M comme moineau

Toute contente, l’Adrienne, de voir ce moineau posé sur la clôture des framboisiers, dimanche dernier.

Il faudrait qu’elle lui trouve de quoi nicher, l’an prochain, parce que le voisin a enlevé de son mur – désormais nu et blanc – le revêtement derrière lequel un couple avait élevé ses petits, l’été dernier.

Tout savoir sur nos moineaux?

C’est ici!

F comme figues

Photo de Magda Ehlers sur Pexels.com

Mercredi vers dix heures du matin, on sonne à la porte de l’Adrienne.

En allant ouvrir, elle se demande quelle sorte de vendeur de calendrier elle va trouver, mais elle se trompe: il y a là un homme avec un petit garçon – pourquoi n’est-il pas à l’école, celui-là? – qui lui demande si le figuier dans le jardinet contre le mur de la maison est à elle – ben oui, à qui serait-il donc? – et s’il peut cueillir quelques figues pour son gamin – un enfant déjà fort grassouillet, mais soit, mieux vaut une poignée de figues qu’un sachet de chips.

– Elles ne sont pas mûres, elles ne mûrissent plus, dit l’Adrienne, je ne crois pas que vous en trouverez de bonnes à manger.

Mais il a tout de même été voir, a enjambé la petite clôture, piétiné le romarin et pris quelques fruits pour son fils qui les a dévorés sans tarder.

Et voilà, se dit l’Adrienne en refermant sa porte, voilà pourquoi il n’y a plus de figues mûres sur l’arbre, des passants passent et se servent.

Ça fait déjà quelques semaines qu’il n’y a plus de figues mûres, sauf du côté de la porte de la cuisine, où le passant qui passe risquerait d’être pris en flagrant délit 😉

U comme urticant

Photo de Magda Ehlers sur Pexels.com

Les années précédentes l’Adrienne ne l’avait pas remarqué – il est vrai qu’au fil des ans la récolte devient plus conséquente, donc aussi le temps passé sous le feuillage – mais après la première grosse cueillette de figues, elle avait des rougeurs sur les bras et le décolleté, avec ce genre de démangeaisons comme après un bain d’orties.

Donc ces dernières semaines, elle met un pull manches longues, boutonné jusqu’au menton, avant de s’aventurer entre les branches de son arbre, alors qu’il faisait 30° à peu près tous les jours.

– Et dire, soliloque l’Adrienne, que selon la Genèse c’est avec des feuilles de figuier qu’Adam et Eve ont dû couvrir leur nudité…

Voilà un dieu bien cruel!

N comme nature, nature!

La Retraite sentimentale - Colette - Folio

À travers les allées rompues sous la vigne vierge qui tend vers nous ses avides crochets, je l’emmène jusqu’au jardin d’en bas, terrasse chaude, étroit jardin de curé où je soigne mes fleurs communes, phlox que le soleil violace, aconits dont le bleu se délaie, soucis ronds et vermeils comme des mandarines, beaux œillets d’Inde en velours marron et jaune comme des frelons, nichés au petit fer, serrés dans leur calice qui éclate… Le long de l’espalier, un rideau de rosiers défend le pied des pêchers et des abricotiers et je caresse des yeux, en passant, les abricots déjà mûrs, chair lisse que le soleil rehausse de grains de beauté noirs.

Colette, La retraite sentimentale, titre qui clôt la série des Claudine, p.150 – d’autres larges extraits à lire ici. – source de l’illustration et info sur le site de l’éditeur ici.

