H comme hier soir

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Première fois que je retournais dans la maison où son mari et ses enfants doivent désormais vivre sans elle. Nous avons parlé d’elle, de lui, des enfants. Nous avons regardé des photos. D’elle, de lui, des enfants.

C’était bien.

C’était indispensable.

***

photo prise avec elle un beau soir d’automne

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V comme vie

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Grâce à une amie devenue grand-mère, l’Adrienne a pu tenir un bébé dans ses bras. Peu de choses – y en a-t-il d’autres, d’ailleurs? – sont aussi merveilleuses que cette sensation-là. 

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De jeunes vies aussi dans l’étang du parc, où maman cane veille avec vigilance sur ses dix remuants canetons. Bonheur de voir, une semaine plus tard, qu’ils sont toujours dix. 

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Enfin, intense activité coassante dans le ruisseau à côté de l’académie de musique, où les amours grenouillères sont aussi bruyantes que productives. 

C’est un beau cadeau, la vie, se dit l’Adrienne, le cœur lourd pour une amie morte. 

 

G comme Gotlib

Dimanche dernier, j’étais tranquillement chez moi à tapoter l’ordi quand la nouvelle est arrivée sur le blog de Pierre Maury. Il titrait: « Gotlib, fini de rire. » 

Ça a tout de suite jeté un froid et j’aurais bien aimé me réchauffer aux vieux albums Pilote, avec sa Rubrique-à-brac, sa coccinelle, ce bon vieux Newton, et tous les autres délirants personnages. 

Malheureusement, mon frère habite à 850 kilomètres.

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source Télérama 13-03-2014

site officiel

Stupeur et tremblements

Ce ne sont pas les causes de « stupeur et tremblements » qui manquent, même pour quelqu’un qui suit l’actualité de très très loin. Le triste soap-opera Hillary Trump à lui seul pourrait remplir la rubrique pendant de nombreux mois. 

Mais il y a aussi les faits divers, comme cette nouvelle qui m’est parvenue le 11 octobre. 

Une femme « de chez nous », âgée de 90 ans a déboursé environ 50 000 € pour être « cryogénée« . 

Le premier moment de stupeur passé, les questions se bousculent…  

Ne pouvait-elle rien faire de mieux avec ces 50 000 €?
Quelle sorte de foi (en l’homme, en la science, en l’avenir…) faut-il avoir pour être tenté(e) par ce genre de procédé de conservation du corps?
Quelle sorte de résurrection attend-elle, dans son corps de femme de 90 ans?
Quelle sorte de vie espère-t-elle pouvoir mener, quand, où, avec qui, dans quelle sorte de monde? 

En allant voir à gauche et à droite quelques articles sur le sujet, je me dis que vraiment, les Anciens avaient raison: Mundus vult decipi, le monde veut être trompé. 

Il y a toujours quelqu’un qui en tirera profit, comme cet entrepreneur de pompes funèbres qui a eu l’honneur de préparer le corps et l’explique avec sérieux devant les caméras de la télévision flamande: rinçages, vitrification, six cents kilos de neige carbonique pour amener le corps à -80°, transport spécial jusqu’à Michigan, refroidissement supplémentaire et conservation à -196°, étonnez-vous après ça qu’on ait besoin de quatre planètes et demie pour subvenir à nos insensés besoins… 

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source


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G comme grand-mère

Elle est assise sur une chaise basse. Elle est un peu courbée. Elle a ses filles debout à ses côtés, celle qui lui ressemble et celle qui ne lui ressemble pas. Une brune aux yeux sombres et une blonde aux yeux clairs, comme son père. 

Voilà cinq jours qu’elle dort à peine, qu’elle ne réussit plus à se nourrir comme il faut, qu’il faut la soutenir pour marcher. Cinq jours qu’elle ne sait plus que penser ni que faire ni à quoi ont servi les tonnes de bougies qu’elle a fait brûler devant Marie et Jésus et tous les saints, depuis deux ans. 

Une Mère Courage aujourd’hui largement octogénaire qui doit subir le énième malheur de sa vie. L’enterrement de son petit-fils. 

Si ce n’était pas une formule toute faite, on pourrait dire que jusqu’au bout, rien ne lui aura été épargné. 

Et c’est sur elle que je pleure, plus que sur l’admirable jeune veuve ou le petit garçon orphelin à trois ans et demi. Pour eux, j’espère qu’il leur reste du temps de bonheur devant eux. 

C’est sur elle que je pleure, sur son grand cœur de maman et de grand-maman, si grand que même moi parfois j’ai pu m’y réchauffer. 

 

E comme édulcorant

Le peintre a rajouté des reflets d’or dans ses cheveux 

Il lui a mis du rose aux lèvres et aux joues 

Il a corrigé son léger strabisme 

Il lui a mis un gros bouquet de reines-marguerites entre les mains 

Il a assorti le décor à la couleur de sa robe et de ses yeux 

 

Et tout le monde a trouvé très beau 

et très ressemblant 

le portrait de la petite fille morte. 

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pour Lakévio 

en souvenir d’une blondinette