K comme krapoverie

Il me vient une idée!

– Monsieur l’ogre, pourriez-vous vous occuper de la maison des voisins? Merci.

Et c’est ainsi que la musique s’est arrêtée 🙂

***

écrit pour la consigne de Joe Krapov – mille fois merci – qui demandait d’utiliser deux des formules suivantes et une illustration au choix:

– Pour ne pas perdre le Nord
– Moi je t’offrirai la Belgique
Il me vient une idée
– C’est ici qu’on cherche fortune
– Un amour de Mouloudji
– Meilleurs vœux
– Rêver
– Bercer
– Le marché de Cherbourg
La musique s’est arrêtée

O comme odeur

Photo de Alex Azabache sur Pexels.com

– Eh bien? Qu’est-ce que vous faites? lance Cindy, tout étonnée de voir Mme de B*** assise à table en train de griffonner, au lieu de l’attendre dans son fauteuil comme d’habitude.

– Vous le voyez bien, ma petite Cindy: j’écris!
– C’est vos cartes de vœux, peut-être? Moi y a longtemps que j’en écris plus!

Cindy jette ses affaires au portemanteau et booiinng le casque de moto sur le petit meuble de l’entrée.

Inutile de s’énerver, pense Mme de B***, elle ne changera jamais.

Elle en est encore à se demander si elle va lui répondre qu’elle écrit une nouvelle pour un concours organisé par son magazine quand elle se rend compte que Cindy ne l’écoute déjà plus.

– Faudra que je retourne chez le docteur. Pour mon poignet. Je vais lui dire de me mettre en congé. Comme ça je serai à la maison pour Matteo. Rapport à ses examens de décembre…
– Ah oui, je vois.
– Bon, je vous laisse à vos écritures, je me mets au travail, plus vite ce sera fait, plus vite je peux rentrer!

« La marquise de B*** a trente ans, le teint frais, le nez court, les yeux noirs ; elle préfère l’été à l’automne et les remords aux regrets » relit-elle, dans le but de reprendre le fil de son écriture. Mais c’est compter sans l’ouragan qui sévit dans sa cuisine.

Pauvre Matteo, se dit Mme de B***, il serait bien plus tranquille pour préparer ses examens si sa mère allait au travail…

Son but est d’écrire une sorte de « folle journée de Mme de B***« , avec des quiproquos amoureux, des portes qui claquent, une petite touche de Mozart et de Beaumarchais, mais transposé sur une île grecque.

Oui, pourquoi une île grecque? la voilà qui hésite.
Elle n’a jamais mis les pieds en Grèce.

Peut-on parler d’un pays dont on ne connaît même pas l’odeur? Est-ce que la plage y sent plutôt la mer ou les pins? ou l’huile à bronzer?

– Ben quoi, vous êtes où, là? fait Cindy, campée devant elle, les poings sur les hanches. ça fait bien trois fois que je vous parle et que vous répondez même pas!
– Oh! pardon, ma petite Cindy. Je crois que j’étais en Grèce, sourit Mme de B***
– En Grèce? qu’est-ce qu’y mangent, là-bas? J’ai justement pas d’inspiration pour ce soir.
– De la moussaka? propose Mme de B***. De la feta? Des feuilles de vigne?
– Beurk non, je vais plutôt faire des frites, tout le monde aime ça!

La voilà, mon île grecque ! se dit Mme de B*** en refermant son cahier.

***

Merci à Joe Krapov pour sa consigne « Petit éloge des vacances » où on a puisé les éléments suivants:

La folle journée de Mme de B*** La marquise de B*** a trente ans, le teint frais, le nez court, les yeux noirs ; elle préfère l’été à l’automne et les remords aux regrets. La voilà, mon île grecque !

Et merci à l’atelier en questions pour sa 30e question: « Pouvez-vous me décrire plus précisément cette odeur?« 

K comme Kerst

108ème Devoir de Lakevio du Goût

Devoir de Lakevio du Goût_108.jpg

Forte récompense à qui retrouvera l’enfant de sexe masculin né dans une étable de Bethléem à l’époque du recensement. Adresser tout renseignement à Hérode.gmail.com

Saison d’ouverture de la chasse le 15 septembre: cet abri ne sera pas disponible pour les parturientes entre le 15 septembre et le 31 mars. Merci de votre compréhension!

