O comme Olivia

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Elle marche d’un bon pas, en essayant de ne pas trop claquer des talons. Tout résonne si étrangement dans l’obscurité des rues vides.

Sous son imperméable trop léger pour la saison, elle a la chair de poule. Son petit chapeau cloche est passé de mode depuis longtemps.

Elle a froid, elle est fatiguée, elle a faim. Près du boulevard, des odeurs de grillades lui rappellent que son dernier repas date de la veille.

Elle espère que là d’où elle vient, on ne remarquera pas trop vite son absence. Qu’elle aura le temps de se mettre à l’abri.

Et malgré les dangers qui la guettent, elle regarde la grande ville avec émerveillement.

***

Ecrit pour Olivia Billington – que je remercie – avec les mots imposés suivants:

poule – talon – chapeau – grillage – imperméable – absence – émerveillement – obscurité

Photo prise à Bruxelles, au Mont-des-Arts.

E comme essentiel

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« Seules les choses inutiles sont essentielles », lit l’Adrienne sur le chemin du retour vers le centre de Bruxelles, après la visite des galeristes.

Comme elle était en route sans guide – il avait ‘abandonné’ son groupe à la Patinoire Royale, à Saint-Gilles – et sans carte ni GPS, elle peut juste vous dire que c’était quelque part entre le boulevard de Waterloo et la rue Brederode, vu que la photo qu’elle a prise du palais d’Egmont se trouve un peu avant celle-ci 🙂

On peut donc en conclure qu’un plan de ville est peut-être utile, mais pas essentiel: le suivre aurait fait rater quelques jolies découvertes 🙂

La phrase est signée Francis Picabia et elle rejoint la citation célèbre que Saint-Exupéry met dans la bouche de son petit Prince, qui a lui aussi sa petite idée sur ce qui est utile ou inutile:

« C’est véritablement utile, puisque c’est joli »

B comme balançoire

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A l’époque où l’Adrienne avait quelques poules pondeuses, elle a toujours veillé à ce qu’elles soient les plus heureuses possibles.

Mais là, aux Pilifs, elles disposent même d’une balançoire.

Et d’un bloc pour leur permettre d’y accéder et surtout d’en redescendre sans se fouler une patte 🙂

Quel endroit merveilleux – et pas seulement pour les poules! – quel bonheur de l’avoir enfin vu!

Merci!

Première fois

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La première fois que l’Adrienne a vu voler (1) une voiture, c’est au numéro 2 de la rue Isidore Verheyden. (2)

C’est là que sont accrochées des œuvres de l’artiste américain Matthew Porter, dont quelques photos couleur sépia ou gris bleuté, où on voit une bagnole planer au-dessus d’une route.

Pour les réaliser, il a utilisé des autos miniatures, comme les Dinky Toys ou Matchbox dont le petit frère avait toute une collection. La photo d’un de ces jouets est superposée à la photo d’un (vrai) paysage américain. Et le tout fait illusion.

(1) Voler dans les airs, pas se faire voler 😉

(2) Galerie Baronian Xippas, jusqu’au 26 octobre

Photos prises à la Journée du Patrimoine, communiqué de presse en français ici.

On peut y lire également une courte bio de l’artiste et y découvrir qu' »en 2016, Matthew Porter a été invité par la maison Christian Dior à concevoir une collection de sacs et d’accessoires pour le projet Dior Lady Art. »

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K comme Karel

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A l’expo à la banque Nationale de Belgique, Building a dialogue, qui se termine ce week-end (le 15 septembre), l’Adrienne a photographié cette œuvre de Karel Dierickx (1940-2014).

Selon le catalogue, son titre est ‘De droefheid van het wachten‘ (La tristesse de l’attente) et elle date de 1991.

Sur le site consacré à l’artiste, on trouve exactement le même tableau de 105 cm sur 85, mais avec un titre et une date différents: ‘Landschap‘ (Paysage), 2006.

Si vous voulez contrôler vous-même jusqu’en détail si la photo ci-dessus, prise le 30 août à l’expo, correspond à celle du site, c’est ici: https://kareldierickx.be/Werk-op-doek

E comme Emirats

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Avant comme après la visite de la Villa Empain, tout au long de l’avenue Roosevelt on ne peut que remarquer de nombreuses demeures imposantes, dont beaucoup sont des ambassades. Quarante-six ambassades sur cette seule avenue.

Sans doute qu’il faut être un Etat désirant avoir pignon sur rue – et de préférence un plus beau pignon que le voisin – pour avoir les fonds nécessaires pour se les offrir: quelques millions d’euro à l’achat, sans compter les travaux de restauration et de modernisation. (1)

Comme celle de la photo ci-dessus, la maison Delune, une maison Art nouveau qui date du tout début du 20e siècle (1904-1905). C’est dire si elle a vécu des heures mouvementées et que c’est un joyau à préserver (2). 

Pour la plupart des arbres (sur les 63) du parc qui l’entourait, les heures mouvementées sont terminées: il a fallu les abattre pour réaliser un parking souterrain et des annexes… (3)

Ici, une photo de 2014, quand le parc était encore un parc et ici une autre photo ainsi que la contestation relayée par la presse…

***

(1) pour ceux que ça intéresse, lire l’article de La libre Belgique.

(2) pour ceux que les travaux intéressent, sur le site du bureau d’architectes qui s’en est occupé on a quelques infos et des photos de l’intérieur

(3) pour ceux que ça intéresse, voir ici l’avis d’enquête publique et ici l’avis définitif où il est question de sauver certains des 51 arbres condamnés.

Description complète sur le site de l’Inventaire du Patrimoine architectural.

D comme diable!

Devant les toilettes, l’Adrienne a un petit moment d’hésitation: doit-elle prendre la porte de gauche ou celle de droite?

Qu’auriez-vous fait à sa place?

Malgré toute sa sympathie pour le capitaine Haddock, et bien que les deux personnages représentés soient du sexe masculin, elle a opté pour l’ange 🙂

Toute la déco de la petite brasserie Faubourg Saint-Antoine à Schaarbeek est tintinophile: une belle collection de parodies et de pastiches qu’on a envie d’admirer un à un comme dans un musée. Une belle ode aux personnages de Hergé, pleine de clins d’œil et d’humour.

– Cette déco a causé des problèmes au propriétaire du resto, raconte Tania.

Et bien sûr, on n’est pas étonnée de l’apprendre…

Vous non plus, probablement.

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