N comme Narcisse, Léda, Orion

Après les fresques représentant Narcisse, celles de Léda et le cygne, voici les dernières découvertes archéologiques.

Dans la vidéo ci-dessus, Massimo Osanna, le directeur du site de Pompéi, présente deux maisons en particulier.

D’abord, la casa del giardino, donc une maison avec jardin – lequel pourra un jour être reconstitué à l’identique, car on a pu prélever assez de restes, surtout sous forme de racines, pour savoir exactement ce qui y était planté.

Dans cette maison on a retrouvé également onze victimes, surtout des enfants rassemblés dans la même pièce. L’absence d’hommes fait supposer que ceux-ci étaient à l’extérieur pour chercher du secours ou une autre activité du genre.

La seconde maison est la casa di Orione, la maison d’Orion, appelée ainsi pour ses mosaïques sur le thème du mythe d’Orion. Elle possède également une bonne partie de son décor de la période la plus ancienne, en stuc imitant le marbre.

Ci-dessous, la maison d’Orion plus en détail et en français:

E comme Escono!

devoir de lakevio du gout_33.jpg

Dans un billet du 2 avril, Alessandro Gilioli répond à la question posée dans son titre: Perché i vecchi escono? Pourquoi les vieux sortent-ils?

A lui ainsi qu’à ses amis et connaissances, il semble qu’il y ait surtout « des vieux » dans les rues italiennes. « Des vieux » sans but précis, sans l’excuse d’un chien ou d’une course à faire.

Pourquoi?

A cause de la solitude ou du (trop) petit espace de vie? Par manque de connexions et autres joies d’internet? Parce qu’ils tiennent à leur journal papier quotidien et ont ainsi l’excuse de se rendre au kiosque?

Selon lui, ce serait parce qu’ils sont vieux, précisément, et ne se verraient plus aucun avenir dans lequel se projeter. Ils n’ont que le passé et le présent, dit l’auteur, alors ils ne veulent pas qu’on le leur vole, ce présent.

Et c’est là que l’Adrienne n’est pas du tout d’accord!

Tous les « vieux » qu’elle connaît – non, pas seulement sa mère 😉 – n’estiment pas leur vie terminée et prennent toutes les précautions nécessaires.

Même s’ils aiment sortir pour une petite balade quotidienne: c’est précisément parce qu’ils misent sur le futur et veulent garder la forme.

Pas parce qu’ils s’ennuient faute de N*tfl*x.

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Merci à Monsieur le Goût pour ce 33e devoir de Lakévio du Goût: Peu de monde, très peu de monde dans cette rue qui descend du Sacré-Cœur vers la place Saint-Pierre. Je peux vous le dire, lectrices chéries, cette rue faite d’escaliers est la rue Paul Albert. Mais où va cette femme qui les descend sous la pluie ? Quel devoir ou quelle aventure la mène ? Qu’est-ce qui la pousse à sortir alors que, dans tout le pays, chacun est appelé à rester chez soi ? Si vous avez une idée, nous la lirons tous avec plaisir, intérêt ou le cœur serré, c’est selon. Mais nous la lirons lundi puisque désormais, c’est « l’école à la maison »…

M comme mystère…s

Gustav Klimt 061.jpg

Au début de l’année 1997, on constate le vol de ce tableau. Le musée italien où il est exposé est en travaux, chacun entre et sort à sa guise, l’alarme ne fonctionne pas.

Premier mystère: son encadrement est retrouvé sur le toit du musée, ce qui fait conclure la police que le vol a eu lieu par une ouverture, à l’aide d’un fil de pêche. Mais on constate que les ouvertures dans le toit sont trop étroites pour laisser passer le cadre. Que fait-il alors sur ce toit? Comment et pourquoi est-il arrivé là?

Deuxième mystère: on retrouve le tableau volé, croit-on, à Ventimiglia. Mais à l’expertise on se rend compte que c’est une (bonne) copie. On se demande alors pourquoi cette copie fait surface. Ou si le tableau volé, exposé au musée, était en réalité un faux.

