D comme Doriens

Rien de mieux que la mythologie pour tout expliquer – les saisons, la course du soleil ou de la lune, les fleuves et les sources… – et surtout pour se donner un bel arbre généalogique remontant jusqu’à des origines divines.

Prenez les Doriens: ils sont les descendants de Héraclès, qui lui-même est fils de Zeus.
N’est-ce pas magnifique 😉

Et ainsi, de roi légendaire en roi légendaire, on arrive à Ménélas, roi de Sparte, l’un des nombreux prétendants de la belle Hélène, fille de Zeus et Léda, sœur des Dioscures, ses protecteurs.

Tous les événements s’enchaînent, les dieux se mêlent de tout, l’oracle fait les prédictions nécessaires qui finissent toujours par se réaliser, quoi qu’on entreprenne pour s’en préserver.

Bref, les humains de toute éternité s’agitent beaucoup, s’entre-tuent, pillent et volent, meurent riches ou pauvres, en traîtres ou en héros et vivent « ce que vivent les roses, l’espace d’un matin »

Avec ou sans armure de bronze, comme celle de la photo prise au musée de Nafplio et qui date du 15e siècle avant notre ère.

O comme organisation

L’organisation des salles est thématique, précise-t-on au musée de Flandre, à Cassel.

En effet, il y a une salle avec de belles natures mortes – l’Adrienne aime celles du début du 17e siècle (1), dans lesquelles chenilles, papillons, mouches ou guêpes montrent le début de la fin annoncée de toute chose vivante – ou la salle avec les géants, Reuzepapa et Reuzemama (2) et des peintures rappelant le carnaval, et puis il y a la salle de la photo ci-dessus.

Au centre, Het Schijtmanneke, le bonhomme en train de déféquer joyeusement, une terre cuite polychrome anonyme.
Dans le coin, un tas de « lingots d’or » empilés, œuvre de Leo Copers, en résine et laque (2004) dont le titre est Geen gezeik, iedereen rijk (3), une allusion à un slogan d’un parti hollandais qui promettait la richesse à tous (iedereen rijk). Le slogan a plus de quarante ans aujourd’hui mais se retrouve encore beaucoup, par dérision, par exemple dans la presse.

Enfin, il y a un tableau représentant saint Christophe et un autre où on voit une (future) mariée en pleurs, fermement tenue par deux hommes qui vont la mener de force jusqu’à l’autel, alors qu’elle les supplie de ne pas le faire.

Bref, dans cette salle-ci l’Adrienne s’est bien creusé la tête pour trouver quel fil thématique reliait les œuvres présentées 🙂

Si vous avez une idée, n’hésitez pas à la partager!

***

(1) il y a deux beaux tableaux de Roelandt Saverij (1576-1639) peints au tournant du siècle.

(2) littéralement le papa géant et la maman géante

(3) le mot gezeik montre bien l’origine hollandaise du slogan, en Flandre on dirait plutôt gene zever ou geen gezever, ce qu’on pourrait traduire poliment par « pas de bla bla » et moins poliment par « assez déconné ».

M comme Maître

Dans sa biographie de Pieter Bruegel l’Ancien, Leen Huet consacre une bonne vingtaine de pages à l’intéressant personnage de son maître, Pieter Coecke van Aelst – van Aelst, donc originaire d’Alost, en Flandre orientale – son maître et aussi son beau-père puisque Bruegel a épousé sa fille Mayken.

C’est un précédent billet consacré à cet ouvrage qui avait fait suggérer à Nicole 86 d’aller à Cassel, au Musée de Flandre.
C’est en effet dans ce musée qu’on peut voir l’œuvre ci-dessus, attribuée à Pieter Coecke van Aelst (1502-1550): une Sainte Trinité, huile sur bois.

Un personnage intéressant et un homme doué dans différents domaines artistiques – peinture, gravure, sculpture, architecture, tapisserie, vitraux – et aussi auteur et traducteur.

En plus du néerlandais et du français, il connaissait l’italien et a appris le turc lors de son séjour à Istanbul.
C’est l’époque de Süleyman Ier et ce voyage est une véritable gageure, vu que l’empire ottoman est à peu près constamment en guerre avec un ou plusieurs monarques occidentaux et s’étend jusqu’aux portes de Vienne.

De ce voyage il rapporte une série de dessins qui lui ont permis de réaliser des gravures sous le titre Mœurs et façons des Turcs. Elles sont d’une telle qualité et précision qu’elles ont pu servir de référence de l’état des lieux au 16e siècle pour des travaux d’archéologues contemporains.