Colette est toujours au mieux de sa forme quand elle parle de nature, de jardins, de fleurs, de fruits ou d’animaux 🙂

Stupeur et tremblements

Déjà dans le « jardin d’avant », l’Adrienne s’efforçait de respecter au maximum le bien-être écologique: pas de pesticides, uniquement des engrais naturels, du compost, la rotation des cultures en quatre parcelles…

Avec des plans de jardinage de plus en plus compliqués au fil des ans s’il fallait aussi tenir compte des légumes qui apprécient la compagnie de certains autres ou au contraire la détestent. Ceux qui aiment la présence de tagètes ou de capucines. Ceux qui détestent les glaïeuls 😉 Mettre les rangs d’oignons à côté des carottes ou du persil, pas auprès des fèves, des pois ou des haricots…

Maintenant qu’elle n’a plus qu’un petit jardin de ville, la situation est différente. Mais la volonté de respecter la nature est toujours intacte.

Alors l’idée lui est venue de se lancer dans la permaculture.

Il existe de nombreux tutoriels sur le sujet et des tas de vidéos pour aider pas à pas ceux qui sont désireux de « monter une planche » pour y cultiver des fraisiers ou des tomates. Mais s’il s’agit du concept total pour le jardin, il vaut mieux faire appel à un spécialiste.

L’Adrienne en a trouvé un pas loin de chez elle et l’a contacté pour lui expliquer son souhait et sa situation.

– Je vous recontacte dès la fin du confinement, lui a-t-il répondu.

De sorte que début juillet, elle a reçu une offre.

Le spécialiste s’occuperait de faire son plan de jardin et proposait un premier rendez-vous pour en discuter, prendre les mesures, vérifier l’ensoleillement etc.

Mais là où l’Adrienne a failli tomber à la renverse, c’est en voyant le prix de ce premier rendez-vous, au bas du feuillet:

Le prix de cette visite et de la rédaction du rapport de visite s’élève à 450 EUR HTVA, soit 544,50 EUR TVAC, dont 50% seront payés à la signature de la présente offre pour accord et dont le solde sera dû à la remise du rapport de visite.
Deux fois.
Deux fois elle l’a lu et relu, espérant qu’il y avait un zéro en trop.
Une fois la stupeur passée, elle a poliment répondu au spécialiste que si déjà la première visite coûtait plus de cinq cents euro, elle se rendait bien compte que la permaculture n’était pas faite pour un budget comme le sien.
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les photos ci-dessus sont du « jardin d’avant », sauf les deux premières avec la mâche, les tomates cerises et les figues, qui sont du jardin actuel.

G comme Grand-Père

ça se passe comme ça,vie quotidienne

Le jardin de grand-mère Adrienne, c’était un bout d’herbe qu’on appelait « den bliek » parce que c’est là qu’autrefois – bien avant la naissance de mini-Adrienne – on faisait sécher le linge.

Tout autour il y avait des fleurs et des arbustes qui mettaient de la couleur en toute saison. C’est dans une des vasques de sa grand-mère que mini-Adrienne mettait ses pépins de pomme ou ses noyaux de cerise à germer. La culture des pépins de pommes était la plus gratifiante.

Dans un coin, près du kot où étaient rangés les outils de bricolage et de la ferraille rouillée – qu’on utilisait pour bleuir l’hortensia – il y avait l’objet de toute la ferveur de grand-père: la gloriette où il faisait pousser une clématite violet foncé.

Chaque printemps les jeunes pousses étaient précieusement attachées par un petit fil aux tubes de métal, et mini-Adrienne passait le travail en revue, pour voir si rien n’avait été oublié. C’est comme ça qu’à six ans, on se croit utile.

C’est toujours au moment où les pépins de pomme avaient donné des plantules de dix à trente centimètres que grand-mère les arrachait sans état d’âme et pour mini-Adrienne il était fort dur d’admettre qu’effectivement, ces petites vasques n’étaient pas l’endroit idéal pour y faire pousser des arbres fruitiers.

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Ecrit pour 13 à la douzaine avec les mots imposés suivants: 1 fil 2 admettre 3 ferveur 4 revue 5 gloriette 6 herbe 7 cerise 8 trente 9 ferraille 10 penaud 11 vasque 12 reconstruire et le 13e pour le thème : naissance
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photo de ma clématite, toute pareille à celle de mon grand-père, et qui fleurit mon jardinet depuis juin 2014

Défi du 20

132 - Copie

L’Adrienne avait un grand jardin, des arbres et des fleurs de toute beauté et un tas de matériel, comme la brouette de la photo.