Troisième mystère: fin 2019, donc 22 ans après le vol, on retrouve le tableau volé. Dans l’enceinte du musée. Emballé dans un sac poubelle de plastique noir. Dans une niche derrière une petite grille rouillée et cachée par du lierre.
Ce sont les ouvriers communaux qui trouvent ce sac, en taillant le lierre. Est-ce que ce tableau est resté là 22 ans? Il semble n’avoir pas du tout souffert. Si oui, pourquoi les voleurs l’ont-ils laissé à cet endroit? Si non, qui l’y a déposé, quand, pourquoi?

Si le tableau trouvé sous le lierre est le vrai, les rayons X le démontreront rapidement: Klimt l’a peint par-dessus un autre portrait, une jeune fille au chapeau, comme on peut le lire ici.

Bref, les responsables du musée promettent que l’oeuvre, après les nécessaires investigations et expertises, sera de nouveau visible en janvier: « Se è veramente il Klimt, a gennaio sarà esposto ».

Bon, on est en Italie. Ce sera en janvier, dit le conservateur, … ou en février 😉

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source de l’illustration ici – The Yorck Project (2002) 10.000 Meisterwerke der Malerei (DVD-ROM), DIRECTMEDIA Publishing GmbH. ISBN : 3936122202. Domaine public, wikimedia commons – Gustav Klimt, Portrait d’une dame, 1916-17.

Le site du musée ici.

Premières œuvres

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C’est à se demander pourquoi on se fatigue à trimbaler un appareil photo et pourquoi on le place entre l’oeuvre et notre regard, au lieu de tout voir simplement de nos propres yeux et de tapoter tranquillement ecosia une fois qu’on est rentré chez soi: tout est là et de bien meilleure qualité que ce qu’on aurait pu faire dans la pénombre et la foule compacte de l’expo.

Bref, tout ça pour vous dire que l’Adrienne a surmonté la plus grosse épreuve de son séjour parisien: une visite au Louvre et à l’expo Leonardo da Vinci.

Les premières œuvres de l’artiste ont été réalisées dans l’atelier de son maître Verrocchio, où il est entré déjà à douze ans (en 1464) comme apprenti.

Les études de drapés qui se trouvent dans la première salle, sous le titre parfaitement adéquat « Ombre, lumière, relief« , sont datées approximativement: de 1473 à 1482. Donc une dizaine d’années au moins après son entrée en apprentissage.

Mais il réussit là un des exercices les plus difficiles.

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Ici vous pouvez feuilleter le beau dossier pédagogique 🙂

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source de la photo ici (wikimedia commons) Draperie Saint-Morys, figure assise, Département des Arts graphiques du musée du Louvre, inv. 2255. Détrempe sur toile de lin.

L’avantage de l’expo – un des rares 😉 – c’est qu’on peut voir la texture du support. Comme ici, la toile de lin.
Et une de ses particularités, c’est qu’on peut y admirer côte à côte des dessins de la collection de Bill Gates et de celle de la reine d’Angleterre.

Stupeur et tremblements

black bazar

C’est suite au racisme dans le foot – sur les gradins principalement – que l’Adrienne a appris un nouveau mot concernant ce sport: Schwalbe.

Explication.

Début septembre, Romelu Lukaku, le footballeur belge de l’Inter Milan est victime de hurlements racistes au moment où il doit tirer un penalty contre Cagliari. 

Les supporters de Cagliari n’ont pas été condamnés pour ces faits. Pas assez graves, selon les juges. Rien que de très normal. Par contre, ils ont dû payer 5000 euro d’amende pour avoir jeté des bouteilles en plastique en direction des officiels. Ce qui est donc beaucoup plus grave.

Etape suivante: les supporters du club de Lukaku, Inter Milan, ont écrit une ‘lettre ouverte’ pour lui dire que des cris de jungle et autres imitations de singes ne sont pas du tout du racisme. Au contraire, il devrait plutôt y voir un compliment, puisqu’ils le font dans le but de le déstabiliser, pour lui faire rater son penalty.  

Après, un commentateur de la télé italienne y est allé de sa petite blague, qu’il faut sans doute aussi prendre comme un compliment, « Si vous allez en un contre un contre Lukaku, vous êtes mort. Il vous envoie au sol. Vous ne vous en sortirez qu’en lui lançant 10 bananes, sinon, c’est impossible ». Pas du tout raciste, c’est clair.

Enfin, on arrive à la touche (provisoirement) finale. De la part du président du comité olympique italien: « ancora più grave dei cori razzisti è la simulazione di un fallo da parte di un giocatore milionario » Plus grave encore que les chants racistes, dit ce grand homme, c’est qu’un joueur millionnaire se laisse tomber pour obtenir un penalty.

