble de grand-mère Adrienne. Vu qu’il date de la même époque.

Ou sur le manteau de cheminée. Made in 1922 🙂

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photo prise à la Brafa le 2 février 2019, Les Girls, Demetre Chiparus.

F comme Folon

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La valise invite au voyage. Elle est ouverte et des oiseaux la traversent.

Liberté. Evasion. 

Juste l’esquisse d’un paysage: dunes de sable? montagnes couvertes de neige? rochers? 

Qu’importe! Ce qui compte, c’est la liberté, l’évasion.

Et voyager léger 🙂

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photo prise à la Brafa – il y a deux ans je vous montrais un autre Folon.

J’aime Folon 🙂

B comme Brafa

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La foire aux antiquaires (BRAFA) est à l’image de l’expo de la ROCAD.be, La Chambre Royale des Antiquaires et des Négociants en Œuvres d’Art, qui fête son centenaire (1919-2019) en exposant dans un joyeux mélange des (je cite) « œuvres phares, allant de tableaux anciens et modernes, des arts décoratifs, arts premiers, porcelaine, argenterie, antiquités, archéologie et mobilier. Ces pièces ont toutes été cédées par les membres de ROCAD.be à des collectionneurs ou à des musées, et ne représentent qu’une petite partie des transactions qui se sont faites au fil des années par les marchands de la Chambre, et ne seront pas à vendre. Ces objets reflètent parfaitement la qualité et la diversité des spécialités qui sont les fleurons de cette association d’antiquaires et de négociants en art.
Les œuvres choisies sont non seulement des pièces exceptionnelles du marché de l’art mais racontent aussi chacune une histoire qui sera partagée avec le public.
L’exposition comprendra notamment :
– Deux œuvres de la main de René Magritte (1898-1967)
– Une exceptionnelle figure de Bodhissatva du VIe siècle
– Une rarissime statue Djenné du Mali en terre cuite
– Un service dit « aux oiseaux de Buffon » de la Manufacture de Tournai, XVIIIe siècle
– Une paire de chenets par Pierre Gouthière, XVIIIe siècle, dont seul un autre exemplaire
est connu au Château de Versailles
– Un portrait par Henri Evenepoel (1872-1899) » (fin de citation de la brochure ROCAD)

Bref, l’Adrienne y a passé quelques belles heures hier, passant de l’art préhistorique à l’art africain, à l’antiquité égyptienne, grecque, romaine, aux peintures de tous les siècles et de tous les genres, bijoux anciens, sculptures, bandes dessinées… et n’a regretté qu’une chose: qu’il y ait toujours si peu de possibilités de restauration sur place. Vous n’avez pas réservé? a dit la jeune fille à un monsieur qui faisait la queue, alors nous n’avons pas de place avant quinze heures 🙂

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W comme war is over

nov 1918 Bruxelles

http://www.iwm.org.uk/embed/?id=1060023042&media_id=498938

Onze minutes seize. Un petit document filmé par la section cinématographique de l’armée française en novembre 1918.

D’abord, le 21 novembre, une rue de Bruxelles au départ des dernières troupes allemandes. Des gens les regardent, un tram passe, des Quick et Flupke se faufilent entre les groupes de soldats.

Puis, le 22 novembre, le retour de l’armée et des souverains belges dans leur capitale quittée quatre ans plus tôt. La famille royale est à cheval mais ça n’empêche pas la foule de s’agglutiner à son passage, l’empêchant de poursuivre sa route. On soulève les chapeaux, les casquettes, on soulève de terre des enfants et des femmes pour qu’ils puissent mieux voir, à toutes les fenêtres on agite des mouchoirs. C’est le genre de folie comme celle que décrit Albert Londres à Anvers deux jours avant.

La dernière partie du film montre l’entrée du général de Castelnau à Colmar, le 22 novembre 1918. Avec jeunes filles en costume alsacien 🙂

Photo d’archives RTBF, la famille royale à Bruxelles devant le palais de la Nation, le 22 novembre 1918.

L’émouvant reportage d’Albert Londres sur le retour du roi Albert Ier à Bruxelles est ici.