R comme Renoir

Mini-Adrienne passe huit jours à l’hôpital et reçoit des visites.
Chacun lui apporte une babiole pour laquelle elle remercie poliment.
Chaque fois elle espère en vain que ce sera un livre.

Le cadeau dont elle se souvient le mieux, c’est celui de Catherine, qui vivait avec sa grand-mère dans un magasin d’articles de décoration.
C’était un petit cadre d’à peine dix centimètres entourant un carré de soie sur laquelle étaient peintes les deux jeunes filles de Renoir au piano.

– Que c’est joli! que c’est fin! s’exclame sa mère.

Mais mini-Adrienne aurait préféré que la grand-mère de Catherine soit libraire 🙂

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tableau de Renoir et consignes chez Lali, que je remercie!

X c’est l’inconnu

Pour le défi de ce samedi, Walrus proposait « dynamite ».

Un mot qui ne me fait pas penser en premier lieu à Alfred Nobel mais d’abord à tous ces « cartoons » où les bâtons de dynamite surgissent toujours de partout et tellement à propos.

Principalement chez Bugs Bunny, comme ci-dessus, mais aussi avec le Coyote, Woody Woodpecker, Bip Bip ou Daffy Duck.

Cependant l’élément le plus important, dans ces « looney tunes« , c’est l’usage de la musique, si souvent prise dans le répertoire « classique » où l’on pêche sans vergogne et sans mention du compositeur. C’est un autre, en fin de générique, qui prétend l’avoir composée tout seul: « music by Carl Johnson ».

Really?

Sans doute pense-t-on qu’on ne lui doit rien, au « vrai », vu qu’il est mort en 1880. Et qu’il n’a pas de Moulinsart pour veiller à ce que les comptes en banque de ses héritiers continuent à se remplir 😉

Avez-vous reconnu l’air qui sert de toile de fond à cette « Dynamite Dance« ?

Le bilan du 20

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L’idée de faire des billets ‘typologie de profs’ (1) semblait intéressante mais la chose n’a finalement pas vu le jour: chaque caractère a sa part de flou et le risque de tomber dans la caricature est trop grand.

De plus, une tendresse certaine unit l’Adrienne à ce corps de métier qui souffre déjà bien assez de burn-out sans qu’elle s’en mêle.

Mais que pensez-vous de celui qui a le don de vous faire sentir une pauvre cloche:

– Et comment tu t’y prends, pour étudier ce morceau? demande Kristof, prof d’accompagnement (piano classique)

Voilà la question piège, se dit l’Adrienne, fais gaffe de donner la bonne réponse.
Elle le connaît déjà un peu, le Kristof, il est du genre irascible 😉

– J’exerce d’abord la main droite, puis la gauche, puis les deux ensemble, répond-elle en serinant ce que ses deux profs de piano lui répètent depuis un peu plus de trois ans.

Mal lui en a pris, le prof a explosé en invectives et a assommé cette pauvre Adrienne, qui a fini par être au bord des larmes, essayant de tenir le coup jusqu’à ce qu’il lâche prise.

– C’est quoi, ça pour une méthode débile? Est-ce qu’on apprend à rouler en auto à une main? est-ce qu’on apprend à rouler à vélo avec un pied? est-ce qu’on apprend à lire avec un œil?

– Ce n’est pas moi qu’il faut enguirlander, a protesté faiblement l’Adrienne, parlez-en plutôt à vos collègues, c’est eux qui préconisent cette méthode.

Combien de fois, en effet, l’Adrienne s’est-elle entendu dire qu’elle était toujours trop pressée d’exercer les deux mains à la fois! Mais il était sur sa volée et a continué sans décolérer…

Bref, la semaine suivante elle a décommandé le cours et lundi dernier, après mûre réflexion, elle est allée trouver Nora, l’ancienne élève qui travaille au secrétariat:

– Est-il trop tard pour effectuer un changement dans mon programme?

Non, c’est toujours possible.

Dès le premier jeudi de 2020 l’Adrienne suivra des cours de chant chez Kato, une autre ancienne élève.

N’est-ce pas que la vie est belle, parfois 😉

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(1) je n’en ai fait que deux, le prof prévoyant et la prof chichiteuse 😉

Tania reconnaîtra la photo du piano, puisque nous avons visité cette magnifique maison bruxelloise ensemble 🙂

Ecrit avec les mots récoltés par Olivia Billington, que je remercie: flou – caractère – tendresse – burn out – lâcher – cloche – enguirlander

O comme OMG!