Schwalbe. Ce qui veut dire: se laisser tomber pour obtenir un penalty.

 

Z comme Zorzi

Il a écrit un livre qui s’appelle L’Harmonie du monde, l’armonia del mondo (publié en latin en 1525). Homme de la renaissance italienne, Vénitien, érudit apparemment curieux de tout, comme il se doit pour l’uomo universale de l’époque. 

Vous savez comment se passe une recherche internet: de fil en aiguille, vous allez des paquebots de la lagune à une église à un moine franciscain qui se met à étudier l’hébreu pour lire les écrits bibliques dans le texte… Et ainsi vous arrivez chez Francesco Zorzi et vous vous passionnez pour son Armonia del mondo au point de vouloir le lire. Vous arrivez sur un article qui en parle en des termes très élogieux:

« un libro che si fa ancora leggere per lo stile raffinato, e per l’utopia simbolica che lo anima. L’armonia di cui parla il titolo è quella, segreta e divina, che lega tutti gli aspetti del reale.

un livre encore intéressant à lire pour son style raffiné et pour l’utopie symbolique qui l’inspire. L’harmonie dont parle le titre est celle, secrète et divine, qui relie tous les aspects du réel.

è un sorprendente progetto intellettuale, ora per la prima volta reso accessibile in italiano dalla traduzione di Saverio Campanini, accompagnata da un ricco apparato di note e commenti. Una smisurata città ideale di parole da riscoprire e in cui, perché no, gradevolmente perdersi.

c’est un projet intellectuel surprenant, rendu accessible pour la première fois en italien par la traduction de Saverio Campanini, qui l’accompagne richement de notes et de commentaires. Une immense cité idéale de mots à redécouvrir et où – pourquoi pas – se perdre agréablement. » (traduction de l’Adrienne)

Voilà en effet à quoi l’Adrienne perd agréablement son temps.

Cependant, à tous ces amis et gentils collègues inquiets pour sa santé mentale et son bien-être futur, qui lui posent la question: « Mais à quoi passeras-tu ton temps, quand tu n’auras plus l’école? » elle peut difficilement répondre « Je le perdrai sur google » 🙂

Y comme y a de la joie!

Sujet 21/2019 - du 25/05 au 01/06

Flessengeluk! s’écrie le beau-père en versant la dernière goutte de vin dans le verre de celui ou celle à qui il souhaite ainsi un événement heureux dans l’année, en principe un mariage ou une naissance.

En réalité, il faut ajouter ici deux corrections.

D’abord, il ne dit pas ‘flessengeluk‘, mais ‘bottelgeluk’, parce qu’il est Ostendais et qu’à Ostende on de dit pas ‘fles’, pour bouteille, mais ‘bottel’, comme en anglais.

Ensuite, il le fait généralement par plaisanterie. Avec un petit sourire en coin. Il aime bien taquiner la jeune fille, le jeune homme, en lui souhaitant un mariage dans l’année, ou une naissance de plus au père (à la mère) de famille qui estime avoir suffisamment procréé.

Dans la famille de l’Adrienne, cette expression est inconnue. En versant la dernière goutte, son père disait rituellement « un homme à la mer!« , elle ne lui a jamais demandé pourquoi et ne sait donc pas si c’est Raymond Devos qui l’avait inspiré.

L’Homme, bien sûr, partout où il allait, utilisait, traduisait, expliquait le ‘bottelgeluk’ paternel. Et il semblait bien que partout, les gens avaient quelque chose de similaire.

Comme sur la photo ci-dessus, dans une famille italienne de Perugia, où le père tient absolument à donner la dernière goutte à son (futur) gendre, ce qui fait évidemment beaucoup rire tout le monde autour de la table – un peu moins le (futur) gendre.

Un mariage ou une naissance dans l’année… Voyez la tête du père au moment où il tend la bouteille pour verser la dernière goutte.

Pour lui, ce n’est pas un jeu, pas une rigolade… mais un message (dans une bouteille) 🙂 

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Photo de Steve McCurry – clic et clic (en fait la photo vient de cette page de son blog, Family portraits – la photo a été prise à Perugia, en Ombrie) et consigne chez Miletune.