Avis aux non-fumeurs: le briquet ou les allumettes sont indispensables pour allumer correctement l’encens. Veuillez respecter les précautions d’usage et lire attentivement la notice.

Si vous lisez cette affiche, c’est qu’il est déjà trop tard: le père putatif, la mère vierge et l’enfant nouveau-né sont partis pour le soleil d’Égypte. Ils ne reviendront qu’à la mort d’Hérode prévue en l’an 4 avant Jésus-Christ.

Prière de ne pas déranger l’âne et le bœuf ni de leur jeter des cacahuètes.

Attention danger : chute de poussières d’étoile. Informer immédiatement la NASA si vous en êtes témoin.

Zone exclusivement réservée aux bergers entre le 25 décembre et le 6 janvier, date à laquelle elle est réservée au passage des mages.

Le propriétaire de l’étable est prié de la laisser en l’état afin qu’on puisse en faire un écomusée et lieu de pèlerinage pour les siècles des siècles. Amen.

Les parents de la petite Marie ont la profonde joie de vous annoncer le mariage de leur fille avec Joseph de la tribu de Juda. Étant donné les mesures sanitaires, la cérémonie a eu lieu dans la plus stricte intimité.

Appel aux bonnes volontés: recherchons d’urgence peintres, sculpteurs et musiciens pour immortaliser la scène.
Écrivains s’abstenir.

***

merci à Monsieur le Goût pour son devoir n°108

Cette porte de grange ou d’étable, va savoir, me rappelle quelque chose ces temps-ci. Je profite après le début de l’Avent avant Noël, pour vous suggérer de fait un sujet en complément des fêtes. Elle m’inspire évidemment une histoire. Plus exactement un dévoiement.
Mais à vous ? Vous lira-t-on lundi ?

Et merci à Joe Krapov pour cette consigne:

Rédigez un avis à afficher dans la rue, dans une bibliothèque, aux toilettes, au travail, dans un cimetière, dans une forêt, dans un bureau de vote, etc.
Quelques embrayeurs :
Forte récompense à qui…
Saison d’ouverture de…
Avis aux non-fumeurs
Si vous lisez cette affiche, c’est qu’il est déjà trop tard…
Prière de ne pas déranger les…
Attention danger : chute de…
Zone exclusivement réservée aux…
Le propriétaire de la…
Les parents de la petite…
Appel aux bonne volontés…

Premier de classe

– Quoi c’était un canular, peut-être, quand tu disais qu’on irait à Vladivostok avec le Transsibérien, tous les deux ? Ou tu te débines ?

Mais non, mais non ! C’est tout à fait sérieux ! La preuve : j’apprends le russe ! Oui, carrément !

Il montra un petit livre à la couverture rouge :

– Tu vois ? Je ne suis qu’à la lettre C, cabaret, cache-nez, cachot, cadavre

– C’est une blague ? A quoi ça va nous servir, des mots pareils ?

– Je les apprends, c’est tout ! Ça n’existe pas, des mots inutiles ! Moi ce que je veux, c’est être capable d’avoir des vraies conversations avec les gens qu’on rencontrera en route, que ce soit un lecteur des Frères Karamazov ou un caporal qui rentre à la caserne.

– Pfff… ce que je vois surtout, c’est que tu veux encore une fois être le premier de la classe ! Tu sais ce que j’en pense, c’est une vraie calamité d’être comme ça ! Moi quand je voyage, il me suffit de savoir commander una cerveza quand je suis en Espagne ou une vodka quand je serai en Russie. Point barre !

***

merci à Joe Krapov pour ses consignes sur un thème russe:

Karamazov – Kalachnikov – Anna Karénine – calamité – cabaret – cabriolet – cache-cache – cache-nez – cachot – cadavre – cafardeux – vodka – caftan – calèche – calfeutrer – califourchon – camarade – canaille – canasson – canon – capitaine – canular – capharnaüm – caporal – capote – carabine – caravane – caricature – carnaval – carrément – casaque – caserne – casse-cou – casse-croûte – casse-noisette – cataplasme – catéchisme – cavalerie – caverne – caviar

Après il fallait remplacer tous les ca/ka par kalinka – vous pourrez en compter douze – mais je préfère la première version 😉

***

Quoi c’était un kalinkanular, peut-être, quand tu disais qu’on irait à Vladivostok avec le Transsibérien, tous les deux ? Ou tu te débines ?

