C comme cyclamens

Chaque année à la fin de l’été, l’Adrienne ne manque pas de tomber en arrêt – et en amour – devant le parterre de cyclamens sous le hêtre pourpre.

Et de le prendre en photo, encore et encore 🙂

Il était donc temps de vous le faire partager et pourquoi pas, d’en faire une bannière…

Bel automne à vous tous!

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Photo prise le 22 septembre dernier

U comme umeur

Le soir, quand Madame allume son téléphone portable pour une dernière vérification, elle pourrait chaque fois gagner un pari: dès que Lynn la voit en ligne, arrivent ses messages:

– Je vous ai vue marcher en rue, vous aviez l’air bien contente!
– Ah oui, fait Madame, j’ai le sourire, en général, alors j’en reçois en retour, et même parfois je chante en marchant.

Lynn, plus rien ne l’étonne.
Et ça discute jusqu’à ce que Madame dise « bon, maintenant il faut dormir ».

Ensuite évidemment Madame ne dort pas, elle pense aux petits soucis de Lynn, mais bizarrement ces conversations la mettent de bonne humeur.
Ou plutôt umeur, comme on dit dans le dialecte du Val d’Aoste.

– Quelqu’un parmi vous est déjà allé au Val d’Aoste? demande Enzo, l’Italiano vero qui s’occupe du club de lecture italien.

Oui, le père de l’Adrienne y a emmené sa famille pour un aller-retour d’une journée, alors qu’ils étaient en vacances du côté de Chamonix et qu’une adresse valdostana lui était recommandée par un de ses guides culinaires.

Un repas mémorable, c’est vrai, dans une ferme où aucun menu n’était affiché et où des plats – savoureux mais gargantuesques – se succédaient sans qu’une parole puisse être échangée, pour cause de langue inconnue 😉

– Je pense, dit Lynn hier soir, que ma fille est déjà dans sa puberté!

La gamine a tout juste huit ans. Mais sa mère est une nature inquiète qui aime tirer ses enseignements médicaux d’internet.

– Elle n’était que 19e au cross de l’école, et normalement elle se bat pour être sur le podium.
– Elle est peut-être juste fatiguée? dit Madame, qui n’ose pas ajouter qu’elle mange trop gras et trop sucré et se couche trop tard.
– Je vais lui faire faire une prise de sang, dit-elle, elle avait soif, hier après l’école, j’ai peur du diabète.

En voilà une, se dit Madame, qui ferait mieux de lire des Gaston plutôt que encyclopédies médicales…

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Texte écrit d’après une consigne de Joe Krapov – merci à lui – qui demandait
1. de lister 12 mots ou concepts qui nous mettent de bonne humeur ; chacun d’eux commence par une des premières lettres de l’alphabet (A B C D E F G H I J K L)
2. de dire pourquoi et comment survient la bonne humeur.

Je me suis basée sur les tags qui reviennent le plus souvent sur ce blog et ça donne ceci:

Amitié – Bruxelles – Chanson (chanter)DialectesÉlèves/Expo – Fleur(s) – Gaston/GastronomieHumourItalie/italienJeuKrapoverieLangue/Littérature.

En gras, vous l’aurez compris, ceux qui ont un rapport avec ce billet.

R comme roses

C’est fin mai déjà que l’Adrienne a vu fleurir sa toute première rose, du rosier Anisette planté à l’automne dernier.

Belle fleur légèrement rosée, parfum très agréable, plus même que son nom ne l’indique 🙂
Tout est donc bien.

A Charleston House l’Adrienne est tombée en arrêt devant une autre rose qu’elle a tout de suite reconnue et appelée par son petit nom:

– Felicia!

L’inoubliable parfum de Felicia!

Felicia faisait partie de la petite collection de rosiers anciens que l’Adrienne avait achetés chez Lens, pour son jardin d’autrefois.

Quel bonheur de pouvoir y remettre le nez 🙂

Photo prise le 18 juin à Charleston House.

Où il y avait aussi les copines de Felicia, Cornelia et Penelope 🙂

F comme férule

Ces dames croyaient que c’était du fenouil mais vu que ça n’avait aucune odeur anisée, l’Adrienne a fait une petite recherche – les habitués de la zone méditerranéenne n’en auraient pas eu besoin 😉 – il s’agit de la ferula communis, une plante spectaculaire par sa taille et sa floraison jaune vif, qu’on peut voir partout sur les pentes rocheuses en grimpant jusqu’au site de Mystras.

