E comme Escono!

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Dans un billet du 2 avril, Alessandro Gilioli répond à la question posée dans son titre: Perché i vecchi escono? Pourquoi les vieux sortent-ils?

A lui ainsi qu’à ses amis et connaissances, il semble qu’il y ait surtout « des vieux » dans les rues italiennes. « Des vieux » sans but précis, sans l’excuse d’un chien ou d’une course à faire.

Pourquoi?

A cause de la solitude ou du (trop) petit espace de vie? Par manque de connexions et autres joies d’internet? Parce qu’ils tiennent à leur journal papier quotidien et ont ainsi l’excuse de se rendre au kiosque?

Selon lui, ce serait parce qu’ils sont vieux, précisément, et ne se verraient plus aucun avenir dans lequel se projeter. Ils n’ont que le passé et le présent, dit l’auteur, alors ils ne veulent pas qu’on le leur vole, ce présent.

Et c’est là que l’Adrienne n’est pas du tout d’accord!

Tous les « vieux » qu’elle connaît – non, pas seulement sa mère 😉 – n’estiment pas leur vie terminée et prennent toutes les précautions nécessaires.

Même s’ils aiment sortir pour une petite balade quotidienne: c’est précisément parce qu’ils misent sur le futur et veulent garder la forme.

Pas parce qu’ils s’ennuient faute de N*tfl*x.

***

Merci à Monsieur le Goût pour ce 33e devoir de Lakévio du Goût: Peu de monde, très peu de monde dans cette rue qui descend du Sacré-Cœur vers la place Saint-Pierre. Je peux vous le dire, lectrices chéries, cette rue faite d’escaliers est la rue Paul Albert. Mais où va cette femme qui les descend sous la pluie ? Quel devoir ou quelle aventure la mène ? Qu’est-ce qui la pousse à sortir alors que, dans tout le pays, chacun est appelé à rester chez soi ? Si vous avez une idée, nous la lirons tous avec plaisir, intérêt ou le cœur serré, c’est selon. Mais nous la lirons lundi puisque désormais, c’est « l’école à la maison »…

C comme Closer to Van Eyck

Gabriel (detail) - Sint-Baafskathedraal Gent © www.lukasweb.be – Art in Flanders vzw, Dominique Provost (2).jpg

Ce devait être le grand événement culturel de 2020, une expo réunissant les œuvres de Van Eyck – disséminées de par le monde – avec son fameux triptyque gantois, qui a fait l’objet d’une minutieuse restauration pendant de nombreuses années.

Tout cela réuni en un seul lieu où dès l’ouverture la foule se pressait.

– Irons-nous voir Van Eyck? demandait la mère de l’Adrienne.

Bien sûr qu’elles iraient!

Sauf que…

Sauf que jusqu’à nouvel ordre, seule une visite virtuelle est possible 🙂

source de la photo ci-dessus et info sur l’expo ici.

source de la photo du panneau central: Closer to Van Eyck, où on peut cliquer sur chaque panneau et agrandir pour tout voir jusque dans les plus petits détails: les violettes, les muguets, les fraises des bois… 🙂

Stupeur et tremblements

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Jeudi dernier, en revenant de chez le marchand de légumes, l’Adrienne a pu admirer un tableau de rue que jusqu’à ce jour elle n’avait pu observer que dans le sud de l’Italie.

Une femme était à sa fenêtre ouverte, au premier étage de sa maison, et faisait la causette avec un homme sur le trottoir.
Ne manquait que le panier attaché à une corde pour descendre le porte-monnaie et remonter quelques courses, à la mode napolitaine.

Nous sommes donc – au moment de la rédaction de ce billet – dans une sorte de confinement un brin moins strict qu’en France (on ne doit pas rédiger et signer notre propre Ausweis) mais beaucoup plus strict que chez nos voisins du nord, qui préfèrent une autre tactique, celle de l' »immunité collective ».

D’où la place de ce billet dans la rubrique stupeur et tremblements, vu que l’immunité collective ne peut être atteinte qu’à condition d’infecter plus de 60% de la population.

Avec les « dommages collatéraux » qu’on imagine pour les hôpitaux, les soignants… et le chiffre des décès.

Sans compter que les spécialistes ne sont même pas sûrs que cette immunité s’installe.

Bref, ça ressemble à l’histoire de l’apprenti sorcier.
Version cynique.
Vu que ceux qui ont décidé de cette stratégie feront certainement tout ce qu’il faut pour mettre leurs bien-aimés à l’abri.
En confinement.

Voir un article (parmi beaucoup d’autres) sur cette controverse ici.

***

Merci à Monsieur Le Goût pour ce 31e devoir de Lakevio du Goût.

Elle est comme nous. Elle est à sa fenêtre. Que souhaite-t-elle ? Que pense-t-elle ? Comme nous est-elle confinée, prisonnière, recluse ? Dites lundi ce que vous pensez à partir de cette toile de Salvador Dali.

N comme neveu

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EL NIPOTINO

Je suis le Narrateur, – le Veuf, – l’Inconsolé,
Le neveu d’Adrienne à la villa abolie :
Ma seule tante est morte, – et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Voilà le pastiche qui convient, me semble-t-il, après la lecture du résumé et des premières pages du livre d’Armel Job: Une femme que j’aimais.

