T comme traditions

Achttien meter hoge kerstboom zorgt voor kerstsfeer op Brusselse Grote Markt
© Belga Images

Je sais, écrit notre échevin des festivités – tous les jours il trouve une bonne raison de se mettre en valeur sur fb 😉 – je sais que normalement notre ville met un point d’honneur à attendre que saint Nicolas soit passé avant d’installer le sapin de Noël sur la Grand-Place, mais cette année-ci est tellement exceptionnelle et nous avons tellement besoin de (patati et patata, vous devinez la suite).

Bref, on pouvait admirer notre jeune et dynamique échevin des festivités sur une dizaine de photos formant un mini-reportage sur l’installation du fameux sapin.

Comme chaque année, il est offert par un habitant de la ville – vous savez bien, un jour après les fêtes on plante son sapin de Noël dans le jardin et vingt ans plus tard il est plus grand que la maison, envahit toute la pelouse, alors on se dit que c’est peut-être le moment de l’offrir à la ville, qui s’occupe de l’abattage et du transport.

Cette année il est donc de nouveau très majestueux avec ses onze mètres et ses deux tonnes et demie.

Bruxelles, bien sûr, fait encore mieux avec un sapin de 18 mètres en provenance du jardin d’un hôtel de Robertville, dans les Hautes Fagnes 🙂

7 petites notes de musique

La chorale s’appelle Saint-Ambroise ce qui fait qu’elle a deux fêtes coup sur coup, une pour la Sainte-Cécile, patronne des musiciens, le 22 novembre, et une le 7 décembre, pour Saint-Ambroise.

Qui n’est pas, comme le dit wikisaitout, le patron des apiculteurs: dans la ville de mini-Adrienne, il est le patron de tous ceux qui vivent de l’industrie textile.

C’est-à-dire à peu près de tout le monde jusque dans les années 1970.

Répétition le vendredi soir et messe le dimanche matin, le père de mini-Adrienne est un des membres les plus assidus.

Très fier, aussi, que sa chorale perpétue les traditions et connaisse pour chaque dimanche de l’année les chants grégoriens appropriés.

C’est tout un vocabulaire que la petite écoute sans comprendre. Les deux mots les plus mystérieux sont le propre et l’introït. Elle a le goût des mots mystérieux 🙂

Assise sur l’inconfortable chaise de paille, elle lève les yeux vers le jubé, et écoute son père sans le voir.

Elle reconnaît la voix d’Yvan, le ténor, et juste derrière, le baryton paternel. Elle est heureuse.

On ne dira jamais assez les vertus de la musique et les merveilles qu’on peut faire avec sept petites notes.

U comme une heure et demie

Les plats du terroir, que ce soit en Belgique ou ailleurs, sont généralement de ceux qui ont besoin de mijoter longuement au coin du feu.
De ceux qu’on pouvait laisser accrochés dans l’âtre pendant qu’on allait travailler aux champs.

Ainsi en est-il des carbonnades, qui nécessitent au moins une heure et demie de cuisson. En tout cas selon Tante Léa 😉
Sur le Net on peut en trouver qui mentionnent une heure trois quarts.
Ou comme dans la vidéo ci-dessus, dans la version d’Alain Ducasse, qui la met deux heures au four.

Et qui reçoit des tas de commentaires parce que dans sa version, seule la bière est belge 😉

Ci-dessous une version plus « authentique », avec un ingrédient que certains jugent indispensable: les tranches de pain d’épices tartinées de moutarde forte.

Par contre, dans nos chaumières on ne les servait pas avec des frites, mais avec des pommes de terre nature.

T comme Tante Léa

Jour après jour, le départ définitif de la mère de l’Adrienne se prépare:

– Est-ce qu’il y a des livres de ton père qui t’intéressent? demande-t-elle.

Bien sûr qu’ils l’intéressent! Elle les prendrait bien tous, si elle avait la place pour les mettre. Mais il faut se raisonner. En prendre deux ou trois. Mettons cinq ou six et n’en parlons plus 😉

En donnant la préférence à ceux qui ont vraiment compté pour le père.

Comme celui de l’illustration, qui a dû être un de ses tout premiers achats d’homme marié: Menus et recettes de Tante Léa, paru aux éditions de la Libre Belgique en 1959.

Deux choses frappent tout de suite à la lecture de l’introduction de cette bible de plus de six cents pages.

