Question existentielle

Startshow Poëzieweek 2020

Le poème de Francis Ponge et sa traduction publiés hier ici même, viennent d’une anthologie exposée à la bibliothèque communale à l’occasion de la journée de la poésie, le 30 janvier prochain.

De moderne Franse poëzie, une anthologie réalisée par Guus Luijters et publiée à Amsterdam (uitgeverij L.J.Veen) en 2001, avec le soutien du Ministère français des Affaires étrangères et de L’institut français des Pays-Bas.

Qu’une telle publication ait besoin de ces soutiens-là devrait déjà vous mettre la puce à l’oreille. Mais voyez ce que dit l’auteur dans sa préface:

Dat er altijd een bloemlezing uit de Franse poëzie in druk zou zijn, leek mij zo voor de hand liggend dat ik naar het boek zelf nooit op zoek ben gegaan. Op een dag kwam ik tot de ontdekking dat de door mij veronderstelde anthologie een gedroomde anthologie was. Alle poëzieën bleken in onze taal hun bloemlezing te hebben, de Russische en de Duitse, de Italiaanse en de Surinaamse, de Amerikaanse en de Spaanse, maar zo niet de Franse. 

Il me semblait tellement évident qu’il y ait toujours une anthologie de la poésie française à l’impression, que je ne suis jamais allé à sa recherche. Un jour j’ai constaté que ce que je supposais était en fait resté au stade du rêve. Toutes les poésies semblaient avoir leur anthologie dans notre langue, la russe et l’allemande, l’italienne et la surinamaise, l’américaine et l’espagnole, mais pas la française.

Bien sûr, le public qui lit et achète de la poésie est extrêmement réduit.
Bien sûr, on trouve déjà tellement sur internet.
Bien sûr, en Flandre en tout cas, le public lisant la poésie est assez cultivé pour la lire et la goûter dans sa langue d’origine en français.

Mais tout de même: que ce soit la littérature en néerlandais traduite en français ou le contraire, on arrive au même constat.

C’est marginal.

source de l’illustration ici.

P comme Ponge, parti pris et plaisirs de la porte

porte Ponge

Koningen raken geen deuren aan.

Zij kennen dit geluk niet: zachtjes of bruusk een van die
grote, vertrouwde panelen voor je uit duwen, je er naar
toekeren om haar weer te sluiten – een deur in je armen
houden. …

Het geluk om een van die hoge obstakels van een
kamer in zijn buik vast te grijpen bij zijn porseleinen
knop, dat snelle lijf-aan-lijf, waarbij men een moment de
pas inhoudt, het oog opengaat en het hele lichaam zich
aanpast aan zijn nieuwe behuizing.

Met een vriendschappelijke hand houdt het hem nog
vast, voordat het hem met een beslist gebaar terugduwt
en zich insluit – wat de klik van de krachtige, maar goed
geoliede veer op aangename wijze bevestigt.

Francis Ponge, Le parti pris des choses, NRF, Poésie/Gallimard, Paris, 1942 – traduction en néerlandais par Piet Meeuse, Namens de dingen, De Bezige Bij, Amsterdam, 1990. 

source de l’illustration ici.

M comme Mientras duermes

lakévio110
Mientras duermes
tu mano me transmite imprevistamente una caricia.
¿Qué zona tuya la ha creado,
qué autónoma región del amor,
qué parte reservada del encuentro?
Mientras duermes
te conozco de nuevo.
Y quisiera irme contigo
al lugar donde nació esa caricia.
Roberto Juarroz (1925-1995), Poesía vertical
Terwijl je slaapt
Geeft je hand mij onverwacht een streling.
Welk deel van jou schiep ze,
Welk zelfstandig gebied van de liefde,
Welk voorbehouden ontmoetingsplekje?
Terwijl je slaapt
Maak ik opnieuw kennis met jou.
En ik zou met jou willen gaan
Naar de plaats waar deze streling ontstond.
(traduction de l’Adrienne)
Pendant que tu dors
Ta main me transmet inopinément une caresse.

Quelle part de toi l’a créée,
Quelle région autonome de l’amour,
Quel endroit réservé de la rencontre?
Pendant que tu dors
Je refais ta connaissance.
Et j’aimerais partir avec toi
Pour le lieu où est née cette caresse.
(traduction de l’Adrienne)
Merci à Colo chez qui vous trouverez une autre traduction française (par Roger Munier).
La photo vient d’une ancienne consigne de Lakévio.

R comme Roth

roth

A défaut de pouvoir y aller cet été, on peut lire les merveilleux reportages qu’en a faits Joseph Roth, de ces « villes blanches » du midi de la France.

