M comme Muppets

18-08-03 (13)

Voilà, sourit l’Adrienne en marchant dans la ville, voilà ce que j’aime par « chez nous », un chantier, une palissade, tout est bon pour y manifester son humour surréaliste 🙂

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G comme gabegie

Le père chante dans une chorale de copains, ce qui signifie, selon la mère, qu’il ne suit la messe que de très loin, là-haut dans le jubé, où – elle en est sûre – il préfère papoter avec l’organiste plutôt qu’écouter le sermon du curé. 

– Mais qu’est-ce que tu en sais, répond-il en haussant les épaules.

– Je le sais parce que je vous entends! On vous entend bavarder jusqu’en bas!

– Ça, dit le père, c’est José.

C’est vrai que l’ami José a une voix de stentor, alors que le père maîtrise l’art du chuchotement.

Deux ou trois dimanches dans l’année, le père est obligé de suivre la messe sans les copains: c’est quand la famille est en vacances au camping en France. Ces matins-là, le père, la mère, le fils et la fille sont toujours parmi les premiers arrivés et si assidument présents dans les premiers rangs, année après année, que le curé de la paroisse a demandé à la mère de bien vouloir faire la première lecture.

– Mais je suis Belge! a répondu la mère, comme s’il y avait un rapport.

– Et alors? a dit le curé, vous êtes Belge mais vous savez lire, je suppose?

Alors la mère a accepté, l’honneur de la patrie était en jeu. 

Puis quand venait le moment de la quête, le père faisait rire la fille en lui chuchotant chaque fois cette petite phrase, au moment où il lui remettait la piécette à déposer dans le panier:

– Et ne pas tout dépenser en même temps, hein!

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les mains du père, dernier chapon, dernier Noël avant la maladie

 

 

 

J comme Jean-Claude

Au dernier sommet de Davos, en 2008, à propos des phénomènes qui vont bouleverser l’humanité dans les quinze prochaines années, un futurologue interrogé proposait de n’en retenir que quatre principaux, qui lui semblaient assurés. Le premier est un baril de pétrole à 500 dollars. Le deuxième concerne l’eau, appelée à devenir un produit commercial d’échange exactement comme le pétrole. Nous connaîtrons à la Bourse un cours de l’eau. La troisième prédiction porte sur l’Afrique qui deviendra à coup sûr dans les prochaines décennies une puissance économique, ce que nous souhaitons tous.

Le quatrième phénomène, selon ce prophète professionnel, est la disparition du livre. 

Jean-Claude Carrière, in N’espérez pas vous débarrasser des livres, Entretiens avec Jean-Claude Carrière et Umberto Eco, menés par Jean-Philippe de Tonnac, LdP biblio essais 2009, p.15

C’est toujours un exercice amusant, de confronter les prédictions d’un futurologue à la réalité. Par exemple le baril de pétrole, pour ceux qui aimeraient savoir, est à 69 dollars au moment de la rédaction de ce billet. Pour les autres prédictions, chacun sait ce qu’il en est.

D’ailleurs Madame fait beaucoup rire ses élèves en leur racontant comment on s’imaginait l’an 2000 quand elle avait dix ans.

L’an 2000, c’est l’année de leur naissance 🙂

Mais la palme de l’humour revient à Umberto Eco, en voici juste deux ou trois exemples:

Le livre est comme la cuiller, le marteau, la roue ou le ciseau. Une fois que vous les avez inventés, vous ne pouvez pas faire mieux. Vous ne pouvez pas faire une cuiller qui soit mieux qu’une cuiller. Des designers tentent d’améliorer par exemple le tire-bouchon, avec des succès très mitigés, et la plupart d’ailleurs ne fonctionnent pas. Philippe Starck a essayé d’innover du côté des presse-citron, mais [il] laisse passer les pépins.