D’abord, qu’elle s’adresse uniquement à un public féminin:

« […] notre but a été d’essayer de procurer à [nos] lectrices un recueil de conseils pratiques répondant aux mille problèmes que se posent journellement les maîtresses de maison. » (p.7)

Ensuite, que les familles étaient sans doute plus nombreuses à l’époque:

« L’indication précise des ingrédients nécessaires, chaque plat étant calculé pour six personnes. » (p.7)

Enfin, on remarque aisément que la page qui a été le plus consultée est celle des carbonnades flamandes 🙂

Viande de bœuf 3/4 de kg, 1/4 de kg d’oignons, 50 gr de beurre, 1 tranche de lard gras, une demi-bouteille de bière de ménage, 2 morceaux de sucre, une tranche de pain, une cuillerée à soupe de moutarde, thym, laurier, sel et poivre. (p.161)

V comme voyage

L’Adrienne aussi reçoit ses cours et ses tâches par internet, en ce moment, de la part de ses profs de musique.
Avec des liens vers des morceaux choisis 🙂

Mais vous savez ce que c’est, vous qui connaissez le WWILFING, on clique sur un lien, on regarde, on reçoit d’autres suggestions dans la colonne de droite… et c’est parti.

C’est ainsi que l’Adrienne est arrivée quelque part où elle ne serait jamais allée: à la Costa Brava, avec les Compagnons de la chanson.

Chose qu’elle a écoutée pieusement jusqu’au bout, en souvenir de son père, qui était un grand fan du groupe en général et de Fred Mella en particulier.

Olé!

N comme Nostracarlos

Quand Carlos et ses Indiens passaient à la radio, mini-Adrienne et son petit frère chantaient à tue-tête en tournant autour de la table. Ils connaissaient les paroles par cœur et gesticulaient au rythme de

Dans vingt ans, les copains,
On sera tous des Indiens !
On aura des plumes partout autour du cou !
On ira en Amérique
Pour leur flanquer la panique !
On recommencera la conquête du Far-West !
Le petit frère, nourri des westerns du grand-père adorateur de John Wayne, y croyait dur comme fer, si bien que mini-Adrienne, prise d’un doute, a demandé à son père:
– Tu crois que c’est vrai?
– Quoi, vrai?
– Ce qu’il dit, Carlos.
– Ça m’étonnerait, dit le père.
Et il s’est replongé dans son journal.

C comme cri du corps

Voilà une paire de jours que l’Adrienne passe du lit au fauteuil et du lit au lit, comme les vieux de Brel. Perte totale, l’Adrienne. Alors elle s’est décidée à écouter les cris de son corps et à se reposer. Pas même capable de lire, de faire des mots croisés ou de regarder la télé. Bérézina.

Mais cet après-midi il y a Berthoise qui l’invite à un petit jeu auquel elle ne peut résister, vu que c’est Berthoise qui le demandé héhé.

Quatre emplois que vous avez faits dans votre vie.

– jusqu’à ses 18 ans, un jour par an l’Adrienne était vendeuse de casquettes à la braderie: c’est elle qui tenait le stand sur le trottoir devant la chapellerie des grands-parents paternels
– de ses 16 à 18 ans elle a fait un job de vacances dans une institution pour aveugles, ça commençait tôt le matin – préparer les petits déjeuners et aider certains à assortir leurs vêtements ou à trouver la prise pour leur rasoir – et ça finissait tard le soir parce qu’il fallait aussi s’occuper de servir des boissons à la cafétéria
– dès son entrée dans sa belle-famille, elle a fait beaucoup de baby-sitting, généralement de deux ou quatre enfants à la fois pendant que leurs parents étaient en vacances
enfin, la grande affaire de sa vie a été son métier de prof de FLE 🙂

Quatre films que vous regarderiez encore et encore.

1.Fantasia, en souvenir de son père qui trouvait que c’était le plus beau des Disney
2.Singing in the rain, pour les scènes hilarantes comme dans la vidéo ci-dessus
3.The sound of music, pour chanter d’un bout à l’autre en admirant les alpages
4.The great Dictator, ou un autre Chaplin

Quatre lieux où vous êtes allé(e) en vacances.

– en numéro 1, la côte belge, Knokke-le-Zoute avec grand-mère Adrienne puis Westende
– en numéro 2, la France en famille, à peu près toutes les provinces et régions parce que le père ne voulait pas aller en vacances ailleurs: Alsace, Normandie, Bretagne, Bourgogne, châteaux de la Loire, Morvan, Provence, Sud-Ouest, Alpes, Pyrénées, Ardèche, côte Atlantique…
– en numéro 3, l’Italie. Toute l’Italie 🙂
– en numéro 4, en dehors de l’Europe le plus beau voyage a été la Nouvelle-Zélande.

Quatre endroits où vous avez vécu.

L’Adrienne n’a été domiciliée qu’en 3 endroits différents: la ville où elle est née, la ville côtière de ses beaux-parents (parce qu’elle s’est mariée en étant encore étudiante et qu’un « kot » ne peut être un lieu de domiciliation) et le village où elle avait trouvé la maison de ses rêves au milieu d’un parc naturel.
Mais elle a aussi vécu quatre ans à Louvain pour ses études.

