X c’est l’inconnu

Tu devrais voir ce cirque, raconte l’amie au téléphone, quand je rentre des courses, le vendredi matin.

Oui, parce qu’elle y va le plus tôt possible, dans l’idée que pommes et poires n’ont pas encore été manipulées par cent autres mains, et elle n’y va qu’une fois par semaine.

Tu devrais voir ce cirque et combien de temps ça dure avant que tout ce que j’ai acheté soit enfin rangé!

J’imagine! dit l’Adrienne.

Il faut savoir que l’amie était déjà « en temps normal » une adepte de l’hygiène à 100 % alors depuis mars dernier… voilà, vous aussi vous imaginez 😉

Passer ses mains au gel avant, pendant et après, désinfecter tout ce qu’elle touche, avant et après, les poignées de portes, celle du frigo, des armoires, les sacs de courses… Une véritable épreuve.

Mais ça ne les empêche pas d’avoir quand même bien ri en se racontant qu’après avoir ouvert la boîte aux lettres et y avoir trouvé du courrier, elles se demandent si elles doivent laisser reposer les enveloppes bien fermées un jour ou deux avant d’en prendre connaissance 😉

U comme Ubi caritas

Lectrr

Cette fois le cartooniste Lectrr fait allusion à l’annonce toute récente que la police contrôlera à Noël et sonnera même aux portes pour vérifier qu’il n’y a pas trop de monde à la maison.

La visite de seulement deux des trois mages, c’est déjà la contravention 🙂

L’important, nous dit-on, c’est l’amour… et trouver des solutions alternatives aux réunions familiales.

Voilà pourquoi, à un mois de Noël, ce chant de Taizé était à sa place sous le billet du jour 🙂

D comme déjà

devoir de Lakevio du Goût_51.jpg

Déjà grand-père Plonk-et-Replonk avait montré la voie.

« Que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite », disait-il quand le fil de sa canne à pêche s’était une fois de plus emmêlé.

On dit de lui qu’on pouvait le voir au bord de l’eau avec une canne au fil trop court, au bout duquel pendait un hameçon rectiligne ; certains prétendent même qu’il tournait le dos au fleuve, dont il était éloigné de trois mètres.

La légende familiale raconte que cet emplacement était strictement délimité par un cercle de métal qu’il posait sur le sol après avoir scrupuleusement pris les mesures.

Tout ça lui évitait d’avoir à trimbaler un gros sac pour y mettre le produit de sa pêche.

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Photo de Doisneau proposée par Monsieur le Goût – merci à lui – pour son 51e Devoir de lakevio, avec la consigne suivante:

Comme disait une chanson de la première moitié du XXème siècle à propos des baisers : Méfiez-vous des pêcheurs mesdemoiselles car il y a pêcheur et pécheur… Je suis sûr que vous avez beaucoup de souvenirs des uns. Ou des autres… Je pense que nous aurons tous quelque chose à dire et à lire lundi…

R comme railleries

Enquête sur l’Académie française / Revue Europe - Idées - France Culture

Railler l’Académie française est un sport auquel la France s’adonne depuis la création de cette immortelle institution et si vous voulez en lire un bel exemple, cliquez donc sur celui-ci, publié dans l’Express en 2012.

En littérature aussi on en trouve de nombreux exemples – rappelez-vous ce passage de Cyrano de Bergerac – et cela donne toujours une une petite note humoristique.

Comme dans Le Testament français d’Andreï Makine, à la page 49, quand il évoque la visite à Paris du Tsar Nicolas II et de son épouse Alexandra:

Et même entre les murs de l’Académie française où l’odeur des vieux meubles et des gros volumes poussiéreux nous étouffa, ce « je ne sais quoi » lui [à Alexandra] permit de rester femme. Oui, elle l’était même au milieu de ces vieillards que nous devinions grincheux, pédants et un peu sourds à cause des poils dans leurs oreilles. L’un d’eux, le directeur, se leva et, avec une mine maussade, déclara la séance ouverte. Puis il se tut comme pour rassembler ses idées qui, nous en étions sûrs, feraient vite ressentir à tous les auditeurs la dureté de leurs sièges en bois.

Ça, c’était en 1995.

