Z comme Zingaretti

« Montalbano trahit Livia! »

Voilà tout ce que les millions de téléspectateurs semblent avoir compris et retenu dans cet ultime épisode montré sur la RAI le 8 mars dernier.

On peut en effet y voir le célèbre commissaire tomber sous le charme d’Antonia, une nouvelle collègue, au point de faire sentir à Livia – son éternelle « fidanzata » qui vit en Ligurie alors que lui est en Sicile – que ce serait peut-être le moment de « lasciarci ».

Tollé général – surtout du côté féminin, paraît-il – et grosse déception sur cette « trahison ».
Comment a-t-il pu?
Et en plus, au téléphone!

Sans doute aurait-il dû prendre deux jours de congé et sauter dans un avion Palermo-Genova pour le lui dire en face 🙂

D’où la conclusion du Corriere: « Camilleri replicherebbe che Montalbano è un romanzo giallo, non di fantascienza. »

Camilleri, l’auteur des romans policiers, répondrait qu’il s’agit d’une histoire policière, pas de science-fiction 😉

Question existentielle

La citation se trouvait sur un calendrier et voilà des semaines, des mois qu’elle turlupine l’Adrienne.

Elle est prononcée par Orson Welles dans The third man (voir la vidéo ci-dessus) et serait de lui. Graham Greene, auteur du livre, et Carol Reed, réalisateur du film, confirment que Welles pouvait ‘meubler’ ici et là un vide dans le scénario par des phrases de son propre cru.

Soit.

« In Italy, for 30 years under the Borgias, they had warfare, terror, murder and bloodshed, but they produced Michelangelo, Leonardo da Vinci and the Renaissance. In Switzerland they had brotherly love, they had 500 years of democracy and peace – and what did that produce? The cuckoo clock. »

« En Italie, pendant trente ans sous les Borgia, il y a eu la guerre, la terreur, le meurtre et le sang versé, mais le pays a donné Michel-Ange, Léonard de Vinci et la Renaissance. En Suisse, il y a eu cinq cents ans d’amour fraternel, de démocratie et de paix – et qu’est-ce que ça a donné? La pendule à coucou. » (traduction de l’Adrienne)

Ne trouvez-vous pas, vous aussi, qu’il y aurait beaucoup à dire là-dessus?

A commencer par la paternité des pendules à coucou, qui seraient originaires de la Forêt Noire.

Ou jetez un œil à l’histoire de la Suisse, qui est bien loin d’avoir été un long fleuve tranquille…

Et pour terminer, examinez la question existentielle que pose Harry Lime en disant cela: est-ce que vraiment l’art et la culture fleurissent mieux sous le despotisme, la guerre et la violence?

Stupeur et tremblements

devoir de Lakevio du Goût_58 .jpg

– Alors? Tout va bien?
– Oui, ça roule! Et toi?
– Comme sur des roulettes!
– Hahaha! Mais encore?
– Une mosaïque… vingt centimètres sur vingt, à peu près…
– Pfffiouuu! Pas mal!
– Et toi?
– Cette fois, je crois bien que c’est moi le gagnant… un petit cavalier de bronze. Deuxième siècle avant notre ère. Et en parfait état!
– Bravo, mes compliments!

***

Entre 1944 et 1977, environ 44 000 objets ont été volés dans des églises, musées et sites archéologiques italiens. Il faut bien sûr y ajouter ceux qui ont été volés avant et après ces deux dates…

***

Texte écrit pour le 58ème devoir de Lakevio du Goût – que je remercie:

Mais que diable se disent-ils? Mais que diable ont-ils vu? J’espère que nous aurons une idée d’ici lundi…

F comme finestrino

In Florence, they reopened one of the historic “Buchette” of the wine

C’est depuis le mois de mai qu’on peut lire dans la presse italienne – surtout toscane – que les bars, cafés, restaurants et autres gelaterie redécouvrent ces petites ouvertures dans le mur qu’il appellent là-bas une « bucchetta del vino« , littéralement un petit trou pour le vin, comme on peut le voir sur la photo.

