Stupeur et tremblements

Comme chaque mois, ça se bouscule aux portillons pour la rubrique ‘stupeur et tremblements’ et cette fois le gagnant est dans un message reçu avant-hier.

On y proposait une ‘place’ gratuite à un concert en streaming en échange d’un petit service: allumer sa caméra et participer à un test de reconnaissance faciale qui permettrait d’améliorer la reconnaissance d’émotions.

Afin, y expliquait-on, de mesurer l’émotion suscitée chez le public et de la ‘renvoyer’ au chef d’orchestre, à ses musiciens et au public.

Vous qui connaissez l’Adrienne, vous aurez deviné qu’elle a poliment décliné l’offre.

D’ailleurs moi aussi je la connais et je sais que pendant ce concert, là devant son ordi, il lui aurait été impossible de rester tranquillement à fixer sa caméra: elle aurait joué à des jeux de patience en ligne, serait allée se faire un petit café, aurait été commenter quelques blogamis… bref sûrement pas le genre d' »émotions » qui font plaisir à voir au chef d’orchestre 😉

L comme Le duBus du jour

Peut être un dessin animé
source ici

Il semblerait qu’on soit nombreux à se poser des questions du même genre, ces temps-ci.

Pour l’Adrienne hier c’était: « Qu’est-ce qui coûterait le plus cher en énergie, le petit radiateur électrique dans la salle de bains, soir et matin, ou carrément faire marcher le chauffage? »

Le bricolage imaginé par le caricaturiste duBus apporterait une réponse 🙂

K comme Klaplong

HET EILAND KLAPLONG 'Wat doet u hier?' roepen ze. 'Dit is een onbewoond eiland.' 'En wat doet u hier dan?' antwoord ik., SASKIA VANDERSTICHELE
source ici

Suite à un gros problème de santé, un journaliste a décidé de refaire l’expérience qui avait déjà été réalisée séparément par deux écrivains hollandais en 1971: vivre complètement seul pendant une semaine.
L’expérience de « l’île déserte ».

Bien sûr, il fallait d’abord en trouver une: c’est une sorte de banc de sable sur la Meuse, îlot boisé dont on ne sait trop s’il appartient à la Belgique ou aux Pays-Bas, qui lui a finalement été désigné par un bénévole de Natuurpunt – l’équivalent en Flandre de Natagora en Wallonie – et où en principe on n’a pas le droit de séjourner.
D’ailleurs le « camping sauvage » est interdit sur tout le territoire du pays.

Bref, il a baptisé son « île » Klaplong – pneumothorax, le mal qui lui est tombé dessus et l’a envoyé aux urgences, où il s’est promis de réaliser cette expérience, si son poumon s’en sortait – il en a pris « possession » à la manière des conquistadores espagnols, en lui donnant un nom et en y plantant un drapeau.

Blanc, le drapeau, comme on peut le voir sur la photo.

Il y a vécu sous la tente, en compagnie de castors, et tout se passait bien jusqu’à une nuit où son poumon l’a de nouveau fait souffrir.
Panique à bord, d’autant plus que la batterie de son portable était à plat.

Conclusion de l’expérience: ce qu’il avait voulu fuir – la bureaucratie avec ses nombreux règlements et interdits, l’espèce humaine avec toutes ses opinions qu’elle assène constamment – lui a finalement manqué.

Article ici.

N comme No Nature

Aménagement du territoire

Natagora et WWF Belgique font bloc avec Inter-Environnement Wallonie pour envoyer ce message aux responsables politiques, basé sur trois piliers: il faut cesser le bétonnage du territoire, restaurer la forêt et les zones humides et aider l’agriculteur qui respecte la biodiversité.

On ne peut qu’y adhérer même si on se lasse parfois de l’entendre – oui, même l’Adrienne, celle qui triait avant tout le monde, jardine écologiquement depuis ses débuts et fait depuis toujours tous ces autres trucs à la mode aujourd’hui, à commencer par économiser l’eau et l’énergie.

Alors elle se dit que si elle – qui est si motivée – se lasse d’entendre ces discours, ce doit être pire encore pour les autres.

– Encore! s’est-elle exclamée hier quand E*** lui a montré le sujet de son cours de géo en ce mois de septembre.

Vous l’avez deviné: c’est la catastrophe de la forêt amazonienne. Comme l’an dernier.

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L’info, la pétition et la source de la photo d’illustration sont ici.

M comme mammouth

Reconstitution d'un Mammouth laineux sur fond de ciel orageux.

La nouvelle qui a le plus retenu l’attention de l’Adrienne en ce début de semaine est l’annonce que des chercheurs ont rassemblé les fonds nécessaires – 15 millions de dollars – pour tenter de « recréer » des mammouths laineux, un animal de la toundra qui a disparu il y a environ quatre mille ans.

Comment? à l’aide de l’ADN de l’éléphant d’Asie et du mammouth mais on ne sait pas encore si les embryons seront implantés dans des éléphantes ou gardés dans des utérus artificiels comme ça a déjà été testé avec des agneaux, paraît-il.

Pourquoi? en principe dans un but noblement écologique: la toundra, grâce à des milliers (!) de mammouths, pourrait redevenir un endroit herbeux, protégeant ainsi mieux le sol contre l’érosion et les gaz à effet de serre.

