Le défi du 20

Pour le 20 mars, Passiflore (merci, Passiflore!) demande trois chanteurs et tout naturellement l’Adrienne a pensé à regrouper trois Italo-belges.

Le premier est évidemment Adamo, dont on peut lire ici la biographie, au cas où on ne la connaîtrait pas bien, et voir toute la discographie.

Tombe la neige est un de ses tout premiers morceaux, le choix est large et ceux que l’Adrienne aime sont nombreux, ils font partie de la jeunesse de sa Tantine.

Ensuite il y a Frédéric François. Il a francisé son nom, Francesco Barracato, et s’est spécialisé dans les chansons d’amour Latin Lover 😉

En 1972, mini-Adrienne et son petit frère braillaient Laisse-moi vivre ma vie 🙂

Enfin, Claude Barzotti, né Francesco Barzotti, qui en 1975 a fait chavirer le cœur de midinette de l’Adrienne bien avant qu’elle ne soit une Madame… et tiens! il chavire encore 🙂

F comme f…

Ils étaient dix.

Guido avait pris une chaise pour s’y installer à califourchon, comme il l’avait vu faire par son père et son grand-père, là-bas, au village.
Marcello était venu s’asseoir à terre, à côté de lui, les pieds dans la rigole.
Matteo et Alessandro l’avaient imité.
Dans ce pays où ils étaient arrivés après la guerre, on récurait même les trottoirs, leur pantalon du dimanche ne craignait rien.

Peu à peu, d’autres gars s’étaient joints à eux.
Tous avaient le même air tendu.
Ils ne se parlaient pas.
Ils attendaient.
Vêtus de propre, bien coiffés, bien rasés.
Ils arrivaient même en cette occasion à se passer de leur cigarette.

Ils scrutaient le bout de la rue, le carrefour d’où allait surgir l’autocar venu d’Italie, avec à son bord les jeunes épouses que certains, comme Guido, n’avaient plus vues depuis plus de deux ans.

***

Texte écrit pour la photo et la consigne de Filigrane, merci à elle!

M comme Mander

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source ici

En 1604, deux ans avant sa mort, Karel van Mander, natif de Meulebeke (1) publie pour la peinture flamande ce que Vasari avait fait cinquante ans avant pour l’italienne, de sorte qu’il est aujourd’hui encore une bonne source de renseignements sur les peintres de son temps.

Peintre et poète, il a écrit son œuvre en vers. Comme il y donne aussi des tas de conseils, il y a ce passage amusant où il s’adresse aux jeunes peintres flamands qui s’apprêtent à faire le voyage en Italie (2):

Want Room is de Stadt, daer voor ander plecken
Der Schilders reyse haer veel toe wil strecken,

Car Rome est la Ville, vers laquelle avant toute autre se dirige le voyage des peintres.

Il prévient donc la jeunesse, en s’appuyant sur Pétrarque, que malgré leurs airs polis et gentils, il faut se méfier des Italiens:

Cleyn Herberghen, quaet gheselschap wilt vlieden,
En laet over u niet veel ghelts bespieden,
En u verre reyse verberght oock stille,
Zijt eerlijck en beleeft, vry van gheschille,
[…].
Leert over al kennen des Volcx manieren,
Het goede naevolghen, en vlieden t’quade,
Reyset vroech uyt, en wilt oock vroech logieren,
En om mijden plaghen oft vuyle dieren,
De bedden en lakens slaet neerstich gade:
maer sonderlinghe onthoudt u ghestade
Door lichte Vrouwen worden veel verdorven.
Van lichte Vrouwen, want boven de zonden
Mocht ghy zijn u leven daer van gheschonden.
(3)

Évitez les petites auberges et les mauvaises fréquentations, ne montrez pas tout votre argent, cachez aussi votre destination lointaine, soyez honnête et poli, ne vous disputez pas […]. Apprenez partout les usages locaux, suivez les bons, évitez les mauvais, partez de bon matin et cherchez tôt un logis, et pour éviter les maladies ou la vermine, vérifiez soigneusement les lits et les draps; mais surtout évitez toujours les femmes de mauvaise vie, car en plus du péché elles pourraient vous donner une maladie mortelle.

