7 contre 1?

On avait expliqué à mini-Adrienne que pour se faire une idée de l’âge d’un chien, il fallait multiplier par sept le nombre de ses années. Ce qui voudrait dire que Chien Parfait (photo de droite) serait mort vers ses 84 ans.

Or une étude récente faite sur 104 labradors golden retriever – comme Ted sur la photo de gauche – démontre que ce n’est (évidemment) pas aussi simple.

On peut voir sur le graphique ci-dessous que l’évolution du chien est beaucoup plus rapide que chez l’homme en début de vie. Le chien d’un an a son génome qui peut être comparé à celui d’un homme de 30 ans. Par la suite, cette évolution va fortement et graduellement ralentir. Le génome d’un chien de quatre ans correspond à celui d’un homme de 54 ans et à 14 ans à celui d’un septuagénaire. L’étude estime que l’espérance de vie du labrador est de seize ans.

Chien Parfait est donc mort trop jeune.

Mais ça, l’Adrienne le savait déjà 😉

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E comme exnovation

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« Vers une économie durable: les défis de l’exnovation » lit l’Adrienne un matin de juin.

C’est fou le nombre de mots nouveaux qui apparaissent ces temps-ci!

« Des chercheurs de l’IGEAT ont obtenu un financement d’Innoviris pour mener à bien leur projet GOSETE sur l’exnovation en Région bruxelloise, soit les processus de déstabilisation, déclin et abandon des modes de production et de consommation non durables. »

Vivement que Monsieur le Goût revienne de vacances et qu’on puisse amuser nos lundis avec ses tableaux 😉

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article ici. photo du 30 août 2019 (Bruxelles, expo à la Villa Empain)

D comme document humain

Ce qu’il y a de bien avec l’ami G***, c’est qu’avec sa bonne quinzaine d’années d’expérience supplémentaire, il n’a jamais manqué de prévenir l’Adrienne, « tu verras, quand tu auras quarante ans… », puis cinquante, soixante ans.

Jusqu’à ce nouveau genou qu’on lui a mis maintenant qu’il est septuagénaire: tous ses conseils et avertissements concernent des aspects physiques.

Chez Isabelle de Courtivron, les aspects physiques du vieillissement ne sont que des phénomènes marginaux, secondaires. Même si c’est sur ce thème-là que le livre s’ouvre, il n’est que l’élément déclencheur d’une réflexion plus profonde.

Bien plus important est le regard des autres, comment on est perçu(e) par les autres dès qu’on a franchi un certain âge. Dès qu’on n’est plus une personne « active », même si comme elle on a encore de nombreuses occupations aux plus hauts niveaux, par exemple dans préparation de la campagne électorale d’un futur Président.

On devient inintéressant. Invisible.

Dès ma retraite, j’ai remarqué que j’étais devenue une femme sans grand intérêt pour les jeunes. Avant, je pouvais au moins offrir des anecdotes, des informations utiles. Maintenant, mon expérience ne compte plus. Mes souvenirs, mes aventures ne les captivent pas. Mes efforts de transmission sont devenus inutiles. Les idées que je veux communiquer, inaudibles. […]
Mais je me prends à penser que, jeune, j’aurais probablement dû être plus indulgente envers les personnes âgées qui essayaient de comprendre mes activités et mon monde, qui espéraient un moment de complicité avec moi.

Isabelle de Courtivron, L’été où je suis devenue vieille, éd. L’iconoclate, 2020, p.41-42.

Ne vous laissez pas décourager par le constat un peu tristounet de ce passage. L’auteur nous offre un document très personnel, lucide, avec quelques regrets – qui n’en a pas – qu’elle assume sans nostalgie:

[…] je dois accepter de ne plus être dans la position de la militante engagée [dans le féminisme], mais celle de l’observatrice solidaire. Ce combat m’a construite, il m’a structurée pendant des décennies et m’a aidée à devenir la femme que je suis. J’y demeure très attachée mais, à présent, d’autres le mèneront. »

Isabelle de Courtivron, L’été où je suis devenue vieille, éd. L’iconoclate, 2020, p.74.

Bref, sur 190 pages qui se lisent avec intérêt, elle se livre: l’enfance, la jeunesse, les combats, la carrière, la vie de couple, le tout ponctué de réflexions sur l’avant, le pendant et l’après.

Un beau document humain.

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Site de l’éditeur et source de l’image ici – lire un extrait ici.

C comme canon

Dans un des livres empruntés à la bibliothèque la semaine dernière, Madame trouve le billet avec le nom de l’emprunteur précédent (une ancienne élève, ’emprunteuse’, ça se dit?) qu’elle contacte aussitôt pour un joyeux petit échange d’impressions de lecture.