Ce ne sont pas les jolies fleurs qui manquent en cette saison et on en voit de toutes les formes et de toutes les couleurs, principalement de belles inconnues (inconnues pour l’Adrienne) et d’autres belles sauvages qu’on sème en annuelles dans nos jardins.

Si quelqu’un sait comment s’appelle celle-ci, qu’il le dise 🙂

Je comme je-veux-tout-savoir

– Pourquoi vous avez mis toutes les fleurs dans le même vase ? demande petit Léon en déposant son sac sur la table de la cuisine.

L’Adrienne ne sait pas tout de suite quoi répondre : aurait-elle dû séparer les asters des lys ? mettre les chrysanthèmes dans un autre pot que les mufliers ?

– Ben… c’est comme ça que je les ai reçues… toutes ensemble… tu trouves que ce n’est pas beau ?

– Si, c’est beau. Vous avez reçu ça de qui ?

Le ton est inquisiteur. Les sourcils froncés.
Petit Léon, c’est comme un mari jaloux.
Vous êtes allée où ? demande-t-il quand elle s’est absentée le week-end.
Vous avez vu qui ?

– Bon, fait l’Adrienne, on n’est pas là pour causer de fleurs, montre-moi ton journal de classe !

Curieuzeneuzemosterdpot !

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Une expression de chez nous pour désigner celui qui fourre son petit nez de curieux partout, jusque dans le pot à moutarde 😉

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photo prise dans le parc d’Ostende le 22 octobre dernier.

Ni stupeur ni tremblements

Ni stupeur ni tremblements – même si les sujets n’en manquent pas, comme chacun sait – mais de l’émerveillement et de la gratitude pour les roses de septembre et pour cet être humain d’exception qu’était Julos Beaucarne.
Puisqu’il faut désormais parler de lui au passé.

Mini-Adrienne n’avait qu’une dizaine d’années, ne connaissait de Victor Hugo qu’Après la bataille, que son grand-père avait appris lors de « ses années d’université », comme il disait par plaisanterie, dans un village wallon tout proche, alors que les écoles primaires flamandes de la ville étaient fermées par les Allemands, pendant la guerre de 14-18.
Il le récitait encore par cœur cinquante ans plus tard.

Elle ne connaissait pas non plus Julos Beaucarne.
Mais elle a tout de suite adoré cette chanson:

Photo prise à Alden-Biesen le week-end dernier, le jour de sa mort.

P comme proverbe

« De aanhouder wint« , se dit l’Adrienne en rentrant chez elle toute contente.

Le proverbe néerlandais signifie que le gagnant est celui qui persévère.
Et de la persévérance, il en a fallu!
Pendant plus de sept ans 🙂

Voici les faits: dans la rue de l’Adrienne habite un Vlaamse Leeuw qui a apparemment très mal pris, au moment où elle est venue s’installer dans sa maison-en-ville, qu’elle refuse d’adhérer à son club de surveillance du quartier.

Or, comme il habite quelques maisons plus loin, que tous deux passent beaucoup à pied, qu’il prend souvent l’air à sa porte ou qu’il promène son chien, ils sont amenés à se croiser presque chaque jour.

Chaque fois l’Adrienne le salue, chaque fois il reste de marbre.
Au point qu’elle a failli se décourager.
Au bout de sept ans.

Et puis miracle, mercredi dernier, allez savoir pourquoi, il soulève un coin de sa bouche en réponse à son bonjour.

ça doit être sa façon de sourire.

L’Adrienne en tout cas trouve que l’événement vaut la peine d’être raconté 😉

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En illustration pour Lazuli Biloba si elle passe par ici, la photo du yakushimanum qui fleurissait ponctuellement à chacun de mes anniversaires, dans le jardin d’autrefois 😉

Le rapport?

Son petit nom est Grumpy 🙂

L comme leçon

Mais Madame! où aviez-vous la tête quand vous avez planté votre clématite! déclare E*** avec le sérieux du professionnel de l’horticulture.