Et maintenant vous aussi, bien sûr, si vous y réfléchissez un peu, il vous vient des tas de questions sur le comment, le pourquoi, la faisabilité, les aspects éthiques et toutes ces autres objections qui rappellent l’histoire de l’apprenti sorcier.

L’Adrienne, dont l’éléphant est l’animal préféré, se demande comment ces petites bêtes – si jamais elles naissent – seront élevées, sans mamans, tantines ou grands-mères, si importantes dans la vie de tout éléphanteau.

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Source de l’illustration, wikipédia: la reconstitution d’un mammouth laineux au Royal BC Museum.

Si l’entreprise vous intéresse, elle s’appelle Colossal et son site est ici.

On n’y manque pas d’une bonne dose de hybris, vu qu’on proclame en première page:
« Extinction is a colossal problem facing the world AND COLOSSAL IS THE COMPANY THAT’S GOING TO FIX IT. »
(L’extinction est un problème colossal auquel le monde est confronté et Colossal est l’entreprise qui va régler ce problème.)

Amen!

Y a-t-il un pilote dans l’avion?

‘Uit de klauwen van de taliban’: foto van huppelend meisje in Melsbroek gaat de wereld rond

L’Adrienne était déterminée à ne pas parler de ce qui se passe là-bas – il y a assez d’autres média pour le faire – mais ce qu’elle a lu vendredi soir l’a tellement choquée qu’il faut qu’elle le dise:

1.dans l’ambassade du Royaume-Uni, à Kaboul, alors qu’on y avait (soi-disant) soigneusement fait disparaître tout document compromettant avant l’évacuation le 15 août, des feuilles traînaient encore par terre, portant les noms et coordonnées complètes d’Afghans ayant travaillé pour les Britanniques. Trois de ces familles n’ont été évacuées qu’après que le Times avait communiqué la chose aux autorités. On est sans nouvelles des autres…

2.Plus fort encore, si possible, du côté des Américains, qui ont tout bonnement communiqué aux taliban des listes avec les noms de citoyens américains et afghans qui ont travaillé pour eux.

D’où la question du titre: y a-t-il un pilote dans cet avion? et si oui, vers quel mur l’envoie-t-il?

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la photo montre une famille afghane à sa descente de l’avion à Melsbroek (Belgique), photo touchante par le bonheur évident de la petite fille sautillante – source ici.

U comme utopie

L’Adrienne se demande quand le gourou des Flandres comprendra que l’urgence n’est pas le séparatisme ni le rattachement aux Pays-Bas.

Toutes les enquêtes menées sur le sujet montrent la même chose: ce qui préoccupe le plus les gens, en Flandre, ce n’est pas du tout ce thème-là – chaque fois on arrive à peine à 15 % de oui en faveur d’une indépendance – mais la santé, l’économie (qui paiera les retraites :-)), les migrations, le climat.

La dernière enquête date de 2019, et il y a fort à parier que si on posait la question aujourd’hui, on aurait à peu près le même trio de tête.
Ou le même quatuor.
Et qu’on n’y trouverait ni séparatisme, ni rattachisme.

La somme record de 35 millions d’euros récoltés par la Croix-Rouge de Belgique en moins d’un mois, suite aux inondations qui ont sinistrés de nombreuses communes wallonnes, le prouve.

Ainsi que l’immense vague de solidarité du « nord » envers le « sud », comme le soulignait un journaliste francophone le 12 août, « le fond de l’air est nettement belge« .

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photo prise à Schaarbeek le 4 juillet dernier.

Les derniers

Des amis, des inconnus, sont accourus avec leurs raclettes et leurs torchons – vocabulaire belge, on est en Belgique – et l’ont aidée à se débarrasser de la boue, puis de tout ce qui était abîmé, cassé, invendable.

– Cette fois, dit-elle à chacun, c’est le coup de grâce. J’arrête le magasin. J’arrête tout!

Elle venait de traverser une longue période covid, magasin fermé, les articles pour la cuisine et les articles cadeaux n’ayant pas été jugés essentiels.
D’ailleurs, les fêtes de mariage, d’anniversaires et autres avaient aussi été annulées ou reportées. Qui avait eu besoin d’acheter des cadeaux?

Puis des voisins, des clients, avaient exprimé leur sympathie et l’espoir que les commerces rouvriraient dans le quartier sinistré.
Déjà la pharmacienne s’y préparait, dans deux containers loués.

Alors, quand les caméras de la télévision sont repassées, une dizaine de jours après les dégâts, elle était en train de disposer sur un rayon toute une collection de moulins à poivre.

– Oui, dit-elle, mi-souriante, mi-fataliste, je vais rouvrir quand même.

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écrit pour la photo proposée par Walrus au défi du samedi 674 – merci à lui! – et inspiré par une dame courageuse vue à la télé.

X c’est l’inconnu

Elle entre dans le restaurant sans masque et crie de loin à sa collègue:

– J’y suis pas allée! Je devais y aller ce matin mais j’y suis pas allée!

Elle traverse deux fois la salle à grands pas, en gesticulant:

– Un vaccin fait en un an! Et on sait même pas ce qu’il y a dedans!

Comme si elle savait ce qu’il y a dans le coca qu’elle boit par litres.
Bref.

– Et en plus, ça va dans ton ADN!

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photo prise à Anhée, le long de la Meuse et du chemin de fer, lundi dernier.