Il s’agit d’un des titres de Dimitri Verhulst (qui a eu l’honneur de deux ou trois traductions françaises pour d’autres de ses œuvres) et que Madame découvre ces derniers mois, maintenant qu’elle n’est plus Madame et prend le temps de lire aussi en néerlandais.

Justement ces jours-ci il est beaucoup question des 50 titres faisant partie du « canon littéraire » néerlandophone, donc les œuvres qu’il « faut avoir lues ».

Il en est surtout question à cause d’un auteur qui vient de se voir éjecté de ladite liste en raison de racisme. Madame ne peut s’empêcher d’y voir surtout un effet de mode…

Bref.

Parce qu’en principe les seuls critères pour qu’une oeuvre soit admise dans ce panthéon – qui recouvre huit siècles – c’est qu’elle doit avoir été écrite en néerlandais, publiée il y a au moins 25 ans et que son auteur doit être mort.

Il semblerait qu’il y ait aussi des critères implicites 😉

Huit siècles, ce qui fait qu’en numéro un se retrouve Hendrik van Veldeke, un poète courtois du 12e siècle dont il n’est pas très clair s’il écrivait en « néerlandais » ou en « allemand ».

Soit.

Mettons que c’était du limbourgeois 😉  

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source de l’illustration, info et tous les 50 titres ici.

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Ez sint guotiu niuwe maere,
daz die vogel offenbaere
singent, dâ man bluomen siht.
zén zîten in dem jâre
stüende wol, daz man vrô waere,
leider des enbin ich niht:
Mîn tumbez herze mich verriet,
daz muoz unsanfte unde swaere
tragen daz leit, das mir beschiht. (version d’origine)
Het zijn goede nieuwe tijden
nu de vogels vreugd verspreiden,
zingend, waar men bloemen ziet.
Dit zijn de jaargetijden
die ons graag verblijden,
ik daarentegen ben het niet:
mijn domme hart smoorde mijn lied,
zodat ik hard en zwaar moet lijden
aan het lot dat mij geschiedt.

(traduction en néerlandais et en rimes d’Elvis Peeters)

Ce sont de bonnes nouvelles,
que les oiseaux répandent
en chantant, qu’on voit des fleurs.
C’est l’époque de l’année
qui nous incite à être heureux.
Hélas, je ne le suis pas:
mon cœur insensé m’a trahi,
et doit porter la peine
la plus dure et lourde.
(traduction de l’Adrienne de la première strophe d’un poème de Hendrik van Veldeke)

B comme Black

Moors Blackamoors | Journey to the Source

Tout comme la statue de ce saint Maurice noir dans la cathédrale de Brandebourg, qui date du 13e siècle, la figure de l’homme noir est rarissime dans la littérature de la même époque.

En néerlandais, le tout premier personnage littéraire à la peau noire est Moriaen, dans une chanson de geste du cycle arthurien.

L’oeuvre originale date des environs de l’an 1200 en dialecte flamand (Flandre Occidentale et sud de la Flandre Orientale) mais les manuscrits qui la reprennent ont été rédigés un siècle plus tard en dialecte brabançon de la région de Louvain (Veltem): à la rime, on a gardé le vocabulaire d’origine, à l’intérieur des vers on a choisi les mots brabançons.

Contrairement aux autres héros arthuriens, comme Lancelot, Gauvain, Perceval… Moriaen n’a pas son équivalent dans les différentes langues européennes ayant une littérature de la « matière de Bretagne ».

Son père est Acglavael (Agloval), frère de Perchevael (Perceval), et sa mère une reine mauresque. Sa quête à lui a pour but d’obtenir la reconnaissance paternelle (la légitimité) et de réunir ses parents par le mariage. 

Doe was di swarte ridder blide
Ende scoet ane lanceloets side
Ende ontecte sijn hoeft al daer
Dat pec sward was oppenbaer
Het was di sede vanden lande
More sijn sward alse brande
Maer dat men an ridders soude prisen
Haddi also scone na sire wisen
Al was hi sward wat scaetde dat
An hem was sake di hem messat
Ende hi was langer een haluen voet
Dan enech ridder bi hem stoet
Nochtan was hi van kinscen dagen
Hem begonst so wel behagen
Doe hi horde hare tale
Dat si spraken van acglauale
Dat hi knilde ter eerden neder
Ende walewein. hiuen op weder
Ende seide hem die niemare
Dat haer gelijc een bode ware
Ende behorden tarturs houe
Di werd was van groten loue
Ende si voren beide te male
Percheuale. soeken met acglauale
Die de coninc. beide begeert

***

source de l’illustration ici.