Même si on ne les a trouvés que dans une traduction en néerlandais et qu’il peut sembler un peu bête de traduire en français une traduction de l’allemand en néerlandais, tant pis on le fait 🙂

Zal de wereld er ooit uitzien als Avignon? Hoe dom is de angst van bepaalde staten, zelfs als ze Europees gezind zijn, dat de ‘eigen aard’ verloren zou gaan en dat de kleurrijke mensheid één grijze soep zou worden! Maar mensen zijn geen kleuren, en de wereld is geen schilderspalet! Hoe meer vermenging, hoe sterker de eigen aard! Ik zal deze prachtige wereld niet meer meemaken, waarin iedere mens het geheel in zich draagt […] Dan bereiken we het hoogste stadium van de humanité. En humanité is de cultuur van de Provence, van wie de grote dichter Mistral ooit verbaasd antwoordde op de vraag van een geleerde welke rassen in dit deel van zijn land wonen: ‘Rassen? Maar er is maar één zon!’ (p.57)

Est-ce que le monde un jour ressemblera à Avignon? Quelle bêtise, de la part de certains Etats, même de ceux qui sont favorables à l’Europe, quelle bêtise cette angoisse de perdre la ‘propre identité’, cette angoisse de voir l’humanité si diverse devenir une masse grise! Les gens ne sont pas des couleurs et le monde n’est pas une palette de peintre! Plus grand le mélange, plus forte l’identité! Je ne verrai pas ce monde merveilleux dans lequel chacun porte en soi la totalité […] mais c’est alors que nous aurons atteint le summum de l’humanité. L’humanité, c’est la culture de la Provence, dont le grand poète Mistral a dit un jour, étonné par la question d’un savant qui voulait savoir quelles races habitaient cette région de son pays: « Races? Il n’y a qu’un seul soleil! »

(traduction de l’Adrienne)

source de la photo ici et bio de Joseph Roth (en français) ici.

Premier, première!

Allereerste kaft van Kuifje-strip geveild voor miljoen euro

L’illustration originale, qui a été la première page de couverture du premier album de Tintin, a été vendue aux enchères à Dallas (USA). Inutile, je pense, de traduire les prix ci-dessous 🙂

In het Amerikaanse Dallas is de originele illustratie van de eerste kaft van een Kuifje-strip onder de hamer gegaan voor 1,125 miljoen dollar (992.000 euro). Dat heeft het veilinghuis Heritage Auctions verklaard.

Ce dessin a été publié le 13 février 1930. Il nous montre Tintin en reportage au pays des Soviets, en train de tailler une hélice en bois pour son avion. Milou l’observe, entièrement saucissonné dans des bandages, 

De tekening werd op 13 februari 1930 gepubliceerd en toont Kuifje op reportage in het land van de Sovjets, terwijl hij uit een boomstam een propeller maakt voor zijn vliegtuig. Zijn hondje Bobby kijkt naar hem, helemaal ingepakt in verbanden.

Les aventures de Tintin au pays des Soviets ont été publiées dans Le petit Vingtième, le supplément hebdomadaire du journal belge Le Vingtième Siècle, à partir de janvier 1929. Vu son succès, la BD de Tintin passe de huit à seize pages puis est imprimée séparément, à partir du 13 février 1930, avec la planche ci-dessus en couverture. Le premier album ne paraît qu’en septembre 1930. 

Hergé publiceerde de avonturen van ‘Kuifje in het land van Sovjets’ vanaf januari 1929 elke week in de krant Le Petit Vingtième, het kinderkatern van de Belgische krant Le Vingtième Siècle. Door het succes van de strip wordt Kuifje uitgebreid van 8 naar 16 pagina’s, en vanaf 13 februari 1930 wordt de strip los van de krant gepubliceerd, met als allereerste kaft de tekening die geveild werd. In september 1930 wordt dan de eerste echte strip ‘Tintin au pays des Soviets’ gepubliceerd.

La plupart des dessins originaux se trouvent à Louvain-la-Neuve, au musée Hergé. La planche vendue à Dallas a été réalisée à l’encre de Chine et à l’aquarelle; elle est signée par Hergé, qui l’a remise aux éditeurs du journal pour servir de couverture. Elle a été retrouvée à Bruxelles. L’identité du vendeur et de l’acheteur n’ont pas été révélées.

De meeste oude kaften van de Kuifje-strips bevinden zich in het Hergé-museum in Louvain-la-Neuve. De tekening die zaterdag verkocht werd in Dallas is gemaakt met Chinese inkt en waterverf, en is door Hergé gehandtekend. De tekening werd door Hergé aan de krantenuitgever overgemaakt om op de kaft te drukken, en werd uiteindelijk in Brussel gevonden. De identiteit van de verkoper en de koper worden niet vrijgegeven.

Tintin pulvérise régulièrement des records lors de ventes aux enchères, d’autres dessins de couverture ont également atteint des sommes de plus d’un million d’euro.

Kuifje breekt regelmatig verkooprecords tijdens veilingen. Het is niet de eerste keer dat oude kaften en tekeningen voor meer dan een miljoen euro onder de hamer gaan.

traduction de l’Adrienne – source de la photo: Heritage Auctions

si vous le désirez, vous pouvez toujours faire une offre 🙂 c’est ici

source de l’article: journal De Standaard du 9 juin 2019.

X c’est l’inconnu

2019-02-23 (1)_LI

« Comment servir de la meilleure musique à vos hôtes », titrait un article de journal vendredi dernier.

