V comme vive les c…!

Photo News

Les incendies qui font rage en Californie et que les pompiers ont tant de mal à éteindre ne sont pas l’œuvre d’un pyromane ni d’inconscients jetant leur mégot de cigarette dans les bois.

Non.

Ils se sont déclarés lors d’une « gender reveal party« , une de ces modes américaines qui ne seront sans doute pas longues à arriver jusqu’ici.

Quelle sorte de décérébré faut-il être pour jouer avec de la poudre en pleine sécheresse?

Comment peut-on se protéger de tels voisins? Au 7 septembre, 3000 personnes avaient déjà dû être évacuées et 7000 hectares étaient réduits en cendres.

Sans compter que le déroulement de ces fêtes est l’illustration du plus gros cliché concernant les filles et les garçons, les filles étant bien sûr présentées comme de futures barbies blondes et roses rêvant danser en tutu et les garçons auront la passion des camions.

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texte écrit pour Les Plumes chez Émilie avec les mots imposés suivants:

BOIS – INCENDIER – ETEINDRE – VIVE – DANSE – DECLARER – PASSION – LANCELAMPE – LONG et pour ceux qui sont motivés, 3 mots supplémentaires: POUDRE – PYROMANE – PROTEGER

Stupeur et tremblements

Nous le regrettons amèrement, disent-ils avec cynisme sur leur site internet , cette destruction n’aurait pas pu avoir lieu et nous avons la ferme intention de changer nos pratiques:

« We deeply regret the events at Juukan Gorge and have unreservedly apologised to the Puutu Kunti Kurrama and Pinikura people (PKKP). The destruction of the rockshelters should not have happened, and we are absolutely committed to listening, learning and changing. »

Cynisme, dis-je, puisque la société minière Rio Tinto prévoit la destruction d’encore 124 autres sites aborigènes, comme on peut le lire ici, avec toute l’info en français.

Comment un outil réalisé en os de kangourou il y a 28 000 ans et un site habité depuis 46 000 ans pourraient-ils rivaliser avec les tonnes de minerai de fer et les dollars que cela rapporte?

On demande gentiment à deux ou trois responsables de se retirer et on continue son business:

«Un exemple frappant de l’absence de véritable prise de conscience du problème de fond, c’est que, comme chaque fois qu’un scandale survient, les hauts dirigeants remerciés vont néanmoins recevoir une indemnité conséquente consécutive à leur départ. M. Jacques, comme peut-être les deux autres hauts dirigeants en question, va, en toute logique, sortir de l’entreprise sans trop de casse, grâce à son «parachute doré» [… et Rio Tinto va] reprendre le cours normal de [ses] activités.» (source ici)

Photo et article ici.

K comme Kaavan

Free Kaavan the Elephant - Home | Facebook

Né en 1985, Kaavan a passé quasiment toute sa vie en captivité, dont une vingtaine enchaîné.

Ces cinq dernières années, l’opinion publique s’est émue de son triste sort et mobilisée pour qu’il puisse quitter ce zoo d’Islamabad et vivre dans un lieu plus adapté à ses besoins.

Cela devrait enfin avoir lieu…

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L’Adrienne aime les éléphants depuis qu’elle a neuf ans et qu’une copine de classe a fait un exposé sur cet animal merveilleux.

F comme finestrino

In Florence, they reopened one of the historic “Buchette” of the wine

C’est depuis le mois de mai qu’on peut lire dans la presse italienne – surtout toscane – que les bars, cafés, restaurants et autres gelaterie redécouvrent ces petites ouvertures dans le mur qu’il appellent là-bas une « bucchetta del vino« , littéralement un petit trou pour le vin, comme on peut le voir sur la photo.

Un site leur est consacré et on s’y congratule pour chaque bucchetta redécouverte ou rouverte – puisque certaines d’entre elles avaient été murées. Les auteurs sont aussi très fiers que leur article du 30 juillet – un altra bucchetta riaperta a Firenze – a été repris dans la presse étrangère.

Ces petites ouvertures, nous explique-t-on ici, datent principalement d’une autre ‘crise sanitaire’, les épidémies de peste de la première moitié du 17e siècle (1630-1633).

Elles permettaient de se faire livrer le vin sans qu’il y ait contact physique, en le versant directement dans un récipient que l’acheteur apportait. L’ouverture a juste la taille d’une fiasque de l’époque.

Le seul contact qui avait lieu, c’était avec les pièces de monnaie: à l’époque on conseillait de les ‘désinfecter’ avec du vinaigre.

La dernière ‘bucchetta del vino‘ florentine avait été fermée en 1958: celui qui désirait acheter du vino sfuso (vin en vrac) pouvait désormais le faire dans une épicerie située dans la même rue.

D comme discussion

C’est la grosse discussion en Flandre en ce moment à propos des écoles, entre ceux qui sont heureux de revenir « à la normale » et ceux qui croient très fort dans l’enseignement à distance.

Comme toujours, chaque parti a ses arguments. Inutile de les répéter ici, ils sont connus.

Alors on est arrivé à un compromis et on lui a trouvé un nom: c’est le « blended learning ».

Oui, comme pour le whisky: le mélange 😉

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photo d’un été « normal », quand on pouvait encore organiser des journées portes ouvertes et recevoir en un jour tous les futurs élèves et leurs parents, et leur offrir une boîte à tartines 😉

K comme Kaap

De campagne van de Oostendse cultuurhuizen.

A Ostende, dans les lieux de culture, on peut voir une série d’affiches qui posent la question de l’utilité de l’art.

Et si la musique, le théâtre, si toutes les formes d’art étaient le vaccin? nous demande-t-on, au moment où de plus en plus de gens s’insurgent contre le fait qu’on peut passer deux ou trois heures en avion, mais pas dans une salle de spectacle, où le gouverneur d’Anvers a fermé les théâtres, mais pas les cinémas et où les musiciens sont juste bons à jouer gratuitement sur les pelouses devant les maisons de retraite.