Quand il revient de Constantinople, on est en 1534. Dix ans plus tard il quitte Anvers pour Bruxelles et c’est là que Pieter Bruegel rejoint son atelier.

Mais ça, c’est une autre histoire 🙂

7 à voir

Poperinge

C’est demain que sur le conseil de Nicole86 l’Adrienne se rendra à Cassel.
En premier lieu pour le musée situé dans le Landshuys et pour une promenade de découverte.

Vu qu’elle aura fait la route, elle en profitera pour visiter aussi Poperinge. Il y a le musée du houblon, la Talbot House, le cimetière militaire de Lijssenthoek. Les halles, les églises, l’hôtel de ville, les parcs…

Et puis, c’est dans le coin aussi, sur la frontière franco-belge, qu’il y a la maison d’enfance de Marguerite Yourcenar, au Mont-Noir. Il y a un petit musée à Sint-Jans-Cappel.

Voilà, voilà.

U comme Uylenspiegel

Félicien Rops : La médaille de Waterloo

En 1856, Félicien Rops et Charles De Coster fondent la revue Uylenspiegel, journal des ébats artistiques et littéraires.
Rops a 23 ans et De Coster 29.

En début de parcours, au musée de Namur, on peut voir quelques-unes des lithographies que Rops a réalisées pour cet hebdomadaire. Comme celle qui illustre ce billet, La Médaille de Waterloo.

Voici un extrait du dossier pédagogique proposé par le musée:

En 1856, Rops atteint la majorité légale, fixée à 23 ans à l’époque. Grâce à l’héritage paternel , il entraîne à sa suite Charles De Coster et une partie de la rédaction du Crocodile pour fonder son propre journal, Uylenspiegel, journal des ébats artistiques et littéraires : « Cher Carlo, Le Journal est né, l’accouchement a eu lieu sans les secours du moindre forceps, l’opération césaréenne n’a pas été nécessaire, l’enfant et les dix papas se portent bien…, – le baptême a eu lieu, le journal a nom Uylenspiegel je t’enverrai Dimanche les dragées, enveloppées dans dix numéros,…
Tout à toi
F. Rops
Uylenspiegel bégaye déjà très joliment seulement il fait pipi dans ses colonnes. – pas vertébrales !!! (…) »

R comme Rops

Malgré deux ou trois courts séjours à Namur pour l’Intime festival, jamais l’occasion ne s’était présentée de visiter le musée Félicien Rops, natif du lieu.

C’est chose faite depuis jeudi dernier, même s’il a fallu passer plus de temps dans des trains – trois à l’aller, trois au retour – qu’à Namur, où l’ambiance était un peu morose, chacun attendant les résultats de la concertation des ministres avec les experts.

Bref, le seul avantage de tout ça, c’est qu’il n’y avait que trois personnes dans tout le musée, en plus de la gentille dame de l’accueil: un couple de Flamands et l’Adrienne. Une invasion flamande, en quelque sorte 😉

Montrer une seule œuvre de l’artiste à la tête de ce billet, c’est lui faire tort, vu la grande diversité de son travail comme peintre et comme graveur, aussi ai-je choisi ce portrait peint par Paul MatheyFélicien Rops dans son atelier (vers 1888), qui se trouve au château de Versailles.

Le site du musée avec beaucoup d’info et d’œuvres, c’est ici.

Qu’est-ce que c’est que ça?

Ça ne fait que quelques centimètres, c’est en ivoire, et la photo a été prise au musée des Beaux-Arts de Tournai.

Si vous savez ce que c’est ou si vous avez envie de proposer la solution du schmilblick, allez-y!

Vous n’aurez la réponse que lundi parce que l’Adrienne est partie complètement à l’est du pays avec sac au dos et sans PC 😉

Bon week-end à vous tous!

H comme Horta

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C’était le plein été quand l’Adrienne a reçu un mail du musée Horta pour annoncer qu’il était à nouveau accessible au public et même qu’il y aurait une expo et un colloque.

Ah! ce n’était pas l’envie qui manquait, mais allez donc faire des projets pour le 18 septembre, quand on est en juillet et que tous les experts vous prédisent que ce sera le grand moment de la deuxième vague…

Alors vous tergiversez, vous pesez le pour et le contre, et vous finissez par vous dire que vous seriez plus sage de rester chez vous.

Et puis un beau dimanche vous décidez que non, y en a marre, vous voulez retourner au musée.
Aller à Bruxelles.
Et même prendre des trains 😉

C’est fou comme on peut vivre dangereusement dès qu’on décide d’aller voir une expo 😉

***

Info et photo sur le site du musée Horta.

