I comme intempéries

Comment s’étaient-ils rencontrés alors qu’ils vivent selon des calendriers si différents?
Par hasard, comme tout le monde.
Une nuit d’averses en rafales et de ruisseaux le long des rues.

Comment s’appelaient-ils ?
Que vous importe ?
L’essentiel n’est-il pas qu’en s’apercevant ils n’ont pas hésité ?
Qu’ils n’ont pas passé leur chemin sous prétexte de pluie ?

D’où venaient-ils ?
Du lieu le plus prochain, de ces maisons sombres aux fenêtre à peine éclairées et aux toits pentus sous le ciel bas. De ces maisons aux greniers emplis de malles, de petits et de grands cartons que personne n’ouvre jamais.

Où allaient-ils ?
Est-ce qu’on sait où l’on va ?
Ne s’interroge-t-on pas sans cesse, où, quand, comment, pourquoi ?
Ne devrait-on pas plutôt craindre d’oublier de rêver ?
D’oublier de cueillir l’instant présent ?

Et après ? vous demandez-vous, parce que vous attendez une histoire.
Sont-ils allés boire quelque chose de chaud ?
A-t-elle sorti un crayon de son sac pour noter les adresses, les numéros de téléphone ?
Se sont-ils empli les yeux de la vue l’un de l’autre au point d’oublier que les heures sonnent au clocher ?
Ou le ciel s’est-il éclairci et une promenade dans le parc leur a-t-elle semblé préférable, avec son odeur de terre humide et de feuilles ?

Après ?

Après, rien.
Elle est rentrée dans son couvent.

***

Merci à Joe Krapov pour sa consigne: Trente et un mots et quatre incipits

Avec les mots suivants : averse – boire – calendrier – cesser – ciel bas – couvent – craindre – crayon – cueillir – emplir – fenêtre – hésiter – interroger – maisons – malles – nuit – oublier – passer – petit carton – pluie – rafales – rêver – rues – ruisseaux – s’apercevoir – s’éclaircir – sac – sembler – sonner – terre – toits composez le début d’un récit et poursuivez-le.

Vous pouvez également utiliser l’un des quatre incipits ci-dessous puis insérer des mots de la liste  dans votre texte – j’ai utilisé le premier, qui est l’incipit de Jacques le Fataliste et son maître:

Comment s’étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s’appelaient-ils ? Que vous importe ? D’où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce qu’on sait où l’on va ?

D comme Dames

– On fait une partie de dames? demande Philippe du haut de ses neuf ans.

Mini-Adrienne ne connaît pas ce jeu – elle a deux ans de moins – mais pas grave, il va lui expliquer les règles et elle comprendra en jouant.

Sur les cases colorées il étale les pions, montre qu’on les déplace en diagonale et que le but du jeu est d’arriver à la dernière ligne d’en face pour obtenir une dame et rafler tous les pions de l’adversaire.

– Tu peux commencer, offre-t-il d’un geste cavalier.

Alors mini-Adrienne pousse un premier pion vers le centre du damier.
C’est l’engrenage fatal: il attaque, contre-attaque, la petite perd, évidemment, se sent un peu nulle mais veut bien une revanche.

Quand finalement la partie tourne à l’avantage de la petite, il utilise un nouveau coup: il avait omis de lui dire qu’on pouvait déplacer les pions dans les deux sens.
Ou qu’une fois le pion touché, si on le lâchait, ça équivalait à avoir joué.

Au moment où elle croit maîtriser toutes les règles, en voilà une autre:

– Quoi? on peut faire ça aussi?

Bien sûr qu’on peut, mais uniquement quand c’est lui qui joue, comme elle le constatera quand ce sera son tour.

Bref, la petite a fini par comprendre que jamais elle n’arriverait à égalité, que c’était temps perdu, et qu’il fallait vraiment être folle pour vouloir se mesurer à un garçon.

