V comme vive la famille!

On m’appelle l’homme des bois et non, ce n’est pas une légende.

Ce n’est pas le Hollandais du 17e siècle qui a mal compris le langage local ou mal interprété ce qu’il entendait pour la première fois.

Le malais et le javanais me donnent ce nom depuis le premier millénaire: urang, qui veut dire homme, être humain, et hutan, qui désigne les bois, la forêt.

D’ailleurs, vous le savez bien que nous sommes frères.
Ou plutôt cousins, pour être exact.
Vous êtes frères des chimpanzés et des bonobos, que ça vous plaise ou non.

Vous m’avez vu faire face aux machines venues détruire les arbres qui m’abritent et me nourrissent.
Geste désespéré et dérisoire, je le sais bien.
Je suis assez intelligent pour le savoir.
Mais on fait de ces choses désespérées quand on l’est.
Vous comme moi.

Vous le savez bien, pourtant, que je suis sur la liste rouge, celle des animaux menacés, en danger critique d’extinction.

Merci à Joe Krapov pour sa consigne, je lui avais envoyé un de mes dessins du temps où Bruxelles brusselait et l’Adrienne dessinait 😉

Tout savoir sur l’origine du mot orang-outan? c’est ici.

Stupeur et tremblements

C’est un article de l’Américain Douglas Rushkoff qui a paru en septembre dernier, quelques jours avant la sortie de son livre, et malgré le-temps-qui-passe l’Adrienne n’arrive pas à sortir de sa stupeur.
Et de ses tremblements.

Même si, bien sûr, on le sait et on ne s’en étonne pas, que les super-riches tentent l’impossible pour se protéger d’une éventuelle apocalypse, de quelque origine qu’elle soit, climatique, atomique, sociétale ou causée par un virus.

Ce n’est pas nouveau.
Mais tout de même, des choses ont changé depuis les bunkers de la guerre froide.
En pire, évidemment 😉

Vous aussi, sans doute, lirez avec une stupeur croissante le questionnement de ces cinq multimillionnaires qui ont invité l’auteur pour qu’il les aide avec quelques questions du genre: quand je serai dans mon bunker, comment faire pour que les hommes armés enrôlés pour me défendre ne se retournent pas contre moi?

Et où serai-je le plus en sûreté, en Alaska ou en Nouvelle-Zélande?

Alors quand on leur propose une autre forme de solution, bien meilleure pour la planète et pour ses habitants, plus sûre pour eux aussi et qui leur coûtera bien moins cher, ils ne sont pas intéressés.

Non, créer des « fermes modèles » qui prévoiraient de la nourriture pour le plus grand nombre, en autarcie, ça ne les intéresse pas.
Alors qu’on pourrait en mettre partout sur la planète et diminuer du même coup un certain nombre de risques qu’ils veulent fuir dans leur bunker…

Ils préfèrent s’isoler.

Avec leur milice, leur piscine et leur bowling.

M comme myxomycètes

– Il ne faut pas, précise le guide à un groupe de gens penchés au-dessus d’un tas de bûches en train de se décomposer, il ne faut pas confondre ça avec des champignons! Ce ne sont pas des champignons, ce sont des myxomycètes.

Les deux ou trois chiens présents à cet exposé s’en fichent royalement et préfèrent tirer sur leur laisse pour s’intéresser à l’Adrienne, qui a encore le temps d’entendre d’autres précisions:

Het zijn boomwratten (traduction littérale: des verrues d’arbre) maar we noemen ze liever « babybilletjes » (mais on préfère les appeler des petites fesses de bébé).

***

photo prise le 11 novembre à la sortie du Bosje, où des tas d’énormes sapins de Noël attendent d’être mis en place pour les festivités de décembre…

Stupeur et tremblements

C’est avec stupéfaction que l’Adrienne lit le titre de l’article: Les bébés ont déjà de la suie dans leurs poumons et leur cerveau avant leur naissance.

Pour ceux qui lisent le néerlandais, Nog voor de geboorte hebben baby’s al roet in longen en hersenen.

Combien d’études, combien de preuves faudra-t-il encore avant de passer à l’action pour la santé de cette planète et de ses habitants?

Stupeur et tremblements

Il s’attendait à cette question, dit-il, et pourtant il donne la réponse la plus stupide, la plus condescendante, la plus déconnectée de la réalité possible.