Un site leur est consacré et on s’y congratule pour chaque bucchetta redécouverte ou rouverte – puisque certaines d’entre elles avaient été murées. Les auteurs sont aussi très fiers que leur article du 30 juillet – un altra bucchetta riaperta a Firenze – a été repris dans la presse étrangère.

Ces petites ouvertures, nous explique-t-on ici, datent principalement d’une autre ‘crise sanitaire’, les épidémies de peste de la première moitié du 17e siècle (1630-1633).

Elles permettaient de se faire livrer le vin sans qu’il y ait contact physique, en le versant directement dans un récipient que l’acheteur apportait. L’ouverture a juste la taille d’une fiasque de l’époque.

Le seul contact qui avait lieu, c’était avec les pièces de monnaie: à l’époque on conseillait de les ‘désinfecter’ avec du vinaigre.

La dernière ‘bucchetta del vino‘ florentine avait été fermée en 1958: celui qui désirait acheter du vino sfuso (vin en vrac) pouvait désormais le faire dans une épicerie située dans la même rue.

V comme vacances à la maison

– Cet été, dit la carissima nipotina, j’organise une staycation.
– Excellente idée! fait l’Adrienne.
– Une staycation en Italie, précise-t-elle.
– Magnifique! Je ferais bien la même chose, tiens!

La nipotina a plein d’idées pour ses vacances italiennes à la maison: il y aura uniquement de la musique italienne, des plats italiens, de la lecture italienne, de la télé italienne… et elle parlera italien à ses chats.

Depuis ce vendredi où elles en ont discuté, assises chacune à un bout du couloir pour avoir au moins deux mètres entre elles – il ne s’agirait pas que la nipotina attrape un virus de plus – elles en reparlent régulièrement sur whatsapp.

Elles ont même convenu de dates pour ce séjour italien, en juillet, pendant le congé du bâtiment 😉

– La seule chose que je ne sais pas encore, dit l’Adrienne, c’est si je vais y aller en train ou en voiture.

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à voir les photos ci-dessus à la frontière entre l’Italie et la Suisse, et le souvenir de l’expérience du giro d’Italia, la dernière fois, l’été 2017, le train serait préférable, même si le voyage n’aura lieu qu’en rêve 😉

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Pour ceux qui seraient intéressés par la formule ‘staycation’, voici les conseils du HuffPost: How to Perfect Your Family’s Fun Filled Staycation

U comme Urbs, urbis

photo et article de Daily Science:

BIENVENUE À FALERII NOVI, LA VILLE ROMAINE SOUS LES CHAMPS

Durée de lecture : 4 min

Inutile d’écarquiller les yeux. On ne voit que des champs et des arbres à la cité antique de Falerii Novi. Pourtant, des chercheurs belges et britanniques viennent de mettre au jour tout un nouveau quartier dans cette une cité romaine qui a vu le jour en 241 av. J.-C.

Cette découverte, réalisée dans la vallée du Tibre, à une cinquantaine de kilomètres de Rome, repose sur l’usage d’une technologie qui avait déjà fait ses preuves à Bruxelles, en 2018. A l’époque, François Blary, professeur d’histoire de l’art et d’archéologie à l’ULB et co-directeur du Crea-Patrimoine, le centre d’archéologie de l’Université Libre de Bruxelles, avait passé la Grand-Place de Bruxelles au radar de sol. Ces scanners avaient permis de discerner dans le sous-sol des structures archéologiques anciennes.

Une technique perfectionnée… depuis 1910

Cette fois, c’est une équipe de l’université de Gand et de l’université de Cambridge, au Royaume-Uni, qui a ausculté le sous-sol, en Italie. Pendant trois ans, avec leur radar de sol, ils ont ratissé les champs qui entourent l’abbatiale de Sainte-Marie, tout à côté de l’actuel village de Falerii Novi.