En 2016, Andreï Makine a été élu au fauteuil numéro 5 dont on veut bien croire qu’il est confortablement capitonné 🙂

Mais ce qui a le plus fait rire l’Adrienne, c’est sur cette même page la description de son épée d’académicien.

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Source de l’illustration ici.

J comme Jeannot

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– Vous comprenez, dit-elle, c’est à cause de mon lapin!

Son animal de compagnie est un lapin nain. En principe, il vit dans sa cage. Mais elle l’a habitué à l’en sortir. Alors maintenant il l’exige.

– Vous comprenez, dit-elle, si je ne lui ouvre pas, il me fait une vie!

Donc elle met une alèse sur son fauteuil et le lapin regarde la télé avec elle. Ou bouquine. Ou fait la sieste.

Et fait ses crottes sur l’alèse.

A ses voisines, à ses copines, régulièrement elle offre des carottes.
De belles jeunes carottes bien fraîches.

– Vous comprenez, dit-elle, il ne veut manger que ça, des fanes de carottes.
Mais moi parfois j’en ai marre de manger des carottes!

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l’illustration a servi à un devoir de Lakévio 🙂

R comme rire

On ne le croirait pas en regardant les adaptations pour le cinéma ou la télévision, mais il y a de l’humour chez Simenon et ses Maigret.

Par exemple, dans Maigret au Picratt’s (1951) qu’on peut voir dans la vidéo ci-dessus – qui diffère trop de l’original, soit dit en passant – on peut lire ceci: 

C’était une de ces journées mornes par lesquelles on se demande ce qu’on est venu faire sur la terre et pourquoi on se donne tant de mal pour y rester.

Georges Simenon, Maigret au Picratt’s, in Tout Simenon volume 5, Presses de la Cité 1988, p. 240

Elle commençait à trouver que la police n’est pas aussi curieuse qu’on le prétend, car Maigret ne l’aidait pas du tout, ne la poussait pas à parler, l’écoutait avec l’indifférence d’un vieux confesseur assoupi derrière son grillage.

Georges Simenon, Maigret au Picratt’s, in Tout Simenon volume 5, Presses de la Cité 1988, p. 299

K comme krapoverie

Jacques et Hubert Froidevaux, et leur ami Miguel Morales, ont inventé un humour suisse, dont les cibles sont l’armée, le Cervin et les nains de jardin. Rencontre avec Plonk et Replonk à La Chaux-de-Fonds. Plonk Et Replonk, Costume Traditionnel, Girafes, Insolite, Belles Images, Humour, Photographie, Rien, Trucs

– Tu as déjà une idée de ce que tu veux faire quand tu seras grande? demande Madame – jamais en panne de questions idiotes – à Hourya, 7 ans.

– Je ne suis pas encore sûre, fait Hourya avec le plus grand sérieux, mais je pense maîtresse d’école.

– Ah! fait Madame. Et tu t’entraînes avec ta petite sœur?

Regard de commisération chez Hourya:

– Non, fait-elle en haussant les épaules. Avec mes poupées!

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inspiration : consigne 1920-32 chez Joe Krapov –  source de l’illustration ici la peigneuse de girafe – merci à Joe Krapov pour toutes ces krapoveries 🙂

B comme bonne blague

HOSTIE

C’est jeudi matin, après un moment de stupeur et d’incrédulité, que l’Adrienne a eu son grand, grand premier fou rire de la journée en lisant ce titre de journal: En Flandre occidentale, à la messe, il faudra ‘attraper’ son hostie si on veut communier.

Attraper l’hostie?
Va-t-on la lancer de loin?
La catapulter?
C’est quoi cette blague?

Et bien non, ce n’est pas une blague, même si elle fait bien rire: « bij de communie zullen kerkgangers hun hostie moeten ‘vangen’ » Lors de la communion il faudra attraper l’hostie.

Plus loin dans l’article on explique que le prêtre ne pourra pas déposer l’hostie dans la main du communiant, il devra « la laisser tomber respectueusement »

« Die moeten eerbiedig vallen in de handen van de kerkganger. »

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je ne sais pas ce que vous en pensez mais moi, une semaine plus tard, j’en ris encore 🙂

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source de l’image ici où on répond à la question que faire si l’hostie tombe à terre.