H comme humeur

Quand dimanche dernier Monsieur Nouveau Voisin a repris dès le matin sa scie, sa perceuse et son marteau pour la huitième journée consécutive – à quoi peut-il bien les utiliser dans une maison qui vient d’être refaite à neuf de bas en haut, on se le demande – bref dimanche dernier donc, l’Adrienne a décidé d’être d’une bonne humeur INOXYDABLE.

Alors elle s’est coupé les ongles et a ouvert son piano.

Après presque un an, oui oui.

Ce qui fait qu’il a fallu recommencer par les toutes premières leçons, les toutes petites pièces d’il y a quatre ans.

Mais c’était chouette 🙂

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Tania reconnaîtra le somptueux piano, qui ne ressemble en rien au petit Roland blanc de l’Adrienne 😉

7 petites notes de musique

La chorale s’appelle Saint-Ambroise ce qui fait qu’elle a deux fêtes coup sur coup, une pour la Sainte-Cécile, patronne des musiciens, le 22 novembre, et une le 7 décembre, pour Saint-Ambroise.

Qui n’est pas, comme le dit wikisaitout, le patron des apiculteurs: dans la ville de mini-Adrienne, il est le patron de tous ceux qui vivent de l’industrie textile.

C’est-à-dire à peu près de tout le monde jusque dans les années 1970.

Répétition le vendredi soir et messe le dimanche matin, le père de mini-Adrienne est un des membres les plus assidus.

Très fier, aussi, que sa chorale perpétue les traditions et connaisse pour chaque dimanche de l’année les chants grégoriens appropriés.

C’est tout un vocabulaire que la petite écoute sans comprendre. Les deux mots les plus mystérieux sont le propre et l’introït. Elle a le goût des mots mystérieux 🙂

Assise sur l’inconfortable chaise de paille, elle lève les yeux vers le jubé, et écoute son père sans le voir.

Elle reconnaît la voix d’Yvan, le ténor, et juste derrière, le baryton paternel. Elle est heureuse.

On ne dira jamais assez les vertus de la musique et les merveilles qu’on peut faire avec sept petites notes.

Dernière fois

C’était le 13 février, la dernière fois que l’Adrienne a pu chanter avec ses Geitenwollensokkers et oui, ça fait loin.
Un jeudi soir par mois de chants et de rires.
Beaucoup de rires.

Le chef de chœur est un violoncelliste professionnel qui poursuit une belle carrière de soliste et qui a annoncé qu’il ne pourrait plus combiner tout ça avec la chorale.
Surtout qu’entre-temps son foyer s’est encore agrandi.

On le comprend très bien, c’est déjà un miracle qu’un musicien de sa trempe veuille s’occuper d’une chorale d’amateurs dont certains croient mieux connaître la musique que lui 😉

Hier matin, il envoie la vidéo ci-dessus en promettant une petite demi-heure de bonheur à ceux qui la regarderaient.

Et bien vous savez quoi?

Au bout de six minutes, l’Adrienne était déjà en train de pleurer.

Oui, c’est beau.
C’est même très beau.
Ça donne envie de déménager tout de suite en Suisse.

Mais qu’est-ce que ça fait ressentir le manque.
Les manques.

Enfin, jugez vous-même, si vous avez l’envie et 26 minutes de temps.

O comme oraison

Ils ont été les premiers à s’étonner, à la VRK (1), de constater cet été qu’une vidéo de 2015 atteignait tout à coup les sept millions de vue.

Les mystères de l’internet sont évidemment impénétrables mais la porte-parole du chœur suppose qu’il y a un rapport avec différents facteurs: le confinement, bien sûr, qui a jeté tant de gens sur la toile pour y chercher la musique qui ne se trouvait plus dans les salles de concert, le fait que ce morceau de Samuel Barber a été peu enregistré par des chorales professionnelles et qu’il est aussi connu pour son utilisation dans le film Platoon. Même si dans le film, il s’agit de la version instrumentale.

Et comme les grandes personnes aiment les chiffres et les statistiques, on a calculé que les internautes viennent principalement des Etats-Unis, de France et de Grande-Bretagne, que 70% ont plus de 45 ans et qu’ils sont essentiellement masculins.

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(1) Vlaams Radiokoor, le chœur de la radio flamande

Le défi du 20

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La photo d’illustration vient de chez Monsieur le Goût – merci à lui! – et représente l’Opéra avec un ciel bleu et des rues vides en temps de confinement.
Même le bus est presque vide…

Ci-dessous, les danseurs de l’Opéra de Paris disent merci à tous ceux qui font marcher notre quotidien – c’est sur un air bien connu du Roméo et Juliette de Prokofiev et c’est magnifique:

Pour le Défi du 20 chez Antiblues et Passiflore – il fallait utiliser confinement et ciel. Merci à eux!

M comme maisons

 

Il y a des murs blancs, des boiseries, un mur vert.
Il y a des pièces avec de hauts plafonds et d’autres sous le toit en pente.
Il y a des chambres nues et d’autres pleines de livres.
Il y a des plantes d’appartement. Une grande, des petites.
Un vase avec des fleurs.
Une guitare posée contre un mur.
Une pile de disques.
Un lustre au-dessus de la tête.
Une photo de Man Ray chez un type qui n’est même pas violoncelliste.

« Attention! » titrait un article du 23 mars dernier, « vous partagez avec Zoom plus que ce que vous ne pensez. »

Et il ne s’agissait pas de plantes vertes 😉