Quand elle est venue habiter en ville, elle a trouvé le jardin si petit en comparaison de celui d’avant qu’elle n’a pas jugé utile de déménager tout son matériel de jardinage.
La fidèle brouette est restée là-bas.

Ce qui fait qu’aujourd’hui elle trimbale son tas de terre à l’aide de deux seaux…

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pour le défi du 20 mars, il fallait utiliser beauté + brouette

photo dans le jardin d’avant, prise 28 mars 2011, après une première tonte de gazon qui était surtout un ramassage de feuilles mortes – le magnolia soulangeana commence à montrer un peu de couleur 🙂

O comme objectivement!

Quand elle s’est réveillée, elle s’est bien étirée, comme d’habitude, a bâillé tout à son aise, et après quelques exercices d’assouplissement – le dos, surtout, en a besoin – elle s’est décidée à se lever.

Ferait-elle d’abord un brin de toilette ou commencerait-elle sa journée par le petit déjeuner?

Ses pas se dirigeaient vers la cuisine, le choix était donc fait.
Boire un peu d’eau, avant tout.
Puis grignoter deux ou trois petites choses, en se concentrant sur ce qu’on est en train de faire.
Ne pas se laisser distraire par le chien.
« Sur ton tapis! » lui crie-t-on. Et il obéit. Brave bête.

Après le déjeuner et encore quelques exercices d’étirement, il est l’heure de faire sa toilette. Un regard sur le jardin lui apprend que la terrasse est bien sèche, on ira peut-être faire un tour sans tarder. Il y a un nid de campagnols, sous la provision de bois. Une affaire à suivre!

Ah! elle le savait bien, que la seule réincarnation valable, c’était chat chez l’Adrienne.
En toute objectivité 😉

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texte écrit pour le challenge de l’Atmosphérique avec la consigne suivante: 

un matin, vous vous réveillez dans la peau de quelqu’un d’autre – personne réelle ou  personnage imaginaire / animal / créature… Décrivez votre nouvelle allure, vos sensations, vos pensées, vos émotions, votre état d’esprit dans ce nouveau corps / cette nouvelle enveloppe.

F comme file-moi ton slip

Depuis ce début de février, des amis jardiniers déplorent de ne pas habiter en Wallonie picarde (voir ici) car on y annonce l’organisation du test du slip.

Comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessus, la chose ayant déjà eu lieu l’an dernier en un tas d’autres endroits, par des agriculteurs et des viticulteurs désireux de tester (ou de démontrer) la qualité de leurs sols: vous enterrez un slip en coton blanc, bien à plat, à quinze centimètres de profondeur et vous attendez exactement deux mois avant de le faire remonter à la surface.

Plus il est détérioré, plus il atteste de la bonne qualité de votre sol.

Donc si vous êtes en Wallonie picarde, vous pouvez vous inscrire (ici), toutes les données sont et l’enterrement du slip doit avoir lieu le premier avril – on a cherché et trouvé une date un peu ludique parce qu’il faut que ce soit aussi F comme FUN 😉

Première impression

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Pour ceux que ça intéresse: les petits piquets métalliques et le bord fraîchement bétonné indiquent où sera la voie carrossable et quel espace sera réservé au trottoir et à la piste cyclable.
On commence à avoir une première impression de l’aspect final…

Les deux derniers hortensias, qui avaient survécu à toutes les avanies précédentes, ont été définitivement piétinés.

Mais la fin des travaux est en vue: il semble que la date finale – vers le 20 mai 2020 – sera respectée.

En attendant cet heureux jour, on patauge dans la boue.

Vous savez bien, celle qui est jugée trop dangereuse pour la sécurité du facteur 😉