T comme tacot

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Il lui aurait bien fait le coup de la panne, mais vu que c’était toujours elle qui conduisait, il allait devoir trouver autre chose.

– Nous sommes arrivés, mon Général, fit-elle en coupant le moteur.
– Merci Kay!

ll soupira.

Une fois de plus, le trajet avait été bien trop court.

source de la photo ici

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écrit pour le Défi 673 du samedi où Walrus – merci à lui! – proposait la photo du tacot ci-dessus, qui m’a fait penser à la deuxième guerre mondiale et au chauffeur féminin du général Eisenhower.

R comme reconnaître

Ce sont de petites photos carrées aux bords dentelés.
Elles doivent dater d’avant novembre 1952, puisque le 26 de ce mois-là, le grand-oncle Julien, père du marié, est décédé à l’âge de 54 ans.

On le voit ici entouré de son épouse et de leurs deux fils, l’aîné qui s’est marié en grand tralala ce jour-là et le cadet, qui a « enlevé » son amoureuse pour l’épouser à Gretna Green.

Bientôt il n’y aura plus personne pour savoir qui se trouve sur cette série de 15 photos: déjà l’Adrienne a du mal à en reconnaître quelques-uns, les frères et sœurs de son grand-père paternel sont presque tous morts avant sa naissance, et il y a fort à parier que les petits-enfants des jeunes mariés de 1950 en soient encore moins capables qu’elle.

Pourtant, suite aux terribles inondations qui ont dévasté de nombreuses communes belges, l’Adrienne s’est de nouveau posé la question de savoir ce qu’elle devrait « sauver » avant tout, si ça lui arrivait et si elle en avait le choix.

Et comme les autres fois où elle y a réfléchi, elle a conclu que c’est une triste chose de perdre la mémoire de la famille.

Comme disait la maman de cet élève dont la maison a brûlé: tout le reste peut se remplacer.

Le défi du 20

Je ne veux bien sûr pas arrêter le progrès,
Je ne veux me passer d’un repasse-limaces,
Mais je veux imiter d’un Pétrarque la grâce,
Ou la voix d’un Ronsard, pour chanter mes regrets.

Comme ceux au tableau bien écrits à la craie,
Permettant d’effacer leurs plus grandes audaces :
Moi, qui suis agitée d’une fureur plus basse,
Je n’entre si avant en si profonds secrets.

Les moules à tartelettes, appareils à raclette,
Calculettes à boulettes ou four bouffe-galettes,
Sans rechercher ailleurs plus graves arguments,

Aujourd’hui, c’est décidé, je m’en délivre
Au lieu de m’aider, ils m’empêchent de vivre:
Non, je n’ai plus besoin de tous ces instruments.

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Merci à Lilousoleil qui proposait pour le 20 de ce mois raclette et regret.

Le texte est un pastiche du Sonnet IV de Du Bellay (Les Regrets, 1558, à lire en ligne ici.)

U comme une trottinette

La photo doit dater du printemps de 1934: la petite sœur a presque trois ans, le grand frère, qui tient tout l’équipage en équilibre, en aura neuf en juillet et le blondinet du milieu, qui est le papa de l’Adrienne, a six ans.

Ils sont sur la trottinette du grand frère, rassemblés devant la porte de la chapellerie paternelle.

Sur le seuil, on voit encore un pied. Le reste de la personne a soigneusement été ‘gommé’ par le photographe: une femme enceinte ne se faisait pas photographier.

C’est bien dommage, parce que ce serait une des dernières photos de la maman du trio: elle mourra à la naissance de son quatrième enfant.

Tout comme la petite sœur, tombée malade l’hiver d’après.

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Vous comprenez, maintenant, pourquoi je n’ai pas envoyé ma participation aux joyeux drilles du Défi du Samedi?

Le défi du 20

Ce que l’Adrienne préfère à Ostende, c’est la quiétude d’endroits comme celui-ci, het Bosje.

Où les seuls bruits qu’on entend sont les ahanements d’un joggeur qui viennent troubler les chants d’oiseaux et le bruissement du vent dans les feuilles.

C’est pourquoi elle espère que cette année les activités tonitruantes organisées par une chaîne de radio auront de nouveau lieu sur la plage et pas dans la paix du Bosje: qu’ils aient planté leur tente là en 2020 sous prétexte de pandémie, c’est pire que le chien dans le jeu de quille, c’est une aberration.

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Et si vous passez par Ostende, ne manquez pas non plus le jardin japonais 🙂

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participation au défi du 20 organisé ce mois-ci par Lisamax qui proposait quiétude et quille. Merci à elle!

Photo prise à Ostende (Bosje) le 8 juin dernier.