Il lui en est resté une profonde aversion pour tous les damiers et échiquiers du monde 🙂

***

Merci à Joe Krapov pour sa consigne: Jeu d’échecs

Piochez dans le vocabulaire ci-dessous ainsi que dans la revue Europe-échecs (ou dans les articles de son site web) pour :
– écrire un conte, un rêve ou une fiction à partir des pièces ou termes de ce jeu ;
– ou raconter votre rapport à cet univers (amour-haine-indifférence) ;
ou intégrer six de ces mots dans un texte qui ne parle pas du jeu d’échecs. (il y en a 16)

abandon – aile – aller à dame – attaquer – blitz – case – case de fuite – centre – chaîne de pions – clouage – contre-attaque – contrôler une case – coup – couvrir un échec – diagonale – échange – échec – échec à la découverte – échec perpétuel – échiquier – égalité – enfilade – fianchetto – finale – fourchette – gambit – adouber – ligne – mat – mat étouffé – milieu de partie – miniature – nulle – ouverture – partie à avantage – partie simultanée – pat – pendule – pion bloqué – pion doublé – pion isolé – pion passé – prise en passant – promotion – roque (petit et grand) – sacrifice – temps – tournoi – tours doublées – Roi – dametourfoucavalierpion

B comme bidouillons

Découvrez les coulisses de l’improvisation dit le journal La Croix et c’est exactement ce qu’ont fait Nadine et la mère de l’Adrienne.
Écoutez l’histoire et jugez-en vous-mêmes:

– Tu sais que je vais à la messe trois fois par semaine.
Le curé est un très vieil homme qui perd un peu la boule mais heureusement il connaît la messe par cœur et il la fait en vingt minutes exactement.

Donc mercredi dernier, le temps que je sorte avec mon caddie – oui normalement Marie-Paule me ramène en voiture mais là à cause du caddie plein, ça n’allait pas – donc j’étais encore sur le parvis quand Nadine est sortie de l‘église, tout en affaire :

– Le curé a oublié la clé dans la serrure du tabernacle ! qu’elle m’a dit.

Alors là, on ne savait pas quoi faire ! Si quelqu’un de mal intentionné allait la prendre ? Ou ouvrir le tabernacle ? Voler les hosties !

– Tu sais quoi, j’ai dit à Nadine, prends la clé et cache-la en-dessous de la nappe de l’autel.

Elle trouvait que c’était une bonne idée et on est reparties tranquilles.

A la messe suivante, Nadine n’était pas là parce qu’elle va aussi à une autre paroisse et comme personne ne réussissait à ouvrir le tabernacle, j’ai dit que la clé était sûrement sous la nappe.

Ils ont regardé mais ils ne l’ont pas trouvée.

– Bon et maintenant, qu’est-ce qu’on va faire ? a demandé Marie-Paule.

Elle avait dit au curé de consacrer quelques hosties de plus, parce qu’elle attendait du monde et comme il en restait tout de même pas mal à la fin de la messe et que personne ne réussissait à ouvrir le tabernacle, le curé a résolu le problème en les mangeant.

– En les mangeant ? demande l’Adrienne ahurie.

– Ben oui ! Les hosties qui restaient, ils les a toutes mangées ! Puisqu’on ne pouvait pas les mettre dans le tabernacle !

– Il a eu du mal, d’ailleurs, a-t-elle encore ajouté.

***

Merci à Joe Krapov pour sa consigne Les Conseils de « La Croix »  
En pages 6 et 7 de « La Croix magazine » se trouvent des petits articles, renvoyant à des sites web ou à des livres, dont le titre contient un verbe est à l’impératif.
1) Suivez-ces conseils, rassemblés ci-dessous et racontez-nous ce qui s’ensuit si vous les appliquez à la lettre (un par un ou plusieurs à la suite !)
2) ou développez, sous forme d’un article à votre sauce, ce dont il pourrait être question sous un des titres suivants :

Découvrez les coulisses de l’improvisation

X c’est l’inconnu

Il paraît que dans la Creuse, il n’y a rien à voir.

Ne tirez pas sur l’Adrienne, c’est un Français qui le lui a dit.
D’ailleurs ça a suffi pour lui donner envie d’aller vérifier à quoi pouvait ressembler Guéret (23), une préfecture qui compte moins de la moitié du nombre d’habitants de sa propre ville, que chacun ici s’accorde à considérer comme « petite ».
Très petite même.

Il faut dire que plus elle scrute cette carte, plus la conclusion s’impose: c’est vraiment le seul département par où elle ne soit jamais passée.

Elle a du mal à le croire elle-même, pourtant il faut se rendre à l’évidence: elle a eu dans sa vie deux encyclopédies vivantes des vins et vignobles de France, d’abord son père, puis son mari, qui l’ont emmenée dans tous les recoins de ce pays.