Mais non, mais non ! C’est tout à fait sérieux ! La preuve : j’apprends le russe ! Oui, kalinkarrément !

Il montra un petit livre à la couverture rouge :

– Tu vois ? Je ne suis qu’à la lettre C, kalinkabaret, kalinkache-nez, kalinkachot, kalinkadavre

– C’est une blague ? A quoi ça va nous servir, des mots pareils ?

– Je les apprends, c’est tout ! Ça n’existe pas, des mots inutiles ! Moi ce que je veux, c’est être kalinkapable d’avoir des vraies conversations avec les gens qu’on rencontrera en route, que ce soit un lecteur des Frères Kalinkaramazov ou un kalinkaporal qui rentre à la kalinkaserne.

– Pfff… ce que je vois surtout, c’est que tu veux encore une fois être le premier de la classe ! Tu sais ce que j’en pense, c’est une vraie kalinkalamité d’être comme ça ! Moi quand je voyage, il me suffit de savoir commander una cerveza quand je suis en Espagne ou une vodkalinka quand je serai en Russie. Point barre !

R comme récit modianesque

canal Bruges-Damme – source ici

Bosmans s’était souvenu qu’un mot, Rodenbach, revenait dans la conversation. 

Rodenbach. Ce nom attirerait peut-être à lui d’autres noms, comme un aimant. Des images, aussi. Même s’il n’avait qu’une seule photo de cette époque, un cliché fort abîmé, en noir et blanc, aux bords dentelés. Il datait de juste après la guerre, au dos quelqu’un avait inscrit au crayon ‘1947’.

À la sortie de Rodenbach, un tournant, puis une route étroite, bordée d’arbres. Ils devaient avoir bien grandi, depuis tout ce temps. Ou peut-être avaient-ils été abattus. Pour élargir la route. C’était probable.

Un début d’après-midi, Bosmans décida de sonner à la porte de l’appartement de Camille. Il voulait lui demander si elle avait gardé quelque chose de cette époque. Un quelconque document, qui lui permettrait d’avancer dans ses recherches.

Dans la rue, il déplia le papier qu’elle lui avait tendu. Il y était écrit : Kim 288.15.28. Qu’est-ce qui lui avait pris de téléphoner à cette gamine qui n’avait jamais entendu parler de lui !

Il accompagna encore deux ou trois fois Camille à ses rendez-vous de Saint-Lazare avec Michel de Gama. Ce type lui semblait de plus en plus louche, sans qu’il fût capable d’expliquer clairement pourquoi.

Il était impossible à Bosmans, après plus de cinquante ans, d’établir la chronologie précise de ces deux événements du passé : comment était-il arrivé à Rodenbach ? Avec qui, puisqu’il n’était qu’un enfant? Et comment s’était faite la rencontre avec la mère de Camille ? Était-ce une amie de sa propre mère ? Camille ne le savait pas non plus et s’en moquait totalement.

Michel de Gama, était-ce le même homme que ce Guy Vincent qui lui avait offert un verre au bar de l’hôtel Chatham ? Qui lui avait fait rencontrer Martine Hayward à l’Auberge du Moulin-de-Vert-Cœur, près de Chevreuse ? Était-ce sa tante qui habitait la maison de la rue du Docteur-Kurzenne ? Celle qui avait vécu un temps avec René-Marco Heriford dans un appartement à Auteuil ? AUTEUIL 15.28, il se souvenait bêtement de ce numéro sans pouvoir vérifier s’il était correct. Sans qu’il fût utile à son enquête. Et qui était Rose-Marie Krawell ? Quel rôle avait-elle joué là-dedans ?

À certains moments de la journée, il en riait lui-même, de passer tout son temps à un tel imbroglio, et dressait une liste de titres de romans qui traduisaient son état d’esprit :
 – Le Retour des fantômes
– Les Mystères de l’hôtel Chatham
– La Maison hantée de la rue du Docteur-Kurzenne
– Auteuil 15.28
– Les Rendez-vous de Saint-Lazare
– Le Bureau de Guy Vincent
– La Vie secrète de René-Marco Heriford

Dans l’agenda à la couverture de cuir vert que Camille lui avait remis, cet agenda dont on ne pouvait pas savoir l’année, la plupart des pages étaient blanches.
Encore une piste qui tournait court, il allait devoir s’en faire une raison.