Stupeur et tremblements

Il y a plus fort encore que la banane scotchée au mur et vendue à 120 000 dollars: c’est le musée des œuvres invisibles, le MONA, à New York (précision sans doute inutile ;-)).

Les visiteurs sont priés de lire le carton avec le nom ou la description de l’oeuvre, par exemple Red Square (2011), puis de regarder un mur nu, tout blanc, et de faire travailler leur imagination.

Comme pour cette autre oeuvre qui s’appelait « Fresh Air » et qui a été vendue (?) 10 000 dollars en 2011, l’année du lancement du « musée ».

Ce qui revient à dire que vous achetez l’air que vous respirez – qu’il soit frais ou non – et qu’un petit carton en est la preuve.

Bref, on dirait bien qu’avec l’oeuvre invisible, on a atteint le dernier stade d’une démarche artistique de l’immatérialité, entamée dans les années 1960.

***

Si le but est de faire travailler l’imagination, se dit l’Adrienne, je préfère lire un livre 😉

Dernières nouvelles belges

Les 10 plus beaux châteaux de Wallonie

© Sven Ehmer

Le saviez-vous? La Belgique compte le plus grand nombre de châteaux au kilomètre carré. En Wallonie, des dizaines de châteaux sont donc recensés, allant de la forteresse médiévale à la demeure de plaisance. (source F.A.)

LES 10 PLUS BEAUX CHÂTEAUX DE WALLONIE

1. LE CHÂTEAU DE REINHARDSTEIN

Situé dans les Hautes Fagnes et surplombant la vallée de la Warche, le château de Reinhardstein fut laissé à l’abandon pendant près de 150 ans. En 1965, la forteresse fut entièrement rénovée au cours d’un chantier de 18 mois pour devenir le lieu que l’on peut visiter aujourd’hui. Le château est ouvert au public pour des visites, des initiations au tir à l’arc et des expositions. Des événements sont également organisés en ses murs, notamment la fête médiévale annuelle.

  • Ouvert tous les jours en juillet et août. Visites guidées toutes les heures, de 11h à 16h.
  • Prix: 9 euros/adulte, 7 euros/enfant, étudiant ou senior. Gratuit pour les enfants de moins de 5 ans.
  • Chemin du Cheneux, 50 – 4950 Ovifat.
  • Site web.

2. LE CHÂTEAU DE WALZIN

Dans le Condroz namurois, au sommet d’un pic rocheux, se dresse le château de Walzin. Ce dernier appartient à des propriétaires privés et n’est donc pas ouvert au public. Mais la vue du site vaut à elle seule le détour! Vous pouvez admirer la forteresse lors d’une descente en kayak de la Lesse ou au détour d’une promenade qui relie le château de Vêves à celui de Walzin.

3. LE CHÂTEAU DE VÊVES

C’est à Celles, en province de Namur, que se trouve le château de Vêves. Classé au Patrimoine exceptionnel de Wallonie, il fut entièrement restauré entre 1969 et 1979. Il est composé de cinq admirables tours ainsi que d’une remarquable galerie à colombage, lui donnant cet air de château sorti d’un conte de fées. D’ailleurs, les enfants peuvent se déguiser en princesse ou chevalier pour la visite.

  • Ouvert tous les jours de 10h à 17h pendant les vacances scolaires. Uniquement les week-ends et jours fériés pendant l’année.
  • Prix: 8 euros/adulte, 5 euros/enfant.
  • Route de Furfooz, 3 – 5561 Celles.
  • Site web.

4. LE CHÂTEAU DE BELOEIL

Surnommé « le Versailles belge », le château de Beloeil est entouré de douves et de splendides jardins. Reconnu comme Patrimoine exceptionnel Parcs & Jardins de Wallonie, le jardin à la française s’étend sur 25 hectares et est entretenu selon les plans originaux de 1664.

  • Exceptionnellement fermé jusqu’à nouvel ordre.
  • Prix: 10 euros/adulte, 5 euros/enfant, gratuit pour les enfants de moins de 6 ans.
  • Rue du Château, 11 – 7970 Beloeil.
  • Site web.

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Another day, another view… #Belgium 🎼🎬

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5. LE CHÂTEAU DE SENEFFE

Ce château à l’architecture néoclassique est aujourd’hui le Musée de l’Orfèvrerie de la Fédération Wallonie-Bruxelles et un lieu d’exposition. Le domaine s’étend sur pas moins de 22 hectares, qui abritent une orangerie, un théâtre néoclassique, une volière et des jardins. Ces derniers sont reconnus au Patrimoine exceptionnel Parcs & Jardins en Wallonie.