Karel van Mander, Het Schilder-Boeck waer in voor eerst de leerlustighe Jeught den grondt der Edel Vry Schilderconst in verscheyden deelen wort voorghedraghen, (Le livre de la peinture dans lequel on propose pour la première fois, en différentes parties, à la jeunesse avide de connaissances les fondements du noble et libre art de la peinture), extraits des paragraphes 66, 69 et 70. Traductions de l’Adrienne.

Bref, vous l’aurez compris: l’Adrienne a des envies d’Italie 😉

***

(1) Meulebeke, c’est près de là où habite l’Adrienne. Dans les années 1580, van Mander a dû quitter définitivement son patelin à cause des guerres qui ravageaient la contrée, qui a toujours été le champ de bataille favori des Français, des Espagnols et cette fois-là aussi des Hollandais, sous prétexte de religion.

(2) Il sait de quoi il parle puisqu’il l’a fait lui-même, le voyage, à l’âge de 25 ans, ainsi qu’un séjour à Florence, Terni et Rome, de 1573 à 1577.

(3) ce qui diffère surtout, entre le néerlandais de 1604 et celui d’aujourd’hui, c’est l’orthographe, et ici ou là un mot tombé en désuétude, comme ici ‘vlieden‘ ou ‘gestade‘.

W comme Wilma

Les joies du wilfing ont mené l’Adrienne de plus en plus loin de son exercice d’écoute sur les Jeux olympiques de Rome en 1960, où il était question de l’athlète italien Livio Berruti qu’on voyait amoureusement main dans la main avec la vedette américaine du 100 mètres, 200 mètres et 4 X 100 mètres: Wilma Rudolph.

C’est ainsi que l’Adrienne est tout naturellement arrivée chez les Flintstones, comme vous pouviez vous y attendre, vu que c’était la seule Wilma qu’elle connaissait à ce jour 🙂

Mais entre-temps, elle a beaucoup appris sur Livio, sur Wilma, et ne peut s’empêcher de rêver à ce qu’aurait donné la suite de l’histoire si ces deux-là étaient restés ensemble après les Jeux.

source ici

Z comme Zingaretti

« Montalbano trahit Livia! »

Voilà tout ce que les millions de téléspectateurs semblent avoir compris et retenu dans cet ultime épisode montré sur la RAI le 8 mars dernier.

On peut en effet y voir le célèbre commissaire tomber sous le charme d’Antonia, une nouvelle collègue, au point de faire sentir à Livia – son éternelle « fidanzata » qui vit en Ligurie alors que lui est en Sicile – que ce serait peut-être le moment de « lasciarci ».

Tollé général – surtout du côté féminin, paraît-il – et grosse déception sur cette « trahison ».
Comment a-t-il pu?
Et en plus, au téléphone!

Sans doute aurait-il dû prendre deux jours de congé et sauter dans un avion Palermo-Genova pour le lui dire en face 🙂

D’où la conclusion du Corriere: « Camilleri replicherebbe che Montalbano è un romanzo giallo, non di fantascienza. »

Camilleri, l’auteur des romans policiers, répondrait qu’il s’agit d’une histoire policière, pas de science-fiction 😉

Question existentielle

La citation se trouvait sur un calendrier et voilà des semaines, des mois qu’elle turlupine l’Adrienne.

Elle est prononcée par Orson Welles dans The third man (voir la vidéo ci-dessus) et serait de lui. Graham Greene, auteur du livre, et Carol Reed, réalisateur du film, confirment que Welles pouvait ‘meubler’ ici et là un vide dans le scénario par des phrases de son propre cru.

Soit.

« In Italy, for 30 years under the Borgias, they had warfare, terror, murder and bloodshed, but they produced Michelangelo, Leonardo da Vinci and the Renaissance. In Switzerland they had brotherly love, they had 500 years of democracy and peace – and what did that produce? The cuckoo clock. »

« En Italie, pendant trente ans sous les Borgia, il y a eu la guerre, la terreur, le meurtre et le sang versé, mais le pays a donné Michel-Ange, Léonard de Vinci et la Renaissance. En Suisse, il y a eu cinq cents ans d’amour fraternel, de démocratie et de paix – et qu’est-ce que ça a donné? La pendule à coucou. » (traduction de l’Adrienne)

Ne trouvez-vous pas, vous aussi, qu’il y aurait beaucoup à dire là-dessus?