C’était le 5 septembre dernier, son joueur vedette à ses côtés était écroulé de rire à l’idée de prendre un char à voile au lieu d’un jet privé.

Sans doute ne sait-il pas que la distance dont il s’agit peut se faire en moins de deux heures en TGV.

L’Adrienne en a été dégoûtée, tellement dégoûtée qu’elle ne voulait même pas en parler.

Puis que lit-elle?

Que deux semaines plus tard, ce même club, qui pourtant prétendait trouver très grave ce trait d' »humour raté », reprend un avion pour parcourir la distance Paris-Lyon.

Le TGV? c’est pour les ploucs.

Le bus de l’équipe? Il roule aussi, mais à vide, il ne sert qu’à conduire les joueurs de l’avion à l’hôtel. Ou du stade à l’avion.

Bref.

Prochaine grosse rigolade planétaire, d’où la caricature de Kroll prise de sa page fb, la coupe du monde au Qatar.

N comme Natacha

Une jeune photographe belge, Natacha de Mahieu, démontre par une série de photos à quel point certains lieux sont devenus les victimes d’un « surtourisme » dû principalement à la mode de « l’instagrammable« 

Le but de sa série de photos est de rendre visible cette surconsommation des lieux et c’est assez réussi, comme on peut le voir dans la vidéo ici.

La photo d’illustration de ce billet, prise en Cappadoce, est de Natacha de Mahieu et vient du site de France Culture.

Pour ceux que les manipulations instagram par les influenceurs/-euses intéressent, voir ici.

M comme Mohenjo Daro

Un tiers du territoire sous eau, le lieu de vie d’environ 33 millions de personnes détruit, dans un des pays les plus pauvres sur terre.

« Coup de gueule » du secrétaire-général de l’ONU qui accuse – à juste titre – la folie du monde: ce ne sont pas les gros pollueurs qui sont les premières victimes du réchauffement climatique.

Et comment réagit l’Unesco?

Elle pourrait retirer le site de Mohenjo Daro (source de la photo ci-dessus) de la prestigieuse liste du « Patrimoine mondial » vu que le pays ne réussit pas à fournir l’effort financier nécessaire pour le préserver des pluies ou des inondations…

Quand on pense qu’il faudrait au moins 10 milliards de dollars pour réparer et reconstruire les infrastructures endommagées ou détruites, une somme impossible à rassembler pour un pays comme le Pakistan. 

Et que la priorité devrait être de nourrir et d’abriter les plus de 33 millions de personnes victimes des inondations… dont certaines ont précisément trouvé refuge dans les ruines du site.

Bref, folie.

W comme Welkom!

Après la présence du loup – un billet de janvier 2018 annonçait son arrivée en Belgique – présence qui est loin d’être digérée, les louveteaux qui sont nés entre-temps ont besoin d’être protégés des chasseurs – après le loup donc, la presse annonce l’arrivée imminente d’un autre prédateur du même genre, le chacal doré.

Voilà une bébête dont l’Adrienne n’avait encore jamais entendu parler! Le chacal, oui, dans les westerns ou les histoire de Lucky Luke, mais un chacal doré? et en Belgique?

Vérification faite, c’est normal qu’il soit inconnu ici, puisque l’animal n’a jamais vécu dans nos régions. Certains seraient en route depuis le sud-est de l’Europe vers la Scandinavie. Cet animal est protégé en Europe depuis 1992.

Alors comme il y a le site welkom wolf (bienvenue au loup) il y a désormais welkom jakhals, d’où vient la photo d’illustration.
Article en français ici.

Y comme il y a…

Il y a ceux qui laissent leurs détritus et ceux qui les ramassent.

Il y a ceux qui allument les feux de forêts et ceux qui s’efforcent de les éteindre.

Il y a ceux qui font de leur mieux dans leur coin et ceux qui pensent que ça ne sert à rien.

Il y a ceux qui prédisent des catastrophes imminentes et ceux qui ne veulent toujours pas croire qu’il y a un problème.

Et ces derniers temps il y a ceux grâce à qui on peut juger de la reconnaissance universelle d’une œuvre, d’un artiste: c’est à un de ses tableaux qu’ils iront coller la paume de leur main.

Dans le top trois il y a Jan Van Eyck (illustration ci-dessus), Vincent Van Gogh (ici) et Sandro Botticelli (ici).