Il s’en retourna lentement chez lui en passant à pied sous le périphérique.
Un avion glissait en silence dans le bleu du ciel et laissait derrière lui une traînée blanche, mais on ne savait pas s’il s’était perdu, s’il venait du passé ou bien s’il y retournait.

***

Merci à Joe Krapov pour ses consignes de Récit modianesque

K comme kiosque

Il existe quelques cartes postales un peu déteintes et floues, sur lesquelles on peut voir l’ancien kiosque à musique, avec ses ferronneries tarabiscotées qui sentaient bon l’an dix-neuf cents.

Où bourgeois et ouvriers emmenaient leur famille le dimanche, après la messe, l’estaminet et le rôti, pour écouter une des fanfares locales ou l’harmonie des pompiers. On y entendait flonflons ou conversations et les unes ne nuisaient pas aux autres.

Puis sont venues les années soixante, celles qui détiennent le record du maniement de la bétonneuse: les édiles estimaient le vieux kiosque trop fragile et l’ont instamment remplacé par du « neuf » et du « solide ».

Seulement voilà, depuis qu’il est en briques et béton, on n’y joue plus de musique. Cet espace rond, surélevé, chapeauté, est devenu le lieu d’amusement de la jeunesse qui s’y adonne – sainement et intensément – au panna, street free style ou street soccer.

***

Merci à Joe Krapov pour cette krapoverie plus folle encore que d’habitude 🙂

2021-10-23 - Nikon 65

Cette photo représente la façade du cinéma « Ciné Manivel » à Redon (Ille-et-Vilaine).

L’animateur ignore quel sens ont ces lettres colorées. Pour chercher à le comprendre il a soumis ce groupe MUEITDASMNEENTIN à un générateur d’anagrammes.

Moyennnant quoi il vous demande d’écrire  un texte qui parle

– soit de cinéma
– soit de bateaux dans un port
– soit d’une usine désaffectée
– soit de la ville de votre enfance

en y insérant au moins dix mots de cette liste :

amendement – amenuisée – amenuisent – amnistiée – amusement – antenniste – antiémeute – antiennes – antimites – antisémite – asinienne – attendîmes – attendues – atténuées – attiédies – démenaient – démenâmes – démenâtes – démentaient – démentais – démentait – démentant – démentent – démenties – démentîmes – démentîtes – démettais – demi-teinte – demi-teintes – déminaient – déminâmes – déminâtes – démunîmes – démunîtes – dénattées – déniaient – déniaisée – déniaisement – déniaisent – densément – dénuement – destinaient – destinait – destinant – destinent – destituai – destituée – déteintes – détenaient – détenante – détenantes – détenants – détiennent – détiennes – diminuâmes – diminuant – diminuâtes – diminuées – diminuent – édentaient – édentâmes – édentâtes – éditaient – émiettais – émiettâmes – éminentes – emmenaient – emmenâtes – endémisme – endettais – endettâmes – enduisaient – enduisait – enduisant – enduisent – entendaient – entendais – entendait – entendant – entendante – entendent – entendîmes – entendîtes – entendues – entêtâmes – estaminetestimaient – estudiantin – estudiantine – étasunien – étasunienne – étendaient – étendîmes – étendîtes – étudiaient – étudiâmes – étudiante – étudiantes – étudiants – étudiâtes – identités – immanente – immanentes – immanents – immédiate – immédiates – immédiateté – immédiatetés – immédiats – immensité – imminente – imminentes – imminents – immunisant – immunisante – immunisât – immunisée – immunisent – immunités – inanimées – inattendu – inattendue – inattendues – inattendus – indemnisa – indemnisant – indemnisât – indemnise – indemnisé – indemnisée – indemnisent – indemnité – indemnités – indiennes – induisant – induisent – inséminant – inséminât – inséminée – inséminent – insinuant – insinuante – insinuent – instamment – instituée – intendant – intendante – intendantes – intendants – intensément – intensité – intentais – intentâmes – intentées – intestine – intimâmes – intimâtes – intimement – maintenue – maintenues – maintenus – maintienne – maintiennes – maintiens – maintient – maintînmes – maintîntes – mandement – mandements – maniement – maniements – médiatise – médiatisé – médiatisée – médiatisent – médisaient – médisante – méditaient – méditâmes – méditante – méditantes – méditants – méditâtes – médiumnité – médiumnités – médusaient – médusante – mendiaient – mendiâmes – mendiante – mendiantes – mendiants – mendiâtes – mentaient – midinette – midinettes – minaudent – minutaient – minutâmes – minutâtes – mutinaient – mutinâmes – mutinâtes – néantisée – niaisement – nuisaient – nuitamment – numismate – sainement – saintement – sédimenta – sédimentai – sédimentait – sédimentant – sédimentât – sédimente – sédimenté – sédimentent – sentaient – sentiment – situaient – suintaient – suintante – suintement – teintâmes – tendaient – tendineuse – tendinite – tendinites – tennisman – tennismen – tétanisée – tièdement – timidement – tunisienne – unanimement – unanimisme – unanimiste – unanimité – usinaient