Ces archéologues ont pu cartographier complètement l’antique ville romaine. Leur radar de sol  fonctionne comme un radar ordinaire, en faisant rebondir les ondes radio sur les objets et en utilisant l’”écho” pour construire une image. La différence est qu’il détecte ici des objets souterrains.

Bien que ce principe soit utilisé depuis les années 1910, ces dernières années, les progrès technologiques ont rendu l’équipement plus rapide et plus performant.

Découvertes de plusieurs bâtiments

Cela a conduit à la découverte de plusieurs nouveaux bâtiments, dont un complexe de bains, un marché et un temple. Les chercheurs ont également découvert ce qui semble être une sorte de monument public, différent de tout ce qui avait été observé auparavant dans de telles cités.

« La ville est bien documentée dans le registre historique et ne se trouve pas sous des bâtiments modernes, ce qui en fait un excellent endroit pour mener ce genre d’études », indiquent les chercheurs. « En tant que telle, elle a fait l’objet de décennies d’analyses à l’aide d’autres techniques non invasives, comme la magnétométrie. Celle-ci permet de mesurer le modèle magnétique du sol qui est influencé par l’activité antique ».

Le radar de sol de dernière génération utilisé ici peut sonder le sol à diverses profondeurs.  Les relevés réalisés à Falerii Novi ont été effectués tous les 12,5 cm, sur l’ensemble du site. De quoi éclairer les chercheurs sur la façon dont les villes ont été construites et sur leur évolution dans le temps. L’occupation du site s’est effectivement étendue sur plus de neuf siècles.

Semi-automatisation du traitement des données

Le travail d’interprétation des données récoltées a été semi-automatisé. Une innovation dans le domaine. “L’utilisation des données du radar de sol à haute résolution génère des quantités massives d’informations, rendant l’analyse manuelle très longue”, explique le professeur Martin Millett, un des chercheurs anglais du projet.

Il faudra encore un peu de temps avant que la carte de Falerii Novi ne soit entièrement analysée. Néanmoins, cette recherche a déjà révélé beaucoup de choses sur la ville. « Elle semble notamment moins standardisée que celle de nombreuses autres villes bien étudiées, comme Pompéi, révélant la complexité et la variation de l’urbanisme romain », estime l’équipe scientifique.

Une équipe pour laquelle l’objectif principal de cette recherche était de disposer de nouvelles données sur les villes romaines en Italie, afin de répondre à des questions concernant les processus d’urbanisation, les diversités régionales de l’urbanisme romain, l’évolution des populations, les relations entre villes et campagnes à l’époque romaine…

N comme Narcisse, Léda, Orion

Après les fresques représentant Narcisse, celles de Léda et le cygne, voici les dernières découvertes archéologiques.

Dans la vidéo ci-dessus, Massimo Osanna, le directeur du site de Pompéi, présente deux maisons en particulier.

D’abord, la casa del giardino, donc une maison avec jardin – lequel pourra un jour être reconstitué à l’identique, car on a pu prélever assez de restes, surtout sous forme de racines, pour savoir exactement ce qui y était planté.

Dans cette maison on a retrouvé également onze victimes, surtout des enfants rassemblés dans la même pièce. L’absence d’hommes fait supposer que ceux-ci étaient à l’extérieur pour chercher du secours ou une autre activité du genre.

La seconde maison est la casa di Orione, la maison d’Orion, appelée ainsi pour ses mosaïques sur le thème du mythe d’Orion. Elle possède également une bonne partie de son décor de la période la plus ancienne, en stuc imitant le marbre.

Ci-dessous, la maison d’Orion plus en détail et en français:

E comme Escono!

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Dans un billet du 2 avril, Alessandro Gilioli répond à la question posée dans son titre: Perché i vecchi escono? Pourquoi les vieux sortent-ils?

A lui ainsi qu’à ses amis et connaissances, il semble qu’il y ait surtout « des vieux » dans les rues italiennes. « Des vieux » sans but précis, sans l’excuse d’un chien ou d’une course à faire.

