Premiers!

Bratislava cityscape view on the old town

Les destinations les plus « vertes » de notre planète, selon quelques critères qui aboutissent en gros à calculer le nombre de m² d’espaces verts par habitant, sont en numéro 1 Reykjavík, en 2 Auckland et en 3 Bratislava.

A quoi j’ajouterais que si on est véritablement écolo ou inquiet pour la planète, on ne prend plus l’avion, ce qui exclut le voyage en Nouvelle-Zélande et sans doute aussi l’Islande. 

Les villes belges du palmarès sont Anvers (33e) et Bruxelles (39e). Les françaises sont Marseille (une belle 11e place, ce qui est un peu mystérieux pour moi, faudra que j’aille y voir ;-)), Paris 45e et Lyon 47e.

La Suisse aussi y figure, bien sûr, avec Berne (8e) et Zurich (22e), ainsi que de nombreuses autres villes européennes, quatre aux Etats-Unis et une au Canada, Toronto (40e) 

Parmi les destinations européennes, il y en a où j’espère encore aller, Prague (6e) et Rome (7e). Berlin, où on sera cet été avec Monsieur Neveu, a la 18e place.

***

menu déroulant à cliquer, avec le classement des 50 villes les plus vertes ici

source de l’article et de la photo ci-dessus (Bratislava) ici

Publicités

R comme reproche

jeu,fiction

Tout en tirant l’aiguille, grand-mère observe Francesca qui dégonfle et enroule le matelas pneumatique à la force des bras et des genoux. Pas dupe, la nonna, mais elle aime qu’on se plie à l’étiquette: aussi longtemps que Francesca n’est pas mariée, on installera ce matelas à côté de l’entrée chaque fois qu’Antonio passe la nuit sous leur toit. Il vaut juste mieux ne pas venir contrôler au milieu de la nuit s’il y repose.

Un garçon en or, cet Antonio. Aucun reproche à lui faire. Gentil, attentionné, il te porte ton cabas plein de verdure au retour du marché, te fait savourer la meilleure pasta au basilic, te répare un robinet qui goutte.

Elle sait bien, la nonna, qu’on ne peut avoir aucune certitude sur l’issue d’un mariage, mais vraiment, c’est un garçon en or, aucun reproche à lui faire.

Sauf peut-être qu’il est un Capuletti et eux des Montecchi.

Mais on ne va pas, se dit-elle en se calfeutrant encore plus profondément dans son fauteuil, remuer ces histoires anciennes. 

*** 

écrit pour 13 à la douzaine

avec les mots imposés 

1 aiguille 2 étiquette 3 entrée 4 pneumatique 5 basilic 6 certitude 7 force 8 savourer 9 cabas 10 or 11 verdure 12 calfeutrer et le 13e qui donne le thème: reproche 

photo prise à Asciano, été 2017

N comme natura, nature et naturel

erri de luca-natura.jpg

Le narrateur est un homme de soixante ans qui vivote en vendant l’été aux touristes les quelques oeuvres qu’il fabrique l’hiver à l’aide de pierres et de morceaux de bois qu’il trouve dans la montagne. Dans sa jeunesse, il a suivi une formation d’artiste, de sculpteur. 

La montagne, il la connaît par cœur. Lui et deux autres villageois servent de passeurs à des réfugiés jusqu’au moment où l’un d’eux, devenu écrivain à succès, fait de cet homme humble et discret un héros: dans une interview, il raconte son parcours de réfugié et révèle que ce passeur qui l’a aidé, a pour habitude, après avoir guidé des réfugiés, de leur restituer la somme qu’ils ont payée pour le voyage. 

Malheureusement, cette révélation, qui lui fait une belle publicité partout ailleurs, lui rend la vie impossible dans son village, qu’il est contraint de quitter. 