D’annulation en annulation, le monde artistique s’inquiète de n’avoir à ce jour encore aucune perspective en ce qui concerne la saison 2020-2021.

La culture, dit-on à KAAP, nous apporte réconfort, espoir, délassement et nous aide à vivre au quotidien.

Ce qui est vrai, bien sûr, comment survivre au confinement sans musique, sans livres…

Mais aujourd’hui le secteur culturel fait appel aussi au public: à lui de se manifester, par exemple en écrivant aux responsables politiques, pour faire bouger enfin quelque chose de positif.

photo de l’affiche ©rv De campagne van de Oostendse cultuurhuizen

H comme Halimi

C’est une chose que l’Adrienne a toujours trouvée bizarre, qu’en France une femme prenne le nom de son mari.
Sans garder trace de son nom de naissance.
Et encore plus bizarre qu’elle puisse le garder après un divorce.

C’est aussi ce qu’a vécu Gisèle Halimi, qui ne s’appelle donc pas Gisèle Halimi 😉

Mais quel destin!
Quelle femme!

Une de celles qui ont droit à toute notre reconnaissance.

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Un bel entretien ici, avec tant de choses reconnaissables sur le vécu d’une petite fille, alors que nous ne sommes ni du même pays, ni de la même génération.

D comme démocratique?

<P>Maandag 3 augustus </P>

On entend de plus en plus deux sortes de voix, à propos des mesures sanitaires, comme le signe d’une dualité croissante dans l’opinion publique entre ceux qui se plaignent du « pas assez » et ceux qui crient au scandale antidémocratique.

Les mesures, disent ceux-ci, sont trop souvent contraires à la Constitution belge.
Elles sont donc illégales et mettent notre démocratie en danger.
Les « experts » ont pris le pouvoir, clament-ils.
Ou sont utilisés comme couverture.

Par exemple, ce couvre-feu décrété par Madame le Gouverneur de la province d’Anvers. Du jamais vu depuis l’occupation allemande et interdit par la loi belge.

Pouvoirs spéciaux, traçage des individus, fin annoncée du secret médical, tout ça est accepté par un grand nombre, vu le climat de peur qui a été créé.

Mais de plus en plus de gens commencent à se demander si ce sera « het nieuwe normaal« . Ils craignent que la majeure partie de ces mesures (comme le traçage ou la fin du secret médical) ne soient conservées dans un (hypothétique) après-corona. 

Bref, ça fait réfléchir.

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source de l’illustration ici – le caricaturiste Lectrr réutilise un tableau de Hopper pour faire référence à un point de l’actualité anversoise, où le couvre-feu (avondklok) a été décrété. Etant donné que Nighthawks date de 1942, cette réutilisation se justifie pleinement 🙂

L comme Landry

Martine Landry

Pendant trois ans, Martine Landry a dû se battre contre la justice française pour avoir aidé deux gamins de 15 ans.

L’Adrienne comme tant d’autres a signé des pétitions et a été heureuse de recevoir enfin une bonne nouvelle, la semaine dernière.

Déjà en 2018, à l’issue d’un premier procès, elle avait été « relaxée » mais le Parquet avait fait appel. Trois ans d’acharnement judiciaire, dit Amnesty International. Le mot n’est pas trop fort.

En quoi consistait le délit, selon la justice:

[Martine Landry] est soupçonnée d’avoir «facilité l’entrée» sur le territoire français de deux adolescents guinéens âgés d’une quinzaine d’années. La militante les aurait «pris en charge et convoyé pédestrement du poste frontière côté Italie au poste frontière côté France».

Déjà au procès de 2018 on ne pouvait que conclure à son innocence:

«Il n’y a pas d’infraction. [Martine Landry] a accueilli ces jeunes une fois qu’ils avaient franchi la frontière, mais ne les a pas accompagnés d’Italie jusqu’en France. Elle se trouvait derrière le panneau “France”.»

Les deux garçons venaient d’être renvoyés en France par la police italienne.

Aujourd’hui la relaxe est confirmée et définitive.

Martine Landry (76 ans) peut de nouveau dormir tranquille. 

« Cette décision est un grand soulagement. J’étais convaincue que j’étais dans mon droit d’aider ces enfants. Face aux violations des droits des réfugiés et migrants, j’ai fait et je ferai mon devoir de citoyenne de les aider comme je peux. Aujourd’hui, la fraternité l’a emporté. »

source de la photo Amnesty International. Article du Figaro et France 3.

K comme Karamat

Karamat est née en 2011 dans un zoo de Grande-Bretagne et est arrivée en Belgique deux ans plus tard, dans le cadre d’un programme international pour la sauvegarde et la reproduction du rhinocéros indien, dont l’habitat naturel – en Inde et au Népal – est de plus en plus menacé. En liberté ils seraient encore environ 2200.

Sans compter la menace des braconniers, en plus de la perte de leur habitat. 

Fin 2015, Karamat a eu son premier bébé, un petit mâle qui est aujourd’hui dans un zoo à Édimbourg.

Cette semaine elle a donné naissance à un bébé femelle pour lequel on cherche un prénom commençant par la lettre V.

Voyez comme Jolien [prononcer yoline], la dame qui soigne les trois rhinocéros de Planckendael, est heureuse d’avoir pu assister en direct à cet évènement 🙂

La naissance s’est passée en quelques minutes, nous explique-t-elle, le bébé de soixante kilos se porte bien, il était sur ses pattes en moins d’une demi-heure.

C’est maman Karamat qui décidera du moment où elle et son bébé sortiront prendre l’air et se montrer aux visiteurs.