Adrienne aime Albert

Extraits:

« […] une scène de théâtre est un des lieux du monde où je suis heureux. […] Le bonheur […] est une activité originale aujourd’hui. La preuve est qu’on a tendance à se cacher pour l’exercer […].
Je lis souvent sous des plumes austères que des hommes d’action, ayant quitté la vie publique, se sont réfugiés ou se sont abrités dans leur vie privée.
Il y a un peu de mépris, vous ne trouvez pas, dans ces termes de refuge ou d’abri? Et, l’un ne va pas sans l’autre, de sottise.
Pour ma part, je connais au contraire beaucoup plus d’hommes qui se sont réfugiés dans la vie publique pour échapper à leur vie privée. Les puissants, par exemple, sont souvent des ratés du bonheur. De là vient qu’ils ne soient pas tendres.

[…] pour le bonheur, aujourd’hui, c’est comme pour le crime de droit commun: n’avouez jamais! Ne dites pas comme ça, sans penser à mal, ingénument, « Je suis heureux », car aussitôt, vous verriez autour de vous, sur des lèvres retroussées, votre condamnation. « Ah, vous êtes heureux, mon garçon? Et que faites-vous des orphelins du Cachemire? Ou des lépreux de la Nouvelle-Zélande qui ne sont pas heureux, eux, comme vous dites? » […] Et aussitôt, nous voilà triste comme des cure-dents.
Pourtant, moi, j’ai plutôt l’impression qu’il faut être fort et heureux pour bien aider les gens dans le malheur. Celui qui traîne sa vie et succombe sous son propre poids, ne peut aider personne. Celui au contraire qui se domine et qui domine sa vie, celui-là peut être vraiment généreux et donner efficacement. […] »

et pour ceux qui ont une heure à consacrer à un reportage qui fait du bien:

L’Adrienne aime Camus qui aime la chaleur du soleil, ce qui fait tout de même une différence fondamentale entre eux 🙂

L’image contient peut-être : nourriture, texte qui dit ’Il fait chaud dehors? www.alles-ausm-kopf.de Ta gueule. तते’

Premières fois

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Voir le héron dans le ruisseau ou les étangs derrière l’académie de musique, ce n’est pas nouveau.

Mais en voir un dans le centre ville, au bord de l’étang entre le musée et la bibliothèque, surtout un samedi matin, jour de marché, c’était si étonnant et si neuf que l’Adrienne a d’abord cru que c’était une statue.

Ce n’en était pas une et la photo aurait été très belle, prise à si peu de distance, d’une bête parfaitement immobile et prenant la pose, cou et bec bien tendus, malheureusement l’Adrienne n’avait ni appareil ni smartphone…

Par contre à Ostende le 13 juin dernier, elle avait tout ce qu’il fallait pour saisir cet autre instantané de vie animale en centre ville: une mouette est entrée d’un pas décidé dans une maison, comme si c’était la sienne, surveillée par un chat mollement allongé à l’ombre du mur.

***

et dans la même veine, cette heureuse constatation: les passages à faune au-dessus du ring bruxellois sont intensément utilisés par les animaux

Z comme zeevonk

Images de Bredene

Ce mois-ci l’Adrienne a encore appris un nouveau mot, zeevonk en néerlandais, et apparemment en français surtout connu sous son nom latin, noctiluca scintillans.

Des photos et des vidéos de merveilleuses vaguelettes d’un bleu fluorescent ont fait le tour de nos réseaux sociaux et journaux, après qu’elles avaient été observées sur la plage de Bredene, près d’Ostende

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Un phénomène relativement neuf dans notre mer du Nord, une autre conséquence – et une preuve, s’il en fallait encore – du réchauffement climatique.

Toute l’info en français ici, avec des explications sur le phénomène et d’autres photos – source des photos et article en néerlandais ici.

Y comme Yvonne

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Elle, je l’ai aimée tout de suite. Ses beaux yeux verts. Son élégance proprette. Son grand calme. Son sens de l’organisation, qui lui laissait plus de loisirs qu’à n’importe qui d’entre nous.

Bien sûr, il a fallu du temps pour qu’elle m’accepte. Mais j’ai su me montrer patient. Juste assez présent et juste assez silencieux pour que peu à peu elle se rapproche de moi. J’en ai été très heureux.

Et puis… et puis Snowball a été chassé par Napoleon et à la ferme, l’enfer a commencé…

***

texte écrit pour le 45e devoir de Lakevio du Goût, que je remercie: 

Ce couple me dit quelque chose, mais quoi ? Et à vous ? Que dit-il ?