Donc que ce soit le but du voyage ou le chemin à suivre pour y arriver, elle a vraiment tout traversé au moins une ou deux fois.

Tout.

Sauf la Creuse.

***

Merci à Joe Krapov pour cette consigne:

Reprenons la carte distribuée et publiée ici la semaine dernière.

Cette fois-ci vous choisissez dix villes de départements différents dans lesquelles vous n’avez jamais mis les pieds et dans lesquelles vous iriez volontiers. Dites ce qui vous attire en elles ou ce que vous avez envie d’y faire.

T comme Tour de France

La liste des départements, en dernière page du guide rouge Michelin, était encore parfaitement alphabétique: le 59, c’était le Nord.

C’est le premier que mini-Adrienne ait su et il a été le déclencheur pour avoir envie de connaître tous les autres.

Le 59, dans les années septante :-), n’était pas une destination de vacances: des amis des grands-parents leur avaient vanté l’énoooorme grand magasin Auchan, son assortiment et ses prix imbattables.
Grand-père et grand-mère ont donc décidé d’y aller voir par eux-mêmes.
En effet, c’était grand, mini-Adrienne s’y est perdue encore plus facilement que sur la plage de Middelkerke.

En route pour le repas d’anniversaire du grand-père dans le sud du pays, on traversait Givet, 08, Ardennes.
Une incongruité dans le tracé de la frontière dont bien sûr les Français avaient profité pour y coller leur centrale nucléaire 😉

Pour les vacances, le père ne connaissait qu’un pays qui vaille: la France.
Ce qui fait que mini-Adrienne y a connu un tas de premières fois.

Première syncope vers quatre ans à Éguilles (13).
Oui, elle s’en souvient encore.

Premier bol de framboises à la crème, probablement la même année, à Artemare, dans l’Ain (01).
Inoubliable!

Première crème de marrons dans la Drôme (26) à Die.
Première et dernière fois, d’ailleurs 😉

Deux fois frôlé la noyade, la première fois à huit ans dans la baie du Mont-Saint-Michel (50) – la marée remonte au galop et la plage est immense – la deuxième fois quelques années plus tard, dans l’Atlantique (Landes, 40) – il y a de vicieux tourbillons en certains endroits et il ne faut jamais surestimer ses capacités de nageuse.

Première fois une escalade dans les Pyrénées, grâce à monsieur Ferranet, qui était basque (64).

Première fois du camping sous la tente, en Ardèche (07).

Et la première fois que mini-Adrienne a vu Paris – à condition de ne pas compter ce jour où dans le smog au-dessus de la ville, elle a aperçu au loin, depuis le périphérique, la pointe de la tour Eiffel – la première fois sur du pavé de Paris, c’était un retour de vacances où le père avait pris une mauvaise bifurcation et s’était retrouvé dans le centre (75).

Vous imaginez probablement l’ambiance qu’il y avait dans la voiture à ce moment-là 😉

***

Merci à Joe Krapov pour l’illustration et les consignes:

1)
Listez dix villes de France de dix départements différents, qui apparaissent ou non sur la carte ci-dessous, et dans lesquelles vous êtes déjà allé·e. Dites quand c’était, ce que vous y avez fait d’original ou racontez une courte anecdote, pas plus d’une phrase, à leur sujet.

2) [facultatif]
Ensuite passez la feuille à votre voisin·e. Qui devra romancer ces éléments de votre vie ou dresser un portrait de vous, de manière fictionnelle, à partir d’eux. Ou faire ce qu’il ou elle veut à partir de ça !

G comme gare au gorille!

« A mon tour! à mon tour! » avait-il crié en sautant du minibus, tout excité.

Il avait confié l’appareil à son épouse et s’apprêtait à poser pour la photo la plus réussie de leur safari, celle qu’il voyait déjà, en agrandissement dans un joli cadre, sur le mur au-dessus du canapé, dans le salon.

***

source de l’image ici – merci à Joe Krapov pour sa consigne


Adrienne et Georges

Je suis la première épouse.
Nous étions bien jeunes quand nous nous sommes rencontrés. Vingt ans!
Nous avions vingt ans et un petit boulot de rien du tout…

Quand l’aventure du Petit Vingtième a commencé, j’ai assisté à tout, depuis la naissance des personnages jusqu’aux terribles crises d’anxiété de leur créateur.

