T comme Tyler

Il paraît que tous les livres d’Anne Tyler se déroulent au sein de familles au sens large – de celles où il y a une pièce rapportée ou comme dans celui-ci, trois enfants d’un précédent mariage du mari.

Au centre se trouve une femme, bien évidemment, ici elle s’appelle Rebecca, a cinquante-trois ans et n’est subitement pas trop contente de ce qu’elle est devenue.

Elle a abandonné ses études pour épouser un homme qui avait déjà trois petites filles et six ans plus tard elle était veuve avec quatre enfants. Maintenant que les quatre filles sont mariées et qu’elle est plusieurs fois grand-mère, elle se demande si elle a fait les bons choix.

Que serait-elle devenue si elle avait épousé son amoureux, Will, qu’elle a laissé tomber du jour au lendemain sans explications, pour épouser en quinze jours un divorcé avec trois enfants?

Elle qui aimait le calme, la lecture, les études, n’a plus ouvert un livre ni même lu un article un peu sérieux et vit entourée de gens, sans avoir une minute à elle.

Rebecca décide donc de se donner une seconde chance de « faire le bon choix » et recontacte Will, l’amoureux éconduit trente-cinq ans plus tôt…

Le livre a fait l’objet du téléfilm visible ci-dessus (2004) avec Blythe Danner, Peter Fonda, Faye Dunaway, Jack Palance… Il est extrêmement fidèle au texte, sauf sur un point: Rebecca, dans le livre, est une femme qui a un grave problème de surpoids. Mais l’actrice est mince comme un fil.

anne tylerLire le premier chapitre ici.

 

C comme challenge

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Vous l’aurez sans doute aussi remarqué, on dit de moins en moins ‘défi’ et de plus en plus ‘challenge’ 🙂

Celui que par chez nous on propose pour le mois d’avril, c’est comme l’an dernier à la même époque « dertig dagen zonder klagen« : essayer de vivre tout un mois sans se plaindre.

Dans l’hebdo féminin que lit ma mère, on incite ces dames à un challenge maison propre et bien rangée: « en 21 jours, nous allons faire souffler un vent de fraîcheur dans votre habitat« .

D’où le choix de l’illustration qui a servi de consigne un jour chez lakévio 😉

P comme politesse

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Il est des hommes, lorsqu’on les aborde, avec lesquels les approches, les temps morts qu’exigent les règles de politesse, n’ont pas de sens, parce que ces hommes vivent en dehors de toute convention dans leur propre univers et qu’ils vous attirent aussitôt.

C’est une de ces contradictions que Madame relève chaque année chez ses élèves, quand il est question des relations entre les filles et les garçons, les hommes et les femmes: les filles se disent féministes et poussent de hauts cris dès que les garçons osent se croire supérieurs en l’un ou l’autre domaine. Puis, quand il est question de celui qui fera battre leur cœur, elle le rêvent bien fort en muscles, bien possessif et bien macho. Ce n’est pas le blondinet, le freluquet, le poussinet qui a la cote.

C’est exactement comme dans la chanson où Mireille Darc susurre « je ne serai jamais la femme d’un ange, les démons sont si beaux »

***

Toile de Joshua Miels et consigne chez Lakévio« Il est des hommes, lorsqu’on les aborde, avec lesquels les approches, les temps morts qu’exigent les règles de politesse, n’ont pas de sens, parce que ces hommes vivent en dehors de toute convention dans leur propre univers et qu’ils vous attirent aussitôt. » extrait de  Le Lion de Joseph Kessel

Admiration, fascination, amour, amitié… Vous inclurez la phrase citée dans le portrait de votre choix.

H comme Honduras

Combat – Clementina Suárez (Honduras, 1902-1991)
Je suis une poète, 
une armée de poètes.
Et aujourd’hui je veux écrire un poème, 
un poème sifflets,
un poème fusils 
pour le coller sur les portes,
sur les cellules des prisons, 
sur les murs des écoles.
Je veux aujourd’hui construire et détruire, 
élever un échafaudage d’espoir.
Réveiller l’enfant, 
archange des épées, 
être éclair, tonnerre,
avec une stature d’héroïne
pour trancher, ravager
 les racines pourries de mon peuple.
(Trad: Colo chez qui j’ai aussi pris l’illustration ci-dessus)
Combate
Yo soy un poeta,
un ejército de poetas.
Y hoy quiero escribir un poema,
un poema silbatos,
un poema fusiles
para pegarlos en las puertas,
en la celda de las prisiones,
en los muros de las escuelas.
Hoy quiero construir y destruir,
levantar en andamios la esperanza.
Despertar al niño
arcángel de las espadas,
ser relámpago, trueno,
con estatura de héroe
para talar, arrasar
las podridas raíces de mi pueblo.
Gevecht
Ik ben een dichter
een leger van dichters.
En vandaag wil ik een gedicht schrijven,
een gedicht als fluitsignaal,
een gedicht als geweer
om op te hangen aan de deuren,
in de cellen van de gevangenissen,
en aan de muren van de scholen.
Vandaag wil ik bouwen en afbreken,
de steigers van de hoop oprichten.
Het kind wakker maken
aartsengel van de zwaarden,
bliksem zijn, donder,
met de gestalte van een held
om te snoeien en te hakken
in de rotte wortels van mijn volk.
(traduction de l’Adrienne)
Première femme du Honduras à avoir publié un livre et pourtant, dit la notice wikipédia qui lui est consacrée,  « la gente se interesaba más por sus amantes que por su poesía« . Inutile de vous le traduire, je pense 😉
D’autres poèmes de cette femme libre ici et un bon article de fond ici.