  • Musée ouvert tous les jours, de 10 à 18h. Sauf les lundis non fériés.
  • Le parc et les jardins sont ouverts tous les jours de l’année, sauf en cas d’intempéries, de 8 à 20h d’avril à septembre et de 8 à 18h d’octobre à mars.
  • Prix du musée: 6 euros/adulte, 8 euros/étudiant, gratuit pour les enfants de moins de 12 ans. Accès gratuit au parc et aux jardins.
  • Rue Lucien Plasman, 7-9 – 7180 Seneffe.
  • Site web.

6. LE CHÂTEAU D’HÉLÉCINE

Situé dans le Brabant wallon, ce château néoclassique du 18ème siècle est désormais un espace de réception, un centre de séminaires et abrite le MiaBw (musée d’interprétation archéologique du Brabant wallon). Les 30 hectares du parc du château sont quant à eux ouverts au public pour se balader et flâner. En été, des activités familiales y sont organisées.

  • Parc ouvert tous les jours de 8h à 21h30. Accès gratuit.
  • Rue Armand Dewolf, 2 – 1357 Hélécine.
  • Site web.

7. LE CHÂTEAU DE LA HULPE

Ancienne propriété du comte Solvay, le château de La Hulpe est situé au cœur d’un domaine classé au Patrimoine exceptionnel de Wallonie. Il est désormais un lieu de réception, tandis que ses jardins sont ouverts au public. Trois promenades d’environ 5 km sont en effet disponibles toute l’année gratuitement afin de découvrir le domaine.

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Castelinho

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8. LE CHÂTEAU DE FREŸR

C’est à Hastière, dans la province de Namur, que le château de Freÿr vous ouvre ses portes. Classée au Patrimoine exceptionnel de Wallonie, la demeure est ouverte au public afin qu’il découvre son intérieur raffiné et cosmopolite. Ses jardins, classés au Patrimoine exceptionnel Parcs & Jardins en Wallonie, ont été inspirés par le travail du jardinier Le Nôtre.

  • Ouvert du mardi au dimanche et jours fériés, de 11h à 17h (juillet et août). Ouvert uniquement les week-ends et jours fériés en avril, mai, juin, septembre et octobre. Fermé de novembre à mars.
  • Prix; 8,5 euros/adulte, 7 euros/étudiant et senior. Gratuit pour les enfants de moins de 12 ans.
  • Freÿr, 12 – 5540 Hastière.
  • Site web.

9. LE CHÂTEAU D’ATTRE

Construit en 1752, le château d’Attre séduit avec ses façades en grès local, pierre calcaire et briques enduites, typiques du néoclassicisme. Son parc, classé au Patrimoine exceptionnel de Wallonie, abrite une grotte artificielle de goût pré-romantique nommée « le Rocher ».

  • Ouvert les samedis, dimanches et jours fériés de 13h à 18h en juillet et août. Ouvert les dimanches et jours fériés de 14h à 18h d’avril à octobre.
  • Prix pour le parc et le château: 7,50 euros/adulte, 6,50 euros/étudiant et senior, 5 euros/enfant de 6 à 12 ans.
  • Prix pour le parc: 4,50 euros/adulte et 3,50 euros/enfant de 6 à 12 ans.
  • Avenue du Château, 8 – 7941 Attre.
  • Site web.

10. LE CHÂTEAU DE MODAVE

C’est dans le Condroz que se trouve le château de Modave, classé au Patrimoine Majeur de Wallonie. La forteresse fut détruite au milieu du 17ème siècle et entièrement restaurée. Seul son donjon date du Moyen Âge. La visite se fait avec un audioguide, compris dans le prix de la visite. Les jardins sont quant à eux en accès libre, mais vous pouvez télécharger sur le site web des commentaires audio pour réaliser une balade guidée.

  • Ouvert tous les jours de 10h à 18h, du 1er avril au 15 novembre. Fermé le lundi (sauf jour férié, ou en juillet et août).
  • Prix: 9 euros/adulte, 7 euros/senior, 4 euros/étudiant. Gratuit pour les enfants de moins de 12 ans.
  • Accès gratuit aux jardins. Commentaires de la promenade disponibles ici.
  • Rue du Parc, 4 – 4577 Modave.
  • Site web.

 

Et de tous ces beaux châteaux, l’Adrienne n’en a vu qu’un seul, c’est celui de Beloeil 🙂