C’est ainsi qu’il arrive sur la côte napolitaine où, après avoir proposé ses services de sculpteur-restaurateur dans plusieurs églises et chapelles, il reçoit finalement la tâche de rendre à un Jésus crucifié sa nudité d’origine. 

*** 

C’est donc là, à la page 26, que le sens du titre « nature exposée » est expliqué: 

« Come puoi vedere, si tratta di un’opera degna di un maestro del Rinascimento. Oggi la Chiesa vuole recuperare l’originale. Si tratta di rimuovere il panneggio. » 

Osservo la copertura in pietra diversa, sembra ben ancorata sui fianchi e sulla nudità. Gli dico che a rimuovere, si danneggia inevitabilmente la natura. 

« Che natura? » 

La natura, il sesso, dalle parti mie la nudità di uomini e di donne la chiamamo così. 

Erri De Luca, La natura esposta, Feltrinelli 2016, p.26-27

*** 

source de la photo et infos sur le site de la Feltrinelli 

traduction française chez Gallimard

« Comme tu peux le voir, il s’agit d’une œuvre digne d’un maître de la Renaissance. Aujourd’hui, l’Église veut récupérer l’original. Il faut enlever le drapé. » 

J’observe la couverture en pierre différente, elle semble bien ancrée sur les hanches et sur la nudité. Je lui dis que si on l’enlève, on va forcément endommager la nature. 

« Quelle nature? » 

La nature, le sexe, par chez moi la nudité des hommes et des femmes on l’appelle comme ça. 

(traduction de l’Adrienne) 

Pour lire les premières pages en français, c’est ici

*** 

C’est alors que je me suis souvenue que dans notre dialecte flamand aussi, on emploie ce mot-là – mais par dérision – pour la nudité: « zijn naturel » comme synonyme humoristique pour « naakt » (donc nu)

K comme krapoverie

Bon, d’accord, la plaine du Pô, c’est parfois torride à en devenir fou, c’est parfois envahi par les eaux en crue, c’est souvent noyé de brume, il y a de plus jolis endroits au monde. 

Mais les gens, me direz-vous, comment vivent-ils, comment sont-ils? 

Alors voilà le plus gros problème: il y a ceux qui vont à l’église, s’agenouillent, prient et se fient à leur prêtre et ceux qui agitent le drapeau rouge, lèvent le poing, vocifèrent et se fient à leur maire. 

Et bien souvent ce sont les mêmes.  

***

Consignes chez Joe Krapov, que je remercie!

Vous allez écrire plusieurs petites histoires en quatre phrases.

La première commencera par Bon, la deuxième par Mais,
la troisième par Alors et la quatrième par Et.

On vous demande de raconter ainsi l’histoire des couples célèbres suivants :

Adam et Eve – Astérix et Obélix – L’Auguste et le clown blanc – Bonnie and Clyde – Bouvard et Pécuchet – Don Camillo et Peppone – Dagobert et saint-Eloi – David et Goliath – Dupond et Dupont – Eros et Thanatos – Gault et Millau – Saint-Georges et le dragon – Sherlock Holmes et le docteur Watson – Dr Jekyll et Mr Hyde – Lagarde et Michard – laurel et hardy – Lefèvre et Utile – les frères Lumière – Malet et Isaac – Marx et Engels – Moët et Chandon – Orphée et Eurydice – la grande Ourse et la petite Ourse – Don Quichotte et Sancho Pança – Robinson et vendredi – Roméo et Juliette – Samson et Dalila – Sodome et Gomorre – Stanley et Livingstone – Tarzan et Jane – Tintin et Milou – Tristan et Yseut – Ulysse et Pénélope – Verlaine et Rimbaud – Villeroy et Boch – Voltaire et Rousseau

O comme or

gold.jpg

Il faudra que les Suisses trouvent rapidement une solution, sinon l’actualité va donner tort à Monsieur B&B (1) 

De quoi s’agit-il? Des eaux usées suisses: elles contiennent chaque année pour 3 millions de FS (ou 2,6 millions d’euro) d’or et d’argent. Ou si ça vous parle plus: 43 kilos d’or et 3 tonnes d’argent. 

