O comme on and on

– N’est-ce pas que c’est joli? demande la prof à l’Adrienne qui vient d’exécuter le morceau ci-dessus. 

L’Adrienne a envie de répondre « bof » mais cherche une expression plus diplomatique.

– Non? dit la prof, tu ne le trouves pas beau?

Alors l’Adrienne se décide à lui montrer ce qu’elle apprend « en cachette », toute seule à son piano (blanc ;-))

– Ça! c’est beau, dit-elle.

Et du coup elle a envie de chanter 🙂

Là ci darem la mano, là mi dirai di sì. Vedi, non è lontano; partiam, ben mio, da qui. Là on se donnera la main, là tu me diras oui. Regarde, ce n’est pas loin; partons d’ici, mon trésor.
Vorrei e non vorrei; mi trema un poco il cor. Felice, è ver, sarei, ma può burlarmi ancor. ma può burlarmi ancor. Je voudrais bien et puis non, je ne veux pas; mon cœur tremble un peu. C’est vrai que je serais heureuse, mais il peut de nouveau me berner.
 

K comme krapoverie mozartienne

Violon_d'enfant_de_Mozart

Quand l’Adrienne était une petite fille, elle croyait que les grandes personnes en général étaient infaillibles et sa mère en particulier. C’est pourquoi, si à l’âge de dix ans vous lui aviez demandé ce qu’elle pensait de la musique de Wolfgang Amadé, elle aurait répondu « mièvre » et « facile ».

Elle en a encore honte, quand elle y pense, d’avoir un jour adhéré à ces jugements sans avoir entendu rien d’autre que le Rondo alla Turca ou la Kleine Nachtmusik. Il a fallu qu’à dix-sept ans elle découvre ses opéras, puis ses concertos pour piano, pour hautbois, pour harpe… et qu’elle se prenne de passion pour sa musique et d’amitié-pour-la-vie envers l’homme.

Tout, elle aime tout de lui, même ses lettres un brin scatologiques à sa cousine 🙂

Comme chacun sait, le pèlerinage mozartien pose problème: il n’y a pas de tombe où se recueillir. C’est même à peine s’il existe un portrait vraiment ressemblant de l’homme tel qu’il était. Sans mièvrerie et sans facilité.

L’Adrienne a tout de même fini par faire le détour pour se rendre à Salzbourg, la ville qui l’a vu naître et qui exploite à fond ce hasard, heureux pour elle et si malheureux pour lui.

Ne reste au pèlerin mozartien qu’à s’émouvoir devant un minuscule violon d’enfant exposé dans sa maison natale.

Et à écouter sa musique. Bien sûr.

***

Merci à Joe Krapov pour la consigne: jusqu’où pourrait vous pousser votre propre fanitude ? Sur les traces de qui êtes-vous prêt(e) à partir ? Dans quelle ville inconnue rêvez-vous de vous rendre pour cela ? Qu’y ferez-vous ? Qu’explorerez-vous ? Qui rencontrerez-vous ? Que vous arrivera-t-il là-bas ?

Vous pouvez traiter ce sujet comme une fiction et raconter l’histoire à la troisième personne.

O comme Opus

J’ai beaucoup aimé ce livre dans lequel il est avant tout question de l’histoire de la famille Mendelssohn, à partir du patriarche Moses, autodidacte devenu un des plus grands philosophes du siècle des Lumières, jusqu’aux si nombreux descendants actuels répartis sur quatre continents, en passant bien sûr par son célèbre petit-fils Félix; toute cette énorme généalogie se trouve en même temps reliée à la genèse du livre, à son élaboration laborieuse, comme l’auteur l’explique dans la vidéo ci-dessus.

Et ici, un excellent article sur cet opus (461 pages sans les notes et annexes ;-)).

Comme je suis bien d’accord avec ce qu’écrit le journaliste, ça m’évite de devoir refaire le travail 🙂

On y trouve aussi ce lien vers les dix premières pages du livre.

