Z comme zandbak

DSCI6293

– Je retourne à mon bac à sable (1), dit l’Adrienne en quittant une maison amie, un vendredi soir.

Ça fait bien rigoler tout le monde, même l’Adrienne, que peut-on faire d’autre.

Du sable, il y en a partout, surtout entre les doigts de pieds.

Il ne manque que la mer…

(1) « Ik keer terug naar mijn zandbak », voilà ce qu’elle a dit, d’où le titre du billet 🙂

 

 

Publicités

J comme je (dé)bloque

367b5-2586804506

Comme le petit Prince sur la planète, il faut faire régulièrement la toilette de son blog. Chez WordPress, ça s’appelle les « commentaires indésirables ».

Alors parfois, comme le petit Prince devant la naissance d’une nouvelle brindille, on ne sait pas encore si ce sera une rose ou un baobab.  

« My family members every time say that I am killing my time here at net, but I know I am getting experience daily by reading such nice content. »

Bloquer ou débloquer?

Il me semble que sous ce parfum de rose se cache un baobab 🙂

F comme Figaro, Figarette

Je vous ai déjà parlé quelques fois du vieux monsieur à longue barbe grise, qui est mon premier sourire du matin, ma première et dernière causette du jour.

Celui qui me tient au courant de la météo, de son état de santé, des bruits qui courent sur les travaux présents et à venir 🙂 

Je sais désormais qu’il a un Figaro dans sa vie, lui aussi, une Figarette qui vient le coiffer à domicile.

– Vous ne remarquez rien? me dit-il un matin d’avril.

Me voilà bien embêtée pour deviner.

Heureusement, l’explication suit: sa coiffeuse est venue lui couper les cheveux.

– Je lui interdis chaque fois de toucher à la barbe, dit-il. Et bien, elle me la coupe quand même!

DSCI6153 (2)

Le vieux monsieur toujours rieur, même à barbe raccourcie, posant devant son jardinet juste avant la dévastation. Il avait de magnifiques rosiers d’un rouge sombre et velouté, des crocus, des tulipes et une profusion de campanules et de muscaris.

 

Les 7 plaies d’Egypte

DSCI6245

Quand l’ami est venu aider à déplanter les hortensias, il l’a fait en homme pressé, mais qu’importe, s’est dit l’Adrienne, qu’il y ait peu de racines, c’est du solide ces plantes-là, elles reprendront.

Elles ont repris, en effet, sauf une. Qu’importe, s’est dit l’Adrienne, je mettrai autre chose à cet endroit, ou je ferai une bouture, l’an prochain.

Puis une longue période de sécheresse s’est installée, l’Adrienne trimbalait des seaux, donnait de l’eau, mais ça ne semblait jamais suffire. Qu’importe, s’est-elle redit, c’est du solide ces plantes-là, elles reprendront.

Quand les travaux sont arrivés à hauteur des hortensias, l’Adrienne y a vu fleurir des câbles et des sacs de matériaux divers. Les hommes passaient entre les arbustes, alors qu’il n’y a vraiment pas la place. Chaque jour, de précieux bourgeons étaient à terre, des branches étaient cassées. L’Adrienne a failli en pleurer.

DSCI6246

Un mois plus tard, on en est toujours au même point, tranchée ouverte, grands tas de sable, matériel divers… et sécheresse.

L’Adrienne essaie de rester sereine et se répète quotidiennement qu’il y a des choses plus graves.

20 miracles de la nature (13)

DSCI6171.JPG

Prenez une orchidée de n’importe quelle couleur reçue en cadeau

Posez-la sur le bord de la fenêtre. 

Donnez-lui trois gouttes d’eau chaque dimanche. Sauf si vous l’oubliez ou si vous êtes partie en week-end, auquel cas ce sera le lundi ou le mardi. 

Ne la rempotez jamais. Vous avez acheté tout ce qu’il faut pour le faire mais voilà, les racines ont poussé tout autour du cache-pot et s’y sont si bien collées… 

Et vous verrez le miracle s’accomplir, année après année. 

Sans que vous y soyez pour rien du tout! 

DSCI6172.JPG

photos du 11 avril 2018

 

P comme promenade

DSCI6166.JPG

On va se promener ? disait-il chaque fois qu’il voulait se reposer la tête après avoir passé la journée dans son épicerie. Il posait le crayon qu’il gardait derrière l’oreille et je le suivais avec empressement.

On va allonger le pas, disait-il en voyant le soleil disparaître derrière les fines ramifications du saule pleureur au coin de la rue.

Car il y avait toujours une danse nuptiale à admirer, le vol d’un xylocope chargé de pollen ou une de ces nombreuses aides de la police scientifique, les mouches nécrophages.

Beaucoup d’enfants se montrent réfractaires à la promenade, ne voient pas de sens à une marche dans la nature mais avec lui chaque fleur sauvage recevait son nom et sa fonction dans le grand tout que forme l’univers.

Un riche savoir qui ne peut me consoler de sa perte et qui me fait passer pour une prétentieuse chaque fois que je nomme une plante par son nom latin. 

***

écrit pour 13 à la douzaine avec les mots imposés suivants: 

1 crayon 2 police 3 allonger 4 xylocope 5 prétentieuse 6 épicerie 7 danse
8 empressement 9 ramification 10 réfractaire 11 tête 12 consoler
et le treizième pour le thème : promener 

DSCI6168.JPG

photos prises le 8 avril, prunellier en début de floraison et paysage avec promesses de mûres 🙂

M comme muscaris

DSCI6150

On nous l’annonçait depuis si longtemps, depuis des années, qu’on avait fini par ne plus y penser. Et puis un jeudi matin à sept heures, en moins de temps qu’il ne faut pour prendre l’appareil photo et monter à l’étage, le jardinet est démantibulé, les lauriers cerises sortis de terre – avec les racines! – comme une vulgaire herbe folle, le dernier hortensia jeté dans une benne où se trouvent déjà des houx, des cyprès, un lilas… 

Et on comprend. On comprend à notre minuscule petite échelle ce que doivent ressentir des gens dont la maison est démolie par un tank, dont l’orangeraie ou l’oliveraie est saccagée et anéantie. 

DSCI6151

Voisine Casque d’Or est sur le pas de sa porte, tenant entre ses mains un petit pot de plastique dans lequel flageole un muscari. 

– Si vous voulez, dit l’Adrienne, je vous les déplante et les replante dans votre jardin, derrière. 

– Oh ce n’est pas la peine, prenez-les pour vous! vous pouvez tous les avoir! 

– Non, non, attendez-moi cinq minutes que je me change, je vous les replante! 

Le temps de monter mettre un autre pantalon que ce beige clair pas du tout apte au jardinage, il s’est passé ceci: 

DSCI6158

Vous les voyez, les muscaris de la voisine? C’est précisément sur eux que le type de la grue a déposé tout le béton des clôtures. Ça ne lui a pas pris cinq minutes. 

L’Adrienne et sa voisine Casque d’Or sont restées là, hébétées, comme s’il y avait eu un cataclysme.