Quatre choses que vous faites chaque fois que vous allez sur le net.

1.vérifier les mails
2.en jeter quelques-uns qu’on n’a pas demandés et répondre à d’autres
3.s’occuper du blog et aller sur quelques blogamis
4.jouer à des jeux en ligne

Quatre endroits où vous aimeriez être en ce moment.

1.ici même
2.à la mer, parce qu’il y fait un peu moins chaud qu’ici
3.et c’est tout

Quatre personnes à qui vous allez refiler le bébé : le fera qui voudra 🙂

Adrienne mémérise

C’est grâce à grand-mère Adrienne et à la chicorée De Lelie

 projet 52,photo,adrienne,souvenir d'enfance

que l’Adrienne dispose de toute une gamme de petits mouchoirs, rose tendre, jaune clair, parme, vert d’eau…

de sorte que l’Adrienne – depuis toujours – prend bien soin d’assortir le mouchoir aux chaussettes

comme elle assortit les chaussures au sac, le foulard à la robe, les gants à l’écharpe.

Or que vient-elle d’apprendre?

Assortir les couleurs, c’est mémériser.

mémé

Si vous ne connaissiez pas encore le mot, lisez l’article d’où vient cette photo. Où on reproche – en gros – à la star d’avoir le look de l’âge qu’elle a.

Alors qu’elle a poussé le souci du détail jusqu’à harmoniser les couleurs de sa tenue à celles du décor 🙂

Vous pouvez bien sûr, comme l’Adrienne, continuer à accorder soigneusement les couleurs, en vous disant que « La mode, c’est ce qui se démode » et que par conséquent d’ici peu votre manie de mémé sera du dernier chic.

Il suffit, disait le père de l’Adrienne, de laisser pendre un vêtement assez longtemps dans ta garde-robe. Un jour ou l’autre, tu pourras le ressortir.

Nulle ne met ce conseil mieux en pratique 😉

P comme poliment et prudemment

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Combien de fois l’Adrienne a eu la question, ces derniers jours: Vous étiez déjà venue en Angleterre? Votre maman a déjà vu l’Angleterre? Votre neveu a déjà visité l’Angleterre?

Chaque fois il faut essayer de répondre prudemment pour ne pas froisser les sentiments nationaux. Le plus facile, c’est quand il s’agit de l’Adrienne:

– Oui, il y a eu ce voyage scolaire à Londres, quand elle était en cinquième (en Première), des voyages dans la région de Canterbury, comme prof, avec les élèves de quatrième (la Seconde), un autre séjour à Londres avec Monsieur Mari et bien sûr Bradford, dans le Yorkshire, il y a plus de douze ans, chez l’amie qui se marie ces jours-ci.

Mais comment expliquer poliment à un fier sujet de Sa Majesté pourquoi sa mère n’a jamais mis les pieds en Angleterre – sauf un aller-retour d’un jour Ostende-Douvres avec les beaux-parents de l’Adrienne – malgré l’envie qu’elle en avait?

Car pour le père il n’y avait qu’une destination possible, c’était la France. L’Angleterre, il ne voulait pas y mettre les pieds, sous prétexte que « quand c’est chaud c’est de la bière et quand c’est froid c’est de la soupe ».

Et Monsieur Neveu? Après ses cours d’anglais au lycée et ses deux ans d’anglais en faculté de Droit, il n’est toujours pas capable de comprendre ni de parler cette langue. Il est venu en Angleterre pour un séjour linguistique dans une famille où probablement l’échange de connaissance des langues s’est fait dans l’autre sens, vu qu’il n’en a rien retiré.

– Il ne faut pas compter sur lui pour acheter un billet de train, dit la mère, qui a potassé son mini-dictionnaire d’anglais en vue de ce voyage, histoire de remettre à jour ses connaissances acquises en secondaire, au début des années 1950.

***

photo prise depuis la terrasse du cottage de tante Ginny à Runswick Bay, avec la silhouette reconnaissable de la falaise en forme de tête de crocodile.

N comme n’en jetez plus

N’en jetez plus, la cour est pleine, disait le père de l’Adrienne chaque fois qu’il y avait le moindre compliment dans l’air.
Qu’aurait-il dit, pense l’Adrienne en nettoyant sa boite à SPAM, comme chaque jour à la façon du petit Prince débarrassant sa planète des envahissantes pousses de baobabs, qu’aurait-il dit en lisant ce commentaire signé Ignited Labs G Force Review:

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Heureusement, l’Adrienne a lu la Fontaine et sait que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute 🙂

Mais que ne vont pas inventer, de nos jours, les démarcheurs pour casinos en ligne ou les vendeurs de pilules pour la soif… de virilité!