L comme liberté, j’écris ton nom

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C’est le thème de la semaine de la poésie, la liberté. Tous les profs de néerlandais ont fait participer leurs élèves, qui ont écrit de fort jolies choses, souvent drôles, spirituelles, sensées ou vécues. 

Vrijheid.

Puis un midi une élève arrive complètement bouleversée au bureau des coordinatrices.

En état de choc.

Pendant la pause, son père l’a vue passer dans la rue, alors qu’elle allait s’acheter un pain garni. Or elle n’était pas seule: il y avait des garçons. Hé oui, nous sommes une école mixte, ce monsieur devrait le savoir. Mais il s’est mis à vociférer, à traiter sa fille de ‘sale pute’ et à lui promettre la punition qu’elle mérite quand elle rentrerait, ce soir-là.

C’est ainsi que Madame a appris que cette jeune fille reçoit des coups.
Que sa mère reçoit des coups.
Que sa sœur reçoit des coups.

Alors vous comprenez, avec une urgence comme celle-là, et aussi quelques autres, Madame n’a pas eu le temps de répondre aux commentaires, ces derniers jours.

7 un jeu?

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Tous les hommes désirent naturellement savoir si une femme porte des bas ou des collants, dit Anna Gavalda. En amour comme en affaires, tous espèrent rencontrer l’occasion unique, la chance de leur vie.

Mais la femme à la fenêtre a d’autres préoccupations: elle est au cœur de la vraie vie. Elle n’a jamais été la reine du bal. Elle n’a jamais pensé non plus à la révolte.

Depuis toujours le monde est partagé entre maîtres et esclaves.

Comment pourrait-elle s’échapper de sa vitrine?

***

jeu proposé par Joe Krapov dont j’ai pris 7 titres pour écrire mon texte:

A son image – Balles perdues – Capitaine – Ca raconte Sarah – Carnaval noir – Chien-Loup – Cirque mort – Dans les angles morts – Dix-sept ans – Einstein, le sexe et moi – En nous beaucoup d’hommes respirent – Entre deux mondes – Evasion – Fais de moi la colère – Helena – Isidore et les autres – (2) La chance de leur vie – La disparition de Stéphanie Mailer – (3) La femme à la fenêtre – L’Ame des horloges – La papeterie Tsubaki – (5) La reine du bal(6) La révolte – La rose de Saragosse – La somme de nos folies – La tresse – (4) La vraie vie – Le cœur perdu des automates – Le guetteur – Le prince à la petite tasse – Les dix vœux d’Alfred – Les frères Lehman – Les prénoms épicènes – L’été des quatre rois – L’étoile russe – Leurs enfants après eux – L’hiver du mécontentement – L’or du diable – Loup et les hommes – Ma dévotion – (7) Maîtres et esclaves – Millésime 54 – Miss Sarajevo – Modèle vivant – Mourir n’est pas de mise – My absolute darling – Nulle autre voix – Oublier mon père – Quand Dieu boxait en amateur – Rien d’autre sur Terre – Sales gosses – Station : la Chute – Tenir jusqu’à l’aube – (1) Tous les hommes désirent naturellement savoir – Trancher – Une ombre au tableau – Un funambule – Un manoir en Cornouailles – Un monde à portée de main.

 ***

source de la photo ici, un article de 2013 sur la traite des femmes pour la prostitution espagnole – 12 000 victimes qui rapportent aux criminels environ 5 millions d’euro.

Par jour.

H comme heureux!

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Le débat qui fait un tabac du tonnerre de Brest, chaque fois que Madame l’organise avec ses « seize ans », c’est quand elle leur demande pourquoi ils sont contents d’être un mec ou une fille.

La première chose que disent les garçons – et franchement ça ne rate jamais, c’est leur top 1 d’année en année – c’est qu’ils sont bien contents qu’ils ne devront jamais accoucher.

Et devinez quelle est la première chose que disent les filles? Quel bonheur ce doit être d’avoir un bébé dans le ventre, de donner la vie, d’être mère!

Similitude d’autant plus frappante qu’ils ne peuvent s’influencer mutuellement: la préparation du débat se fait en classe, par écrit et en silence.

Frappantes aussi les conclusions de part et d’autre: en 2018, disent les mecs, il n’y a plus vraiment de différences entre les garçons et les filles dans notre société. Et les filles écrivent: il faut l’égalité – c’est grave qu’il y ait encore de si grandes différences dans notre société.

Avec une logique qui leur est propre, les garçons ont comme deuxième conclusion que la vie d’un homme « est plus facile sur de nombreux points ». Chez les filles on peut lire: c’est grave qu’on doive s’inquiéter pour notre sécurité, surtout le soir, la nuit.

D’ailleurs c’est bien vrai, puisque ce sont les garçons qui le disent: je suis content d’être un mec, je risque beaucoup moins de me faire violer.

photo: le bonheur d’être enceinte, sauf que la future mère n’est pas la dame de la photo, mais le koala de Planckendael – voir le billet de l’époque 🙂