X c’est l’inconnu

2122-07 Consigne - Carte topo

– Au pays où j’aimerais vivre, soupire Cuyéou de Sanchou Magrou, on parlerait la même langue que moi et je ne serais pas toujours obligé d’épeler mon nom.

– Au pays de ma naissance, répond Coume de Pène Courbe, on parle ma langue mais ce n’est guère mieux: mon nom y était constamment sujet à quolibets!

– A qui le dis-tu! s’exclame Pé d’Era Linde en levant son verre.
Buvons au pays de l’insouciance, de l’amour, des sages et des fous!

***

merci à Joe Krapov pour l’image et les consignes!

L’animateur vous distribue une carte d’état major au 1/25000e. En vous servant des noms de lieux et de la géographie des paysages que vous y trouverez, décrivez un ou plusieurs des pays imaginaires suivants et dites ce qu’on peut y découvrir, comment on y vit, ce qui s’y passe, etc.

Pays de mon cœur – de mes souvenirs – de mes parents – de ma naissanceoù j’aimerais vivre – que j’habite – où je vis dans l’imaginaire – de l’amour – de la colère – de la haine – des nuages – du brouillard – des fleurs – des questions – du sucre et des bonbons – du sel – des cadeaux – des gâteaux – des poissons – des oiseaux – des papillons – de la poussière – des contes – de la poésie – des vieux – des enfants – des livres – des farfelus – des illuminés – des sagesdes fous – des chats – des trésors – des idées – des pierres – des rêves – de l’inconscient – de l’immobilité – des matins qui se lèvent à l’envers – des idées noires et des idées roses – des fantômes rouges aux yeux bleus – des trésors de l’esprit – du savoir – des chairs à vif et des idées phosphorescentes – du mensonge – de l’insouciance – des parenthèses et des virgules.

O comme ogre

Photo de suntorn somtong sur Pexels.com

– Tu me racontes une histoire? fit la petite.

Avec ses boucles blondes éparses sur l’oreiller et son nounours contre sa joue, il la trouva une fois de plus terriblement attendrissante.

Il ne cessait de s’étonner comment lui, un grand échalas tout pâle, tout maigre, avait réussi ce prodige: de bonnes joues roses, des petits bras dodus, tout ce petit corps adorablement potelé.
Une merveille, oui.

– Mais pas une histoire de cave, précisa-t-elle. ça me fait trop peur, la cave.
– D’accord, d’accord, fit-il, je chercherai autre chose pour ce soir.

Il prit le livre magique, celui qui répond quand on lui parle et auquel il manque toujours la fin des histoires. Comme tous les soirs, il se prit la tête dans la montgolfière qui servait de mobile au-dessus du lit de l’enfant.

Elle rit:
– Tu oublies toujours comme tu es grand.
– Une histoire avec une grenouille, ça te va? demanda-t-il.
– Il y a un ogre dans cette histoire?
– Je ne crois pas…
– La maîtresse a dit que ça n’existe pas les ogres.
– Ah! ben… si la maîtresse le dit!

La petite endormie et le livre refermé, il se rendit à la cave, ouvrit le congélateur et en sortit la blondinette précédente pour son repas du lendemain.

***

Merci à Joe Krapov pour ses consignes – le jet des dés a donné le 10 (échalas), le 8 (cave), le 7 (livre), le 5 (montgolfière) et le 4 (grenouille)

B comme brol

Des tee-shirts qui, à la base, servent à essuyer ses couteaux, deviennent des objets d’art grâce au talent de Gilbert Jullien.