Le défi du 20

Orange Ocean View
photo libre de droits source ici

Elle était aquarelliste mais souvent elle hésitait à peindre ce qu’elle voyait vraiment: les couleurs du ciel ou de l’océan étaient d’une audace folle.

Violentes.

Rarement mièvres.

Ce n’est pas donné à tout le monde, la peinture réaliste!

idem

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pour le défi du 20 chez Mamylor qui demandait d’illustrer océan et orange.

J comme j’imagine

76ème devoir de Lakevio du Goût

devoir de Lakevio du Goût_76.jpg

Quand l’Adrienne et l’homme-de-sa-vie ont acquis une maison à eux, dans une verte campagne, il a fallu qu’elle enquête: qui, avant eux, y avait vécu? comment était leur vie?

Elle a ainsi pu remonter jusqu’aux premiers, ceux qui l’avaient construite juste après la guerre de 14 et y avaient élevé cinq enfants.

Puis des gens de la ville l’avaient rachetée mais ils n’y avaient pas tenu le coup deux ans.
Alors elle était devenue seconde résidence et enfin, le dernier lieu de séjour d’un couple de retraités.

Quand l’Adrienne est en voyage, elle voudrait faire le même genre d’enquête pour de nombreux lieux: qui a vécu ici? dans quelles circonstances?

Que ce soit pour le forum romanum ou l’île Saint-Louis, vivement qu’on invente la machine à remonter le temps: l’imagination seule ne suffit pas 🙂

D comme délurée

75ème devoir de Lakevio du Goût

devoir de Lakevio du Goût_75.jpg

Ah! il en fallait, des idées, de l’ingéniosité, de l’audace!

Du talent d’actrice 🙂

Il en fallait des scénarios, des complices et un brin de chance aussi, pour que tout se passe bien.

Et que la Tantine puisse voir – une heure, une heure seulement – son amoureux.

– Je vais promener la petite! disait-elle à sa mère et la voilà partie avec mini-Adrienne dans son landau.

Puis dans sa poussette.

Quand mini-Adrienne a deux ans, sa Tantine en a dix-sept et son amoureux dix-neuf.

Hélas les mini-Adrienne ne restent pas assez mini pour qu’on ait besoin de les promener.

Il fallait trouver autre chose.

Une invitation de cousine Colette.
La complicité de tante Simone.
L’appel d’une amie…

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Vous vous rendez compte de ce qu’il faut continuellement inventer, du travail et de l’énergie que ça demande?

Puis un jour, une voisine, une cliente, une connaissance, vous a vue avec un jeune homme.
Vous en avez assez d’inventer, de mentir.
Alors vous décidez de le présenter à la famille.

Et voilà, vous êtes fiancée 🙂

Vous pouvez emmener mini-Adrienne boire son premier coca cola.

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Merci à Monsieur le Goût d’avoir donné une consigne même en ce week-end de Pâques 😉

Vous ne connaissez peut-être pas le jardin des Tuileries. Il n’a pas changé depuis les années soixante et je le reconnaîtrais entre mille. Nous n’étions pas encore des mamies et des papys. Mais je suis sûr que nos âmes sont mieux préservées que nos corps. Que vous dit cette photo des années soixante ? Elle me dit, comme le chantait François Hardy « Tant de belles choses » … À lundi, vous avez sûrement quelque belle histoire à dire.

Le défi du 20

Quelle coïncidence, s’exclame l’Adrienne – oui, elle se parle à elle-même, et encore plus qu’avant, histoire de vérifier si sa voix est encore là, et puis quelle merveilleuse liberté d’expression, nul n’est là pour la contredire – bref ‘Quelle coïncidence‘ s’exclame l’Adrienne, en voyant la carte postale que Tania a envoyée à une amie blogueuse canadienne.

– J’ai failli t’envoyer exactement la même, lui écrit l’Adrienne.

Mais jusqu’à aujourd’hui, personne n’a répondu sur le blog canadien non plus 😉

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La libellule (1903) est une œuvre de l’orfèvre et sculpteur belge Philippe Wolfers (1858-1929) – plus d’info ici – texte écrit pour le Défi du 20 – Lettre L – Passiflore demandait d’utiliser libellule et liberté.

P comme Progrès

grayscale photo of man and woman sitting on car hood
source Immo Wegmann

C’était l’époque où on passait l’auto au polish pour que ses chromes brillent au soleil.

L’époque où on vérifiait le niveau d’huile, parce que c’était la question que le grand-père ne manquait jamais de poser.

Et l’époque où on avait toujours un jerrycan dans le coffre…

– Tu m’attends là? disait l’homme. Je vais voir si on peut avoir de l’essence quelque part.

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la véritable histoire de la Fiat est racontée ici et ici 🙂