Il y a des endroits, dit l’article, où la concentration dans les boues d’épuration est si élevée que ça vaudrait la peine de les recycler pour récupérer cet or. 

Pour ceux que ça intéresse, tout ça est bel et bien confirmé par les Suisses eux-mêmes: voyez ici

 ***

(1) qui m’a entretenue, pendant plus d’une heure, dès qu’il a su que ma prochaine destination était la Suisse, de toutes les rancœurs qu’il a mis une vie à accumuler contre ce pays… 

***

source article et photo ici

C comme Carrare

lakévio69.jpg

Les bras ballants, elle garde les yeux fixés sur la fontaine. Elle évite le regard de l’homme, ce pli qu’il a déjà entre les sourcils à force de les froncer, cette dureté au coin de la bouche. 

Avec ses mains dans les poches et son attitude raide, il lui semble plus dur et plus froid que le marbre de la fontaine. C’était lui pourtant qui, il y a six mois à peine, profitait de chaque mèche échappée du chignon pour lui faire une caresse dans la nuque. 

Serrée dans la main gauche, la pièce de monnaie qu’elle jettera dans l’eau du petit bassin. Oui, elle reviendra à Rome. 

Mais sans lui. 

*** 

photo, tableau et consignes chez Lakévio, que je remercie!

Y comme Y a qu’à demander!

2017-08-08 (1).JPG

Chaque matin au petit déjeuner, Monsieur et Madame vous répètent que ces chaleurs sont exceptionnelles, du jamais vu, et que dès demain la température va baisser. 

Chaque matin. 

Puis vous vous dites qu’à force d’attendre au lendemain, votre semaine de vacances italiennes sera passée et que vous n’aurez pas vu les deux musées de la ville. 

Vous décidez donc d’y aller après la pause de midi (qui dure jusqu’à 17.00 h., ici c’est déjà presque le sud tongue-out

Surprise! la porte est fermée. Vous étiez pourtant très fière de l’avoir trouvée parce qu’elle ne correspond pas à ce qui est marqué sur le dépliant offert aux touristes par la ville. 

Vous vous rendez donc quatre rues plus loin à l’autre musée, qui est aussi l’office de tourisme. 

– Vous voulez voir le musée Cassioli? Mais c’est tout simple, il n’y a qu’à demander et quelqu’un vous y accompagnera. 

Vous payez un billet combiné pour les deux musées et une dame munie d’un gros trousseau de clés retourne avec vous pour vous ouvrir et attendre patiemment que vous ayez fait votre tour des peintures exposées. 

Heureusement, c’est vite fait, car on y voit principalement ce genre de croûtes: Cesare Maccari, Leonard de Vinci en train de peindre la Joconde  

2017-08-08 (2).JPG

Ça vous laisse donc du temps pour la promenade. 

Vous vous dites que c’est le moment de faire le « percorso dei mulini » qui longe la rivière au nord-est de la ville. 

2017-08-11 (1).JPG

Le départ est tout à fait charmant et vous vous enfoncez avec délices dans un peu de verdure, grappillant ici et là les premières mûres. 

Puis vous tombez sur ça: tous les sentiers d’accès sont barrés. Vous aimeriez savoir pourquoi… 

2017-08-11 (5).JPG

Là aussi, il suffisait de demander: l’explication est un peu défraîchie – elle date du 20 janvier dernier – mais on réussit encore à en déchiffrer l’essentiel: 

2017-08-11 (7).JPG

Le sentier est fermé depuis le 20 janvier parce qu’un malheureux y a trouvé la mort et que la municipalité craint que des curieux ne viennent sur les lieux (tale fatto potrebbe suscitare la curiosità della cittadinanza inducendo le persone a visitare il luogo dell’ accaduto)