Oui, c’était un grand angoissé qu’il fallait rassurer, épauler, aider…
Il avait raison de ne pas vouloir d’enfant, il était mon enfant.

J’ai tout fait pour l’aider, les retouches, l’encrage, le lettrage…
Je n’aurais pas eu le temps de m’occuper de mes enfants, c’est vrai.

Mais toutes les nuits je me vois petite fille au milieu de la foule qu’il a créée et j’ai de grandes conversations avec les enfants. Uniquement avec les enfants.
Ceux qui ont reçu un nom et ceux qui n’en ont pas.

Je discute avec Coco, le petit boy et Zorrino, l’enfant quechua. Avec Lobsang, le jeune moine tibétain. Avec la petite gitane Miarka. Il m’arrive même de rire et de plaisanter avec ces deux vauriens de Laszlo Carreidas et Abdallah.

Mais le plus souvent je reste aux côtés du petit garçon à casquette. Il tient la main de sa grande sœur et me regarde si intensément.

Il m’en a fallu du temps pour comprendre que c’est moi, la grande sœur.

Merci à Joe Krapov pour ses consignes – les œuvres choisies sont d’Hergé, photos prises à l’expo Hergé à Paris le 4 janvier 2017 – en savoir plus sur la première épouse ici.

Racontez le personnage du premier tableau : qui il est, ses petites habitudes, ses jeux préférés, son caractère, s’il vit tout seul ou non, etc. Le second tableau représente le rêve ou le cauchemar que le personnage du premier tableau fait toutes les nuits. Racontez ce rêve et ce qui va se passer pour le rêveur, comment son rêve agit sur lui et l’incite à dire ou faire des choses et quelles choses.

X c’est l’inconnu

C’était un 14 juillet mais ce jour-là serait son épiphanie.

Au moment de partir, il ne le savait pas encore.
Il ne savait pas non plus combien de fadaises il sortirait en la charmante, l’ensorcelante compagnie de Cécile.
Lui qui d’habitude valait Shéhérazade et vous servait des histoires à n’en pas finir, avec ou sans sultan et eunuques… ce jour-là, rien.

Ce jour-là, il en était réduit à meubler les premiers silences de la promenade par des « il fait si beau, Louison aura mis le linge à sécher dehors, j’aime ce parfum-là, pas vous? » ou « vous savez que quand il pleut elle sort les plantes vertes ? »

Bref, des choses aussi intéressantes que savoir ce qu’on mangera le midi ou boira le soir, qu’on prend un parapluie quand il pleut ou son chapeau de soleil et l’ombrelle s’il fait un temps comme ce jour-là, où il valait mieux être enfermé dehors que coincé dans un ascenseur.

Car oui, il était même allé jusqu’à lui raconter cette histoire qui lui était arrivée dans son immeuble parisien, doté depuis peu de cette magnifique machinerie qui faisait si peur à Louison qu’elle avait menacé de faire sa valise et d’aller porter ses services de cuisinière-lingère-bonne à tout faire dans l’immeuble voisin qui n’était pas encore doté de cette invention du diable.

Ils auraient pu faire une balade à cheval en forêt – Cécile était bonne cavalière – ou marcher sur le sentier côtier, comme c’était à la mode depuis peu, mais ils avaient préféré faire le tour du jardin, lentement, très lentement, et il était difficile de savoir vraiment lequel des deux était le loup, et lequel l’agneau.

Lequel, le premier, avait réduit la distance polie entre eux deux.
Lequel, le premier, avait été pris de cette fièvre qui donne soudain envie de se rouler dans le foin avec le soleil pour témoin.

***

Merci à Monsieur le Goût pour cette toile de Caillebotte et son 118e devoir de lakévio et à Joe Krapov pour ses consignes.
J’ai utilisé les mots du numéro 3:

Un sultanUn eunuque
Un loupUn agneau
Le 14 juilletL’Épiphanie
Sainte-Barbe ou Sainte-CécileLe diable
Etre coincé·e dans l’ascenseurEtre enfermé·e dehors
Faire une balade à cheval en forêtMarcher sur le sentier côtier
Faire sa valiseDéfaire sa valise
Qu’est-ce qu’on mange ce midi ?Qu’est-ce qu’on boit, ce soir ?
Il fait beau, je mets le linge à sécher dehorsIl pleut, je sors mes plantes vertes
On prend un parapluie quand il pleutOn prend sa casquette quand il fait soleil

T comme têtard

J’ai quitté ma chambre au premier étage côté rue.
J’ai fait bien attention de ne pas glisser sur les marches de marbre rose, trop bien cirées.
Je n’ai rien emporté : pas une tartine pour la faim qui viendrait, pas un peu d’eau pour la soif, pas de petite laine, pas de montre.

