E comme errance

Fatigué d’errer entre tours de bureaux et chantiers, j’ai fini par atterrir, au détour d’une rue grouillante, dans un minuscule bar à nouilles dont les tables encombrent le trottoir. Là, j’avale mon bol de soupe au milieu de vieux Chinois indifférents. La première fois, j’ai commandé Dieu sait quel plat en montrant du doigt une phrase en chinois sur la feuille tachée servant de menu. Depuis, dès que je me pose sur un tabouret, le cuisinier m’apporte le même brouet, quelle que soit l’heure, sans attendre ma commande.

Alain Berenboom, Hong Kong Blues, éd. Genèse, Paris-Bruxelles, 2017

Moe van het dolen tussen torenflats en bouwterreinen, ben ik na een straat bomvol mensen, uiteindelijk terechtgekomen in een piepkleine noedelbar waarvan de tafels de stoep versperren. Daar drink ik mijn soep op, te midden van oude, onverschillige Chinezen. Bij mijn eerste bezoek heb ik god weet wat besteld door met de vinger te wijzen naar iets in het Chinees op het vieze blaadje dat de menukaart voorstelt. Sindsdien, zodra ik op een krukje ga zitten, brengt de kok me hetzelfde brouwsel, om het even hoe laat het is, zonder te wachten op mijn bestelling.

Traduction de l’Adrienne, réalisée pour Found in translation, Passa Porta 2018

Cela fait un mois que je tourne en rond. Les flics locaux ne veulent pas croire que j’ai perdu mon passeport. Encore moins qu’on me l’a volé. Il paraît qu’il n’y a pas de malandrins à Hong Kong. Pas un seul pickpocket, tire-laine ou vide-gousset. Pas le moindre truand, même dans les Nouveaux Territoires, réputés plus interlopes. Et les fameuses triades ? Encore une invention de romanciers en mal d’exotisme ? Non, Monsieur. Mais elles ne s’intéressent qu’aux crimes industriels, drogue en containers, escroqueries bancaires et détournements financiers. En toute légalité. Pas à des combines minables. Donc, si je n’ai plus de passeport, c’est que je l’ai vendu.

Een maand dat ik ronddool. De plaatselijke flikken willen niet geloven dat ik mijn paspoort kwijt ben. Nog minder dat het gestolen is. Naar het schijnt zijn er geen boefjes in Hongkong. Geen enkele zakkenroller, kruimeldief of jatter. Niet één gangster, zelfs niet in de New Territories, ondanks hun louche reputatie. En de beruchte triades? Is dat ook al een uitvinding van romanschrijvers op zoek naar exotisme? Neen, mijnheer. Maar ze tonen enkel interesse voor misdaad op industriële schaal, drugs in containers, bankenzwendel en geldverduistering. Volledig legaal. Geen amateuristisch gesjoemel. Bijgevolg, als ik geen paspoort meer heb, zal ik het verkocht hebben.

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24 commentaires sur « E comme errance »

  1. ah oui 🙂 c’est toujours amusant, vous me donnez envie d’essayer, pour voir le résultat 😉
    (je ne sais pas combien d’envois de texte il y a, donc je ne sais pas si c’est bien d’avoir été sélectionnée)

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    1. Si vous essayez, essayez aussi du néerlandais vers l’anglais.
      Comme G♠♠gle utilise des phrases déjà traduites, c’est souvent meilleur car il a plus d’exemples à sa disposition…

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  2. – Quand on est capable de conserver dans son vocabulaire de voyage des mots tels que brouet, malandrin, tire-laine ou vide-gousset et qu’on perd son passeport pourtant bien plus utile en pays étranger, c’est qu’on est un sacré numéro… ou qu’on est un ieuv ! 😉

    – Si le narrateur est l’écrivain, t’as gagné Joe Krapov ! L’auteur est né en 1947 ! 😉

    – Madame Wikipe qui « spoile » un peu trop tous les romans de ce monsieur donne pourtant bien envie de le lire. Je vais peut-être bien le faire : il y a deux de ses polars à la bibliothèque du Triangle !

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  3. J’ai passé un moment à Hong-Kong pour le boulot.
    C’était avant la rétrocession à la Chine et c’était un véritable état policier.
    Cela dit, en remontant Nathan Road, en arrivant à la hauteur de Mong Kok, ça devenait inquiétant, il valait mieux éviter certaines rues…
    Mais bon, c’était bien aussi.
    Tu pouvais te faire faire un costume sur mesure, livré le lendemain pour ~800,00 FF de 1988…

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  4. Me revoilà, chère Adrienne, je te remercie encore de t’être inquiétée de moi, tu ne peux imaginer comme ça m’a touchée.
    Bon j’arrive comme un cheveu sur la soupe et il me manque des éléments pour apprécier ton billet du jour…
    Mais je suis revenue, c’est l’essentiel. 🙂
    ¸¸.•*¨*• ☆

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