C’est à un de leurs premiers réveillons ensemble, il doit y avoir douze ou treize ans, que la carissima nipotina a entrepris de faire l’éducation musicale ‘moderne’ de l’Adrienne: à commencer par la découverte de Queen, Freddy Mercury, The Bohemian Rhapsody.

La nipotina a un papa dont les mots sont pour elle paroles d’évangile:

– Mon père dit que c’est le Mozart du 20e siècle!

Cet enthousiasme a fait sourire l’Adrienne mais croyez-le, elle a été conquise.

Alors voir et entendre ce morceau dimanche dernier par les gamins d’Acapop, ça lui a fait plaisir.

Un plaisir à partager.

Question musicale

De samedi matin à vendredi soir, ça fait sept jours pleins que l’Adrienne se demande ce qu’elle pourrait bien raconter sur les troubadours sans faire un cours d’histoire littéraire.

Alors il s’est passé exactement la même chose que dans la conversation qu’elle a eue, l’autre jeudi, avec son prof d’accompagnement musical:

– Qu’est-ce que tu aimes, comme chansons? demande-t-il, dans le but de trouver des musiques sur lesquelles s’exercer à faire des arrangements.

– Euh…, fait l’Adrienne, qui se met à réfléchir à toute vitesse sans réussir à rien sortir.

La ci darem la mano, est-ce que ça compte comme chanson?
Ou Voi che sapete che cosa è l’amor?
Non, bien sûr, ce n’était pas la question.

– Brel, peut-être? propose le prof, qui a visiblement fait l’effort de trouver un nom adapté au grand âge de l’Adrienne 😉

– Ah oui! fait-elle, soulagée, Brel, Brassens…

Là, c’est au tour du prof de sécher. On ne peut pas lui en vouloir. D’abord parce qu’il est jeune et ensuite parce que pour connaître Brassens, il faut avoir baigné dans la culture française. Ce n’est pas son cas.

– Vous savez, dit l’Adrienne pour s’excuser, déjà à seize ans je n’étais pas normale, je préférais Mozart aux vedettes du moment. Je ne connaissais aucun des groupes que mes copines aimaient…

Il n’a plus rien trouvé à dire, le pauvre.

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écrit pour le Défi du samedi n° 581 – thème: troubadour – merci Walrus!

X c’est l’inconnu

2019-02-23 (1)_LI

« Comment servir de la meilleure musique à vos hôtes », titrait un article de journal vendredi dernier.

Voyons cela, se dit l’Adrienne, que le chapeau de l’article emballe déjà: « Het meest onderschatte ingrediënt bij een goede maaltijd? Dat moet de muziek zijn. », L’ingrédient le plus sous-estimé d’un repas réussi? C’est sûrement la musique. 

En effet, qui ne s’est jamais senti énervé ou irrité par certaines musiques au restaurant? 

D’autant plus emballée, l’Adrienne, que la personne interviewée est une spécialiste de la musique dite classique, qui a travaillé plusieurs années pour la chaîne classique flamande (Klara).

L’article est long, plein de conseils, d’exemples et d’anecdotes, mais de musique ‘classique’… point.

Jusqu’à la fin, au dernier paragraphe, où on peut lire ceci:

« En klassieke muziek, haar biotoop? ‘Wordt totaal niet gevraagd. Alleen voor de Leuvense Faculty Club, ’s ochtends, heb ik een lijst gemaakt, omdat de historiek van deze plek dat dicteert. Maar klassiek, vroeger het etiket van chic en rijk, wordt nu ­geassocieerd met dikke nekken, met onuitstaanbare mensen die in das en kostuum uit eten gaan. De tijden veranderen.’ »

Et la musique classique, son biotope? ‘On n’en demande absolument pas. Ce n’est que pour le Faculty Club de Louvain, en matinée, que j’ai fait une liste [classique], parce que l’histoire du lieu l’impose. Mais le classique, qui avait autrefois l’étiquette chic et riche, se trouve associé aujourd’hui aux grosses têtes, à ces gens insupportables qui se mettent en costume cravate pour aller manger. Les temps changent.’

Traduction de l’Adrienne, qui ne s’en est pas encore remise et essaie de se consoler avec un proverbe, « Onbekend maakt onbemind« , on n’aime pas parce qu’on ne connaît pas. Ou comme disent nos voisins hollandais: « Wat de boer niet kent, dat lust hij niet« .

Mais les temps changeront sûrement encore, Monsieur Neveu, qui n’a pas tout à fait vingt ans, se met en costume cravate pour aller au resto 🙂

photo prise au printemps dernier pour la réunion des anciennes élèves