Pourquoi?

A cause de la solitude ou du (trop) petit espace de vie? Par manque de connexions et autres joies d’internet? Parce qu’ils tiennent à leur journal papier quotidien et ont ainsi l’excuse de se rendre au kiosque?

Selon lui, ce serait parce qu’ils sont vieux, précisément, et ne se verraient plus aucun avenir dans lequel se projeter. Ils n’ont que le passé et le présent, dit l’auteur, alors ils ne veulent pas qu’on le leur vole, ce présent.

Et c’est là que l’Adrienne n’est pas du tout d’accord!

Tous les « vieux » qu’elle connaît – non, pas seulement sa mère 😉 – n’estiment pas leur vie terminée et prennent toutes les précautions nécessaires.

Même s’ils aiment sortir pour une petite balade quotidienne: c’est précisément parce qu’ils misent sur le futur et veulent garder la forme.

Pas parce qu’ils s’ennuient faute de N*tfl*x.

***

Merci à Monsieur le Goût pour ce 33e devoir de Lakévio du Goût: Peu de monde, très peu de monde dans cette rue qui descend du Sacré-Cœur vers la place Saint-Pierre. Je peux vous le dire, lectrices chéries, cette rue faite d’escaliers est la rue Paul Albert. Mais où va cette femme qui les descend sous la pluie ? Quel devoir ou quelle aventure la mène ? Qu’est-ce qui la pousse à sortir alors que, dans tout le pays, chacun est appelé à rester chez soi ? Si vous avez une idée, nous la lirons tous avec plaisir, intérêt ou le cœur serré, c’est selon. Mais nous la lirons lundi puisque désormais, c’est « l’école à la maison »…

M comme mystère…s

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Au début de l’année 1997, on constate le vol de ce tableau. Le musée italien où il est exposé est en travaux, chacun entre et sort à sa guise, l’alarme ne fonctionne pas.

Premier mystère: son encadrement est retrouvé sur le toit du musée, ce qui fait conclure la police que le vol a eu lieu par une ouverture, à l’aide d’un fil de pêche. Mais on constate que les ouvertures dans le toit sont trop étroites pour laisser passer le cadre. Que fait-il alors sur ce toit? Comment et pourquoi est-il arrivé là?

Deuxième mystère: on retrouve le tableau volé, croit-on, à Ventimiglia. Mais à l’expertise on se rend compte que c’est une (bonne) copie. On se demande alors pourquoi cette copie fait surface. Ou si le tableau volé, exposé au musée, était en réalité un faux.

Troisième mystère: fin 2019, donc 22 ans après le vol, on retrouve le tableau volé. Dans l’enceinte du musée. Emballé dans un sac poubelle de plastique noir. Dans une niche derrière une petite grille rouillée et cachée par du lierre.
Ce sont les ouvriers communaux qui trouvent ce sac, en taillant le lierre. Est-ce que ce tableau est resté là 22 ans? Il semble n’avoir pas du tout souffert. Si oui, pourquoi les voleurs l’ont-ils laissé à cet endroit? Si non, qui l’y a déposé, quand, pourquoi?

Si le tableau trouvé sous le lierre est le vrai, les rayons X le démontreront rapidement: Klimt l’a peint par-dessus un autre portrait, une jeune fille au chapeau, comme on peut le lire ici.

Bref, les responsables du musée promettent que l’oeuvre, après les nécessaires investigations et expertises, sera de nouveau visible en janvier: « Se è veramente il Klimt, a gennaio sarà esposto ».

Bon, on est en Italie. Ce sera en janvier, dit le conservateur, … ou en février 😉

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source de l’illustration ici – The Yorck Project (2002) 10.000 Meisterwerke der Malerei (DVD-ROM), DIRECTMEDIA Publishing GmbH. ISBN : 3936122202. Domaine public, wikimedia commons – Gustav Klimt, Portrait d’une dame, 1916-17.

Le site du musée ici.