– Je vais jusqu’à mon arbre, ai-je dit à ma mère qui n’a pas levé les yeux de son magazine.
Mais elle m’a entendue parce qu’elle a fait « oui, oui » et il y avait quelque chose dans sa voix entre lassitude et résignation.
Tous les travaux du jour avaient été faits, les poussières et les mauvaises herbes, les vaisselles et les rangements.
On attendait le soir et le père qui rentre du travail.

J’ai traversé le champ d’en face en courant, aveuglée par le soleil déclinant et comme le blé avait juste été moissonné, je me suis tailladé la peau des chevilles à chaque pas.
Il était trop tard pour revenir en arrière.
Le sang coulait, de toute façon, et j’ai poursuivi ma course.

Au coin de la prairie, près du bosquet de la colline, un grand arbre avait été épargné, sans doute parce qu’il marquait le territoire âprement disputé entre Hector, Oscar et Louis, qui ne se parlaient plus depuis deux générations.

C’était un frêne qui avait si souvent été étêté que si on y grimpait, on disposait de toute la place pour s’installer et on pouvait voir sans être vu.
D’ailleurs personne ne savait que c’était celui-là, « mon » arbre.

J’ai vu un couple de merles, une volée de moineaux.
J’ai entendu le pinson et le coucou. Des tourterelles. Le chien d’Hector. Le bêlement d’une de ses brebis. Une voiture au loin qui n’était pas celle de mon père.

Ça sentait bon l’herbe, le vent, la paille et la fin de l’été, la fin du jour.

Quand le soleil a disparu derrière la colline, j’ai eu un peu froid. Je me suis rendu compte que j’avais mal aux fesses et pour la énième fois j’ai pensé que « mon » arbre serait plus confortable avec un coussin et une couverture.

Je me suis dit que de l’autre côté de ce petit bois, à la fois très proche et très lointaine, il y avait la maison de ma grand-mère, et que c’est là que j’aurais voulu rentrer.

***

Merci à Joe Krapov pour sa consigne : Récit de voyage

Les voyages les plus beaux sont peut-être ceux que l’on s’invente. Votre récit comprendra 4 parties :

 1) J’ai quitté
Qu’avez-vous quitté ? Nommez simplement un lieu ou une personne.

 2) Avec
Dites avec quoi vous êtes parti·e : quel objet avez-vous emmené ?

 3) J’ai traversé
Dites en une phrase ce que vous avez traversé en partant.

 4) J’ai vu
De l’autre côté, qu’avez-vous vu ? Là, donnez toute la gomme ! Décrivez ce que vous découvrez et ce qui vous arrive dans ce lieu nouveau. Il n’est pas indispensable d’en revenir.

Consigne extraite de « 1001 conseils pour l’écrivain en herbe » de Myriam Mallié et Pascal Lemaître – Casterman, 2004

W comme Waar is dat feestje?

Impossible de savoir si c’est parce que les festivités du carnaval avaient été interdites les deux dernières années, mais le fait est là: une foule nombreuse se serrait le long du parcours, les cafés étaient bondés et les enfants de 7 à 77 ans – et même au-delà, selon certains observateurs bien informés – chantaient et criaient, complètement surexcités:

« Waar is dat feestje? Hier is dat feestje! » (1)

Texte d’anticipation pour le carnaval de 2023, s’il a lieu 🙂

Ceux de 2021 et 2022 ont été annulés et ça nous rend très très tristes, à nous tous qui avons dans la plupart de nos villes une longue et intense tradition carnavalesque.

Merci à Joe Krapov pour ses photos et la consigne.

« Waar is dat feestje? Hier is dat feestje! » (Elle est où, cette petite fête? C’est ici qu’elle est, la fête!) est plus scandé que chanté partout où on veut mettre de l’ambiance, par exemple lors des matchs de foot.