Umberto Eco, in N’espérez pas vous débarrasser des livres, Entretiens avec Jean-Claude Carrière et Umberto Eco, menés par Jean-Philippe de Tonnac, LdP biblio essais 2009, p.17

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Merci pour ce bonheur de lecture!

source de la photo ici

O comme Oremus

défi, souvenir

Ils étaient trois amis qui à seize et dix-sept ans, possédaient déjà une vaste expérience d’enfant de chœur. Ils savaient exactement jusqu’où ils pouvaient aller « trop loin » et ne s’en privaient pas : c’était même une limite qu’ils s’amusaient à transgresser de temps en temps un brin de plus. Sans rien forcer, bien sûr, pour ne pas s’aliéner la sympathie de monsieur le curé. 

La semaine pascale offrait les occasions les plus intéressantes de se divertir, en particulier la messe du samedi soir, celle où on renouvelle ses vœux de baptême. 

Parmi les préparatifs à la sacristie – le bénitier et son goupillon, la grande croix d’argent et l’encensoir – il y avait aussi ce moment où ils procédaient à un discret tirage au sort pour décider lequel des trois aurait l’immense joie – et la grande responsabilité – de tenir le seau d’eau bénite. 

Le goupillon, une énorme brosse à longs poils noirs, même trempée légèrement dans le seau, déversait une belle ondée sur les fidèles qui restaient stoïques, tête baissée. Il suffisait de peu de choses, enfoncer un peu plus le goupillon, rehausser légèrement le seau au moment du trempage, et c’était la grosse averse. 

Le plus dur alors pour nos enfants de chœur, c’était de garder leur sérieux pendant toute la promenade dans la travée centrale, quand monsieur le curé aspergeait abondamment à gauche et à droite, et que les gens lui présentaient spontanément leur dos en rentrant la tête dans les épaules. 

Après leur passage, il y avait de belles flaques par terre et les porteurs de lunettes sortaient un grand mouchoir pour essuyer leurs verres. 

Seul celui qui marchait devant avec la lourde croix d’argent ratait ce beau spectacle et se promettait que l’an prochain, ce serait son tour de rigoler. 

*** 

écrit pour le Défi du samedi 

E comme écouvillon 

photo prise à Abbeville en novembre 2016

Z comme zlip

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Si le « zlip » ne vous dit rien, c’est que vous ne connaissez pas Cécile Hudrisier, et c’est bien dommage! 

J’aime sa façon de dessiner, j’aime ses découpages souvent minuscules, ses tableautins si précis, colorés et joyeux. 

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J’aime son savoir-faire et sa façon de nous montrer sur son blog comment elle procède, comment l’idée de l’album prend forme, comment l’album lui-même se construit, petit à petit. 

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Et je suis fan, très fan, de son humour « zlip » kiss 

*** 

source photo 1 avec les ponchos et bonnets péruviens ici

source photo 2 l’éléphanteau cycliste ici 

source photo 3 la souricette et les pinces à linge ici 

*** 

Ma dernière série préférée? celle de la préparation du livre de comptines pour chanter l’Afrique, où vous pourrez voir le zèbre qui joue du djembé, le léopard en sarouel et l’hyène en boubou. Adorables! 

R comme Roland

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L’Adrienne a beaucoup ri 

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en observant ces musiciens de « heavy metal » épuisés, 

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écroulés sur leur plateau tournant,
comme échoués sur un radeau.

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Death Fucking Metal, 2014
Death Fucking Metal (blue) (yellow) (red), 2014

« Un grand podium rond, de trois étages, tourne lentement. Une trentaine de stars du rock d’un certain âge sont allongées, à bout de forces, entre les instruments et les amplis. Koen Theys (1963, Bruxelles) a préparé l’installation vidéo à l’aide d’une maquette, qui est également présentée ici. C’est au cours d’un concert au vélodrome ‘t Kuipke que Koen Theys a pris trois gigantesques photos panoramiques. Il ramène le grotesque du spectacle original à un panorama plus serein. » 

texte repris du site officiel 

photos prises le 15 décembre dans le grand hall d’entrée du Kursaal d’Ostende