– Je ne suis pas née chez les zoulous, quand même! fait Cindy en hachant le céleri.

Et comme toujours, sa célérité est en rapport avec son degré d’énervement.

– Franchement? il est alcoolo, ce type? Ou alors complètement fêlé?

Mme de B*** est heureuse que Cindy soit rentrée de ses vacances au camping en Bretagne et s’est assise dans la cuisine pour ne rien rater de sa conversation: un solo de Cindy, c’est bien plus rigolo que n’importe quelle émission à la télé.

– Faut dire aussi que ma copine Hélène – vous savez, celle que j’appelle toujours Label Hélène parce qu’elle se coiffe comme Marilyn et qu’elle s’appelle Lebeau?
– Je vois très bien, fait Mme de B***, qui sourit maintenant tout à fait devant tant de logique.
– Et bien, je lui ai dit, à Hélène, c’est pas parce que les boissons et les petits fours sont gratuits qu’on m’y reverra, à un vernissage! « Merveilleux talent de coloriste » qu’ils disaient sur la brochure! Faut oser le dire, hein! Mon Matteo, à cinq ans, il faisait mieux!
– Faut l’envoyer à l’académie, cet enfant, fit Mme de B***

***

sur la photo ci-dessus, « Des tee-shirts qui, à la base, servent à essuyer ses couteaux, deviennent des objets d’art grâce au talent de Gilbert Jullien« , source ici.

Gilbert Jullien – Coquelicots (1990)

Merci à Joe Krapov pour ses tableaux et consignes qui ont permis d’ajouter un épisode au feuilleton de Mme de B*** – réponse à la question 23, Avez-vous passé de bonnes vacances? – et de réutiliser le mot brol, qu’on affectionne particulièrement:

Les tableaux ci-dessus figurent sur des invitations à des vernissages d’exposition. Choisissez-en un. Racontez ce qui se passe à cette soirée à laquelle vous assistez ou partez-parlez du tableau que vous avez sous les yeux pour divaguer à votre façon.

Vous avez obligation de placer le mot « zoulou » dans votre texte et d’insérer au moins six mots de la liste ci-dessous :

à la queue-leu-leu – à vau l’eau – alcoolo – Apollo – avili – awélé – balafon – balafré – balatum – Belle Hélène – Billy the Kid – branlant – calamar – calame – calamité – célericélérité – cilice – colloque – colonie – colophane – coloquinte – coloriste – diligence – diligent – diligenter – Dolomites – Dolorès – échalas – élément – Éléonore – Éléphant – falafel – fêlé – filiforme – folle eau – gala – Galatée – galaxie – guili-guili – héler – hologramme – holorime – Honolulu – hululer – illico – Impala – Killy – koala – Kuala-Lumpur – l’as-tu lu – Lili – Lilliputien – lolo – loulou – Lulu – malabar – maladie – Marilyn – Mêlé – Mêlé-cass’ – mélèze – milicien – militaire – militant – mollo – Mouloudji – On nous loue – Pelléas et Mélisande – Philippines – pili-pili – Polo – polochon – pulluler – rigolo – Scala de Milan – scélérat – scolopendre – Sélénite – silicium – silicone – solotélé – Télémaque – Télérama – télescope – téléski – Thalassa – thalasso – Toulouse – ukulélé – vêler – vilipender – violoniste – zélé – zoulou

T comme Thomas de la Fuente

Quand Thomas de la Fuente a écrit Les Amusements de Muley Bugentuf, roi du Maroc, il avait déjà publié, dans un tout autre genre, Mes dix-huit métempsycoses, histoire de mes existences depuis l’an 184.

Dans un style déjanté, il s’y moquait des gens qui croient tout savoir sur tous les sujets, que ce soit un chanteur yéyé des années soixante, un Chinois à pousse-pousse de l’entre-deux-guerres ou de ce que peut ressentir le bébé au moment de sa naissance.

Dans Les Amusements, on retrouve cette même imagination à gogo, bien que ce soit dans un contexte fort différent.

Nous sommes à la cour de Muley (ou Moulaÿ) Bugentuf, roi du Maroc allergique au couscous, un problème qui, comme vous le verrez, aura ses conséquences sur l’Histoire (celle avec un grand H)

Toute l’info ici et .