Puis il explique:

– La clématite est une plante grimpante. Ce qui veut dire qu’elle a besoin d’un support.

Il poursuit son exposé avec de grands gestes:

– Ici, elle pend sur le trottoir… et elle va pendre de plus en plus!

Hélas Madame le sait bien.
Que la clématite est une plante grimpante à laquelle il faut un support assez haut.
Et qu’en effet elle n’a pas réfléchi quand elle l’a plantée là, à côté une clôture qui fait à peine un mètre.

– Tu as raison, dit-elle. Tu as entièrement raison.

Et elle rit aux éclats.

ça faisait bien longtemps qu’on ne lui avait plus fait la leçon 🙂

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la photo de la clématite date de juin 2017.

Derniers jours de vacances

Pour la troisième fois de la semaine, l’Adrienne était en route pour le bureau du syndic – il faudra que demain elle vous fasse un billet pour vous relater ses premières expériences avec un syndic de copropriété – bref en route pour le centre ville elle choisit de passer par le parc.

Peu de monde en route en ce vendredi assez tôt dans la matinée, sauf deux petits enfants que l’Adrienne tout de suite tient à l’œil car elle a comme une prémonition qu’il vont piétiner les cyclamens en pleine floraison sous le grand hêtre pourpre.

Et vlan, dès que la petite fille (sept ans, peut-être) y pose le pied, l’Adrienne fait sa Madame et lui dit:

– Attention les fleurs!
Avec apparemment juste ce qu’il faut de sévérité pour être promptement obéie.

– Tu ne les trouves pas belles? lui demande l’Adrienne en souriant.

Oh si! ils les trouvent bien belles, la petite sœur et le grand frère (8 ou 9 ans? pas dix, en tout cas), qui se met à expliquer qu’à la maison ils ont des roses merveilleuses, avec du rouge, du jaune et même du noir alors l’Adrienne se montre admirative pour ces fleurs incroyablement drapeau belge.

– Et elles sentent bon aussi? demande-t-elle.

Oui, bien sûr qu’elles sentent bon aussi.

Alors l’Adrienne, tant qu’à faire sa Madame, y va à fond avec la question à zéro franc:

– Vous êtes contents de retourner bientôt à l’école?

Oh oui! fait la petite sœur.
Moi pas tellement, dit le gamin.

Alors il explique qu’il s’appelle El A***i et que dès qu’il y a une bagarre à la récré, c’est son nom qu’on crie, même s’il est tranquillement à discuter avec deux ou trois gars « de sa famille ».

– Ah ça c’est embêtant, fait l’Adrienne, je comprends… ce n’est pas chouette.

Puis il explique qu’il traîne cette réputation de son école précédente, d’où il a été renvoyé.

– Mais là, demande l’Adrienne, tu as envie de t’en défaire? Tu veux que ça cesse? Tu n’as pas un prof à qui tu peux en parler?

Si, bien sûr, mais c’est peine perdue, il l’a déjà essayé.

– En septembre tu changes de classe, tu auras un nouveau prof, tu devrais lui dire tout de suite tes bonnes intentions, ça ferait un effet très positif, crois-moi!

Bref, quand ils se sont quittés l’Adrienne avait le cœur pris et regrettait de ne pas avoir demandé nom complet, adresse de l’école et tout le toutim, qu’elle se mêle un peu de cette affaire 😉

devoir de Lakevio du Goût_46.jpg
et premier devoir de Lakevio organisé par Monsieur Le Goût (merci!)

Il a allumé une cigarette parce qu’il commençait à s’énerver à force de lui dire et redire sa façon de voir, tandis qu’elle restait aussi impassible et froide que la pierre sur laquelle ils étaient assis.

Pourquoi, nom de nom, ne réagissait-elle pas?
Comment savoir s’il l’avait convaincue?
Si elle comprenait et acceptait ses arguments?

On aurait dit qu’elle avait même cessé de respirer.

– Je comprends, finit-elle par dire, que tu ne veux pas et ne voudras jamais d’enfant.

Ce n’est qu’alors, en se penchant pour écraser sa cigarette sur le sol, qu’il aperçut la robe rose de la petite fille dans l’embrasure de la porte.

Depuis quand était-elle là?
Qu’avait-elle entendu et compris de leur conversation?