A commencer par la paternité des pendules à coucou, qui seraient originaires de la Forêt Noire.

Ou jetez un œil à l’histoire de la Suisse, qui est bien loin d’avoir été un long fleuve tranquille…

Et pour terminer, examinez la question existentielle que pose Harry Lime en disant cela: est-ce que vraiment l’art et la culture fleurissent mieux sous le despotisme, la guerre et la violence?

Stupeur et tremblements

devoir de Lakevio du Goût_58 .jpg

– Alors? Tout va bien?
– Oui, ça roule! Et toi?
– Comme sur des roulettes!
– Hahaha! Mais encore?
– Une mosaïque… vingt centimètres sur vingt, à peu près…
– Pfffiouuu! Pas mal!
– Et toi?
– Cette fois, je crois bien que c’est moi le gagnant… un petit cavalier de bronze. Deuxième siècle avant notre ère. Et en parfait état!
– Bravo, mes compliments!

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Entre 1944 et 1977, environ 44 000 objets ont été volés dans des églises, musées et sites archéologiques italiens. Il faut bien sûr y ajouter ceux qui ont été volés avant et après ces deux dates…

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Texte écrit pour le 58ème devoir de Lakevio du Goût – que je remercie:

Mais que diable se disent-ils? Mais que diable ont-ils vu? J’espère que nous aurons une idée d’ici lundi…

F comme finestrino

In Florence, they reopened one of the historic “Buchette” of the wine

C’est depuis le mois de mai qu’on peut lire dans la presse italienne – surtout toscane – que les bars, cafés, restaurants et autres gelaterie redécouvrent ces petites ouvertures dans le mur qu’il appellent là-bas une « bucchetta del vino« , littéralement un petit trou pour le vin, comme on peut le voir sur la photo.

Un site leur est consacré et on s’y congratule pour chaque bucchetta redécouverte ou rouverte – puisque certaines d’entre elles avaient été murées. Les auteurs sont aussi très fiers que leur article du 30 juillet – un altra bucchetta riaperta a Firenze – a été repris dans la presse étrangère.

Ces petites ouvertures, nous explique-t-on ici, datent principalement d’une autre ‘crise sanitaire’, les épidémies de peste de la première moitié du 17e siècle (1630-1633).

Elles permettaient de se faire livrer le vin sans qu’il y ait contact physique, en le versant directement dans un récipient que l’acheteur apportait. L’ouverture a juste la taille d’une fiasque de l’époque.

Le seul contact qui avait lieu, c’était avec les pièces de monnaie: à l’époque on conseillait de les ‘désinfecter’ avec du vinaigre.

La dernière ‘bucchetta del vino‘ florentine avait été fermée en 1958: celui qui désirait acheter du vino sfuso (vin en vrac) pouvait désormais le faire dans une épicerie située dans la même rue.

V comme vacances à la maison

– Cet été, dit la carissima nipotina, j’organise une staycation.
– Excellente idée! fait l’Adrienne.
– Une staycation en Italie, précise-t-elle.
– Magnifique! Je ferais bien la même chose, tiens!

La nipotina a plein d’idées pour ses vacances italiennes à la maison: il y aura uniquement de la musique italienne, des plats italiens, de la lecture italienne, de la télé italienne… et elle parlera italien à ses chats.

Depuis ce vendredi où elles en ont discuté, assises chacune à un bout du couloir pour avoir au moins deux mètres entre elles – il ne s’agirait pas que la nipotina attrape un virus de plus – elles en reparlent régulièrement sur whatsapp.

Elles ont même convenu de dates pour ce séjour italien, en juillet, pendant le congé du bâtiment 😉

– La seule chose que je ne sais pas encore, dit l’Adrienne, c’est si je vais y aller en train ou en voiture.

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à voir les photos ci-dessus à la frontière entre l’Italie et la Suisse, et le souvenir de l’expérience du giro d’Italia, la dernière fois, l’été 2017, le train serait préférable, même si le voyage n’aura lieu qu’en rêve 😉

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Pour ceux qui seraient intéressés par la formule ‘staycation’, voici les conseils du HuffPost: How to Perfect Your Family’s Fun Filled Staycation