Bon amusement!

lacartedesmendelssohn

source de la photo représentant la carte des Mendelssohn réalisée par Diane Meur ici

7 lettres

« Aime assez à chahuter », disait la définition, et il fallait trouver Guillaume de Machaut.

Machaut, si on l’épelle, ça donne M A C H A U T (emme – a – cé – hache – a – u – té)

Moi j’aime assez Machaut 🙂

Dame, a vous sans retollir (sans le reprendre)
Dong cuer, pensée, desir, (je donne mon cœur)
Corps, et amour,
Comme a toute la millour
Qu’on puist choisir,
Ne qui vivre ne morir
Puist a ce jour.

Le texte complet de la chanson se trouve ici.

M comme m… alors!

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– Pour l’examen, dit la prof de piano, je propose qu’on joue un quatre mains de Diabelli.

L’Adrienne est tout de suite d’accord. La présence de la prof, se dit-elle, ne peut que lui donner confiance en elle pour affronter à la fois le clavier, la partition et le public.

Mais l’un mercredi après l’autre, à l’heure du cours, la prof cherche en vain sa partition.

– Ce n’est pas grave, dit-elle, on s’entraînera mercredi prochain.

Le 5 décembre, elle retourne ses deux cartables, la partition est là, dit-elle, j’en suis sûre!

Peine perdue, elle passe la moitié du cours à chercher sans trouver.

– Il ne nous reste plus qu’un seul mercredi, dit l’Adrienne, de plus en plus inquiète.

– Ça suffira amplement! répond la prof, tu connais ta partition, non?

– Oui bien sûr, mais on ne l’a jamais joué ensemble, ce morceau…

– On le jouera mercredi, pas de problème! Et je te ferai faire une copie, comme ça tu l’auras aussi.

Que pensez-vous qu’il s’est passé le mercredi suivant, le dernier avant l’examen?

Et bien, la veille l’Adrienne a reçu un message lui disant que le cours n’aurait pas lieu pour cause de réunion pédagogique.

L’examen est après-demain…

Photo d’une partie du grand escalier de notre académie de musique, qui présente une certaine ressemblance avec les touches d’un piano 🙂

Y comme Y a qu’à écouter Freddy!

equation-mercury

S’il est vrai que les maths, c’est de la poésie pure, que faut-il penser de l’équation ci-dessus, trouvaille d’un chercheur des Pays-Bas, un de ceux qui cherchent et trouvent, en l’occurrence la formule permettant de définir quelle chanson nous rendra heureux, à coup sûr.

Il suffit qu’elle corresponde à trois paramètres: « des paroles positives, un tempo de 150 battements par minute et des notes dans la tonalité majeure. »

Celle qui arrive en numéro 1 suivant ces critères, c’est celle-ci:

Si ça vous intéresse, l’article est ici, repris du Daily Mail en ligne.

Bon amusement!

Question existentielle beethovénienne

boussole

A grands coups de francs suisses, Bodmer a reconstitué Beethoven comme on reconstitue un vase antique brisé. Recollé ce qui avait été éparpillé pendant près de cent ans. Vous savez quel est celui qui m’émeut le plus, parmi tous ces objets […]? […] Sa boussole. Beethoven possédait une boussole. Une petite boussole de métal, en cuivre ou en laiton, qu’on voit dans une vitrine à côté de sa canne. Un compas de poche, rond, avec un couvercle, très proche des modèles d’aujourd’hui me semble-t-il. Un beau cadran en couleur avec une magnifique rose des vents. On sait que Beethoven était un grand marcheur. Mais il marchait autour de Vienne, en ville l’hiver, et dans la campagne l’été. Pas besoin de boussole pour quitter Grinzing ou trouver l’Augarten – est-ce qu’il emportait ce compas au cours de ses excursions dans la forêt viennoise, ou lorsqu’il traversait les vignes pour rejoindre le Danube à Klosterneuburg? Avait-il envisagé un grand voyage? L’Italie, peut-être? La Grèce? Est-ce que Hammer-Purgstall l’avait convaincu de voir l’Orient? 

Mathias Enard, Boussole, Actes Sud Babel 2017, p.311-312.