Ci-dessous le résumé par la maison d’éditions Laffont:

Un secret qui ne passe pas

Chaque week-end, Claude, jeune homme au tempérament solitaire et à la vie un peu terne, rend visite à la seule personne qu’il aime rencontrer, sa tante Adrienne, qui habite une belle villa à la campagne. Adrienne a cinquante-cinq ans, elle est veuve, elle ne sort pratiquement jamais de chez elle. Mais sa douceur, sa beauté fascinent Claude, comme tous les hommes qui ont un jour croisé son regard.
Un samedi, Adrienne évoque un secret qui depuis toujours pèse sur son cœur. Elle voudrait le confier à Claude, qui refuse de l’entendre. Quelques semaines plus tard, il la trouve gisant sur le carrelage de la villa, morte. Accident ? Meurtre ?… Alors, seulement, Claude se met en quête de la confidence qu’il n’avait pas voulu recevoir. Cette quête va le mener sur les traces du passé d’Adrienne, chaque rencontre lui suggérant une réponse que remet en question la suivante…
Sur un rythme de thriller psychologique qui entraîne le lecteur de fausse piste en fausse piste jusqu’à la révélation finale, un magnifique portrait de femme où Armel Job explore avec le talent qu’on lui connaît les paradoxes de l’âme humaine, de la dévotion à la haine.

On peut lire les premières pages ici.

 

***

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Ces deux-là font quand même une drôle de tête, même s’ils nous tournent le dos, ça se voit, ça se sent, ça se sait. Que diable arrive-t-il ? Faites-nous part de ce que vous en pensez lundi, demande Monsieur Le Goût, dont c’est la 30e consigne ce lundi. Merci à lui!

En voyant ce tableau je me suis dit que la femme aurait mieux fait de ne jamais se teindre en blonde, si au bout de quatre ou six mois elle a changé d’avis – ou si sa coiffeuse est morte – et qu’elle a oublié de boutonner sa robe dans le dos. Ou qu’elle a perdu le bouton et eu la flemme d’en recoudre un autre 😉

Et je me suis demandé pourquoi tous ces gens qu’on voit sur la plage portent les mêmes vêtements blancs… pour ramasser des coquillages?

G comme Goût

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Quand on m’a dit que l’Américaine de la Junior Suite me demandait, ça m’a tout de même un peu étonné, vu que c’était déjà la troisième fois dans l’avant-midi. Mais ‘quand faut y aller, faut y aller’, comme disait mon grand-père, qui a toujours été un grand exemple pour moi dans la profession.

La porte n’était pas fermée et elle m’a crié d’entrer.
Elle était au téléphone, toujours en nuisette noire à midi passé.
Le combiné bien serré à deux mains comme s’il voulait lui échapper.
Dans la Junior Suite, c’est un vieux modèle de téléphone, un gros machin blanc comme dans les films avec Doris Day – encore un truc de mon grand-père – et les touristes américaines adorent!
Au point que parfois elles l’emportent dans leur valise.

Evidemment, je n’ai pas pu m’empêcher d’entendre ce qu’elle disait, avec sa jolie bouche au maquillage parfait, ses beaux sourcils tout froncés comme si la conversation lui était vraiment pénible.

Je ne sais pas qui est le Jeff à qui elle s’adressait, mais en tout cas il n’a pas le bon ticket.

Bref, elle a raccroché, son visage s’est tourné vers moi, soudainement tout lisse, tout souriant, et elle m’a fait signe de la suivre dans sa chambre.

Dommage que mon grand-père ne m’ait pas enseigné ce qu’il fallait faire dans ce genre de situation.

Mais je crois qu’il aurait été fier de moi.

***

29e devoir de Lakevio du Goût, que je remercie: Ah… Ce « But » qui gâche tout dans certains cas. Roy Lichtenstein l’avait bien senti qui le dessina dans les années soixante.
Si vous avez une histoire de « mais » à raconter, n’hésitez pas !

A comme Amour

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La table est débarrassée, le fond de verre terminé, la note réglée.
Le restaurant quasiment vide.

La table d’à côté n’a même pas été occupée.
Le patron a mis la musique un peu plus fort que d’habitude.

Elle regarde vaguement dehors, ce soleil pâle sur les premiers bourgeons des marronniers, quelques passants.
Elle a l’esprit ailleurs.

Il lui a fait des promesses. Elle a confiance.

Quand il revient des toilettes, il l’observe un moment.
Sa blondeur. Son profil. Son chignon toujours un peu lâche reflété dans le miroir.
Il se voit lui aussi, debout à l’observer.

Il ne sait plus pourquoi ils se séparent.

***

28ème devoir de Lakevio du Goût – que je remercie: 

Cette toile me raconte une histoire… Et à vous, que dit cette toile d’Aldo Balding ? Dites lundi ce que cette image vous inspire…

T comme tu connais cet air?

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Une longue plainte au saxophone. Mais oui, je connaissais cet air. Distendu, ralenti, comme dans un rêve, c’était la musique d’Avril au Portugal. (1) Exactement le genre de musique qui vous donne envie de vacances méridionales, surtout lorsqu’il pleut sur les boulevards parisiens de février.

Mais ce n’était pas le moment de me laisser distraire à des rêveries de printemps parfumé et fleuri, il fallait rester concentré sur le jeu de cartes. Et jouer serré.

Parce qu’en face de moi, l’adversaire se méfiait et j’allais devoir me montrer plus fin que lui si je voulais ramasser la cagnotte. Visiblement, il se doutait de quelque chose et de nouveau, son regard s’attardait sur mes mains.

***

(1) ici dans sa version originale, Coimbra, avec les paroles en portugais et en anglais:

***

Merci au Goût pour ce 27e devoir de Lakevio, avec les consignes suivantes:
Si vous commenciez votre devoir par :
« Distendu, ralenti, comme dans un rêve, c’était la musique d’Avril au Portugal. »
Le terminiez par :
« Et de nouveau son regard s’attardait sur mes mains. »
Tout ça en brodant pour lundi une histoire autour de cette aquarelle de John Salminen.

***

petit ajout ce matin, pour Anne Le Maître:

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source ici