Voyons cela, se dit l’Adrienne, que le chapeau de l’article emballe déjà: « Het meest onderschatte ingrediënt bij een goede maaltijd? Dat moet de muziek zijn. », L’ingrédient le plus sous-estimé d’un repas réussi? C’est sûrement la musique. 

En effet, qui ne s’est jamais senti énervé ou irrité par certaines musiques au restaurant? 

D’autant plus emballée, l’Adrienne, que la personne interviewée est une spécialiste de la musique dite classique, qui a travaillé plusieurs années pour la chaîne classique flamande (Klara).

L’article est long, plein de conseils, d’exemples et d’anecdotes, mais de musique ‘classique’… point.

Jusqu’à la fin, au dernier paragraphe, où on peut lire ceci:

« En klassieke muziek, haar biotoop? ‘Wordt totaal niet gevraagd. Alleen voor de Leuvense Faculty Club, ’s ochtends, heb ik een lijst gemaakt, omdat de historiek van deze plek dat dicteert. Maar klassiek, vroeger het etiket van chic en rijk, wordt nu ­geassocieerd met dikke nekken, met onuitstaanbare mensen die in das en kostuum uit eten gaan. De tijden veranderen.’ »

Et la musique classique, son biotope? ‘On n’en demande absolument pas. Ce n’est que pour le Faculty Club de Louvain, en matinée, que j’ai fait une liste [classique], parce que l’histoire du lieu l’impose. Mais le classique, qui avait autrefois l’étiquette chic et riche, se trouve associé aujourd’hui aux grosses têtes, à ces gens insupportables qui se mettent en costume cravate pour aller manger. Les temps changent.’

Traduction de l’Adrienne, qui ne s’en est pas encore remise et essaie de se consoler avec un proverbe, « Onbekend maakt onbemind« , on n’aime pas parce qu’on ne connaît pas. Ou comme disent nos voisins hollandais: « Wat de boer niet kent, dat lust hij niet« .

Mais les temps changeront sûrement encore, Monsieur Neveu, qui n’a pas tout à fait vingt ans, se met en costume cravate pour aller au resto 🙂

photo prise au printemps dernier pour la réunion des anciennes élèves

D comme daft

Si tout se passe comme prévu, hier l’Adrienne a posé le pied – de préférence les deux pieds – sur le sol britannique. Ou plus exactement anglais, le nord de l’Angleterre. Le pays du Brexit et des stiff upper lips.

Pour se préparer au choc culturel, l’Adrienne a lu le bouquin ci-dessous, rédigé et publié en 2017 par deux spécialistes de la Grande-Bretagne, l’un journaliste, l’autre historien. Au chapitre 1, il s’agit de l’importance (bien connue) des traditions.

Mais il commence par le mot ‘daft’:

‘Daft’. Het is geen wasproduct, maar het is het Engelse woord voor ‘gek’. De Engelsen houden wel van dingen die een beetje ‘daft’ zijn. Zoals het feit dat de Lord Chancellor bij de jaarlijkse officiële opening van het parlement zijden kousen draagt en een goud geborduurde ‘robe’. Vaak zie je op zijn of haar hoofd nog een lange grijze pruik. De minister biedt al knielend een stoffen handtas aan de koningin aan, die op een gouden troon zit en een blinkende kroon draagt. Zij haalt daaruit de toespraak van haar premier. Die levert deze op een geitenvel. In juni 2017 werd dat moment verschillende dagen uitgesteld, omdat de inkt immers enkele dagen de tijd nodig heeft om te drogen. Een deel van de pers vond dat het land zich belachelijk maakte. ‘Daft’. Maar de perkamentenmaker – ja, dat is een officiële functie – verweerde zich. ‘Het ligt niet aan het geitenvel. De regering gebruikte de foute inkt!’ Met andere woorden, de traditie maakt zich niet belachelijk, het is de regering die er geen verstand van heeft.

‘Daft’. Ce n’est pas une lessive, c’est le mot anglais pour ‘fou’. Les Anglais aiment les choses un peu folles. Comme le fait que le Lord Chancellor, à l’ouverture officielle du Parlement, chaque année, porte des bas de soie et une robe brodée d’or. Souvent aussi une longue perruque grise. C’est à genoux que le ministre offre un sac en tissu à la reine, assise sur un trône en or et portant une couronne scintillante. De ce sac, elle sort le discours de son Premier ministre. Qui lui est livré sur du chevreau. En juin 2017, cet instant a été remis de plusieurs jours, parce que l’encre a besoin de quelques jours pour sécher. Une partie de la presse a trouvé que le pays se ridiculisait. ‘Daft’. Mais le préparateur du parchemin – oui, c’est une fonction officielle – s’est défendu en disant: ‘Ce n’était pas à cause du chevreau. Le gouvernement a utilisé la mauvaise encre!’ En d’autres mots, la tradition ne se rend pas ridicule, c’est le gouvernement qui n’y connaît rien.

(traduction de l’Adrienne)

Afficher l’image source

lire les premières pages ici.

les auteurs en podcast ici.

la définition du dictionnaire Cambridge ici.